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Emmanuel de Rougé

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Emmanuel de Rougé
Héliographie de Dujardin (1908).
Fonctions
Maire de Précigné
-
Conseiller d'État
-
Conservateur de musée
Département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre
-
Sénateur du Second Empire
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 61 ans)
Château de Bois Dauphin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Emmanuel-Charles-Olivier-Camille de RougéVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Formation
Activités
Famille
Père
Augustin Charles Camille de Rougé, Comte de Rougé et de Plessis-Bellière (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Adelaide Charlotte Colombe de La Porte de Riantz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Adolphe de Rougé (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Valentine de Ganay
Enfants
Alexis-Hervé-Jacques de Rougé (d)
Robert de Rougé (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Autres informations
A travaillé pour
Collège de France (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Distinction

Emmanuel vicomte de Rougé, né le à Paris 10e et mort le au château de Bois-Dauphin, est un égyptologue et philologue français.

Membre de la famille de Rougé[1], originaire de Bretagne[2], fils d'Augustin Charles Camille de Rougé dit « le comte de Rougé » et d'Adélaïde Charlotte Colombe de La Porte de Riantz[1], également petit-fils de François Pierre Olivier de Rougé, il est maire de sa commune de Précigné de 1871 à sa mort[a], sa biographie constitue une histoire en miniature de l’égyptologie à son début où des difficultés de toute sorte s'accumulaient devant les érudits de cette discipline[3].

Égyptologie

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Aquarelle de Giraud pour les Soirées du Louvre (1851).

Conservateur des Antiquités égyptienne au musée du Louvre, de 1849 jusqu'en , Emmanuel de Rougé, visite l'Égypte, missionné pour déchiffrer les textes hiéroglyphiques. Il est accompagné de son fils Jacques (1841-1923) et du vicomte Aymard de Banville[4], photographe amateur. Ils utilisent les premiers la photographie en archéologie, et la technique avancée de Banville permet de restituer une image dont la netteté est largement supérieure aux autres travaux de l'époque. Leurs clichés sont édités en 1865 par Samson, et l'album est un des plus importants documents d'archéologie égyptienne.

En 1860, il succède, sur la suggestion de Jean-Jacques Ampère, à Jean-François Champollion à la chaire d'égyptologie au Collège de France, restée six années vacantes à la suite de la mort de son Nestor L'Hôte, tandis que Charles Lenormant prend la direction du Cabinet des médailles. Dès lors, Rougé va poursuivre l'œuvre commencée par Champollion et en premier lieu, s'attacher à réattribuer au découvreur des hiéroglyphes la paternité de travaux et découvertes mises à mal par Ippolito Rosellini et Francesco Salvolini, rendant ainsi hommage à Champollion[5].

Œuvre des Écoles d’Orient

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Le il assiste à la fondation de l’Œuvre des Écoles d’Orient, connue actuellement sous le nom de L'Œuvre d'Orient du [6] ; il est membre de son premier Conseil général[7].

Nommé conseiller d'État, en 1854, il est le dernier sénateur du Second Empire nommé par Napoléon III, avant que la défaite de Sedan n’en empêche la promulgation.

Honneurs et distinctions

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Mariage et descendance

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Il épouse à Paris le 30 mai 1838 Valentine Marie de Ganay, fille d'Anthelme de Ganay et de Claudine Marquet de Montbreton. Elle était la petite-nièce de Jacques Marquet de Montbreton de Norvins. Dont :

  • Ernestine Marie Charlotte Yvonne de Rougé (Paris, 22 mars 1839 - château de Couvron, 30 octobre 1901), mariée à Paris 7e le 27 mai 1861 avec Henri de Saint Chamans (1831-1865), marquis de Saint Chamans, dont postérité ;
  • Alexis Hervé Jacques de Rougé, auditeur au conseil d'État, maire de Précigné (Paris, 17 février 1841 - Précigné, 9 octobre 1922), marié à Paris 7e le 3 mai 1869 avec Marie Hutteau d'Origny (1845-1900). Dont postérité, notamment Alain de Rougé, député et conseiller-général de la Sarthe ;
  • Suzanne Catherine Isabelle de Rougé (Paris, 18 mars 1844 - château de Couvron, 7 décembre 1883), non mariée ;
  • Eugène Charles Robert de Rougé, officier de cavalerie, artiste peintre (Paris, 16 janvier 1846 - Paris 7e, 9 juillet 1916), marié à Paris 8e le 4 décembre 1872 avec Thérèse Maigne de La Gravière (1848-1933), nièce d'Evariste Bavoux, petite-fille de Nicolas Bavoux, sans postérité[9].

Principales publications

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  • Examen de l'ouvrage du chevalier Bunsen, la place de l'Égypte dans l'humanité, Articles publiées dans les Annales de philosophie chrétienne (années 1846-1847)
  • Mémoire sur l'inscription du tombeau d'Ahmès, chef des nautoniers (1851)
  • Le Poème de Pentaour (1861)
  • Rituel funéraire des anciens égyptiens (1861-1863)
  • avec Aymard Athanase de Banville (photographies) et Jacques de Rougé (textes) : Album photographique de la mission remplie en Égypte ... 1863-1864, Paris, L. Samson, 1865 : 16 p. et 155 photographies sur papier albuminé d'après négatifs sur verre au collodion (Lire en ligne).
  • Recherches sur les monuments qu'on peut attribuer aux six premières dynasties de Manéthon (1865)
  • Mémoire sur les attaques dirigées contre l'Égypte par les Peuples de la Méditerranée, vers le XIVe siècle avant notre ère (1867), dont des extraits furent publiés dans le volume 16 de la Revue archéologique en 1867
  • Chrestomathie égyptienne, ou Choix de textes égyptiens transcrits, traduits et accompagnés d'un commentaire perpétuel et précédés d'un abrégé grammatical (1867-1876)
  • Inscriptions hiéroglyphiques copiées en Égypte pendant la mission scientifique de M. le Vte Emmanuel de Rougé, publiées par M. le Vte Jacques de Rougé (4 volumes, 1877-1879)
  • Œuvres diverses (6 volumes, 1907-1918) Texte en ligne 1 3 5 6

Liens externes

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Notes et références

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  1. Son fils lui succèdera dans cette fonction.

Références

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  1. a et b Grand Armorial de France, tome VI, p. 74.
  2. Gaston Maspero, Notice biographique du Vicomte Emmanuel de Rouge, Paris, E. Leroux, , 156 p., portr. ; in-8º (OCLC 1040855052, lire en ligne), p. 1.
  3. Ernst Andersson, « Gaston Maspero : notice biographique du Vicomte Emmanuel de Rougé », Sphinx - Revue critique embrassant le domaine entier de l'égyptologie, vol. 12,‎ , p. 145-51 (ISSN 2493-5867, lire en ligne).
  4. Aymard de Banville, vicomte, (1837-1917), photographe, homme politique. Lors de la mission en Égypte (1863-1864), il réalise deux-cens à trois-cents négatifs au collodion humide. Soixante-dix de ses plaques photographiques sont conservées aux Archives photographiques (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine). Il devient conseiller général de l'Orne en 1870.
  5. Henri Wallon, « Notice historique sur la vie et les travaux de M. le vicomte Emmanuel de Rougé, membre de l’Académie », Mémoires de l'Institut national de France, Paris, t. 31partie=1,‎ , p. 493-546 (ISSN 2420-6466, lire en ligne).
  6. « L’Œuvre d’Orient au service des chrétiens d’Orient depuis 1856 », sur L'oeuvre d'Orient (consulté le ).
  7. Voir le premier fascicule de l’Œuvre des Écoles d’Orient publié à Paris, le 25 avril 1856, mentionnant la composition de son premier Conseil Général.
  8. « Recherche - Base de données Léonore », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  9. Vicomte Olivier de Rougé, Histoire généalogique de la Maison de Rougé, Vendôme, Henri Chartier, , 522 p. (lire en ligne), p. 480-481