Claude Javogues

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Claude Javogues
Image illustrative de l'article Claude Javogues
Fonctions
Député de Rhône-et-Loire

(3 ans, 1 mois et 21 jours)
Gouvernement Convention nationale
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bellegarde-en-Forez (Loire)
Date de décès (à 37 ans)
Lieu de décès Paris
Nature du décès Fusillé
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Profession Huissier

Claude Javogues, né le à Bellegarde-en-Forez (Loire), fusillé à Paris, est une personnalité politique française.

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Fils aîné d'un officier des Eaux et Forêts, notaire et procureur du châtelain de Feurs, il fait des études au collège de Montbrison, avant d'être placé comme clerc auprès du procureur royal de cette ville. Licencié en droit de l'université de Valence en 1785, il s'inscrit au barreau de Montbrison, où il exerce jusqu'en 1792.

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Commandant de la garde nationale, il est élu administrateur du directoire du district de Montbrison (Loire) en 1791 puis député à la Convention, quatorzième sur quinze avec 480 voix sur 814 votants, par le département de Rhône-et-Loire le 9 septembre 1792. Siégeant sur les bancs de la Montagne et affilié au club des Jacobins de Paris, il vote la mort lors du procès de Louis XVI, déclarant : « Pour préserver les âmes pusillanimes de l'amour de la tyrannie, je vote pour la mort dans les vingt-quatre heures » et combat les Girondins, mais son rôle est effacé.

Envoyé le 20 juillet 1793 combattre l'insurrection fédéraliste en Saône-et-Loire, sa mission dure sept mois, sur un territoire étendu bientôt au Rhône-et-Loire et à l'Ain, puis limité au département de la Loire lors de sa création. Il entre à Saint-Chamond - rebaptisé « Val-Rousseau » - le 7 septembre et à Montrond-les-Bains le 12, il installe un tribunal révolutionnaire dans le Lyonnais. En septembre 1793, il annonce aux habitants de Montbrison, qui avaient soutenu les Lyonnais, « que le sang coulerait comme l'eau dans les rues » et que la ville s'appellerait Montbrisé. Il décide de raser les remparts de la ville, débaptise la ville et fait ériger une colonne infamante. Dans l'Ain, il proclame que « l'édifice de la prospérité publique ne pouvait se consolider que par la destruction et sur le cadavre du dernier des honnêtes gens ». Puis, délaissant le siège de Lyon et la pacification de l'Ain, il assure la reconquête et l'organisation de la Saône-et-Loire. Marqué par l'égalitarisme, il transforme un emprunt forcé en taxation des riches à Armeville, promeut l'ouverture de sociétés populaires (celles-ci passant à 59 pour 237 communes), multiplie les comités de surveillance, envoie des commissaires dans tout le département, tente de constituer une armée révolutionnaire de mille deux cents hommes et favorise la déchristianisation.

Inquiet des excès de son collègue qui l'a, par ailleurs, traité de contre-révolutionnaire et d'ennemi du peuple, l'accusant de mansuétude à l'égard de Lyon et d'enrichissement, Georges Couthon obtient que la Convention le rappelle sous huit jours le 8 février 1794[1]. Traduit devant la convention, Claude Javogues est renvoyé devant le comité de salut public le 23 ventôse et rétracte ses accusations le 1er floréal. Lui et Couthon se réconcilient.

Demeurant dans une réserve prudente, il n'est pas inquiété le 9-Thermidor. Toutefois, dénoncé par les administrateurs de Bourg-la-Reine le 19 floréal an III puis, le 25, par une pétition d'habitants du département de Rhône-et-Loire, il est décrété d'arrestation le 5 juin 1795, après l'échec des insurrections du 12 germinal et du 1er prairial an III, pour ses sympathies avec les insurgés et son action durant l'an II.

Arrêté peu après, il bénéficie en octobre 1795 de l'amnistie générale votée le 4 brumaire an IV par la Convention après la ratification de la constitution de l'an III.

Sous le Directoire[modifier | modifier le code]

Abonné au Tribun de Peuple, Claude Javogues assiste à l'une des réunions du directoire secret de la conjuration des Égaux. Après la découverte de la conspiration le 10 mai 1796, il est soupçonné d'avoir pris part à l'affaire du camp de Grenelle en septembre 1796. En fuite le lendemain de l'affaire, il est arrêté et condamné à mort par un conseil militaire au Temple Il est fusillé le 10 octobre 1796.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le comité de salut public l'avait rappelé en vain le 11 décembre 1793 puis le 29 janvier 1794.