Henry Du Mont

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Henry Du Mont
Henri Du Mont.jpg

Henri Du Mont (par un artiste inconnu)

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Maître
Plaque commémorative à l'entrée de l’église Notre-Dame de Villers-l'Évêque en Belgique :
« A Henri de Thier dit Du Mont né à Villers-l'Évêque en 1610 Maistre de chapelle de Louis XIV-1663 auteur de la célèbre Messe Royale décédé à Paris en 1684 C.V.P.C. A=MCMXXXII »

Henry de Thier, dit Henry Du Mont, né en 1610 à Looz, près de Tongres, et mort le à Paris, est un organiste et compositeur de musique baroque flamand[1]. Figure importante de la vie musicale de la première partie du règne de Louis XIV, dirigeant (avec son collègue Pierre Robert) la musique religieuse de la cour jusqu’en 1683, il sera une source d’inspiration majeure pour des compositeurs comme Lully et de Lalande.

Les œuvres d’Henry Du Mont (et tout particulièrement ses motets) font preuve d’une grande science du contrepoint et d’une remarquable modernité. Elles seront louées et appréciées longtemps après la disparition de leur auteur, des musicologues comme Sébastien de Brossard ne manquant pas d’en souligner toutes les qualités.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henry de Thier étudie la musique à Maastricht et devient organiste de la basilique Notre-Dame en 1629. Il se perfectionna auprès de Léonard de Hodémont (1575-1639) dans la cathédrale Saint-Lambert de Liège. Il s'installe à Paris en 1638 et devient l'organiste de l'église Saint-Paul Saint-Louis. Il prend alors le nom d'Henry Du Mont (traduction française de son nom wallon) et entre en 1652 à la cour comme claveciniste du duc d'Anjou, frère du roi. La même année, il publie son recueil de motets intitulé Cantica sacra, recueil majeur dans l'histoire de la musique française.

Il entre en 1660 au service de la reine. Il est nommé en 1663 maître de la Chapelle royale et obtient la charge de sous-maître de la musique du roi en compagnie de Pierre Robert. Il cumule ensuite les titres à la cour : compositeur de la musique de la chapelle en 1672, maître de la musique de la reine en 1673. Il cède ces fonctions en 1681 et 1682. Du Mont avait épousé en 1653 la fille du bourgmestre de Maestricht, Mechtild Loyens. Devenu veuf, on lui octroya l'important bénéfice de l'abbaye de Silly, en Normandie. Il prit sa retraite en 1683, en se démettant de ses fonctions à la Chapelle royale (Pierre Robert fit de même). Il n'en profita que peu de temps ; il s'éteignit à Paris le 8 mai 1684.

Il était très apprécié par Louis XIV et Lully qui s'inspira beaucoup de son style pour composer ses grands motets.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Elle est essentiellement religieuse. Elle comporte près de deux cent petits motets à deux et quatre voix en cinq recueils qui restent l'archétype du motet français dont les illustres continuateurs sont Delalande, François Couperin et Jean-Baptiste Lully. Il serait l'un des premiers à utiliser la basse continue en France et à l'écrire de manière séparée.

En dehors de quelques chansons et pièces instrumentales contenues dans un volume de Meslanges à II, III, IV et V parties, avec la basse continue (1657), l'œuvre de Du Mont est essentiellement sacrée. Il publia successivement :

  • Cantica sacra (1652) ;
  • Airs à 4 parties avec la basse continue… sur la paraphrase des psaumes (1663) ;
  • Motets à deux voix avec la basse continue (1668) ;
  • Cinq Messes en plain-chant musical (1669) ;
  • Motets à deux III et IV parties, pour voix et instruments, avec la basse continue (1681).

Après sa mort, en 1686, Ballard édita, en parties séparées, le plus important de tous les recueils du compositeur, ainsi intitulé : Motets pour la Chapelle du Roy, mis en musique par Monsieur Dumont Abbé de Silly, et Maistre de la Musique de ladite Chapelle… Imprimez par exprès commandement de Sa Majesté. De plus, la Bibliothèque Nationale, à Paris, conserve quelques ouvrages manuscrits parmi lesquels on distinguera tout particulièrement le Dialogus de anima pour cinq voix, un de ses chefs-d'œuvre religieux et seul véritable oratorio du maître.

L'édition critique de l'œuvre d'Henry Du Mont est en cours de publication au Centre de musique baroque de Versailles[2].

Apports[modifier | modifier le code]

Son recueil de motets Cantica sacra publié en 1652 comprend des motets pour un, deux, trois ou quatre solistes avec instruments et basse continue. Ce type de musique religieuse est une nouveauté en France. Ce qui est nouveau n'est pas tant l'utilisation de la basse continue (procédé déjà exploité antérieurement), mais l'usage de voix solistes avec instruments concertants dans la musique religieuse, en particulier le petit motet à une ou deux voix. Il introduit de nombreuses nouveautés et ses grands motets annoncent ceux de Versailles. Des effets italiens sont introduits comme les vocalises et les échos. Le genre oratorio est aussi esquissé avec des motets en dialogue. Le style récitatif aussi. Quant à l'usage de la basse continue, s'il n'en est pas l'initiateur en France, il est le premier à publier une partie séparée de basse continue dans des motets, ce qui contribuera à en répandre l'usage.

Ses grands motets pour la Chapelle Royale (publiés en 1686) réunissent toutes les formes expérimentées dans ses motets précédents. On peut noter que les motets de Du Mont sont régulièrement chantés en France dans les paroisses jusque dans les années 1730, soit 60 ans après sa mort.

Ses cinq messes, dites Messes Royales, ont survécu jusqu'au milieu du XXe siècle (avant Vatican II), mais laissent peu voir le génie développé par Du Mont dans ses motets. Néanmoins, dans certains lieux de culte catholiques, on peut toujours entendre l'une ou l'autre des messes royales de Du Mont (exemple église St Eugène- Ste Cécile à Paris) pendant les grandes fêtes religieuses. Certains motets y sont également chantés.

Les Motets[modifier | modifier le code]

En 1686, soit deux ans après la mort du compositeur, Ballard publia un imposant recueil de motets de Du Mont. Deux parties de violons altos furent maladroitement[3] ajoutées par l’éditeur, afin de transformer les œuvres de Du Mont en Grands Motets d’ampleur analogue à ceux alors mis au goût du jour par Lully.

Les motets de Du Mont ne se structurent pas en une succession de mouvements définis exploitant chacun une thématique et une tonalité (comme cela sera le cas après lui). Les versets ne se terminent pas par une double barre de fin (quoi qu'en disent les éditeurs modernes). Cela se sent aussi dans l'agencement des effectifs : solistes, groupes de solistes, chœur, orchestre, s'assemblent, se décalent, se dispersent, se rejoignent. Les voix solistes rejoignent le chœur dès la fin de leur intervention.

  • Note sur l'accord : c'est le mésotonique qui prévaut en France jusqu'à la fin du XVIIIe siècle surtout dans la musique d'orgue, donc religieuse. Du Mont étant organiste et sa musique religieuse.
  • Note sur l'instrumentation : On trouvait dans l'orchestre des grands motets, théorbe et clavecin (et grand orgue…), violons et violes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur l'homme, sa carrière et son œuvre, voir essentiellement Decobert 2011.
  2. Site du Centre de musique baroque de Versailles, édition critique de l'œuvre de Henry Du Mont dans la collection Monumentales
  3. Les parties ajoutées souffrent ainsi d’une grande quantité d’incohérences et de lacunes (par exemple, longues suites de quintes et octaves parallèles) contrastant de manière saisissante avec la perfection contrapuntique des autres voix.

Annexes[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

 Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurence Decobert, Henry Du Mont (1610-1684), maistre et compositeur de la musiue de la Chapelle du Roy et de la Reyne. Liège : Mardaga ; Verseilles : CMBV, 2011. Numérisation partielle sur Google books.
  • Henri Quittard, « Un musicien en France au XVIIe siècle : Henry Du Mont (1610-1684)] », Paris, Mercure de France, 1906. Numérisé sur Internet Archive. Étude publiée auparavant dans divers fascicules de la Tribune de Saint-Gervais entre 1901 et 1905 : voir le site consacré à Henri Quittard.
  • Jean Duron, livret du disque Du Mont : Grands motets pour la Chapelle de Louis XIV au Louvre, par l'Ensemble Pierre Robert.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]