Richard Martin (comédien)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Richard Martin.
Richard Martin

Naissance 1943
Nice
Activité principale Directeur de théâtre, metteur en scène, comédien, dramaturge, écrivain,
Lieux d'activité Marseille Drapeau de la France France
Distinctions honorifiques Chevalier des Arts et des Lettres en 2002
Site internet www.toursky.fr

Richard Martin est un directeur de théâtre, metteur en scène, dramaturge, auteur et comédien français, né en 1943 à Nice. Il est reconnu comme étant un ardent défenseur du théâtre pour tous.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1960, à l'âge de 17 ans, Richard Martin monte à Paris pour entamer sa carrière professionnelle de comédien. Il joue en indépendant du théâtre de boulevard pendant huit ans, jusqu'à en être lassé. Mai 68 coïncide pour lui à un nouveau départ. Il revient dans le Sud de la France dont il est originaire, et dirige un temps le Théâtre Massalia à Marseille, puis fonde en 1970, sans aide au départ, le Théâtre Toursky dans le quartier déshérité de la Belle de Mai à Marseille, où il va faire vivre un théâtre libre et engagé, marqué par la mouvance contestataire et révoltée issue de Mai 68. Depuis quarante ans, Richard Martin incarne une certaine idée de la démocratie et du brassage culturel, envisagés comme un levier de la réconciliation sociale à laquelle il aspire.

Il monte sa propre compagnie et se fixe pour objectifs de présenter ses propres créations, mais aussi de faire découvrir au public les courants majeurs de la création théâtrale contemporaine française, et d'offrir une tribune aux nouveaux talents, ouvrant ses moyens et ses équipements à d'autres. Ainsi, il fait découvrir aux Marseillais le travail de metteurs en scène tels que Jean-Marie Villegier, Claude Régy, Patrice Kerbrat, Jorge Lavelli, Stéphane Braunschweig, de chorégraphes tels que Philippe Découflé, Mathilde Monnier, Trisha Brown. Michel Hallet Eghayan.

L’idée même de création semblait à presque tous une utopie.

En 1974, son orientation artistique et citoyenne débouche sur une création pionnière. Il équipe un autobus, le Théâtrobus, et égrène ses spectacles dans les cités. Amener sa troupe aux pieds des tours était une façon originale d’inscrire le théâtre dans les quartiers. Pugnace et isolée,toute l’équipe du Toursky creuse son sillon. Ateliers, débats, collaboration avec le tissu associatif, les échanges avec les habitants se multiplient. Sa démarche est d’autant plus inédite qu’à l’époque, ni le travail social, ni la Politique de la Ville n’existaient dans les quartiers. Défendant farouchement l’idée que l’Art peut changer le social et les mentalités en combattant l’obscurantisme, Richard Martin construit pendant plus de 40 ans un combat innovant hors des sentiers battus et des chemins conventionnels. Convaincu qu’un théâtre replié sur ses propres valeurs et sa propre histoire est condamné à l’épuisement, Richard Martin n’a cessé de se battre pour présenter à tous les publics les courants majeurs de la création théâtrale contemporaine française mais aussi internationale. Utilisant les différences culturelles comme une force, il crée un lieu singulier ouvert sur l’international dans lequel l’artiste est un messager qui se bat contre la bêtise et l’intolérance avec pour seule arme des cris d’oiseaux.Richard Martin a fait de son théâtre un laboratoire artistique, un espace de création, de réflexion et de convivialité où les saltimbanques du monde, qu’ils soient reconnus ou inconnus, se retrouvent au-delà de leur art pour faire tomber les barrières culturelles et sociales qui s’opposent au dialogue entre les populations et les peuples afin d’éviter le piège mortel de l’enfermement, du sectarisme et du communautarisme. Sur ce plan, le théâtre Toursky est un réceptacle extraordinaire d’artistes français mais aussi macédoniens, chypriotes, belges, roumains, italiens, espagnols, russes, albanais, iraniens, palestiniens, israéliens, tunisiens, algériens, marocains, turcs, colombiens, chiliens, québécois, australiens, africains… qui ont tous pour volonté de se reconnaître pour ce qu’ils sont et nous apporter ce qu’ils ont de meilleur face à un monde qui s’épuise et se tarit de plus en plus de son potentiel d’humanité. Des artistes pour qui la guerre est un aveuglement, une faillite de l’intelligence, un accroc dans l’homme et qui ont en commun de se faire entendre pour que ceux qui attisent les haines et provoquent de véritables vindictes ethniques et religieuses reviennent sur la radicalité de leur prise de position. Son projet s’articule autour de 4 axes prioritaires tant sur le plan local, régional, national qu’international.

Sous son impulsion, le Théâtre Toursky devient un théâtre véritablement populaire, éclectique et pluridisciplinaire, lieu de formation, d'animation, de convivialité, et d'ouverture sur le monde. Les Rencontres internationales de Marseille y sont organisées chaque année, faisant de ce lieu une plaque tournante des échanges culturels méditerranéens. Martin multiplie les coopérations internationales, notamment avec le Théâtre national algérien, le Théâtre national de Tunis, le Théâtre d'Istanbul, le Théâtre du jeune spectateur de Moscou, le Théâtre académique de Kazan, le Théâtre juif d'Etat de Bucarest.

Inlassable, il crée des événements tels que le Festival Russe, le printemps Roumain, le Festival Mai-diterranée. Il fonde aussi la radio libre Radio Grenouille en 1981, les Universités populaires ou l'école sous l'arbre en 1995 et une revue littéraire en 2000 (la Revue des Archers). Il a créé avec l'Institut International du Théâtre Méditerranéen le bateau pour la paix. En 2001 lors de sa première odyssée, il "détourne" un porte-hélicoptère roumain, un navire de guerre Le Constanta pour mettre l'Art à la place des canons et faire la guerre à la guerre. Il embarque une centaine d'artistes méditerranéens pour un périple en Méditerranée faisant escale à Bastia, Marseille, Sagunto, Valence, Palma de Majorque, Nador, Mostaganem, Alger, Annaba, Cagliari, Split, Pescara, Kotor, Ithaque et Braïla. Durant deux mois, artistes et militaires ont uni leurs efforts en faveur de la paix, de la fraternité et de la rencontre des cultures. Des foules en liesse et un jaillissement de manifestations culturelles ont accueilli l'Odyssée. Cette odyssée du bateau pour la paix est réitérée en 2003 puis en 2007 en Europe centrale sur le Danube de Vienne à Giorgiu.

Richard Martin est fait Chevalier des Arts et des Lettres en 2002[1].

Après être passée progressivement de 185 000 € en 1996 à 15 000 € en 2008[2], la subvention octroyée au Théâtre Toursky par la Direction régionale des Affaires culturelles est supprimée en 2009. Celle-ci lui permettait de faire bénéficier les habitants des quartiers nord de Marseille d’une programmation ambitieuse (pour l'année 2009 : Shakespeare, Molière, Sade, Hugo, Gogol, mais aussi Elfriede Jelinek, Romain Gary, Sartre, Ionesco, et puis le cirque Eloize ou encore Michel Jonasz...) juste pour quelques euros (3 € la place pour les RMIstes, 7 € pour les habitants du quartier)[2]. Fort d'une pétition de 85 000 noms et d'un comité de soutien réunissant de grands noms du théâtre comme Michel Bouquet et Pierre Arditi, Richard Martin entame une grève de la faim, relayée par les médias. Elle va durer douze jours. L'affaire remonte jusqu'à Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture. Après une entrevue en tête-à-tête, Martin obtient gain de cause et voit sa subvention rétablie[3]. Comédien et metteur en scène, le talent de Richard Martin est internationalement reconnu. Richard Martin est aussi un créateur. Ses créations sont des voyages poétiques au cœur de la misère, une plongée dans l'encre de la vie. Un théâtre total et démesuré. Elles sont saluées par le public et la presse les décrit comme des œuvres poétiques touchées par la grâce, saisissantes de vérité et d'émotion. Ces spectacles ont été présentés en France et partent régulièrement en tournées dans le monde: Russie, Roumanie, Maroc, Italie, Espagne, Québec, Tunisie, Liban, Suisse, Albanie, République Tchèque, Pologne, Irlande, Portugal, Macédoine, Hongrie, Colombie, Équateur...

Au cinéma et à la télévision, Richard Martin a tourné sous la direction de Roustam Ibraguimbekov, Michel Polac, René Lucot, Nat Lilenstein, Roger Kahane, Jacques Cornet, Bernard Queyzanne, Bernard Bouthier, Éric le Hung, Jean Dasque, Jacques Ordines, Jean Prat, Yves-André Hubert, Guy Lessertisseur, Gérard Clément, Jean-Louis Fournier, Yves Gautier, Claude Faraldo, Maurice Frydland, Yves Boisset, Bertrand Blier et Oleg Fossenko. Dernièrement, il est le rôle principal dans Piège pour un fantôme de Roustam Ibraguimbekov qui obtint en 2011 le prix Nika " Meilleur film de la CEI et des pays baltes".

Créations de la Compagnie Richard Martin[modifier | modifier le code]

  • 1980 : La Méthode, de Léo Ferré, au Palais des Glaces de Paris
  • 1983 : L'Opéra des rats, de Léo Ferré et Richard Martin
  • 1993 : Viens on s’en va, de Richard Martin
  • 1995 : Et qu'ont-ils à rentrer..., d'après les textes Léo Ferré
  • 1996 : Poètes... vos papiers, d'après les textes de Léo Ferré
  • 1997 : Richard Martin dit Aragon
  • 2000 : Technique de l'exil, de Léo Ferré

Mises en scène[modifier | modifier le code]

  • 1987 : Minetti, de Thomas Bernhard
  • 1970 : L’ile des chèvres de Hugo Betti
  • 1971 : Show les larrons de Fourest, Vian, Tzara et Jarry
  • 1972 : L’histoire d’Olbaldia
  • 1974 : Plouft, le petit fantôme
  •  1974 : Ploutos d’Aristophane
  • 1978 : La mère de Brecht
  • 1981 : Les Emigrés de Mrozec
  •  1982 : Le Légataire universel de Regnard
  •  1999 : Don Giovanni de Mozart
  • 2006 : Un monde de la lune d’après Haydn
  •  2015 : Mathilda de Michel Dossetto
  •  2015 : La Flûte enchantée de Mozart
  •  2016 : Carmen de Bizet

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]