Aurélie Dupont

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Aurélie Dupont
Naissance (42 ans)
Paris
Activité principale Danseuse étoile
Style Danse contemporaine
Danse classique
Danse néo-classique
Activités annexes Professeur de danse
Lieux d'activité Paris
Années d'activité Depuis 1989
Formation École de Danse de l'Opéra national de Paris
Maîtres Gilbert Mayer
Patrice Bart
Laurent Hilaire
Enseignement Claude Bessy
Conjoint Jérémie Bélingard
Descendants Deux enfants
Récompenses Concours de Varna
Prix de l'AROP
Prix du Cercle Carpeaux
Distinctions honorifiques Chevalier des Arts et des Lettres

Scènes principales

Opéra national de Paris

Aurélie Dupont, née le 15 janvier 1973 à Paris, est une danseuse française. Elle a été étoile du ballet de l’Opéra national de Paris.

Ses adieux à la scène en tant que danseuse étoile ont eu lieu le 18 mai 2015. Aurélie Dupont est alors devenue maître de ballet de l'Opéra de Paris. Elle est l'une des plus grande danseuses étoiles, reconnue en France et à l'étranger.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Jeune, Aurélie Dupont semble prédestinée au piano[1].

Néanmoins pratiquant la gymnastique et aimant beaucoup la musique, elle se retrouve un jour dans un cours de danse : "la petite école" de la rue La Fontaine (Paris XVI).

Son professeur Claudine Anglard- Cavret, qui a enseigné la danse également à l'aînée des Dupont, Marie-Charlotte, et à la cadette, Benjamine, très prometteuse elle aussi, remarque particulièrement Aurélie et décide de la présenter à Liane Daydé.

Liane Daydé décide Aurélie Dupont, qui suit son cours, à se présenter à l'école de danse de l'Opéra national de Paris.

École de danse[modifier | modifier le code]

À l’âge de dix ans, en 1983, Aurélie Dupont entre à l'école de danse de l'Opéra national de Paris. Claude Bessy est l'un de ses professeurs.

Après avoir fréquenté toutes les classes, elle est engagée dans le corps de ballet de l'Opéra de Paris en 1989[2].

Au ballet de l'Opéra national de Paris[modifier | modifier le code]

Elle est promue coryphée en 1991, avec la cinquième variation de Variations, sujet en 1992, avec la Cigarette de Suite en blanc, et première danseuse en 1996, avec la variation d’Henriette dans le deuxième acte de Raymonda.

Danseuse étoile[modifier | modifier le code]

Le 31 décembre 1998, Aurélie Dupont est nommée étoile, à l’issue de la représentation de Don Quichotte de Rudolf Noureev.

Sur scène[modifier | modifier le code]

Pendant sa carrière elle a dansé les rôles titres des plus grands ballets classiques. Danseuse polyvalente, elle danse également dans des ballets néo-classiques - de George Balanchine à Roland Petit -, ou dans des ballets plus contemporains - de Pina Bausch à Wayne McGregor en passant par Sasha Waltz.

Ses partenaires sont Manuel Legris[3], Nicolas Le Riche ou Hervé Moreau, « Mon Robert Redford »[4].

Aurélie Dupont est très appréciée de Benjamin Millepied avec qui elle a créé deux ballets.

Invitée dans le monde entier, elle danse Roméo et Juliette sur la scène du Théâtre Mariinsky en mars 2002, et est conviée par l'American Ballet Theatre à danser le pas de deux de Rubis de « Joyaux » de George Balanchine en novembre 2009. Elle également invitée par la compagnie Karas pour une création de Saburo Teshigawara au Japon en août 2014.

Style[modifier | modifier le code]

En tant que danseuse, Aurélie Dupont est notamment appréciée pour ses grandes qualités d'actrice et de tragédienne, qui la servent dans ses interprétations des grands rôles romantiques du répertoire, comme « La Dame aux camélias » de John Neumeier[5].

Aurélie Dupont aborde un nouveau rôle comme une actrice et commence par une petite recherche, en essayant d'oublier les interprétations précédentes, y compris les siennes[6]. Puis viennent la rencontre avec le chorégraphe, les essais de costumes, les premiers filages.

À propos de ce défi, elle dit sur son attitude :

« Ce qui est sûr, c'est que je ne crois pas du tout à l'idée selon laquelle la distance de la scène rend inutile tout travail sur les émotions. Un sourcil qui se lève au mauvais moment, cela se voit, cela se sent. »[5]

Brigitte Lefèvre, qui a nommé Aurélie Dupont étoile le 31 décembre 1998, pense que sa star[7] a une sorte de très grande rigueur, de très grande pudeur et en même temps une sensibilité à fleur de peau, une technique incroyable[8].

Influences[modifier | modifier le code]

Pina Bausch[modifier | modifier le code]

En juin 1997, à la veille de sa nomination comme danseuse étoile, quand elle était encore première danseuse et danse « Le Sacre du printemps » de Pina Bausch[9], Aurélie Dupont rencontre la chorégraphe allemande[10] qui l'influence et l'incite à changer son style de danse en laissant de côté le travail « comme une malade pour être irréprochable »[11] en faveur d'une style plus vulnérable.

Pina Bausch dit à Aurélie Dupont :

« Okay, you’re a very tough woman, you’re a very tough dancer, but I’m sure you’re very sensitive, and that’s why I chose you, and I want you to show me this. Because your strength, your force—I don’t care. I want to see your heart. »

« O.K., vous êtes une femme très dure, vous êtes une danseuse très dure, mais je suis sûre que vous êtes sensible, et c'est la raison pour laquelle je vous ai choisie, et je veux que vous me le montriez. Car votre puissance, votre force, ça m'est égal. Je veux voir votre cœur. »[1]

La remarque de Pina Bausch à Aurélie Dupont repose sur un arrière-plan sérieux.

L'attitude d' Aurélie Dupont de s'efforcer vers une technique très solide, irréprochable à tout prix et l'arborer comme une armure entraîne une fracture au cartilage du genou.

Après qu'elle eut cette grave blessure depuis plus d’un an, elle se fait opérer en 1999, dans l'année qui suit sa nomination comme danseuse étoile. Alors, il prend du temps pour changer son style.

Il est à noter une correspondance du destin d'Aurélie Dupont et de l'étoile Mathias Heymann. Mathias Heymann devait se faire opérer à l'âge de 24 ans, deux ans après sa nomination comme danseur étoile à cause de fractures de fatigue du tibia qu'il a ignoré alors qu'il gravissait les échelons de sa carrière[12]. Celui-ci dut également changer son style de danse[13].

Sasha Waltz[modifier | modifier le code]

Sa carrière est très marquée par le personnage Juliette dans le Roméo et Juliette de Sasha Waltz, un rôle, qu'elle ne danse que trois fois et dont Aurélie Dupont dit[14]:

« Juliette, cela a été un peu mon premier rôle, très fort... C’est vraiment moi dedans. »

Saburo Teshigawara[modifier | modifier le code]

Un autre chorégraphe qui influence Aurélie Dupont fortement, c'est le japonais Saburo Teshigawara[15].

Elle décrit sa façon de la manière suivante:

« Il est mystique à sa façon et dans la pureté du mouvement. Travailler avec lui, c’est comme revenir à la source. J’ai l’impression de n’avoir jamais dansé avant ! On avance avec des improvisations. Il y a un lâcher-prise total. Saburo obtient des choses de moi que je n’imaginais pas pouvoir donner. »

Ses adieux à la scène[modifier | modifier le code]

Aurélie Dupont fait ses adieux à la scène le 18 mai 2015[16] en tant que danseuse étoile à l'occasion d'une représentation de l'Histoire de Manon[4]. Roberto Bolle est son partenaire dans le rôle de Des Grieux[17]. C'est 25 minutes à recevoir les applaudissements d'un public debout.

Maître de ballet[modifier | modifier le code]

Depuis quelque temps déjá Aurélie Dupont donne des cours aux jeunes danseuses qui se préparent au concours interne de promotion, ainsi Léonore Baulac avant le concours de 2012[18].

Elle accepte une requête de Benjamin Millepied, à l'époque futur directeur du Ballet de l'Opéra de Paris, en eté 2014 et se décide à devenir maître de ballet à l'Opéra de Paris.

Là, elle s'avance au côté de Clotilde Vayer, qui a remplacé en juillet 2014 Laurent Hilaire comme maître de ballet associé à la direction[19].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Aurélie Dupont est la sœur de Benjamine Dupont, qui était danseuse au Ballet royal de Flandre de 1993 à 1998, au Ballet national de Marseille de 1998 à 2006 et au Ballet de l'Opéra de Lyon de 2008 à 2009 et qui est également professeur de danse.

Elle a été en couple avec l'humoriste Gad Elmaleh de novembre 2002 à juin 2006[20].

Depuis 2011, Aurélie Dupont est mariée[1] avec le danseur étoile Jérémie Bélingard.

Elle est mère de deux garçons : Jacques, né en mai 2008 et Georges né en janvier 2011[20]. Le fait qu' Aurélie Dupont réussisse à concilier son rôle de mère et sa carrière d'étoile entraîne un petit baby-boom au sein du ballet de l'Opéra de Paris. Les étoiles Dorothée Gilbert, Émilie Cozette, Eleonora Abbagnato et Marie-Agnès Gillot ont des enfants par la suite.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Aurélie Dupont remporte la médaille d’Or junior au concours de Varna aux côtés de Yann Bridard en 1992 qui lui obtiendra la médaille d'argent[21].

Elle gagne le Prix de l’AROP en 1993, le Prix du Cercle Carpeaux en 1994 et le Prix Benois de la Danse en 2001.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Répertoire[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Ballets

Documentaires

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Aurélie Dupont talks about being the Paris Opera Ballet's shining étoile entretien avec Gia Kourlas, Time Out New York du 10 juillet 2010.
  2. a et b « Aurélie Dupont », sur de l'Opéra de Paris
  3. Dans le documentaire Aurélie Dupont, l'éspace d'un instant Aurélie Dupont décrit Manuel Legris comme son « compagnon de route. » Elle exprime ses regrets et que, de la sorte, les adieux de Manuel Legris le 15 mai 2009 sont également les adieux d'elle-même.
  4. a et b Aurélie Dupont : les adieux d’une Étoile, par Amélie Bertrand du 19 mai 2015.
  5. a, b et c Aurélie Dupont, la belle étoile, interview par Géraldine Catalano du 12 février 2010.
  6. En 2010, c'est la troisième fois qu'Aurélie Dupont incarne La Dame aux camélias.
  7. Brigitte Lefèvre était la directrice du ballet de l'Opéra national de Paris de 1995 à 2014.
  8. Aurélie Dupont : "Je vais continuer à danser", article et interview d'Aurélie Dupont (vidéo, 7:47 min) du 30. avril 2015 sur culturebox.francetvinfo.fr.
  9. Le Sacre du printemps par Pina Bausch, reportage du 9 juin 1997 sur ina.fr, participants: Aurélie Dupont et Wilfried Romoli, 2:53 min.
  10. Aurélie Dupont : rencontre avec une étoile, interview d'Aurélie Dupont du 6 mai 2015 dans le magazine Elle.
  11. Le travail d’une vie : Aurélie Dupont article de Patrice Piquard dans Harvard Business Review, publié le 19 mars 2014.
  12. Les échelons inévitables pour un danseur respectivement pour une danseuse, sont le quadrille, le coryphée, le sujet, le premier danseur/la première danseuse, étoile.
  13. Interview de Mathias Heymann accordée à Laura Cappelle, publiée le 21 septembre 2013.
  14. Aurélie Dupont, la fée qui fait briller les étoiles, interview par Frédérique Jourdaa en 2014.
  15. La belle étoile d’Aurélie Dupont, interview mèné par Philippe Noisette, publié dans Paris-Match le 17 juillet 2014.
  16. Dans la saison 14-15, Aurélie Dupont atteint quarante-deux ans, l'âge de départ à la retraite, voir La retraite des danseurs de l’Opéra national de Paris, site officiel de la retraite et des retraités.
  17. Distribution Histoire de Manon sur le site de l'Opéra de Paris.
  18. « La Danse à tout prix », reportage télévisé de Carlos Simoes, diffusé le 26 décembre 2012 sur France 2.
  19. Ballet de l'Opéra : Benjamin Millepied pose sa nouvelle donne article d'Ariane Bavelier dans le Figaro du 29 mai 2014.
  20. a et b Aurélie Dupont : « On m'a humiliée, dit des choses affreuses » article par Laureline Reygner sur purepeople.com du 20 septembre 2011.
  21. Biographie] d'Aurélie Dupont par Sophie Fleury, publiée le 21 janvier 2013.
  22. « Décret du 13 juillet 2015 portant nomination », sur Légion d'honneur,‎ (consulté le 14 juillet 2015)
  23. « Nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres », sur Ministère de la Culture,‎ (consulté le 14 juillet 2015)
  24. Fiche du film Les Enfants de la Danse sur le site du Forum des images.
  25. Fiche du documentaire « Tout près des étoiles » sur imdb.com.
  26. Annonce du film « Aurélie Dupont, l'espace d'un instant » du 10 février 2010.