Pierre Lacotte

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Pierre Lacotte, né le 4 avril 1932 à Chatou (Yvelines), est un danseur et chorégraphe français. Il est très célébre pour ses activités et ses chorégraphies, faisant revivre le patrimoine du ballet.

Respectable, de grande sagesse, de bon conseil, Pierre Lacotte est considéré comme le nestor du monde de la danse classique[1].

Les débuts[modifier | modifier le code]

Pierre Lacotte a pour ancêtre Pierre Puiffe.

Il entre en 1942 à l'École de Danse de l'Opéra de Paris.

Dans le ballet de l'Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

Pierre Lacotte est engagé dans le corps de ballet en 1946 avec le grade de « deuxième quadrille » et passe « premier quadrille » la même année. Il saute une classe et devient « petit sujet » en 1947, « grand sujet » en 1951[2].

Premier danseur[modifier | modifier le code]

Pierre Lacotte est promu premier danseur en 1953.

Il a pour professeurs principaux Lioubov Egorova, ancienne prima ballerina du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, Carlotta Zambelli, Gustave Ricaux et Serge Lifar.

Chorégraphe[modifier | modifier le code]

Déjà passionné par la chorégraphie, Pierre Lacotte crée Exode (Tchaïkovski) en 1951 avec sa partenaire Josette Clavier. Puis Renonciation (Bach), Clair de lune et En bateau (Debussy), Chansons et Vaincre (Bach).

En 1954 il obtient un grand succès avec La Nuit est une sorcière, sur une musique spécialement créée pour l'occasion par Sidney Bechet ; cette œuvre est enregistrée par la télévision belge où elle obtient le prix de la meilleure émission de l'année, décerné dans ce pays ; elle est ensuite dansée à Liège, puis reprise sur différentes scènes françaises, notamment au Théâtre des Champs-Élysées en 1955 et sera enfin filmée par la télévision française en 1959.

Les années de recherche[modifier | modifier le code]

En 1954, Pierre Lacotte démissionne de l'Opéra de Paris.

En 1956 il fonde les « Ballets de la Tour Eiffel »[2] qui se produisent dans toute la France et en Afrique, il crée Solstice (Wayenberg), Tempo Universel (Albinoni), Gosse de Paris (Aznavour), et chorégraphie Such Sweet Thunder sur une musique de Duke Ellington pour le Festival de Berlin. La plupart de ses ballets seront filmés par les télévisions française et anglaise.

Victime d'un accident à la jambe en 1958, Pierre Lacotte entreprend ses premières recherches sur les ballets romantiques.

En 1959, il dissout les Ballets de la Tour Eiffel et mène ensuite une carrière de danseur indépendant, invité dans plusieurs pays, tout en continuant de créer.

En 1963, Pierre Lacotte est nommé directeur du nouveau « Ballet des Jeunesses musicales de France ». Il y crée une bonne douzaine de ballets, dont Hamlet et Penthésilée, qui seront également filmés par la télévision française, ainsi que La voix en hommage à Édith Piaf.

Ghislaine Thesmar[modifier | modifier le code]

La plupart de ces ballets sont créés par Ghislaine Thesmar que Pierre Lacotte épouse en 1968[3].

Après la dissolution du Ballet des Jeunesses musicales de France et pendant une période de quatre ans, il travaille pour l'Opéra de Strasbourg, la Fenice de Venise et de nombreux festivals. Pendant ces années, il prépare la reconstitution de La Sylphide, grâce aux documents recueillis lors de ses recherches. Ce ballet, le premier des grands ballets romantiques, créé en 1832 (musique de Schneitzhoeffer) par le chorégraphe Filippo Taglioni pour sa fille Marie, s'était perdu après la mort tragique d'Emma Livry, élève de cette dernière.

Professeur à l'Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

En 1971, Pierre Lacotte est nommé professeur d'adage à l'Opéra de Paris.

La Sylphide, dansée par Ghislaine Thesmar, Michaël Denard, danseur étoile de l'Opéra, et Laurence Nerval, est filmée pour la télévision française et diffusée sur la deuxième chaîne le 1er janvier 1972, pour l'inauguration de la couleur.

Les administrateurs de l'Opéra de Paris obtiennent une projection privée du film, décident de le remonter sur la scène de ce théâtre, où elle sera créée à nouveau par les deux interprètes principaux du film, reprise par Noëlla Pontois et Cyril Atanassoff, puis par Christiane Vlassi et Attilio Labis, ce dernier cédant vite le rôle à Jean-Pierre Franchetti.

Envers la tradition dans le monde de la danse classique[modifier | modifier le code]

Pierre Lacotte décrit dans une interview sa conception de la culture et la tradition du ballet russe, italien et français[4]:

« Les ballets du 19e siècle incarnent la pureté de style des œuvres de cette époque. Le vocabulaire est très riche. Le mélange de la tradition du ballet français est d'une qualité exceptionnelle, ce qu'il faut raviver. »

Il pense que le ballet français et le ballet russe ont beaucoup des choses en commun[5]:

« La tradition du ballet français et la tradition du ballet russe étaient bien préservées. »

Pierre Lacotte ajoute que la France et la Russie ont préservé ces traditions pour le mieux et que les ancêtres nous ont fait un grand cadeau.

Quant aux différences, dans le ballet français l'accent est mis plus sur les pieds, tandis que le ballet russe met plus en valeur le port de bras.

Pierre Lacotte aime une remarque très comique de Mikhaïl Barychnikov disant qu'un danseur parfait aurait des pieds français et une tête et des bras russes.

La maturité d'un expert[modifier | modifier le code]

Pierre Lacotte se consacre désormais essentiellement à la reconstitution des grands ballets du répertoire tombés dans l'oubli.

Pour l'Opéra de Paris, il remonte :

Créations pour des compagnies étrangères :

Pierre Lacotte devient en 1991 le directeur artistique du ballet national de Nancy et de Lorraine, où il succède à Patrick Dupond, et ce jusqu’en 2001[2].

Il revient également en force en 2000 avec La Fille du pharaon qui met en vedette la grande ballerine Svetlana Zakharova et continue cette série de reprises avec Ondine au Théâtre Mariinsky (ballet tombé aux oubliettes depuis l'ère Margot Fonteyn et pour lequel Evguenia Obraztsova reçoit un Golden Mask de la meilleure danseuse, en 2007). Toujours très actif, Pierre Lacotte recrée en ce moment La Fille du Danube avec le Tokyo Ballet, ainsi que Les Trois Mousquetaires, pour des danseurs comme Mathias Heymann, Marie-Agnès Gillot, Dorothée Gilbert, Mathieu Ganio et Evguenia Obraztsova.

En 2001, il recrée pour l'Opéra de Paris le ballet Paquita (filmé et commercialisé), d'après les documents originaux de Joseph Mazilier et Marius Petipa, et s'attache tout particulièrement à retrouver les figures et pas qui composaient la chorégraphie à sa création, au XIXe siècle.

Sa muse Evguenia Obraztsova[modifier | modifier le code]

Dans la saison 2013-2014 «Marco Spada» de Pierre Lacotte est représenté sur la scène du Théâtre Bolchoï.

« Сe ballet est un vrai chef-d’œuvre offert au Théâtre Bolchoï par Pierre Lacotte. Maintenant nous avons le ballet classique par excellence sur la scène historique. » (Sergueï Filine)[6]

Soit dit en passant, que tous les deux, Sergueï Filine et Pierre Lacotte, propulsent la carrière d'Evguenia Obraztsova[7], qui est depuis 2012 la nouvelle vedette du Bolchoï ballet aux côtés de Svetlana Zakharova[8].

Evguenia Obraztsova est distribué dans la même saison également dans La Sylphide de Pierre Lacotte au Palais Garnier à Paris:

« This version finds the Bolshoi star at the apogee of her stylistic powers. Obraztsova, who first danced the role with Moscow’s Stanislavsky Ballet in 2011, has been a muse for Lacotte in recent years, and hers is a definitive interpretation, exquisite in step and manner, a true meeting of minds between choreographer and dancer. No other ballerina today so effortlessly masters both the Russian and French styles: her footwork is a wonder of expressive clarity. »[9]

La Fille du pharaon, de la scène au cinéma[modifier | modifier le code]

La Fille du pharaon de Pierre Lacotte avec Svetlana Zakharova dans le rôle-titre est diffusé dimanche 23 novembre à 16 heures dans 120 cinémas en France, dans le cadre des retransmissions des ballets du Bolchoï lancées en 2009 et proposées dans cinquante pays[10].

Saison 2014-2015[modifier | modifier le code]

Sur la scène du Palais Garnier, Paquita de Pierre Lacotte est représenté en printemps 2015[11]. La première a lieu le 2 mai 2015.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Une Vie de ballets - Ghislaine Thesmar, Pierre Lacotte, documentaire de Marlène Ionesco, 95 min, date de sortie le 2 janvier 2012[3],[12]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Quand le BBC a fait le documentaire Sylvie Guillem - force of nature sur la danseuse étoile Sylvie Guillem, on a demandé Pierre Lacotte qu'il donne un commentaire.
  2. a, b et c Profil de Pierre Lacotte sur le site du Stanislavsky and Nemirovich-Danchenko Music Theatre, Moscou, mis à jour 2006 (en).
  3. a et b Une vie pour le ballet, citrique du documentaire Une Vie de ballets - Ghislaine Thesmar, Pierre Lacotte par Louise Keller, publié le 7 janvier 2014 (en).
  4. Pierre Lacotte... chorégraphe et conservateur du ballet, interview du 31 juillet 2000 par Bruce Marriott (en).
  5. Interview de Pierre Lacotte par Catherine Pawlick en janvier et février 2006 (en).
  6. Marco Spada, avec une remarque de Sergueï Filine dans l'annonce du Théâtre Bolchoï.
  7. Evgenia Obraztsova Documentary (2006), Part 1
  8. Étoiles sur le site du Théâtre Bolchoï (en).
  9. La Sylphide, Paris Opera Ballet, Palais Garnier, Paris – review de Laura Capelle du 1 julliet 2013 dans le Financial Times: « Bolshoi principal Evgenia Obraztsova gives a definitive performance in the title role  ». (en)
  10. Pierre Lacotte : « Quand je recrée un ballet, je suis en quête du parfum de l’époque », son interview par Marie Soyeux du 21 novembre 2014
  11. Paquita, annonce dans le calendrier de l'Opéra de Paris.
  12. Une Vie de ballets - Ghislaine Thesmar, Pierre Lacotte, critique par Marie-Astrid Gauthier du 9 janvier 2012