Art roman languedocien

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L'art roman languedocien reflète de nombreuses influences dues à la position de carrefour du Languedoc : l'influence de l'antiquité romaine, l'influence de l'architecture wisigothique, l'influence de l'art roman lombard et l'influence de l'architecture hispano-mauresque.

Cet art roman manifeste également certaines caractéristiques comme l'opus monspelliensis, l'utilisation ornementale de cordons de basalte noir ou encore l'abondance des églises fortifiées.

Art roman languedocien inspiré de l'antique[modifier | modifier le code]

Abbaye de Saint-Gilles : porche à l'antique
Église Saint-Jacques de Béziers : entablement à l'antique

Comme son voisin l'art roman provençal, l'art roman languedocien a subi l'influence de l'architecture de l'antiquité romaine par le biais des nombreux vestiges romains subsistant dans la région : pont du Gard, arènes de Nîmes, Maison Carrée, temple de Diane, tour Magne, pont romain d'Ambrussum, pont romain de Saint-Thibéry, etc.

Il a donc emprunté de nombreuses caractéristiques stylistiques à l'architecture romaine :

Cette influence de l'antique se retrouve sur plusieurs édifices languedociens :

Art roman languedocien influencé par l'architecture wisigothique[modifier | modifier le code]

Le Languedoc a fait partie intégrante du royaume wisigothique de Toulouse (419-507) et du royaume wisigothique de Tolède (507-711)[1],[2],[3].

De ce fait, l'art roman languedocien a hérité de certaines caractéristiques de l'art wisigothique :

  • la roue solaire enserrant une marguerite, motif décoratif d'inspiration wisigothique[4];

On retrouve la roue solaire wisigothique entre autres au chevet de l'église Sainte-Agathe de Valergues et au portail de l'église Saint-André de Bernis.

Quant à l'arc outrepassé, il orne le portail de la chapelle Saint-Nazaire de Roujan[5] et de la chapelle Saint-Hippolyte de Loupian.

Roue solaire wisigothique
au portail de l'église Saint-André de Bernis

Art roman languedocien influencé par l'art hispano-mauresque[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, une influence hispano-mauresque s'est exercée sur le Languedoc par le biais des grandes routes du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, en l'occurrence la Via Tolosane.

C'est ainsi que l'on retrouve au portail de la chapelle Saint-Hippolyte de Loupian (sous l'arc outrepassé mentionné plus haut) un arc festonné, variante de l'arc polylobé venu de Cordoue.

Art roman languedocien influencé par l'art roman lombard[modifier | modifier le code]

Le Languedoc a subi une forte influence de l'art roman lombard par le biais de la Catalogne toute proche. On y trouve donc de nombreuses églises présentant un chevet de style roman lombard. On notera sur ces édifices l'utilisation fréquente de basalte noir pour souligner l'extrados des arcs des fenêtres et des arcatures lombardes.

Art roman traditionnel[modifier | modifier le code]

Basiliques[modifier | modifier le code]

Le comté de Toulouse et le Languedoc sont un foyer novateur au début du XIIe siècle. L'aménagement monumental de l'entrée est inauguré à la basilique Saint-Sernin de Toulouse. De nouveaux supports, le trumeau et le linteau, permettent l'élargissement du tympan qui est couvert de sculptures. Cet accent mis sur le portail d'entrée reflète un passage de l'Évangile selon Saint-Jean : « C’est moi la porte. Qui entrera par moi sera sauvé ».

Abbayes[modifier | modifier le code]

Églises castrales[modifier | modifier le code]

Églises fortifiées[modifier | modifier le code]

Églises édifiées en « opus monspelliensis »[modifier | modifier le code]

L'opus monspelliensis ou appareil alterné de Montpellier[7] est un appareil de construction de murs réalisé en alternant des assises de pierres de taille minces et hautes et qui fut principalement utilisé dans la région de Montpellier, d'où son nom.

Maisons romanes[modifier | modifier le code]

Façade de la maison consulaire de Saint-Antonin-Noble-Val

Ponts romans[modifier | modifier le code]

Autres édifices[modifier | modifier le code]

Clochers
Églises
Chapelles

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alícia Marcet i Juncosa, Abrégé d'histoire des terres catalanes du Nord, Perpignan, Éditions Trabucaire, coll. « Història » (no 1), , 197 p. (ISBN 2-905828-31-5, notice BnF no FRBNF35469857), p. 28
  2. Alicia Marcet i Juncosa, Atlas historique, Librairie Académique Perrin, , p. 117
  3. Michel Zimmermann, L'Espagne wisigothique < http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/L_Espagne_wisigothique.asp >
  4. Itinéraires romans en Languedoc, Françoise Leriche-Andrieu, éditions Zodiaque, 1982, p.102
  5. la chapelle est préromane mais le portail est roman et date du XIIe siècle
  6. la cathédrale d'Uzès est néo-romane sauf la tour Fenestrelle
  7. Site de la ville de Murviel-lès-Montpellier
  8. http://patrimoines.midipyrenees.fr/fr/rechercher/recherche-base-de-donnees/index.html?notice=IA00065532&tx_patrimoinesearch_pi1%5Bstate%5D=detail_simple&tx_patrimoinesearch_pi1%5Bniveau_detail%5D=N3
  9. Durliat, Marcel, « La fonction de la maison romane de Saint-Antonin », Bulletin Monumental, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 146, no 2,‎ , p. 138–139 (DOI 10.3406/bulmo.1988.3109, lire en ligne, consulté le 11 août 2020).
  10. http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00103209
  11. http://www.burlats.net/culture/adelaide/pavillon_adelaide.htm
  12. http://www.societes-savantes-toulouse.asso.fr/samf/memoires/t_65/051-95_Napoleone_Cabau.pdf
  13. Napoleone, Anne-Laure, « Les maisons romanes de Toulouse (Haute-Garonne) », Archéologie du Midi Médiéval, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 6, no 1,‎ , p. 123–138 (DOI 10.3406/amime.1988.1171, lire en ligne, consulté le 11 août 2020).
  14. http://www.studiodifferemment.com/telechargement/PDF/toulouse21-maurand.pdf
  15. de Viviès, Bertrand, « L'hôtel de la famille de Gaillac ou «Tour de Palmata» (Gaillac, Tarn) », Bulletin Monumental, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 160, no 1,‎ , p. 97–119 (DOI 10.3406/bulmo.2002.1096, lire en ligne, consulté le 11 août 2020).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Dainville 1935] Maurice de Dainville, « L'enfance des églises du diocèse de Montpellier », dans Monspeliensa  : mémoires et documents relatifs à Montpellier et à la région montpelliéraine, Montpellier, 1935 tome 2, fascicule 1, p. 7-61 (lire en ligne)
  • [Dainville 1937] Maurice de Dainville, « Les églises romanes du diocèse de Montpellier », dans Monspeliensa  : mémoires et documents relatifs à Montpellier et à la région montpelliéraine, Montpellier, 1937, tome 2, fascicule 2, p. 177-290 (lire en ligne)
  • [Dainville 1940] Maurice de Dainville, « Les églises romanes du diocèse de Montpellier », dans Monspeliensa  : mémoires et documents relatifs à Montpellier et à la région montpelliéraine, Montpellier, 1940, tome 2, fascicule 3, p. 297-443 (lire en ligne)
  • [Leriche 1982] Françoise Leriche-Andrieu, Itinéraires romans en Languedoc, Éditions Zodiaque, 1982
  • [Lugand 1985] Jacques Lugand, Jean Nougaret, Robert Saint-Jean, Languedoc roman, éditions Zodiaque (collection la nuit des temps no 43), La Pierre-qui-Vire, 1985 (2e édition)

Articles connexes[modifier | modifier le code]