Armée de terre italienne

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Esercito Italiano
Image illustrative de l'article Armée de terre italienne

Création 1946
Dissolution actif
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Branche Forces armées italiennes
Type Armée de terre
Effectif 102 995 (2 014)
Devise Salus Rei Publicae Suprema Lex Esto
Guerres Guerre du Golfe, guerre du Kosovo, guerre d'Irak, guerre d'Afghanistan
Commandant Danilo Errico (it)

L'armée de terre italienne (en italien, Esercito italiano [e'zɛrʧito ita'ljano]) est une des quatre forces armées en Italie, avec la marina militare, l'aeronautica militare et les carabiniers (Carabinieri).

En son sein sont présentes des familles de tradition prestigieuse : les Alpini (en français chasseurs alpins) et les régiments de Bersaglieri [bersaʎː'jɛri] créés par décret royal le sur proposition du capitaine Alessandro La Marmora.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'armée de terre italienne (Esercito Italiano) est issue des cinq divisions d'infanterie de l'armée royale italienne (Regio Esercito) qui disparut en 1946 lors de la proclamation de la république.

Guerre froide[modifier | modifier le code]

Les besoins de l'armée italienne à s'intégrer dans une défense globale contre une invasion soviétique potentielle, l’amène à intégrer l'OTAN dès sa création en 1949. Le commandement des forces terrestres alliées d'Europe du Sud (Allied Land Forces Southern Europe LANDSOUTH) créé en 1951, est confié à un italien, le Lieutenant-Général Mauricio Lazzaro De Castiglioni. A la tête de trois divisions d’infanterie et de trois brigades, il doit protéger le nord de l'Italie d'une invasion possible venant de Yougoslavie. Ces divisions étaient la division d'infanterie mécanisée Folgore basée à Trévise, la division d'infanterie motorisée Trieste basée à Bologne et la division d’infanterie Mantova basé à Udine. Les brigades étaient la brigade d'alpins Julia basée à Cividale del Friuli, la brigade d'alpins Tridentina basée à Bressanone et la brigade blindée Ariete basée à Pordenone. L'exercice Italic Weld est le premier exercice international (participation des armées de l'air turque, grecque et américaine) interarmes de l'armée italienne en août 1953 [1].

Au cours des années 1950, l'armée italienne fut réorganisée en trois corps d'armée. Le troisième corps d'armée s'installa à Milan, le quatrième corps alpin d'armée s’installa à Bolzano et le cinquième corps d'armée s’installa à Vittorio Veneto. La réforme de 1975 entraîna la suppression des régiments (jusqu'en 1991) et les bataillons se retrouvaient directement sous le commandement des brigades. Une nouvelle réforme en 1986 renforça l’organisation vers trois corps d'armée lorsque les brigades du sud de l'Italie furent intégrées à ces trois corps.

Depuis 1991[modifier | modifier le code]

À l'instar des armées occidentales, l'armée de terre italienne a subi de nombreuses réformes, visant régulièrement une diminution de ses effectifs. Dès 1991, sept brigades (Aquileia, Brescia, Goito, Mameli, Orobica, Trieste et Vittorio Veneto) sont dissoutes. Une nouvelle réforme en 1997, voit la disparition de six brigades supplémentaires (Acqui, Cadore, Cremona, Gorizia, Legnano et Mantova) et une vaste réorganisation des trois corps d'armée (changements de bases, réassignations des unités...). Le troisième corps d'armée devient le Commandement des Forces de Projection (COMFOP), le quatrième corps alpin d'armée devient le Commandement des Alpins (COMALP) et le cinquième corps d'armée devient le premier Commandement des Forces de Défense (COMFOD1) pour le nord de l'Italie. En 1998 est créé le second Commandement des Forces de Défense (COMFOD2) pour le centre et le sud de la péninsule. Parallèlement, L'OTAN réorganise le LANDSOUTH qui devient le COMFOTER (Commandement des forces opérationnelles terrestres) et le COMSUP (Commandement de Soutien) est créé en complément des quatre autres commandements italiens.

Organigramme de l'Armée de terre italienne en 2008

En 1998, la structure de l'armée de terre s'organise ainsi:

  • COMFOTER
    • COMFOP
      • Brigade d'infanterie aéroportée Folgore
      • Brigade d'infanterie mécanisée Friuli
      • Brigade de bersagliers Garibaldi
    • COMALP
      • Brigade d'alpins Julia
      • Brigade d'alpins Taurinense
      • Brigade d'alpins Tridentina
    • COMFOD 1
      • Brigade blindée Ariete
      • Brigade d'infanterie mécanisée Centauro
      • Brigade de cavalerie Pozzuolo del Friuli
    • COMFOD 2
      • Brigade d'infanterie mécanisée Aosta
      • Brigade d'infanterie mécanisée Granatieri di Sardegna
      • Brigade d'infanterie mécanisée Sassari
      • Brigade blindée Pinerolo
    • COMSUP
      • Brigade d'artillerie
      • Brigade du génie
      • Commandement de l'aviation de l'armée de terre
      • Commandement de l'artillerie anti-aérienne
      • Commandement du soutien logistique
      • Commandement des forces opérationnelles terrestres

En 2002, une nouvelle réforme décide de la fin de la conscription pour 2006, le COMFOP, réduit à une seule brigade, devient le NRDC-IT (Corps de projection rapide de l'OTAN pour l'Italie). Les brigades Folgore et Friuli (cette dernière devenant une brigade aéroportée avec cavalerie, infanterie et aviation) intègrent le COMFOD 1, et la brigade Garibaldi passe sous commandement du COMFOD 2.

En 2011, le COMSUP a intégré les différentes écoles de l'armée de terre et les réorganisa pour devenir des brigades de soutien potentielles. En outre, la brigade blindée Pinerolo devient une brigade d’infanterie mécanisée.

L'année 2013 voit une réforme majeure aboutir. Les commandements opérationnels COMALP, COMFOD 1 et 2 sont dissous. L'artillerie et le génie doivent intégrer le reste des brigades d'ici à 2016. En outre, le commandement de l'armée de terre historiquement placé au Nord (Vérone) déménage à Rome en 2015. À l'issue de cette réforme, en 2016, l'armée italienne sera organisée autour de neuf brigades.

  • 2 brigades blindées (Ariete et Garibaldi)
  • 2 brigades mécanisées (Aosta et Pinerolo)
  • 4 brigades d'infanterie (Folgore, Julia, Taurinense et Sassari)
  • 1 brigade aéroportée (Pozzuolo del Friuli)

Organisation[modifier | modifier le code]

L'armée de terre italienne s'articulera en 2016 autour de quatre commandements et neuf brigades de combat. Le commandement de soutien opérationnel dispose de trois régiments du génie, deux régiments d'artillerie et d'un régiment spécialisé NBC. Le commandement des transmissions est divisé en deux brigades, l'une pour les transmissions (7 régiments), l'autre pour les missions spéciales (1 régiment d'écoute, et un régiment de guerre électronique). Le commandement de l'aviation de l'armée est constitué d'une brigade (trois régiments d'hélicoptères, et un escadron d'avions), d'un département du matériel (quatre régiments de soutien aérien) et d'un centre de formation (deux escadrons d'hélicoptères). Le commandement de la défense aérienne dispose de quatre régiments.

Les neuf brigades de combat sont les suivantes:

Brigade Type Localisation QG Commande
CoA of the Aosta Battalion.svgAosta brigade mécanisée Messine
  • Bataillon de commandement et de soutien Aosta
  • 6ème régiment de cavalerie Lancieri di Aosta
  • 6ème régiment de bersagliers
  • 5ème régiment d'infanterie Aosta
  • 62ème régiment d'infanterie Sicilia
  • 24ème régiment d'artillerie Peloritani
  • 4ème régiment du génie
  • Régiment logistique Aosta
CoA mil ITA b cor Ariete.jpgAriete brigade blindée Pordenone
  • Bataillon de commandement et de soutien Ariete
  • 5ème régiment de cavalerie Lancieri di Novara
  • 32ème régiment de chars
  • 132ème régiments de chars
  • 11ème régiment de bersagliers
  • 132ème régiment d'artillerie
  • 10ème régiment du génie
  • Régiment logistique Ariete
CoA of the Folgore Brigade.svgFolgore brigade d'infanterie Livourne
  • Bataillon de commandement et de soutien Folgore
  • 3ème régiment de cavalerie Savoia Cavalleria
  • 183ème régiment de parachutistes Nembo
  • 186ème régiment de parachutistes Folgore
  • 187ème régiment de parachutistes Folgore
  • 185ème régiment d'artillerie Folgore
  • 8ème régiment de parachutistes du génie Folgore
  • Régiment logistique Folgore
  • Centre d'entrainement parachutiste CAPAR
CoA mil ITA b cav Pozzuolo.jpgPozzuolo del Friuli brigade aéroportée Bologne
  • Bataillon de commandement Pozzuolo del Friuli
  • 4ème régiment de cavalerie Genova Cavalleria
  • 66ème régiment d'infanterie parachutiste Trieste
  • Régiment d'infanterie amphibie Lagunari
  • 5ème régiment de l'aviation Rigel
  • 7ème régiment de l'aviation Vega
  • Régiment d'infanterie équestre Volòire
  • 3ème régiment du génie
  • Régiment logistique Pozzuolo del Friuli
CoA mil ITA b ber Garibaldi.jpgGaribaldi brigade blindée Caserte
  • Bataillon de commandement Garibaldi
  • 19ème régiment de cavalerie Cavalleggeri Guide
  • 4ème régiment de chars
  • 1er régiment de bersagliers
  • 8ème régiment de bersagliers
  • 8ème régiment d'artillerie Pasubio
  • 21ème régiment du génie
  • Régiment logistique Pasubio
CoA mil ITA brg Julia.jpgJulia Brigade d'infanterie Udine
  • Bataillon de commandement et de soutien Julia
  • 2ème régiment de cavalerie Piemonte Cavalleria
  • 5ème régiment d'alpins Morbegno
  • 7ème régiment d'alpins Feltre
  • 8ème régiment d'alpins Tolmezzo
  • 3ème régiment d'artillerie de montagne Conegliano
  • 2ème régiment du génie Iseo
  • Régiment logistique Julia
CoA of the Pinerolo Brigade.svgPinerolo brigade mécanisée Bari
  • Bataillon de commandement et de soutien Pinerolo
  • 7ème régiment de bersagliers
  • 9ème régiment d'infanterie Bari
  • 82ème régiment d'infanterie Torino
  • 21ème régiment d'artillerie Trieste
  • 11ème régiment du génie
  • Régiment logistique Pinerolo
CoA mil ITA b mec Sassari.jpgSassari brigade d'infanterie Sassari
  • Bataillon de commandement et de soutien Sassari
  • 3ème régiment de bersagliers
  • 151ème régiment d'infanterie Sassari
  • 152ème régiment d'infanterie Sassari
  • 5ème régiment du génie
  • Régiment logistique Sassari
CoA mil ITA brg Taurinense.jpgTaurinense brigade d'infanterie Turin
  • Bataillon de commandement Taurinense
  • 1er régiment de cavalerie Nizza Cavalleria
  • 2ème régiment d'alpins Saluzzo
  • 3ème régiment d'alpins Susa
  • 9ème régiment d'alpins L'Aquila
  • 1er régiment d'artillerie de montagne Aosta
  • 32ème régiment du génie
  • Régiment logistique Taurinense

Équipements[modifier | modifier le code]

Armement individuel :

Véhicules blindés :

  • Char d'assaut Ariete : 200
  • Chasseur de char Centauro : 389
  • Véhicule blindé de combat d'infanterie Dardo : 198
  • Véhicule blindé de combat d'infanterie Freccia : 253
  • Véhicule de transport de troupes M113 : plus de 1 000
  • Véhicule de transport de troupes Puma : 550
  • Véhicule de transport de troupes Orso 4x4 : 56
  • Véhicule de transport de troupes VAB : 15
  • Véhicule de transport de troupes Cougar HE : 12
  • Véhicule de transport de troupes International MaxxPro : 24
  • Véhicule de transport léger Lince : 1 610
  • Véhicule de transport léger VM 90 : 2 000
  • Véhicule de transport amphibie Bandvagn 206 : 300
  • Véhicule d’assaut amphibie AAV-7A1 : 17
  • Véhicule blindé du génie Buffalo : 7
  • Canon automoteur PzH 2000 : 68
  • Canon automoteur M109 : 96
  • Lance-roquettes multiple M270: 21

Aéronefs :

Engagements[modifier | modifier le code]

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, avec la perte de ses colonies, il fut convenu que l'Italie ne pourrait pas se déployer à l'étranger jusqu'en 1970. La première opération extérieure sera un détachement de soldats de la paix (FINUL) à Beyrouth en 1982. L'armée de terre prit part à la guerre du Golfe en 1991, en évacuant les réfugiés kurdes au nord de l'Irak. L'Italie a contribué également à l'EUFOR (Bosnie-Herzégovine) et à la KFOR (Kosovo).

Après le , l'Italie apporte sa contribution à l'ISAF (Afghanistan) avec un contingent de 2 000 (en 2006) à 4 000 hommes (en 2011). L'armée de terre déploie une compagnie du génie, une unité de logistique et deux sections, une de police militaire et une spécialisée NBC. L'Italie a assuré le commandement régional ouest pour l'ISAF à Hérat. Une compagnie supplémentaire issue du 2e régiment d'alpins a été chargée de protéger ce quartier général. À la fin du conflit, l'Italie à perdu 53 soldats.

La participation de l'Italie à la guerre d'Irak fut plus ambiguë. Lorsque les 3 000 soldats italiens furent déployées à l'été 2003, la guerre avait été déclarée terminée par le président américain quelques mois auparavant. En 2005, les premiers retraits s'effectuent, et l'Italie évacue l'Irak dès 2006. Le bilan sera de 32 morts, dont dix-neuf au cours d'une attaque suicide le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hastings Lionel Ismay, « NATO the first five years 1949-1954 Part.3 Chap.9 », Nato Archives,‎ 2015

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]