Armée ottomane

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Carte de l'Empire ottoman à son apogée, au XVI-XVIIème siècle
Carte de l'Empire ottoman à son apogée, au XVI-XVIIème siècle
Informations générales
Date 1299 à 1922
Lieu Europe, Bassin méditerranéen, Afrique du Nord, Moyen-Orient, Océan Indien
Issue La proclamation de la République de Turquie.
Changements territoriaux de l'Anatolie au Moyen-Orient, en Europe, au Bassin méditerranéen, en Afrique du Nord,
L'armée ottomane devant la porte Saint-Romain pendant la chute de Constantinople en 1453 par Jean-Joseph Benjamin-Constant (1876).
style : peinture orientaliste.
Bachi-bouzouk (tableau de Jean-Léon Gérôme, (1869)
Assaut des Sipahis
Étendard de l'armée ottomane de 1453 à 1798
Un commandant du corps des janissaires en 1798
Victoire lors de la guerre gréco-turque, (1897)


L’histoire de l’armée ottomane peut être divisée en deux périodes principales : la période classique s’étendant des débuts de l’armée de l'empire ottoman en 1299 jusqu’aux réformes militaires du début du XIXe siècle, qui marquèrent le début de la période moderne

Période classique (1299-1829)[modifier | modifier le code]

Organisation militaire[modifier | modifier le code]

L’armée ottomane s’est organisée progressivement aux XIVe siècle et XVe siècle pour atteindre sa structure classique au XVIe siècle avec la répartition suivante :

  • Les troupes régulières, directement entretenues par le sultan, appelées Kapıkulları (esclaves de la Porte), dont l’exemple le plus emblématique est le corps des janissaires (Yeniçeri).
  • Les troupes provinciales notamment les cavaliers sipahis ou timariots (Sıpahis et Tımarlı) et leurs auxiliaires, mais aussi les conscrits Azaps.
  • Les soldats des vassaux ou alliés (la contribution la plus importante au cours de l’histoire fut celle du khanat de Crimée).
  • Les troupes mercenaires, notamment les bachi-bouzouks qui ne recevaient pas un solde régulière et vivaient du pillage.
  • Des eunuques (Akağa) étaient chargés de la garde de la cour et du palais du sultan.

Historique[modifier | modifier le code]

Une armée féodale et une armée de métier[modifier | modifier le code]

La première véritable armée de l’Empire ottoman a été organisée par Osman Ier à partir de populations turques d’Anatolie à la fin du XIIIe siècle, qui constituèrent les cavaliers timariots.

Orhan compléta cette première armée irrégulière avec une armée de métier et salariée. L’infanterie s’appelait Yaya et la cavalerie Müsellem. Ces forces armées étaient majoritairement mercenaires, les populations turques privilégiant les fiefs ou butins de guerre. Ces mercenaires n’étaient pas obligés de se convertir à l’islam pourvu qu’ils obéissent aux ordres ottomans.

Devant l’augmentation du nombre de mercenaires, menace pour la noblesse ottomane, Murad Ier décida de constituer une armée d’esclaves appelés Kapıkulları, à partir des captures de guerre. Le corps le plus prestigieux est celui des janissaires, recrutés de force dans les populations chrétiennes de l’Empire suivant la taxe du devchirmé instituée par Mehmet II, mais cette armée s’étendit rapidement et comptait beaucoup d’autres corps, comme celui des hallebardiers (Baltacı').

Les Ottomans furent le premier état à entretenir une armée de métier depuis l’Empire romain. Les janissaires furent comparés ainsi à la garde prétorienne et de par leur faits d’armes restèrent un des symboles de l’armée ottomane.


À la fin du XVe siècle, sans y compter tous ses vassaux (khanat de Crimée et Régence d'Alger... ), le sultan dispose de 50 000 cavaliers, 12 000 fantassins (Azap), de plusieurs milliers de janissaires[1], ce qui en fait une des forces les plus puissantes de l'époque.

Différents types de cavaleries[modifier | modifier le code]

L’Empire ottoman comptait dans ses rangs plusieurs types de cavalerie :

  • six divisions d’élite de cavalerie (Altı Bölük), faisant partie des esclaves de la Porte et recrutés de la même manière que les janissaires
  • la cavalerie provinciale des timariotes
  • les Akıncıs, « faiseurs de raid », chargés de razzier les territoires ennemis et utilisés comme éclaireurs

Les conscrits Azabs[modifier | modifier le code]

Des conscrits, parmi lesquels on peut compter les fameux bachi-bouzouks (Başıbozuk) furent recrutés à partir de 1389, utilisés pour l'approvisionnement des lignes de front et le génie ou parfois servant littéralement de chair à canon.

Introduction des armes à feu[modifier | modifier le code]

Les Ottomans commencèrent à utiliser les fusils entre 1444 et 1448. De nouvelles troupes furent constituées : une infanterie régulière (Piyade Topçu, littéralement "artillerie à pied"), et une infanterie montée (Süvari Topçu Neferi, littéralement "artillerie montée") et des grenadiers (Humbaracı), qui envoyaient des explosifs appelés humbara et chargés de la logistique pour l’artillerie.

Période moderne (1829-1922)[modifier | modifier le code]

En 1828, le corps des janissaires fut aboli (cf. Déclin de l'empire ottoman). Les Nizamis (Nizam-ı Cedid) les remplacèrent à partir de 1842.

Autres composantes de l’armée ottomane[modifier | modifier le code]

Fanfares militaires[modifier | modifier le code]

Les fanfares militaires ottomanes, souvent associées au corps des janissaires, semblent être parmi les plus anciennes au monde, et sont paradoxalement décrites par le mot mehter (مهتر) qui provient du persan qui étymologiquement ne qualifie qu’un seul musicien.

Marine ottomane (1308 - 1922)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Marine ottomane.

Les Ottomans commencèrent à développer une marine au XIVe siècle, principalement constituée de galères, qui s’illustra notamment dans la Méditerranée, avec des amiraux aussi célèbres que Khayr ad-Din Barberousse. Néanmoins, cette flotte atteint ses limites au XVIe siècle, en Méditerranée lors de la bataille de Lépante et sur l’océan Indien lors de la bataille de Diu, ne permettant pas aux Ottomans de contrôler les flux commerciaux face à l’émergence des puissances européennes.

Armée de l’Air (1909 - 1922)[modifier | modifier le code]

L’Armée de l’Air ottomane a été fondée en juin 1909, ce qui en fait l’une des plus anciennes structures de combat aérien au monde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de l'Empire ottoman, Nicoara Beldiceanu

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]