Aléxis Tsípras

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Aléxis Tsípras
Αλέξης Τσίπρας
Aléxis Tsípras en 2015.
Aléxis Tsípras en 2015.
Fonctions
176e Premier ministre de Grèce
En fonction depuis le
(6 mois et 3 jours)
Président Károlos Papoúlias
Prokópis Pavlópoulos
Gouvernement Tsípras
Législature 16e
Coalition SYRIZA-ANEL
Prédécesseur Antónis Samarás
Président de SYRIZA
En fonction depuis le
Prédécesseur Création du parti
Vice-président du Parti de la gauche européenne
En fonction depuis le
Président Pierre Laurent
Président du Synaspismós
Prédécesseur Alékos Alavános
Successeur Dissolution du parti
Biographie
Date de naissance (41 ans)
Lieu de naissance Athènes (Grèce)
Parti politique Synaspismós
SYRIZA
Diplômé de Université polytechnique
nationale d'Athènes
Profession Ingénieur civil
Résidence Villa Maxímos (Athènes)

Aléxis Tsípras
Premiers ministres de Grèce

Aléxis Tsípras (en grec Αλέξης Τσίπρας), né le à Athènes[1], est un homme d'État grec membre de la Coalition de la gauche radicale (SYRIZA), qu'il préside depuis 2012. Il est nommé Premier ministre le , au lendemain des élections législatives anticipées remportées par son parti.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et famille[modifier | modifier le code]

Aléxis Tsípras a grandi à Athènes ; son père était un petit entrepreneur de construction[2]. Il poursuit des études d'ingénierie civile à l'université polytechnique nationale d'Athènes (UPNA). Après avoir obtenu son diplôme d'ingénieur en 2000, il continue ses études en aménagement du territoire dans le cadre d'un programme inter-départemental de l'UPNA, tout en travaillant comme ingénieur civil dans l'industrie du bâtiment. Il est l'auteur de plusieurs études et projets sur la ville d'Athènes[3],[4],[5].

La compagne d'Aléxis Tsípras est Peristéra (dite Béti) Baziána, ingénieur en électricité et en informatique. Ils se sont rencontrés en 1987 au lycée d'Ambelokipi et ont rejoint ensemble les Jeunesses communistes de Grèce. Ils ont deux fils, Phoibos Pávlos, né en 2010[6] et Orphéas Ernésto, né en 2013[7].

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Dès la fin des années 1980, il s'engage dans les Jeunesses communistes grecques (KNE). Au début des années 1990, en tant qu'élève du lycée d'Ambelokipi, il est politiquement actif dans la révolte des lycéens contre la loi controversée du ministre de l'Éducation et des Affaires religieuses du moment, Vasilis Kontogiannopoulos. Il devient un membre influent du mouvement lycéen après avoir été invité par la journaliste Anna Panagiotarea à une émission télévisée.

En tant qu'étudiant à l'université, il rejoint le mouvement de rénovation de la gauche et devient membre du bureau exécutif du syndicat des étudiants de l'École d'ingénieurs civils (NTUA) et représentant des étudiants au Sénat de l'Université. De 1995 à 1997, il est membre élu du comité central de l'Union nationale des étudiants de Grèce (EFEE)[3].

Aléxis Tsípras demeure au Synaspismós après le départ de la coalition du Parti communiste grec (KKE). Il devient le premier secrétaire politique de la section de la jeunesse du Synaspismos, Neolaia Syn, de mai 1999 à novembre 2003, avant de laisser la place à Tasos Koronakis. Il parvient de façon très efficace à maintenir la ligne politique du parti, en s'imposant face à ses rivaux politiques de gauche comme de droite. Il prend une part active à la création du « Forum social grec » et participe à toutes les manifestations internationales contre la mondialisation néolibérale. En décembre 2004, lors du 4e congrès du Synaspismós, il est élu membre du comité politique central du parti, puis au secrétariat politique, où il devient responsable des questions de la jeunesse et de l'éducation[3].

Débuts électoraux[modifier | modifier le code]

Aléxis Tsípras fait sa première apparition sur la scène politique traditionnelle lors des élections locales de 2006 lorsqu'il se présente à Athènes sur la liste « Anichti Poli » (Grec : Ανοιχτή Πόλη, « Ville Ouverte ») SYRIZA, qui obtient 10,51 % des voix[3],[8]. Il ne se présente pas aux élections pour le Parlement grec, la Vouli, lors des élections législatives de 2007, préférant poursuivre son mandat de conseiller municipal d'Athènes.

Président de parti à 33 ans[modifier | modifier le code]

Aléxis Tsípras tenant un discours au 5e congrès de Synaspismos en tant que candidat à la présidence du parti.

Il est élu président du Synaspismós lors du 5e congrès du parti, le 10 février 2008, après que le président sortant, Alékos Alavános, a décidé de ne pas se représenter pour raisons personnelles[9]. Il est alors âgé de 33 ans et devient le plus jeune responsable jamais élu à la tête d'un parti politique parlementaire en Grèce.

Lors des élections législatives d'octobre 2009, il est élu député de la première circonscription d'Athènes et est élu à l'unanimité président de son groupe parlementaire par le secrétariat de SYRIZA[10],[11].

2012 : le bouleversement à gauche[modifier | modifier le code]

SYRIZA, première force de gauche au Parlement[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives anticipées du 6 mai 2012, SYRIZA enregistre le meilleur résultat de son histoire, avec 16,78 % des suffrages, obtenant 52 sièges de députés dont Aléxis Tsípras, largement réélu dans sa circonscription athénienne. Son parti devenant la deuxième force politique au Parlement, il se voit chargé deux jours plus tard par le président Papoúlias de former un gouvernement de coalition dans les 72 heures[12], tâche qu'il ne réussit pas à remplir[13].

En l'absence de majorité, de nouvelles élections sont convoquées pour le 17 juin 2012. Au cours du mois de mai, SYRIZA est donné favori par la plupart des sondages d'opinion pour ces nouvelles élections.

La tournée européenne[modifier | modifier le code]

Le 21 mai 2012, Aléxis Tsípras effectue une visite en France. Il rencontre des dirigeants du Front de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, tient une conférence de presse à l'Assemblée nationale, avant de participer à un meeting commun[14],[15],[16], mais n'est reçu par aucun ministre du nouveau Gouvernement Ayrault, ni par aucun responsable du Parti socialiste, alors que dans le même temps François Hollande reçoit Evángelos Venizélos, le leader du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK)[17]. Le 22 mai, il se rend en Allemagne, où il rencontre le leader de Die Linke, Oskar Lafontaine[18]. Ce même jour, SYRIZA se transforme officiellement en parti politique, abandonnant son statut de coalition. Il en prend alors la présidence.

La confirmation de juin[modifier | modifier le code]

Les élections législatives anticipées du 17 juin 2012 confirment la domination de SYRIZA à gauche. Avec 1 655 086 voix, le parti progresse de 60 %, remportant 26,9 % des suffrages et 71 parlementaires. Il talonne la Nouvelle démocratie (ND) de 170 000 voix seulement et devance le PASOK de 900 000 suffrages.

Élections européennes de 2014[modifier | modifier le code]

Lors des élections européennes de 2014, il est le candidat à la présidence de la Commission européenne du Parti de la gauche européenne. Pour le politicologue grec Anreas Drimiotis « en parcourant les capitales du continent, il a acquis du charisme, de l'éloquence, mais son discours reste toujours empreint d'une idéologie d'extrême gauche. Il promet d'augmenter les salaires, de nationaliser les compagnies privatisées ou de supprimer nombre de taxes mais on ne sait pas s'il veut ou non de l'euro »[19].

Élections législatives de 2015[modifier | modifier le code]

Principal artisan de la chute du gouvernement de coalition d'Antónis Samarás lors de de l'élection présidentielle anticipée de 2014, Alexis Tsípras permet à SYRIZA de partir favori dans les sondages pour les élections législatives de 2015.

Lors de ce scrutin, sa formation totalise 36,3 % des suffrages exprimés et 149 députés sur 300. Première force politique grecque, SYRIZA rate de deux sièges la majorité absolue au Parlement. Tsípras réussit néanmoins à former une coalition avec le parti de droite souverainiste des Grecs indépendants (AN.EL.) et à être nommé Premier ministre dès le lendemain des élections, le 26 janvier 2015, afin de pouvoir former un nouveau gouvernement.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Comme premier acte officiel, Aléxis Tsípras rend hommage aux victimes de la Wehrmacht au mémorial de Kaisariani[20].

Aléxis Tsípras prête serment devant le président de la République, Károlos Papoúlias, le 26 janvier 2015 au cours d'une cérémonie civile, un événement inédit dans l'histoire de la République hellénique, où la prestation de serment d'un Premier ministre grec se déroule habituellement au cours d'une cérémonie religieuse orthodoxe.

Il forme son gouvernement dès le lendemain, le 27 janvier, après avoir constitué une coalition parlementaire en ralliant les Grecs indépendants (ANEL), un parti de droite souverainiste. Son gouvernement se compose en majorité de personnalités inédites, dont des universitaires. Le conservateur et nationaliste Pános Kamménos, leader des Grecs indépendants, est nommé ministre de la Défense nationale. L'exécutif ne comprend que douze ministres de plein exercice, dont aucune femme. Il est le premier chef de gouvernement dans l'histoire de la Grèce à refuser de jurer sur la Bible et devant un pope[21].

Après un premier semestre marqué par des négociations tumultueuses avec les créanciers de la Grèce, Tsipras annonce le 27 juin un référendum pour le 5 juillet où les citoyens grecs doivent décider s'ils acceptent ou non les propositions faites par ceux-ci[22]. Il appelle personnellement à voter « Non »[23], appel suivi par plus de 60 % des votants (malgré un taux d'abstention de 41 %)[24]. Le 13 juillet au matin, la Grèce et ses créanciers signent un accord comportant de nombreuses mesures d'austérité et de privatisations en Grèce, mais devant ouvrir à des crédits nouveaux pour le pays dans les mois suivants. Bien que s'affirmant en désaccord avec l'esprit des mesures proposées, le Premier ministre « assume la responsabilité d'un texte auquel [il] ne croi[t] pas, mais [il] le signe pour éviter tout désastre au pays »[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Alexis Tsipras » (voir la liste des auteurs).

  1. (grk) « Αλέξιος Παύλου Τσίπρας : ΠΡΟΕΔΡΟΣ ΤΗΣ Κ.Ο. ΤΟΥ ΣΥΝΑΣΠΙΣΜΟΥ ΡΙΖΟΣΠΑΣΤΙΚΗΣ ΑΡΙΣΤΕΡΑΣ ΒΟΥΛΕΥΤΗΣ Α' ΑΘΗΝΩΝ », Parlement hellénique (consulté le 16 octobre 2010)
  2. « Dix choses à savoir sur Alexis Tsipras », sur Le Monde
  3. a, b, c et d (en) « Alexis Tsipras », Synaspismós, syn.gr (consulté le 22 mai 2009)
  4. (el) « Σχόλιο Γραφείου Τύπου του ΣΥΝ για τις προσωπικές επιθέσεις εναντίον του Προέδρου του ΣΥΝ - Επισύναψη επιστολών », syn.gr,‎ (consulté le 16 octobre 2010)
  5. (el) « Αλέξης Τσίπρας », enet.gr,‎ (consulté le 16 octobre 2010)
  6. (grk) « Έγινε πατέρας ο Αλέξης Τσίπρας », cosmo.gr,‎ (consulté le 16 octobre 2010)
  7. (grk) « Αλέξης Τσίπρας: Βαφτίζει το γιο του Ορφέα-Ερνέστο (Aléxis Tsípras baptise son fils Orphée-Ernesto) », peoplegreece.com,‎ (consulté le 26 janvier 2014)
  8. (en) « Coalition selects A. Tsipras for Athens mayorship » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 20130318
  9. (en) « Tsipras new SYN leader, new CPC elected » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 20130318
  10. « Ανανέωση αλλά και ηχηρές απουσίες στη νέα Βουλή » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 20130318
  11. (en) « Alexis Tsipras to head SYRIZA Parliamentary group », Athina 9.84 Municipal Radio, athina984.gr,‎ (lire en ligne)
  12. Grèce : Tsipras reçu par le président, Le Figaro, 8 mai 2012.
  13. Grèce : Aléxis Tsípras, entre Chavez et Hollande, Le Figaro, 9 mai 2012.
  14. « Le «Mélenchon grec» en visite à l'Assemblée nationale », lefigaro.fr,‎ (consulté le 25 mai 2012)
  15. [vidéo] Aléxis Tsípras conférence de presse avec le Front de gauche sur YouTube
  16. [vidéo] Meeting Front de Gauche avec Aléxis Tsípras (21/05/2012) sur YouTube
  17. Hollande a reçu le leader socialiste grec Vénizélos, l'Express, 22 mai 2012
  18. « Alexis Tsipras consolide ses soutiens à Paris et Berlin », temoignages.re,‎ (consulté le 25 mai 2012)
  19. Alexia Kefalas, « Aléxis Tsípras : l'espoir de la gauche radicale », Le Figaro, samedi 24 / dimanche 25 mai 2014, page 8.
  20. Alexis Tsipras pays homage to Greek communists at site of Nazi atrocity, The Guardian, 26 janvier 2015
  21. « Grèce:le nouveau gouvernement de Syriza laisse une large place aux activistes et aux chercheurs », sur Bastamag,‎ (consulté le 30 janvier 2015)
  22. Grèce : Tsipras annonce un référendum pour le dimanche 5 juillet, Libération
  23. Tsipras appelle à voter non au référendum pour «vivre avec dignité en Europe», Libération
  24. Référendum grec : le non l'emporte avec 61,31%, selon des résultats quasi-définitifs, Francetv info
  25. Adéa Guillot, « Alexis Tsipras : « J'assume la responsabilité d'un texte auquel je ne crois pas », lemonde.fr,‎ (consulté le 15 juillet 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]