Károlos Papoúlias

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Károlos Papoúlias
Κάρολος Παπούλιας
Károlos Papoúlias en 2009.
Károlos Papoúlias en 2009.
Fonctions
7e président de la République hellénique

(10 ans et 1 jour)
Élection
Réélection
Premier ministre Konstantínos Karamanlís
Giórgos Papandréou
Loukás Papadímos
Panagiótis Pikramménos
Antónis Samarás
Aléxis Tsípras
Prédécesseur Konstantínos Stephanópoulos
Successeur Prokópis Pavlópoulos
Ministre des Affaires étrangères

(2 ans 2 mois et 20 jours)
Premier ministre Andréas Papandréou
Gouvernement Papandréou III
Prédécesseur Mikhális Papakonstantínou
Successeur Theódoros Pángalos
Ministre des Affaires étrangères

(3 ans 11 mois et 6 jours)
Premier ministre Andréas Papandréou
Gouvernement Papandréou II
Prédécesseur Ioánnis Kharalambópoulos
Successeur Tzannís Tzannetákis
Député de l'arrondissement de Ioannina

(26 ans 3 mois et 7 jours)
Élection
Réélection
2 juin 1985
18 juin 1989
5 novembre 1989
8 avril 1990
10 octobre 1993
22 septembre 1996
9 avril 2000
Groupe politique PASOK
Biographie
Date de naissance (87 ans)
Lieu de naissance Ioannina (Grèce)
Nationalité grecque
Parti politique Mouvement socialiste
panhellénique
Conjoint May Pánou
Diplômé de Université d’Athènes
Université de Munich
Université de Cologne
Profession Juriste

Signature de Károlos PapoúliasΚάρολος Παπούλιας

Károlos Papoúlias
Présidents de la République hellénique

Károlos Papoúlias (en grec Κάρολος Παπούλιας), né le à Ioannina, est un homme d'État grec, président de la République hellénique de 2005 à 2015.

Élu député au Parlement hellénique à partir de 1977, il siège parmi les députés du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK), le mouvement fondé par son ami Andréas Papandréou.

Après la seconde victoire consécutive du parti aux élections législatives de 1985, il est désigné ministre des Affaires étrangères dans le deuxième gouvernement de Papandréou. Il dirige la diplomatie grecque jusqu'en 1989, après la courte défaite des socialistes à l'issue des élections législatives.

Après le retour des socialistes au pouvoir en 1993, il est à nouveau nommé chef de la diplomatie grecque. Il quitte le gouvernement après la démission de Papandréou. Il poursuit sa carrière politique jusqu'en 2005 lorsque, désigné par la Nouvelle démocratie et le PASOK, il est élu président de la République hellénique pour un mandat de cinq ans. Candidat à un second mandat, il est réélu comme chef de l'État en 2010.

C'est au cours de sa présidence que débute la sévère crise économique et financière impliquant la Grèce et dont les conséquences institutionnelles et politiques ont été inédites, avec la nomination, en 2011, d'un Premier ministre « technicien » ; la constitution, en 2012, d'un gouvernement d'union nationale et l'arrivée au pouvoir, en 2015, de la gauche radicale dirigée par Aléxis Tsípras.

Son mandat présidentiel se termine le . C'est le conservateur Prokópis Pavlópoulos qui lui succède à la présidence de la République.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales, études et mariage[modifier | modifier le code]

Épirote d'origine, Károlos Papoúlias naît le à Ioannina. Il est le fils du général-major Gregorios Papoúlias.

Diplômé en droit de l'université d'Athènes, il est également diplômé en droit international public de l'université de Milan et diplômé en droit international privé de l'université de Cologne, dont il sort avec un doctorat. En plus du grec, qui est sa langue maternelle, il parle français, italien et allemand.

C'est au cours de ses études en Allemagne qu'il épouse May Panou, née en 1938 à Athènes, également étudiante à l'université de Cologne. De ce mariage naissent trois filles prénommées Fanny, Vicky et Anna.

Jeune résistant[modifier | modifier le code]

Károlos Papoúlias, encore jeune adolescent, prend part à la Résistance pendant l'occupation de la Grèce par l'armée allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Exilé pendant la dictature des colonels (1967-1974), il collabore régulièrement à l'émission en langue grecque de la Deutsche Welle, dénonçant les crimes de la junte. Marié à May Pánou, Károlos Papoúlias est le père de trois filles.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Député et ministre des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Il participe à la fondation du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) et siège au Comité central du parti. Élu député (représentant l'arrondissement de Ioannina) en 1977 sous les couleurs du PASOK, il conserve ce poste jusqu'en 2004 et devient ministre des Affaires étrangères du au puis une seconde fois du au .

En tant que ministre des Affaires étrangères, il participe à la résolution de plusieurs crises diplomatiques, en particulier au Proche-Orient.

Károlos Papoúlias joue également un rôle important dans le processus d'intégration de la République de Chypre à l'Union européenne en 2004.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Premier mandat[modifier | modifier le code]

Proposé comme candidat à la présidence de la République par le Premier ministre conservateur Kóstas Karamanlís et soutenu par le PASOK, Károlos Papoúlias est élu chef de l'État sans surprise à l'issue du premier tour du scrutin du  ; il a recueilli 279 voix sur 296 grands électeurs, sans qu'il n'y ait eu, face à lui, un autre candidat.

Le , Papoúlias est investi président de la République hellénique à l'issue d'une cérémonie religieuse tenue au siège du Parlement. Âgé de 75 ans, il succède au conservateur Konstantínos Stephanópoulos, qui ne pouvait solliciter un troisième mandat consécutif. Après son investiture, le nouveau chef de l'État ne renouvelle pas son appartenance au PASOK comme le veut la tradition qui suppose que le président de la République soit au-dessus de la mêlée.

Le , le président de la République accepte de dissoudre le Parlement comme le proposait le gouvernement de Karamanlís, qui voulait être reconduit avec « un mandat fort » comme l'a précisé le Premier ministre, et ce malgré l'opposition initiale des socialistes[1]. Les élections législatives anticipées du 13 septembre suivant sont finalement remportées par les conservateurs dont le chef, Kóstas Karamanlís, est reconduit au poste de Premier ministre par le président Papoúlias.

Il doit dissoudre, pour la deuxième fois de son mandat, le Parlement à la demande du Premier ministre après une rencontre avec celui-ci, le [2]. Ces élections anticipées, convoquées pour le 4 octobre suivant dans un contexte de grave crise économique, sont remportées par l'opposition socialiste emmenée par Giórgos Papandréou, le fils du défunt fondateur du PASOK, que Papoúlias charge de la formation du nouvel exécutif. Celui-ci prête serment le .

C'est alors la première fois que le PASOK est représenté, au plus haut sommet de l'État, par le président de la République, le Premier ministre et la plupart des membres du gouvernement.

Second mandat[modifier | modifier le code]
Károlos Papoúlias s'entretenant avec le Premier ministre sortant Papandréou, à Athènes, le .

Après avoir envisagé de quitter la présidence à l'issue de son mandat, Károlos Papoúlias accepte finalement d'être reconduit pour un second mandat de cinq ans par les forces qui le souhaiteraient[3]. Le , le chef de l'État sortant est largement réélu par 266 voix sur 298 grands électeurs[4],[5]. Sa candidature a été soutenue par le PASOK du Premier ministre Papandréou, la Nouvelle démocratie et le parti nationaliste LAOS. Son second quinquennat débute le .

C'est à partir de ce second mandat que Károlos Papoúlias va jouer un rôle institutionnel et politique de plus en plus important quand il s'agira de dénouer les crises.

Sous la pression des dirigeants européens qui contestent avec véhémence la politique mise en œuvre par le gouvernement Papandréou et qui s'alarment de l'énorme déficit économique et commercial du pays, le chef du gouvernement démissionne. Avec l'accord des partis représentés au Parlement[6], le président de la République nomme un Premier ministre « technicien », c'est-à-dire indépendant de tout parti, pour gérer les affaires courantes jusqu'à la convocation de prochaines élections anticipées. C'est l'économiste Loukás Papadímos qui est désigné chef du gouvernement[7] ; il prête serment le devant le chef de l'État.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Vers des élections législatives anticipées à Athènes », Le Figaro,
  2. (fr) « Grèce : le premier ministre convoque des élections anticipées », Le Monde,
  3. (fr) « Le chef de l'Etat M. Papoulias prêt pour un deuxième mandat à la présidence de la République », info-grece.com,
  4. (fr) « En Grèce, Carolos Papoulias est réélu Président de la République », Fondation Robert-Schuman,
  5. (fr) « Grèce: Carolos Papoulias reconduit à la présidence », Le Parisien,
  6. (fr) « Grèce: accord pour une coalition », Le Figaro,
  7. (fr) « Grèce: Lucas Papademos nommé Premier ministre », L'Express,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]