Veau d'or

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L’adoration du veau d’or, Nicolas Poussin.

Dans la Bible, le Veau d’or (en hébreu : עֵגֶּל הַזָהָב (‘ēggel hazāhāv)) est un symbole de l’idolâtrie.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Dans le livre de l'Exode[modifier | modifier le code]

Au cours de l’Exode du peuple hébreu depuis l’Égypte vers la terre promise, pendant l’ascension du mont Sinaï par Moïse pour recevoir les Tables de la Loi, les Hébreux, nouvellement libérés du joug de Pharaon, pressent Aaron de leur montrer un dieu qui puisse les guider[1].

Aaron commande alors au peuple hébreu de briser les boucles d'oreilles en or des femmes et des enfants, afin qu'il puisse fondre un veau qu'ils désignent et adorent comme dieu[2], à l’imitation du taureau Apis qui était adoré en Égypte.

Lorsque Moïse descend du mont Sinaï et qu’il voit les Hébreux adorer une idole, ce qui est interdit par le Troisième Commandement, il est pris d’une colère si grande qu’il fracasse les Tables de la Loi sur un rocher.

Dieu ordonne alors à Moïse de tuer tous ces hérétiques, et Moïse transmet cet ordre à ceux qui, parmi son peuple, lui sont restés fidèles[3].

Dans le premier livre des Rois[modifier | modifier le code]

Le roi fondateur du royaume d'Israël, Jéroboam Ier, après le schisme politique qu'il a provoqué, fait ériger à Dan et Béthel, aux deux extrémités de son nouveau royaume, des veaux d'or en tant que symboles de Dieu.

Craignant que son peuple se réunisse au royaume de Juda, Jéroboam organise un nouveau sacerdoce et enjoint à la population de ne plus aller au culte au temple de Salomon, mais plutôt de se convertir à l'idolâtrie et d'apporter des offrandes aux sanctuaires qu'il vient d'ériger, renforçant ainsi l'indépendance politique du royaume d’Israël vis-à-vis de Jérusalem, du Temple et des prêtres. Cette politique est ensuite suivie par presque tous les rois d’Israël.

Récit coranique[modifier | modifier le code]

D'après le Coran, Sourate Tâ-Hâ (20), verset (83-98) [4]:

« 83. « Pourquoi Moïse t’es-tu hâté de quitter ton peuple ? »

84. Ils sont là sur mes traces, dit Moïse. Et je me suis hâté vers Toi, Seigneur, afin que Tu sois satisfait.

85. Allah dit : « Nous avons mis ton peuple à l’épreuve après ton départ. Et le Sāmirī les a égarés ».

86. Moïse retourna donc vers son peuple, courroucé et chagriné ; il dit : « Ô mon peuple, votre Seigneur ne vous a-t-Il pas déjà fait une belle promesse ? L’alliance a-t-elle donc été trop longue pour vous ? ou avez-vous désiré que la colère de votre Seigneur s’abatte sur vous, pour avoir trahi votre engagement envers moi ? »

87. Ils dirent : « Ce n’est pas de notre propre gré que nous avons manqué à notre engagement envers toi. Mais nous fûmes chargés de fardeaux d’ornements du peuple (de Pharaon) ; nous les avons donc jetés (sur le feu) tout comme le Sāmirī les a lancés.

88. Puis il en a fait sortir pour eux un veau, un corps à mugissement. Et ils ont dit : « C’est votre divinité et la divinité de Moïse ; il a donc oublié » !

89. Quoi! Ne voyaient-ils pas qu’il [le veau] ne leur rendait aucune parole et qu’il ne possédait aucun moyen de leur nuire ou de leur faire du bien ?

90. Certes, Aaron leur avait bien dit auparavant : « Ô mon peuple, vous êtes tombés dans la tentation (à cause du veau). Or, c’est le Tout Miséricordieux qui est vraiment votre Seigneur. Suivez-moi donc et obéissez à mon commandement ».

91. Ils dirent : « Nous continuerons à y être attachés, jusqu’à ce que Moïse retourne vers nous ».

92. Alors [Moïse] dit : « Qu’est-ce qui t’a empêché, Aaron, quand tu les as vus s’égarer,

93. de me suivre ? (13) As-tu donc désobéi à mon commandement ? »

94. [Aaron] dit : « Ô fils de ma mère, ne me prends ni par la barbe ni par la tête. Je craignais que tu ne dises : « Tu as divisé les enfants d’Israël et tu n’as pas observé mes ordres ».

95. Alors [Moïse] dit : « Quel a été ton dessein ? Ô Sāmirī ? »

96. Il dit : « J’ai vu ce qu’ils n’ont pas vu: j’ai donc pris une poignée de la trace de l’Envoyé (14) ; puis, je l’ai lancée. Voilà ce que mon âme m’a suggéré ».

97. « Va-t-en, dit [Moïse]. Dans la vie, tu auras à dire (à tout le monde) : « Ne me touchez pas ! » Et il y aura pour toi un rendez-vous que tu ne pourras manquer. Regarde ta divinité que tu as adorée avec assiduité. Nous la brûlerons certes, et ensuite, nous disperserons [sa cendre] dans les flots.

98. En vérité, votre seul Dieu est Allah en dehors de qui il n’y a point de divinité. De Sa science Il embrasse tout. »

Ce récit suggère que le repentir des fils d'Israël est intervenu lorsque Moïse est revenu et ils ont détruit le veau en sa présence.

Exégèse[modifier | modifier le code]

Selon le bibliste Thomas Römer, l'histoire du roi Jéroboam qui érige deux veaux d'or et une Ashéra, racontée dans le chapitre 12 du premier livre des Rois[5], est reprise par l'auteur biblique du chapitre 32 du livre de l'Exode. Cet auteur veut certainement, dans un récit polémique de perspective sudiste, condamner l'idolâtrie des veaux et des taureaux dans le royaume d'Israël, notamment dans le sanctuaire royal le plus important de Béthel où la vénération du veau d'or (animal symbole du dieu cananéen concurrent Baal), détourne le peuple du culte du véritable dieu YHWH. La condamnation du culte du veau d'or symbolise l'apostasie du Royaume du Nord et sa destruction reflète la chute d'Israël[6].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Danse devant le Veau d'or (Alexandre Ivanov).
Gravure de 1897.
Représentation du dieu Bicéphale.
Oh God! well look at you now!
Oh! you lost it, but you don't know how!
In the light of a golden calf,
Oh God! I had to laugh!

Ce qui pourrait être traduit par :

Ô Dieu ! Regarde-toi maintenant !
Oh ! Tu as perdu mais tu ne sais pas comment !
A la lumière d'un veau d'or,
Ô Dieu ! Il fallait que je rie !
  • Dans Peer Gynt, drame poétique du Norvégien Henrik Ibsen, le héros fait directement allusion au veau d'or, pour exprimer comment ses compagnons de voyage l'idolâtrent sans raison valable. « J'avais besoin d'amis pour former un chœur de danseurs autour de mon autel au veau d'or[8]... »
  • Dans la culture Geek, le veau d'or dispose de deux têtes. Il s'agit du Veau Bicéphale, divinité unique des membres de cette communauté.[réf. nécessaire]
  • Dans La Ribambelle gagne du terrain un spéculateur immobilier nommé Grosfilou est menacé de perdre une affaire. Il se jette à genoux et s’écrie : « Saint Veau d’Or, mon patron, aidez-moi ! »
  • Golden Calf est une chanson issue de l'album The Study On Falling d'Asaf Avidan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ex 32,1
  2. Ex 32,2
  3. Ex 32,26-28
  4. « SOURATE 20 ṬĀ-HĀ(1) 135 versets Pré-hég. nº 89 »
  5. 1R 12,1 dans la Bible Segond.
  6. Thomas Römer, L'Invention de Dieu, Seuil, , p. 107
  7. a b c et d Ibid.
  8. Henrik Ibsen, Peer Gynt, acte IV, trad. du norvégien par Régis Boyer.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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