École supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major

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Insigne du corps des ORSEM.

L'École supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major (ESORSEM) est une des deux écoles militaires supérieures de l'Armée de terre. Elle est située dans les locaux de l’École militaire à Paris. Elle est le passage obligé de tout officier de réserve souhaitant poursuivre une carrière en état-major au-delà des temps de commandement en unité[1]. Après un concours très sélectif, ils deviennent Officiers de réserve spécialistes d'état-major (ORSEM), ce qui les prédestine aux fonctions et responsabilités d’officier supérieur, éventuellement jusqu'au grade de colonel[2].

Cursus[modifier | modifier le code]

Le cursus dispensé sous l'égide de l'ESORSEM a connu de nombreuses évolutions.

Dans les années 1980, les candidats préparent en deux ans le concours annuel d'accès au stage de trois semaines organisé par l'ESORSEM chaque année, ceci en suivant des cours dispensés par l'état-major local dont ils dépendent. Par la suite, le cursus sera scindé d'abord en deux étapes : le certificat et le diplôme d'état-major.

Désormais, le cursus comprend trois étapes importantes :

  • le stage d’initiation aux techniques d’état-major (SITEM) destiné aux aspirants de réserve, débouche sur l'obtention du brevet d'initiation aux techniques d'état-major (BIEM) ;
  • le stage de certification d'état-major (SCEM) destiné aux lieutenants de réserve, débouche sur l'obtention du certificat d'état-major (CEM) ;
  • le stage CSORSEM (cours supérieur des ORSEM ) effectué à l'ESORSEM, destiné aux capitaines de réserve, débouche sur le diplôme ORSEM (DORSEM) et confère à son titulaire la qualité d'officier de réserve spécialiste état-major (ORSEM) ; ce stage n'est accessible qu'après une préparation et la réussite à un concours national ; conçu suivant les mêmes principes que ceux du concours d’admission au cours supérieur d’état-major (CSEM) destiné aux officiers de carrière, il comprend deux épreuves écrites d’admissibilité et une épreuve orale d’admission.

L'ESORSEM fournit aux réservistes diplômés ORSEM une formation continue tout au long de leur carrière sous la forme de conférences, de voyages d'étude et de cours de révision ou de mise à jour.

Les réservistes diplômés ORSEM se regroupent au sein de la « Réunion des ORSEM », association nationale membre de l'Association nationale des réserves de l'armée de terre.

Historique[modifier | modifier le code]

  • 1882 : rapport Mariotti sur « l'organisation d'un service auxiliaire de l'État-Major général » ;
  • 1898 : le chef d'État-Major général de l'Armée approuve le projet d'organisation d'une école spéciale d'instruction des officiers de réserve et de l'armée territoriale du service d'état-major ;
  • 1899 : le 18 novembre, 159 officiers répondant favorablement à l'idée de fonder la « Réunion des ORSEM », se réunissent pour la première assemblée générale de l'association ;
  • 1899-1901 : la « Réunion » met en place un « conseil d'instruction » pour dispenser l'enseignement ;
  • 1900 :
    • le 21 mars, premier cours d'instruction dit « cours de la Réunion » ;
    • le 19 novembre, le ministre de la Guerre transforme le « cours de la Réunion » en « École d'instruction » ;
  • 1901 : début de l'enseignement au sein de l'« École d'instruction » ; les statuts de la « Réunion » sont modifiés, l'association est désormais bien distincte de l'École ;
  • 1911 : l'« École d'instruction » est rattachée à l'École supérieure de guerre ; elle s'installe à l'École militaire à Paris ;
  • 1914-1920 : interruption des cours à la suite du déclenchement de la Première Guerre mondiale ;
  • 1920-1940 : reprise de l'enseignement ; changement d'appellation de l'« École d'instruction » en « École nationale de perfectionnement des officiers de réserve du service d'état-major » ;
  • 1940-1946 : interruption de l'enseignement à la suite de l'invasion de la France par le Troisième Reich ;
  • 1948 : l'École de perfectionnement devient « Centre d'instruction des ORSEM » ; elle coopère étroitement avec l'École d'état-major à laquelle elle est liée depuis 1946[3] ;
  • 1951 : une autre dénomination est à nouveau attribuée : le Centre devient « École nationale des ORSEM » ;
  • 1952 : l'ENORSEM est subordonnée directement à l'École supérieure de guerre ; la notion de « service » est ôtée de son appellation, elle devient ainsi l'ENOREM[4] ;
  • 1958 : l'ENOREM devient « École supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major » (ESORSEM), qui est son appellation actuelle ; un insigne qui lui est propre est créé, encore en vigueur aujourd'hui, avec la devise « Ils s'instruisent pour mieux servir » ;
  • 1974 : l'École reçoit son fanion avec la devise « Duci et Militi[5] » ;
  • 1999 : célébration du centenaire des ORSEM ;
  • 2000 : célébration du centenaire de l'École.

Devise[modifier | modifier le code]

« Ils s'instruisent pour mieux servir »

Les promotions des ORSEM[modifier | modifier le code]

  • 1976 – « Lieutenant Dubost »
  • 1977 – « Chef de bataillon Sigogne »
  • 1978 – « Chef de bataillon Mariotti »
  • 1979 – « Chef de bataillon Savignac »
  • 1980 – « Lieutenant-colonel Frocard »
  • 1981 – « Commandant Breau »
  • 1982 – « Lieutenant-colonel Mersey »
  • 1983 – « Capitaine Ingold »
  • 1984 – « Capitaine Buffet »
  • 1985 – « Colonel Touny »
  • 1986 – « Capitaine de Redon »
  • 1987 – « Lieutenant-colonel Dollfus »
  • 1988 – « Capitaine de Varreux »
  • 1989 – « Capitaine Besserve »
  • 1990 – « Capitaine Monroe »
  • 1991 – « Capitaine Bonnecorse »
  • 1992 – « Chef d'escadron Wiener »
  • 1993 – « Chef de bataillon Lailler »
  • 1994 – « Cinquantenaire de la Libération de Paris »
  • 1995 – « Colonel Jouvel »
  • 1996 – « Capitaine Marc Bloch »
  • 1997 – « Lieutenant-colonel Paleirac »
  • 1998 – « Chef de bataillon Maurice »
  • 1999 – « Promotion du Centenaire (1889-1999) »
  • 2000 – « Lieutenant-colonel Schiffer »
  • 2001 – « Lieutenant-colonel Loysel »
  • 2002 – « 11 Septembre 2001 »
  • 2003 – « Capitaine Tezenas du Montcel »
  • 2004 – « Chef d'escadron Arthus-Bertrand »
  • 2005 – « Lieutenant-colonel Flandre »
  • 2006 – « Colonel Charles Cambe »
  • 2007 – « Colonel René Bondoux »
  • 2008 – « Paris - Berlin »
  • 2009 – « Chef d'escadron Walter Rinckenberger »
  • 2010 – « Colonel Yvan Comolli »
  • 2011 – « Capitaine Socrate Bieuville » (26 stagiaires français et 10 étrangers).
  • 2012 – « Colonel Pierre Messmer » (20 stagiaires français et 5 étrangers).
  • 2013 – « Colonel Bernard Demolins » (44 stagiaires français et 7 étrangers).
  • 2014 – « Colonel Raoul Pflimlin » (41 stagiaires français et 7 étrangers).
  • 2015 - « Colonel Charles-Pierre Guillebeau » (38 stagiaires français et 6 étrangers).
  • 2016 - « Lieutenant-colonel Driant » (34 stagiaires français et 8 étrangers).
  • 2017 - « Chef d'escadron Louis Crosnier Leconte » (35 stagiaires français et 6 étrangers).
  • 2018 - « Lieutenant Henri Tourtel » (26 stagiaires français et 14 étrangers).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit donc de l'équivalent de l'École d'état-major pour les réservistes.
  2. Il s'agit du grade le plus élevé dans la réserve en temps de paix. Jacques Chaban-Delmas, d'origine EOR (mais pas ORSEM) fut promu général de brigade par le général de Gaulle pendant la seconde guerre mondiale
  3. Notamment et de manière accessoire, l'insigne est identique.
  4. Aussi, son insigne est celui de l'École de guerre.
  5. Cette devise, qui signifie « Pour le chef et le soldat », est aussi celle de l'École d'état-major.