4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr

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4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr
Image illustrative de l’article 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr
Insigne du « peloton EOR » au sein du 3° bataillon de l'ESM de Saint-Cyr en 1970.

Création 13 mars 1875
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Rôle École militaire
Fait partie de École spéciale militaire de Saint-Cyr
Garnison Coëtquidan
Ancienne dénomination « Bataillon EOR » de l'ESM de Saint-Cyr
Devise « L'audace de servir »
Anniversaire bataille d'Austerlitz
Décorations Légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918
Croix de guerre 1939-1945
Croix de guerre des TOE
Commandant Lieutenant-colonel Frédéric Duprez

Le 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr est l'une des trois écoles de formation des officiers français de l'Armée de terre, regroupées à Coëtquidan.

La diversité constitue sa caractéristique : celle des recrutements et celle des profils de carrière.

L'école constituée par le « 4e bataillon » fait partie de l'ensemble des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, implantées dans le camp militaire de même nom situé sur le territoire de la commune de Guer, dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Cette école propose des stages courts, sous diverses variantes, en fonction des filières d'élèves-officiers concernés. Elle forme environ huit cents stagiaires chaque année.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 4e bataillon est intimement lié, à son origine, à la création et au développement des officiers de réserve de l'Armée de terre, décidé en 1875 (loi du , sur le cadre juridique des officiers de réserve), marquant les débuts de la réserve militaire contemporaine[1].

Avec la persistance des conflits et des engagements armés continus de la France, la nécessité des officiers de réserve s'est imposée, à plusieurs titres : entretien du lien entre la nation et son armée, renforts quantitatifs et qualitatifs, desseins de carrière plus riches et plus variés, alternant activités civiles et activités militaires.

L'armée de conscription et le service militaire en France nécessitaient, également, des renforts d'encadrement militaire.

L'entrée des écoles de Coëtquidan.

Ayant fait preuve d’un excellent comportement lors de la Première Guerre mondiale, ces officiers de réserve furent bien acceptés des officiers d’active et leur instruction fut transférée à Coëtquidan au sein du 3e bataillon de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Ils furent même autorisés à en porter le Grand Uniforme[2]. Aujourd'hui, seuls les cadres du 4e bataillon portent encore le Grand Uniforme, la scolarité des OSC et EOR étant trop courtes pour qu'ils soient "bahutés".

La Seconde Guerre mondiale a encore montré le bien-fondé de cette nécessité, au cours de laquelle 4500 officiers de réserve furent mobilisés[2].

La formation des élèves officiers de réserve (EOR en abrégé) s'est donc avérée indispensable. Elle a connu des réponses nombreuses. Pour ne mentionner que celle des EOR de l'Armée de terre, elle était confiée à plusieurs écoles d'officiers, en France, telles que celles situées à Saint-Maixent et à Saint-Cyr ; hors métropole, l'École militaire de Cherchell, en Algérie française, a exercé la même fonction, à partir du mois de (École des élèves aspirants), avec un détachement à Médouina, au Maroc. En 1958, l'École de Cherchell devient « l'École militaire d'infanterie » et l'École des élèves aspirants devient « l'École militaire interarmes » (EMIA en abrégé) et part — pour l'essentiel — pour Saint-Cyr.

L'indépendance de l'Algérie, en , apporte aussi la fin de la formation des EOR à l'École de Cherchell, qui comportait également une filière de formation des sous-officiers. La formation des EOR est ainsi transférée à Montpellier.

En 1967, tandis qu'une partie de la formation d'infanterie (mécanisée) continue à Montpellier, la formation des EOR de l'infanterie motorisée se concentre au camp de Coëtquidan, à l'époque, sous l'égide du 3e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, lui-même créé à cet effet en 1931, puis la formation est unifiée dans les années 1970 et s'efffectue en totalité à Coëtquidan. À l'époque, la formation au sein du « peloton EOR » dure quatre mois en plus de la PMS (préparation militaire supérieure) ou du peloton préparatoire (dit PPEOR). Les mieux classés accèdent au grade de sous-lieutenant en cours de service. La majorité devient aspirant et le demeure jusqu'à la fin du service militaire. Ceux qui échouent à l'examen de fin de stage, sont généralement nommés maréchal des logis (sergent).

Bâtiments du 4° bataillon.

En 1982, le peloton EOR du 3e bataillon devient le « bataillon EOR » de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, à la suite de l'allongement de la scolarité de l'E.S.M. portée à trois ans[1],[3].

En 1985, sont créées trois filières: la filière F1 formant des spécialistes, la filière F2 dispensant une formation toutes armes et la filière F3 réservée à des formations spécifiques.

En 1991, le bataillon EOR devient le « 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr » (E.S.M.4 en abrégé)[1],[3].

En 1998, les filières sont réorganisées. F1 et F2 devient « Voie de commandement » ; la formation des EOR dure deux mois[3].

En 2001, la professionnalisation progressive des armées entraîne la disparition des stages d'officiers du contingent (EOR) qui en dernier lieu avaient connu une distinction entre EOR-/E (encadrement) et EOR/S (spécialiste). La même année, les premiers officiers sous contrat (OSC) du 4e bataillon reçoivent leur galon spécifique d'élève-officier (surnommé « la crevette ») et sont baptisés avec sabres (promotion 2001 Maréchal Berthier)[3].

Ce sabre (modèle officier d'Infanterie F1) est un symbole d'autorité : celle qui permet « d'être à la hauteur d'une tâche plus grande que soi ». Il symbolise également la prise de responsabilités. En contrepartie de l'autorité et de la responsabilité, sont attendues l'exemplarité et l'esprit de discipline de l'officier.

Depuis 2001, le 4e bataillon forme les différents officiers sous contrat (EOSC) de l'Armée de terre, relevant de différentes filières. À titre principal on distingue les O.S.C./S, spécialistes formés en deux mois et les O.S.C./E, encadrement formés en quatre mois. Les stages, variés, ont une durée de quinze jours à presque six mois. Les élèves-officiers sont d'origines et de vocations très diverses. Par exemple, parmi les élèves de l'École polytechnique (EOX), ceux qui choisissent l'Armée de terre pour stage de première année suivent leur formation militaire d'officiers auprès du 4e bataillon[1]. Le bataillon forme également les V.A.D.A.T. (volontaires aspirants de l’Armée de terre), les E.O.C. (élèves-officiers commissaires), les B.S.T.A.T. (élèves-officiers venant des corps de troupe), les E.O.G.N. (élèves-officiers de la Gendarmerie nationale) et les E.O.P. (élèves-officiers pilotes de l’A.L.A.T.).

Le 4e bataillon a la capacité de former, chaque année, entre cinq cents et mille élèves-officiers[1].

Sa devise est : « L'audace de servir »[1].

Formation[modifier | modifier le code]

Gallon d'aspirant de l'infanterie

Les élèves suivent une formation initiale militaire complète. Celle-ci est d'une durée de quatorze semaines pour les futurs OSC spécialistes, de presque 24 semaines pour les futurs OSC encadrement (futurs chefs de section des différents armes de l'Armée de terre)[4].

Les formations complémentaires diffèrent selon les spécialités. Par exemple, à l'issue de la formation initiale militaire et d'une première affectation en unité, les jeunes officiers sous contrat encadrement suivent un stage en école d'application, selon leur arme d'affectation. De même, les officiers sous contrat de la filière pilotes suivent un stage de formation au pilotage d'une durée de douze à quinze mois, puis un stage de spécialisation de trente-et-une ou de cinquante-deux semaines, selon leur orientation.

Les engagements contractuels sont de cinq années ou de dix années, selon les filières, renouvelables jusqu'à quinze années, voire vingt années, au maximum.

Les élèves-officiers ingénieurs militaires d'infrastructure de la Défense (EOIMI), les élèves-officiers de l'École polytechnique (EOX), les élèves-officiers ingénieurs des études et techniques de l'armement et les élèves-officiers sur titre de grandes écoles partenaires (partenariat grandes écoles - PGE), suivent une formation d'une douzaine de semaines, entre octobre et décembre de chaque année. Nommés au grade d'aspirant à l'issue de ce premier stage, ils poursuivent alors leur formation militaire directement dans leurs unités d'affectation.

Recrutement[modifier | modifier le code]

Les élèves-officiers du 4e bataillon viendront renforcer le corps des officiers sous contrat (OSC). Ils sont sélectionnés sur titres, constitués de diplômes d'enseignement supérieur.

Depuis 2001 le 4e bataillon assure la formation militaire initiale[5],[6] :

ainsi que :

Pour cela, les conditions d'admission des trois principales filières sont :

  • être admis sur titre avec un diplôme de niveau II bac+3, après avis d'une commission de recrutement nationale ;
  • être âgé de 32 ans au plus ;
  • être de nationalité française.

Les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan regroupent trois formations d'élèves, toutes destinées à la formation des officiers de l'Armée de terre.

Outre le 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, au recrutement indiqué ci-dessus, se trouvent à Saint-Cyr deux autres filières de formation initiale d'officiers :

Traditions[modifier | modifier le code]

Le 4e bataillon de l’ESM de Saint-Cyr est dans la période contemporaine l’héritier du peloton E.O.R. (élèves officiers de réserve) du 3e bataillon de l'ESM, puis du bataillon EOR de l'ESM de Saint-Cyr. Il est donc détenteur des traditions des E.O.R. ainsi que des O.R.S.A. (officiers de réserve en situation d'activité). Chaque promotion écrit son chant depuis 1984. Depuis la promotion « Capitaine Marc Bloch », le chant de tradition du bataillon s'intitule « Pour l'audace de servir ». Le baptême au sabre, récemment introduit, se fait avec le modèle F1 (1974) inspiré du modèle An IX de la Cavalerie Légère, qui est aussi celui de l'EMIA, et non avec le modèle propre aux saint-cyriens.

Promotions[modifier | modifier le code]

Dans la lignée historique des différentes formations d'EOR qui depuis 1991 se perpétue avec le 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, les premières promotions d'élèves-officiers de réserve remontent à l'année 1932.

Depuis cette date (à confirmer), plus de deux cents (") promotions sont sorties de cette filière.

Dés qu'ils seront formés à Saint-Cyr les élèves porteront rapidement l'insigne de l'ESM surmonté des initiales « EOR ». Les « insignes de promotion » où figure le nom de leur parrain de baptême apparaissent en 1973. Les plus récentes promotions créent désormais leur « chant de promotion », en hommage à leurs parrains respectifs.

Insigne de la promotion « CBA Joseph Perceval ».

Liste des promotions :

(...)

(...)

Commandants[modifier | modifier le code]

  • 2001-2003 : lieutenant-colonel Richard Pau (infanterie)
  • 2003-2005 : lieutenant-colonel, puis colonel, Jérôme Gardey de Soos (infanterie-parachutiste)
  • 2005-2008 : lieutenant-colonel Jean-Paul Tissier (gendarmerie)
  • 2008-2011 :
  • 2011-2013 : lieutenant-colonel Olivier Le Segretain du Patis (infanterie/Légion étrangère)
  • 2013-2016 : lieutenant-colonel Jean-Michel Antoine (infanterie)
  • Depuis 2016 : lieutenant-colonel Frédéric Duprez (infanterie/Légion étrangère)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Historique et traditions du 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr », sur le site des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (consulté le 20 août 2015).
  2. a et b « Hommage rendu au Chef de bataillon Christophe Barek-Deligny par les Écoles militaires de Saint-Cyr-Coëtquidan », sur www.clan-r.org, (consulté le 12 août 2018)
  3. a, b, c et d Les promotions du 4e bataillon de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (élèves officiers de réserve et élèves-officiers sous contrat) sur le site guer-coetquidan-broceliande.fr (consulté le 20 août 2015).
  4. « Les scolarités du 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr », sur le site des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (consulté le 26 mai 2013).
  5. « Recrutement au 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr », sur le site des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (consulté le 26 mai 2013).
  6. Les scolarités du 4e bataillon de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]