Gilles Leroy

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Gilles Leroy

Activités romancier, essayiste
Naissance (55 ans)
à Bagneux (Hauts-de-Seine)
Langue d'écriture français
Distinctions Prix Goncourt 2007, Chevalier des Arts et des Lettres 2005, Chevalier de l'ordre national du Mérite 2010

Gilles Leroy est un écrivain français né le à Bagneux (Hauts-de-Seine). Il a reçu le Prix Goncourt en 2007.

Parcours[modifier | modifier le code]

Titulaire d'un baccalauréat en sciences expérimentales en 1975, il intègre hypokhâgne et khâgne au lycée Lakanal à Sceaux, lycée qui jouera un rôle central dans « Les Maîtres du monde », roman paru en 1996, sous le nom de « lycée Ducasse ». Lors de ces deux années de classe préparatoire, il apprend beaucoup grâce à son professeur de lettres Jeanne Allamigeon, qui lui a « ouvert l'esprit »[1].

Titulaire d'un DEUG en lettres et arts en 1977, il décroche ensuite sa licence puis sa maîtrise de lettres modernes en 1979.

Gilles Leroy abandonne le cursus universitaire. Il voyage et se passionne pour les littératures américaine et japonaise, qu'il étudie seul.

Univers littéraire[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs de ses ouvrages (L'Amant russe, Les Maîtres du monde, Les Jardins publics etc.), il introduit de larges parts d'autobiographie et fouille un passé familial trouble afin, selon les critiques, de mieux comprendre sa vie et son propre cheminement dans le siècle. « Comme si ce dernier était un navire en perdition auquel les marins qui le quittent laissent les mémoires de ce qu'il fut »[2].

Le père est souvent absent de cet univers, la mère à la fois pesante et adorée. La critique littéraire, unanime, salua l'ouvrage Maman est morte, paru en 1990 et réédité plusieurs fois, comme étant « bouleversant ». Ce livre était en fait le récit, sous la forme d'un journal intime, des derniers instants de la mère de l'auteur, emportée à toute allure par un cancer du sein.

Plusieurs de ses romans sont également fortement imprégnés d'homosexualité[3], de l'esthétisme des personnages masculins, décrivant finement chacun d'eux, leur donnant chair de manière très sensuelle. Dans Les Maîtres du monde, l'auteur décrit avec minutie l'évolution d'un personnage, Joy, atteint d'un bec de lièvre total, dont tombe amoureux le compagnon du narrateur.

Dans Champsecret, roman en forme de journal intime, l'auteur et le narrateur se confondent pour ne faire plus qu'un, puisque les deux se nomment Gilles Leroy et vivent à la campagne avec leur chienne, sans toutefois que soient nettement établies des frontières entre réalité et fiction. L'auteur réfute cependant le terme d'autofiction pour désigner son œuvre : il lui préfère celui d'autographie, en référence à James Joyce.

L'univers de chacun des romans de Gilles Leroy est fait à la fois de tendresse et de violence, de mosaïques et de critiques sociales au vitriol, dans lesquelles l'enfance est souvent cruelle et l'occasion de souffrances intimes.

En 2007, Gilles Leroy publie son douzième roman, Alabama song, qui mêle éléments biographiques et imaginaires de la vie de Zelda Fitzgerald, dans ce que son éditeur nomme « son grand roman américain », et dans lequel l'auteur met l'accent sur la transgression qui, selon lui, est le mot clé du destin de cette femme au destin hors norme. Pour cet ouvrage, Gilles Leroy figurait dans la sélection 2007 des quatre grands prix littéraires français : le prix Goncourt, le prix Renaudot, le prix Fémina et le prix Médicis. Il obtint le prix Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires, le 5 novembre 2007. À cette occasion, Bernard Pivot, de l'académie Goncourt, saluait un auteur « au style flamboyant », tandis que Françoise Chandernagor, elle aussi membre du jury, se déclarait enthousiasmée par la « qualité d’écriture extraordinaire » de Gilles Leroy[4].

En 2009, il demanda au pape de retirer ses propos sur l'inefficacité du préservatif, qui aggraverait selon lui la crise du SIDA, et obtint gain de cause en novembre 2010, lorsque le Souverain Pontife admet « dans certains cas l'utilité du préservatif »[5].

En 2011, il participe au festival littéraire international Metropolis bleu.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans, récits et nouvelles
Écrits divers
Théâtre

Distinctions[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Questionnaire de Proust, article par Philippine Cruse, le 12 avril 2010, sur Viabooks.fr
  2. Thierry Guichard, le magazine des anges (mensuel de la littérature contemporaine) n°9, octobre-novembre 1994
  3. Philippe Vallet (France Info, samedi 16 mars 2002, au sujet de L'Amant russe) : « L'homosexualité n'était pas la chose la plus facile à vivre dans le régime soviétique. C'est pourtant cette expérience qui se double d'une passion que raconte Gilles Leroy à travers un roman où l'intensité des sentiments ne peut s'éteindre. »
  4. Leroy, le Magnifique, Pennac, le Cancre, article par Elisabeth Bouvet sur RFI culture, 05/11/2007
  5. Pétition pour le retrait des propos du pape sur le préservatif