Slip

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Homme en slip.

Un slip (de l'anglais to slip signifiant « glisser ») ou caleçon, bobette (Canada) est une culotte, en général échancrée sur les cuisses, recouvrant le bas du bassin.

Le slip est le plus souvent en coton, mais d'autres matières de bonneterie peuvent être utilisées telles que le polyamide, la soie, le nylon, le lycra

Au Canada, l'expression sleeping bag est fréquemment utilisée pour désigner un sac de couchage, et son abréviation se prononce « sleep ». Le mot caleçon ou bobette est utilisé pour désigner ce qui en France est appelé « slip ».

Histoire du slip[modifier | modifier le code]

Le slip apparaît dans la première moitié du XXe siècle[1].

Il est fort probable que le slip ait d'abord fait son apparition comme vêtement pour sportif, comme le suggère le catalogue Manufrance de 1906. La rubrique vêtement de sport présente un slip pour athlètes, vendu 2 francs. Le produit est aussi proposé en tricot laine douce[2].

Quant au mot « slip », il apparaît pour la première fois sous son acception de sous-vêtement le dans la revue L’Illustration pour désigner « une culotte ou un caleçon très court ».

En 1918 apparaît la culotte sans jambes Petit Bateau, ainsi nommée par référence à la chanson Maman les p'tits bateaux qui vont sur l'eau ont-ils des jambes'. En 1927, André Gillier, sous la marque Jil, confectionne, dans sa bonneterie de Troyes, les premiers slips à poche (slip kangourou) dont la marque s'attribue la paternité [3].

En 1934, aux États-Unis, la société Cooper's, Inc se lance dans le slip dont la forme est inspirée des maillots de bains courts en vogue à l'époque sur la Côte d'Azur, et qu'elle baptise le Jockey [1],[4].

Tandis que la culotte slip Petit Bateau reçoit un diplôme de Grand Prix de l'Exposition universelle de Paris de 1937, Jockey fait breveter en 1938 le slip à ouverture en forme de Y renversé qu'elle baptise Y-front, toujours vendu dans les pays anglo-saxons et dès 1939, Petit Bateau ses premiers sous-vêtements en couleur pouvant bouillir en machine.

Munsingwear invente en 1944 le slip kangourou en forme de poche de kangourou. Inspirées par les marsupiaux, les équipes de Munsingwear lancent sur le marché la poche à ouverture horizontale extérieure appelée Kangaroo pouch. Un modèle qui perdure encore.

Éminence apparait en 1944 et Damart lance ses premiers slips Thermolactyl en 1953.

C'est en 1958 que l'armée française préconise, dans une circulaire interne, le port du slip de préférence au caleçon, ce dernier étant jugé beaucoup trop flottant.

Dès lors, le slip devient le sous-vêtement de référence et devient peu à peu objet de mode. Dès 1960, la société Éminence lance le modèle 108 slip à poche en côtes fines 100 % coton, accompagné d'une vaste campagne médiatique qui en fait le leader du marché.

Hom crée le mini slip en 1970 et lance sur le marché un modèle de mini slip en voile dans des coloris chair, puis, en 1976, son modèle Homix sans ceinture élastique. Le slip est en matière exclusive à base de coton, polyamide et lycra.

Mode[modifier | modifier le code]

Selon Bernhard Roetzel, le développement du slip a permis de couper les pantalons moins larges et l'essor d'une mode de vêtements plus ajustés[1].

Le sport publicitaire Levi's de l'homme se dévêtant dans une laverie automatique relancera la mode du caleçon, jusqu'alors moins « moderne » que le slip. Dix ans plus tard, en France, la publicité de Dim pour son « australien » rendra à nouveau le slip à la mode.

Le slip dans la culture[modifier | modifier le code]

Le musée du slip est un musée humoristique créé à Bruxelles par Jan Bucquoy[5].

Contentieux du slip[modifier | modifier le code]

En 2002, la société Hom innovation a attaqué, devant le tribunal de commerce de Marseille, Dim pour concurrence déloyale, en lui reprochant d'avoir lancé un shorty australien similaire à son produit HO1, dont l'originalité, due à Dominique Raffalli, serait l'ouverture centrale et horizontale présentant « l'avantage de pouvoir extraire très facilement ce qui doit être extrait, de la main gauche ou droite », d'après l'avocat de Hom. Pour l'avocat de Dim, le slip à ouverture horizontale existait déjà dans l'Égypte antique, et le HO1 n'était pas protégé par un brevet lors de la sortie du modèle de Dim. Le tribunal a tranché en faveur de Hom[6],[7].

Quand on s’en passait[modifier | modifier le code]

Il faut savoir que, jusqu’à la deuxième moitié du XIXe siècle, la plupart des hommes ne portaient rien : c’était la chemise, très longue et qui rentrait dans les jambes du pantalon, qui servait à protéger des contacts gênants les parties délicates. C'est de là que vient l'expression être comme cul et chemise.

Le caleçon long existait bien, mais sa fonction essentielle était de protéger les jambes contre le froid, si bien qu’en porter un était le signe qu’on était un petit douillet. Dans les « Joyeux », c’est-à-dire les bataillons disciplinaires, on allait jusqu’à chanter :

C’est nous les Joyeux, les petits Joyeux,
Les petits marlous qui n’ont pas froid-t-aux jambes
C’est nous les Joyeux, les petits Joyeux,
Les petits marlous qui n’ont pas froid-t-aux yeux.[8]

Une légende, rapportée par la Méthode Assimil (La Pratique de l'allemand), raconte que le vieux roi de Prusse Guillaume Ier aurait longtemps refusé à ses soldats le port du caleçon, craignant de les amollir.

D’ailleurs, on rentrait sa chemise dans le caleçon, et c’est ce qui explique l’existence de cette patte de la chemise qui a subsisté longtemps par routine et qui servait à accrocher le caleçon à une époque où les élastiques n’étaient guère au point.

Tire-slip[modifier | modifier le code]

Le terme « tire-slip » désigne un jeu consistant à tirer le slip ou la culotte des autres. C'est le terme francophone de wedgie.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Bernhard Roetzel, L'éternel masculin, Könemann,‎ 1999 (ISBN 3-8290-2030-9)
  2. (fr) « Slip / caleçon. Les dessous de l'affaire. », sur liberation.fr,‎ 13 août 2008
  3. site institutionnel Jil, « JIL depuis 1927 une histoire de sous-vêtements », sur jil.fr/ (consulté le 21 avril 2012)
  4. (en) site institutionnel Jockey, « Jockey, A history of innovation », sur jockey.com/ (consulté le 21 avril 2012)
  5. Créé une première fois en 1990, le musée a été recréé en 2009, voir La Dépêche du 28 juin 2009, « Le ’’musée du slip’’, dernière expérience surréaliste à Bruxelles ». Vérifié le 16 février 2013.
  6. « La guerre des slips se termine devant le tribunal », 28 mai 2002, Sud Ouest
  7. « Dessous de slip dans un prétoire », Libération, 30 octobre 2002
  8. On l'entendra (assez mal) ici

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