Imprimeure
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L'imprimeure ou imprimature (de l'italien imprimatura) désigne une couche d’impression, appliquée sur l’encollage du support à peindre (panneau de bois ou toile) afin de le préparer à l’emploi avant l’application de la peinture.
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[modifier] Emploi de l’imprimeure
À l’origine du fait de l’impossibilité d’appliquer la peinture directement sur l’encollage (qui sert à isoler le support afin de le rendre non absorbant), il fallait une couche intermédiaire pour préparer le support avant d’appliquer la peinture. Dans la peinture moderne l’enduit à base de colle ou d’huile remplit ce rôle, l’imprimeure avait la même fonction et était appliquée à l’aide d’un couteau et faisait office de fond coloré.
[modifier] Évolution du procédé
L’origine de l’usage d’une couche d’impression pour la peinture de chevalet, provient de la technique de la fresque. Au moyen-age des peintres comme Giotto préparaient le support en appliquant un « intonaco » avant le travail pictural.
L’imprimeure qui fut d’abord employé dans la tempera, était le « verdaccio » qui consistait en un mélange d’ocre, de craie, et de noir appliqué en grisaille sur le gesso. Un exemple de procédé similaire est observé sur une des premières peinture à l’huile, la représentation de sainte Barbe par Jan Van Eyck, œuvre inachevée qui laisse voir une préparation rose clair décolorée avec le temps. À partir de la seconde moitié du XVIe siècle des peintres comme Nicolas Poussin ou Vélasquez utilisèrent un fond opaque de couleur foncé (brun-rouge ou ocre rouge) qui bloquait la lumière, d’autres peintre tel Rembrandt avaient recours à une double imprimeure en ajoutant par dessus la couche de brun-rouge une seconde couche grise[1]. L’imprimeure avait l’inconvénient de repousser par dessus la peinture, avec le temps des œuvres du XVIIe siècle laissent transparaître le fond rouge[2]. À partir du XVIIIe siècle d’autres préparations sont employées, Watteau et Reynolds par exemple peignaient sur une imprimeure de ton gris clair[3]. Depuis la commercialisation de toiles à peindre généralement apprêtées d'un enduit blanc, la définition de l'imprimeure a évolué et désigne une sous-couche de peinture colorée que l'on applique sur la toile enduite afin de donner une tonalité d’ensemble à un tableau.
[modifier] Autres types d'imprimeures
En carrosserie automobile il était de tradition de préparer un fond constitué d'une couche d'ocre rouge puis une couche de gris comme « teinte dure » avant d'appliquer la couleur définitive.
En dorure le Bol d'Arménie ou « assiette à dorer » tient le même emploi que l'imprimeure en apprétant le support et en permettant l'adhérence de la feuille d'or.
[modifier] Notes
[modifier] Bibliographie
- Waldemar Januszcak, Les grands peintres et leurs techniques éd. Du Fanal 1986
- Claude Yvel, Le métier retrouvé des maîtres éd. Flammarion 1991
- Robert Moran, Secrets de peintres éd. l'Atelier d'Onze. Voir www.secrets-de-peintres.eu

