Vert-de-gris

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Vert-de-gris (patine verte) sur la statue "La Harde de cerfs écoutant le rapproché" d'Arthur Le Duc au Jardin du Luxembourg

Le vert-de-gris (à l'origine « vert de Grèce ») est l’oxydation du cuivre. Sous sa forme naturelle, c'est un carbonate hydraté de cuivre, mais, à proximité de l'air marin, peut être un chlorure de cuivre(II)[1]. En présence d'acide acétique, le vert-de-gris peut être de l'acétate de cuivre.

Pigment[modifier | modifier le code]

Le vert-de-gris était utilisé en tant que pigment pour sa teinte vert-bleu. Il a notamment été utilisé sur des fresques à Pompéi, où il s'est bien conservé, et surtout au Moyen Âge.

Chimie et métallurgie[modifier | modifier le code]

Sous l'action conjuguée de l'humidité et du dioxyde de carbone, le cuivre s'oxyde à froid par l'air atmosphérique selon la formule chimique :

2Cu(s) + O2(g) + H2O(g) + CO2(g)→ Cu2(OH)2CO3(s) (vert-de-gris ou hydroxycarbonate de cuivre)

La patine verdâtre des objets en cuivre ou en bronze comporte différents composés. Ils diffèrent suivant les conditions extérieures. En milieu très pollué, avec beaucoup de dioxyde de soufre dans l'air, il s'agit principalement d'antlérite. En milieu moyennement pollué avec peu de dioxyde de soufre dans l'air, il s'agit principalement de brochantite. Lorsqu'il y a un milieu salin à proximité (mer ou épandage de sel en hiver), il s'agit principalement d'atacamite. En fait, on retrouve toujours un mélange, en diverses proportions, de ces produits. La brochantite est le produit le plus fréquent.

Il ne s'agit jamais de malachite (CuCO3.Cu(OH)2), car c'est un composé instable qui se transforme très vite en brochantite ou en atacamite.

Couleur[modifier | modifier le code]

Vert-de-gris

Composante
RVB (r, v, b) (149, 165, 149)
Triplet hexa. 95A595
CMJN (c, m, j, n) (10 %, 0 %, 10 %, 35 %)
TSL (t, s, l) (120°, 62 %, 8 %)

Le vert-de-gris est une teinte de vert.




Cuisine[modifier | modifier le code]

Vert-de-gris sur la cuve en cuivre servant à la production du gruyère suisse

Ce colorant fut utilisé au Moyen Âge pour colorer les conserves de légumes. Ceux-ci gardaient ainsi leur couleur verte. Ceci est l'origine de la coutume qui consiste à faire cuire les confitures (terme qui englobait les conserves variées) dans une bassine de cuivre. En fait le cuivre apporte une meilleure tenue aux gelées. De même que les bassines en cuivre fixent mieux la chlorophylle et, avec la fonte d'acier, chauffent à la flamme d'une manière assez homogène.


Un poison[modifier | modifier le code]

Le vert-de-gris a pu être employé pour ses vertus toxiques de différentes façons au sein des milieux employant la violence (guerre, espionnage, délinquance):

  • Oxydation volontaires des ogives en laiton de cartouches d'armes à feu (le tir létal est une réussite par empoisonnement même quand il est approximatif).
  • Administration par ingestion; « (...)Désappointée, la voleuse avait juré de se venger, et, pour ce faire, elle versa, un soir, dans une tasse de café servie au jeune homme, une forte quantité de vert-de-gris.(...) » extrait de « La servante criminelle »[2]

Manipulation[modifier | modifier le code]

Le vert-de-gris est un mélange de différents composés cuivrés toxiques et/ou nocifs, il convient donc de se laver les mains après chaque manipulation de celui-ci.

Art, littérature et cinéma[modifier | modifier le code]

Langage[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, « Vert de gris » était le surnom, très péjoratif, donné aux militaires allemands en raison de leur uniforme d'un vert grisâtre (En Allemand,"Feldgrau")[3].

Botanique[modifier | modifier le code]

La russule vert de gris (Russula aeruginea) est un champignon non comestible de 10 à 15 cm que l'on trouve dans les forêts de feuillus et de conifères de juin à octobre. Mentionnons aussi le strophaire vert-de-gris.

Chansons populaires[modifier | modifier le code]

Une utilisation du poison ... L'histoire du Sire Frambroisy qui avait pris femme, la plus jeune du pays. La chansonnette indique qu'une fois la belle confondue d'inconduite dans un bal à Clichy "Dans son carrosse la r'mène à Framboisy, Il l'empoisonne avec du vert-de-gris, Et sur sa tombe il sema du persil, De cette histoire, la moral', la voisi: A jeune femme, il faut jeune mari !" [4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) D. W. Sharp, Penguin Dictionary of Chemistry, Penguin,‎ 1990, 2e éd., p. 419
  2. LA SERVANTE CRIMINELLE. ÉTUDE DE CRIMINOLOGIE PROFESSIONNELLE PAR RAYMOND DE RYCKÈRE Juge au tribunal de Bruxelles, Directeur de la Revue de droit pénal et de criminologie, Ancien premier vice-président de la Société de Médecine légale de Belgique. PARIS A. MALOINE, ÉDITEUR 25-27, RUE DE l'École - DE - MÉDECINE, 25-27 1908
  3. Voir Boche
  4. http://www.chansons-net.com/Tine/E192.html