Chausey

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chausey
L'archipel sous un ciel d'orage
L'archipel sous un ciel d'orage
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Chausey
Localisation Manche (océan Atlantique)
Coordonnées 48° 52′ 51″ N 1° 49′ 07″ O / 48.88083, -1.81861 ()48° 52′ 51″ N 1° 49′ 07″ O / 48.88083, -1.81861 ()  
Superficie 6,5 km2
Nombre d'îles 365 à marée basse  52 à marée haute
Île(s) principale(s) La Grande Île
Administration
Statut Dépendance de la commune de Granville
Démographie
Population 30 hab. (1999)
Densité 4,62 hab./km2
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Chausey
Chausey

Géolocalisation sur la carte : Manche

(Voir situation sur carte : Manche)
Chausey
Chausey
Vue de la principale zone d'échouage à l'est de la Grande Île avec, en arrière-plan, la cale, l'hôtel et l'église.
La plage sur la côte est de la Grande Île
Mouillage dans le nord du sound

Chausey est un archipel normand situé au large de la baie du Mont Saint-Michel à 17 km au large de la ville de Granville (département de la Manche et région de Basse-Normandie) à laquelle il est rattaché sur le plan administratif.

L'archipel s'inscrit dans un rectangle d'environ 6,5 km de largeur et 12 km de longueur et comporte 52 îles. La Grande-Île comporte des habitations occupées par une petite population permanente de 30 personnes.
L'archipel est caractérisé par une zone de marnage très importante, pouvant atteindre 14 mètres. La qualité du granite des îles occupait jusqu'à 500 carriers au XIXe siècle. Aujourd'hui, l'archipel est devenu une zone de villégiature et un lieu d'excursion prisé.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'archipel de Chausey est constitué d'une île principale, la Grande-Île, qui est certainement celle qui a donné son nom (jadis Calsoi basé sur le germanique augia « île ») à tout l'archipel, qui fait environ 1,5 km sur 0,5 km pour ses dimensions les plus larges (environ 45 hectares), et de 365 îlots à marée basse contre environ 52 îles à marée haute.

De quelques dizaines d'hectares de terres émergées à marée haute, l'archipel passe à environ 2 000 hectares d'estran à marée basse dans un rectangle d'environ 6,5 km de largeur et 12 km de hauteur[1]. La Grande Île n'est appelée ainsi que pour la distinguer des autres îles, car en fait Chausey désigne à la fois l'archipel et la Grande Île, qui est la seule habitée. La Grande Île est sans voiture[2].

L'île est constituée d'une formation géologique granitique (granite précambrien) soumise à l'érosion de la mer et du vent. Des grèves de sables et cordons relient plusieurs parties de Chausey. Les marées y sont les plus fortes d'Europe (jusqu'à 14 mètres de marnage lors des marées d'équinoxe). Les hauteurs d'eau variables nécessitent donc de bonnes ancres pour tous les bateaux au mouillage.

Principales îles[modifier | modifier le code]

  • Grande île : 45 hectares
  • La Genétaie : 1,82 ha
  • La Meule : 1,38 ha
  • La Houllée : 0,86 ha
  • L'île aux Oiseaux : 0,62 ha
  • Grand Epail : 0,29 ha

Histoire[modifier | modifier le code]

Chausey a longtemps fait l'objet de rivalités entre Anglais et Français. Contrairement aux îles voisines anglo-normandes, l'archipel est français depuis le XIIIe siècle. Site de piraterie et de contrebande, cet univers labyrinthique fut longtemps un repaire prisé des navigateurs-fraudeurs. Il suffisait de s'engager dans le Sound (le chenal naturel longeant la Grande Île), ou de mouiller dans la Passe Beauchamp pour être à l'abri des regards indiscrets.

Selon la légende de la forêt de Scissy, une marée aurait en 709 séparé ces îles, comme les Mont-Dol et Tombelaine, du continent.

En 1022, Richard II, duc de Normandie, fait don de Chausey et de la baronnie de Saint-Pair-sur-Mer aux religieux du Mont Saint-Michel, qui bâtissent sur la Grande Île un prieuré bénédictin, proche de l'actuelle Ferme[3].

Calsoi, le nom primitif de Chausey, apparait d'ailleurs pour la première fois à l'occasion de la rédaction de cet acte de cession [4].

L'étonnante dentelle de granite qu'est cet archipel a été longtemps exploitée : pendant huit siècles, il servit, entre autres, à bâtir l'abbaye du Mont-Saint-Michel et à reconstruire Saint-Malo, à dresser les quais des ports de Dieppe et de Londres, à paver les trottoirs de Paris. Au XIXe siècle, Chausey abritait environ 500 carriers.

Longtemps aussi, des exploitants venus de Blainville[5] exploitèrent la soude, en fait du carbonate de sodium tiré du varech recueilli sur les côtes et qui servit à l'industrie du verre jusqu'à ce que les chimistes produisent le carbonate de sodium de synthèse. Cette soude a peut-être été utilisée dans l'industrie du savon de Rouen[1].

Ensuite, le varech a été utilisé, toujours par brûlage, pour produire de l'iode, élément de base de la teinture d'iode, utilisée comme désinfectant en pharmacie.

Le constructeur Louis Renault passa beaucoup de temps et investit beaucoup d'argent dans l'archipel, au point d'en être considéré comme un bienfaiteur[6],[7].

Population[modifier | modifier le code]

Malgré ses dimensions réduites, la Grande Île de Chausey (45 ha) abrite plusieurs dizaines de maisons, occupées surtout en été. L’hiver, seule une petite dizaine de Chausiais y réside : pêcheurs, gardes du littoral et ponctuellement entreprises intervenant sur l’île. Les gardiens de phare ont quitté l’île en 2008.

L'île est reliée à Granville par une ou plusieurs navettes en fonction de la saison : en hiver, deux passages par semaine, mais jusqu’à plus de dix passages effectués par trois vedettes en été. Une liaison maritime existe également avec Saint-Malo, uniquement en période estivale.

L’été, la population augmente fortement en raison de la venue des touristes avec près de 200 000 touristes annuels, ce qui représente un des plus forts taux d’occupation des îles françaises rapporté à la surface de la Grande Île. On frôle ainsi les limites de la capacité d’accueil[1].

Un archipel à protéger[modifier | modifier le code]

La partie sud de la Grande Île appartient à l’État qui l’a affectée à titre définitif au Conservatoire du littoral[8]. L'établissement public est ainsi propriétaire de huit hectares. Il loue une partie importante du patrimoine bâti (une quinzaine de maisons) dans le cadre actuel de baux emphytéotiques, et gère la protection du patrimoine naturel côtier.

La plus grande partie de la Grande Île (au nord), soit 38 hectares sur 46, et la totalité des îlots (20 hectares) sont privées : les terrains appartiennent à la SCI des Îles Chausey fondée en 1919. Les trois familles à l'origine de cette société immobilière en possèdent encore aujourd'hui chacune un tiers[9], sans pouvoir construire de nouveaux bâtiments sur l'île, en vertu de la loi française de protection du littoral, qui fait de la zone côtière, des rochers et îlots et des plages un domaine naturel public protégé. De fait, Chausey relève du programme de préservation Natura 2000[9]. Le site est cependant soumis à une fréquentation touristique croissante (touristes ou pêcheurs à pied), via les navettes de liaison avec le continent, les voiliers de plaisance « et, surtout, bateaux à moteur, petites vedettes et pneumatiques, dont les courbes de ventes sont aujourd'hui exponentielles »[8]. En effet, malgré le caractère privé de l'essentiel des terrains de l'archipel, « le passage des touristes y est toléré par les propriétaires »[1]. Les répercussions de cette surfréquentation, y compris celle des îlots accessibles par navire de plaisance, est actuellement étudiée par le Conservatoire du littoral, avec l'objectif de définir une série de mesures adaptées à la préservation de l'archipel[8].

Les embarcations typiques de Chausey sont le doris, une embarcation à rames ou à moteur utilisée par les pêcheurs, et le canot chausiais, un petit bateau à voile de plaisance. Ces embarcations entrent en compétition lors des « Régates de Chausey » qui ont lieu pendant deux jours, tous les ans en août, le premier week-end de mortes-eaux. Plusieurs régates sont organisées : régate de doris, de canots chausiais ainsi qu'une régate pour les enfants. Sur la plaine, se déroulent aussi des jeux auxquels participent enfants et adultes.

Économie[modifier | modifier le code]

Actuellement, l'activité économique provient essentiellement du tourisme mais aussi de la pêche : l'eau très pure, continuellement brassée par des courants violents, permet la pêche du homard, du bouquet, du congre, du bar et du mulet. L'immense plateau de l'archipel est également exploité pour l'élevage des moules et des huîtres, mais cette activité n'est pas réalisée par les pêcheurs de l'île. Le tourisme est soutenu par la présence de trois commerces (un hôtel, un restaurant et une épicerie) ainsi que par la présence de gîtes dans l'ancienne ferme et à Port Marie. Jusqu'en 1989, une exploitation agricole persistait sur l'île avec l'élevage de vaches, dont le bocage encore visible sur Chausey est l'héritage[1].

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

  • Jean-François de Briselance (1623-1667), lieutenant-gouverneur des îles Chausey au XVIIe siècle.
  • Marin-Marie (1901-1987), écrivain et peintre de marine a vécu sur l'île.
  • Louis Renault (1877-1944), fondateur de l'entreprise de construction automobile Renault.
  • Bertrand Poirot-Delpech (1929-2006), journaliste-écrivain, aimait naviguer autour de l'archipel ; auteur de l'article « Les îles Chausey », dans la revue Bateaux d'août 1966, et préfacier de Chausey, Imago Mundi (1996).
  • Abbé Nolin (?-1773), membre du mouvement des Physiocrates, à qui le roi Louis XV a fait concession de l'île.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Brochure officielle 2008 de l'archipel Chausey
  2. Îles Chausey, sur saintjeanlethomas.com
  3. D'après Jacques Doris, Les îles Chausey, Coutances : imprimerie, 1929. Disponible sur Normannia
  4. Les îles Chausey - Inventaire et Histoire des Toponymes, de Claude et Gilbert Hurel, 1985, p. 29
  5. Donnant l'origine du village des Blainvillais situé au nord de l'île.
  6. Louis Renault, bienfaiteur de Chausey, article de La Manche Libre
  7. Extrait de la biographie de Louis Renault
  8. a, b et c Hervé Hillard, Chausey, Actes Sud, 2002, p. 46.
  9. a et b Hervé Hillard, Chausey, Actes Sud, 2002, p. 45.

Les Iles Chausey par Roger Vercel, prix Goncourt 1934 pour " Capitaine Conan".Source:Roger Pierre Pouillot -Vercel,petit fils de Roger Vercel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]