Quintus Mucius Scævola (consul en -95)

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Quintus Mucius Scaevola, dit le Pontife, figure éminente et jurisconsulte, homme politique durant la République romaine, est le fils de Publius Mucius Scaevola, consul en 133 av. J.-C.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans un texte transmis par Varron[2] et cité par saint Augustin[3], Scaevola distingue trois catégories de dieux : ceux qui sont introduits par les poètes (il s'agit de fictions qu'il ne faut pas prendre au sérieux), ceux qui viennent de la théologie philosophique, notamment stoïcienne, théologie qu'il ne condamne pas en soi mais dont il redoute les effets néfastes sur le système religieux de Rome[4], et enfin ceux qui sont introduits par les hommes d'État et dont il défend l'utilité : « La religion officielle de la cité, inspirée, contrôlée et transmise par l'élite politique, les principes civitatis, est privilégiée parce qu'elle est un facteur puissant – le plus puissant – de cohésion du système politique[5]. » Cette distinction s'inscrit dans la réflexion antique sur la theologia tripartita (de), qui puise ses racines chez Platon, Aristote et le stoïcien Panétios de Rhodes et qui a été clairement formulée par Varron[6].

Ses 18 livres de droit civil sont la seule œuvre préclassique que l'on ait continué à lire pendant toute la période classique : il est vrai qu'elle innovait fondamentalement en introduisant une certaine systématique (par la classification des questions juridiques en catégories) dans des matières exposées jusque là de manière casuistique.

Cicéron suivit ses enseignements, après avoir assisté à ceux de son cousin Q. Mucius Scaevola l'Augure[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cicéron, Pro Sesto Roscio, 12 ; Lucain, Pharsale, livre II
  2. Antiquités divines, fr. 7.
  3. La Cité de Dieu, 4, 27.
  4. Cette orientation philosophique peut instiller le doute dans le peuple à l'égard de la religion traditionnelle, gage de stabilité de la république.
  5. John Scheid, Religion et piété à Rome, Paris, La Découverte, 1985, p. 104-107.
  6. Godo Lieberg, « Die theologia tripartita in Forschung und Bezeugung », Aufstieg und Niedergang der römischen Welt, I, 4, 1973, p. 63-115.
  7. Cicéron, Laelius de Amicitia, 1.