Romanée-conti

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47° 09′ 41.6″ N 4° 56′ 59.84″ E / 47.161556, 4.9499556

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Romanée-conti
Bouteille de Romanée Conti.JPG
Une bouteille de romanée-conti 1975.
Désignation(s) Romanée-conti
Appellation(s) principale(s) romanée-conti
Type d'appellation(s) AOC
Reconnue depuis 1936
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignoble de la côte de Nuits
Localisation Côte-d'Or
Climat tempéré océanique à tendance continentale
Sol argilo-calcaire
Superficie plantée 1,63 hectare, soit 18 050 mètres carrés en 2008[1]
Cépages dominants pinot noir
Vins produits 100 % rouges
Production 41 hectolitres en moyenne, soit 5 453 bouteilles[2]
Rendement moyen à l'hectare 35 à 49 hl/ha[3]

Un romanée-conti[4] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée (AOC) produit sur le climat de la Romanée-Conti à Vosne-Romanée, en Côte-d'Or. Il est classé parmi les grands crus de la côte de Nuits. Il est considéré comme le plus grand vin de Bourgogne. Il est aussi le vin le plus cher du monde, avec des prix de plusieurs milliers d'euros par bouteille.

Histoire[modifier | modifier le code]

. Son nom vient du prince Louis François de Bourbon-Conti qui l'acheta en 1760. Le 18 juillet 1760, contrat de vente de la Romanée à Jean-François Joly de Fleury; transfert de la propriété « au profit de Son Altesse Sérénissime Monseigneur Louis François de Bourbon Prince de Conty Prince du Sang. » En 1794, 13 février, apparition du nom de la "Romanée-Conty".

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Phylloxéra.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Après la Révolution française, le domaine est déclaré bien national, puis en 1869, il est repris par un négociant, Jacques-Marie Duvault-Blochet, ancêtre du propriétaire actuel, Aubert de Villaine. Dans les décennies 1830-1840, la pyrale survint et attaqua les feuilles de la vigne. Elle fut suivie d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[5]. Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces[6]. À la fin de ce siècle arrivèrent deux nouveaux fléaux de la vigne. Le premier fut le mildiou, autre maladie cryptogamique, le second le phylloxéra. Cet insecte térébrant venu d'Amérique mit très fortement à mal le vignoble[5].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1945, l'ensemble du vignoble qui était resté de pied franc (planté directement, sans porte-greffe) fut arraché à la suite de l'épidémie de phylloxéra pour être replanté avec des porte-greffes américains. Il n'y a donc pas eu de vin produit de 1946 à 1951[7].
À partir des années 1980, une partie du vignoble est produite selon les méthodes de l'agriculture biologique (biodynamique), techniques enfin généralisées au domaine en 2007[8].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Géologie et orographie[modifier | modifier le code]

Sols bruns calcaires, fortement argileux, 60 cm d'épaisseur de sol. 250 à 310 mètres d'altitude. Exposé au levant.

Climatologie[modifier | modifier le code]

C'est un climat tempéré à légère tendance continentale.

Dijon

Pour la ville de Dijon (316 m), les valeurs climatiques jusqu'à 1990 :

Relevés Dijon ????-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1 0,1 2,2 5 8,7 12 14,1 13,7 10,9 7,2 2,5 −0,2 6,3
Température moyenne (°C) 1,6 3,6 6,5 9,8 13,7 17,2 19,7 19,1 16,1 11,3 5,6 2,3 10,5
Température maximale moyenne (°C) 4,2 7 10,8 14,7 18,7 22,4 25,3 24,5 21,3 15,5 8,6 4,8 14,8
Précipitations (mm) 49,2 52,5 52,8 52,2 86,3 62,4 51 65,4 66,6 57,6 64,2 62 732,2
Source : Infoclimat : Dijon (????-1990)[9]


Vignoble[modifier | modifier le code]

Romanée-conti gravé dans la pierre.

Présentation[modifier | modifier le code]

Situé sur la commune de Vosne-Romanée, ce grand cru couvre une surface de 1,8140 hectare[10]. Le cépage utilisé est le pinot noir. La production représente 45 hectolitres[11] (soit 6 000 bouteilles)[12].

Il est actuellement la propriété des familles de Villaine et Leroy, propriétaires également d'autres grands crus de Bourgogne. Seulement 6 000 bouteilles de romanée-conti sont produites par an. Particularité : elles étaient commercialisées par caisses panachées de 12 bouteilles, mais depuis 2003 la vente panachée est de 13 bouteilles, soit une unique bouteille de romanée-conti pour douze autres bouteilles de grands crus de la côte de Nuits (soit ses échezeaux, grands-échezeaux, romanée-saint-vivant, richebourg et la-tâche). À noter que le domaine vend sous certaines conditions strictes son montrachet, un grand cru blanc fait à 100 % de chardonnay, et son marc de Bourgogne. Depuis le 11 novembre 2008, le domaine de la Romanée-Conti a pris en fermage les vignes d'AOC Corton grand cru du domaine Prince Florent de Merode, soit 2,28 hectares dans les climats du Clos du Roi, des Bressandes et des Renardes. Le domaine a effectué une première récolte en 2009.

Le domaine de la Romanée-Conti (DRC) est aujourd'hui le seul exploitant du prestigieux cru de la Romanée-Conti. Le Domaine est dirigé par M. Aubert de Villaine et M. Henri-Frédéric Roch (branche Leroy), les 2 associés-gérants.

Encépagement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : pinot noir.

Le pinot noir compose exclusivement les vins rouges de l'AOC. Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[13] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[13]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et aux cicadelles[14]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grappillons[14]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissant, riches, colorés, de garde[15]. Ils sont moyennement tanniques en général.

Méthodes culturales[modifier | modifier le code]

La table de tri au domaine de la Romanée-Conti.
La cave du domaine de la Romanée-Conti.

Rendements[modifier | modifier le code]

Les rendements sont de l'ordre de 35 hectolitres par hectare en moyenne[16].

Cette production peut varier énormément d'une année sur l'autre, sans qu'il soit question de catastrophe naturelle de type grêle ou gel. il y a eu, par exemple 5 548 bouteilles en 2002 contre 3 575 en 2003. Par ailleurs l'option biologique (depuis 1985) et biodynamique entraîne des pertes de récoltes dues aux maladies, pertes acceptées et bénéfiques qualitativement[17].

Vins[modifier | modifier le code]

Titres alcoométriques volumique minimal et maximal[modifier | modifier le code]

AOC Rouge Rouge
Titre alcoométrique volumique minimal maximal
Grand cru[16] 11,5 % 14,5 %

Vinification et élevage[modifier | modifier le code]

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Rubis sombre, carminé avec l'age. Diversifié et ample au nez avec arômes de petits fruits rouges et noirs, de violette, d'épices, de sous-bois. Bouche puissante, délicate, franche, complète, subtile, flamboyante.

Gastronomie, garde et température de service[modifier | modifier le code]

S'accorde bien avec du gibier à poils et plumes, de la viande au goût fort, des volailles sauvages (canard), du veau rôti.

Se sert entre 15 et 17 degrés. Se garde entre 20 et 40 ans.

Économie[modifier | modifier le code]

Vignoble du domaine de la Romanée-Conti à Vosne-Romanée.

La caisse panachée de 13 bouteilles du millésime 2006 a été proposée pendant l'année 2009 au prix de 5 596 € en primeur plus port, ce qui fait du romanée-conti le vin rouge le plus cher du monde. À noter qu'en l'an 2000 la caisse panachée de 12 bouteilles du millésime 1997 était vendue par le Domaine à moins de 3 000 €.

Dans un grand magasin de Kōbe au Japon, une bouteille de romanée-conti, année 2000, s'est vendue 787 500 yens, soit 5 000 €. En mars 2005, six magnums de romanée-conti 1985 avaient été adjugés 134 315 € lors d'une vente à New York, en faisant le vin le plus cher du monde. Une bouteille (75 cl) de romanée-conti 2005 était en vente aux Galeries Lafayette, à Paris, pour 18 000 €. Ce record a été battu en 2006 par un Mouton Rothschild 1945. La cote actuelle aux enchères d'une bouteille de romanée-conti 1990 est de 7 256 euros, selon la cote des vins diffusée par le site idealwine.com. En 2010, le site Wine-searcher qui possédait plus de 800 références, le classait également au premier rang des 50 vins les plus chers du monde, avec un prix moyen de plus de 8 000 US$ (6 150 euros) tous millésimes et marchands confondus dans le monde[18]. En janvier 2014, une caisse panachée de 12 bouteilles du millésime 2010 était en vente aux Galeries Lafayette, à Paris, à 45 000 €. Le 2 avril 2014, une bouteille (75 cl) de romanée-conti, année 1996, était en vente au duty free de l'Aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle à 29 000€.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

En 1973 la bourguignonne Anne Sylvestre compose la chanson La Romanée-Conti dans l'espoir d'obtenir une bouteille du vin mythique. Son vœu fut exaucé par Aubert de Villaine, co-gérant du domaine.

L'appellation Romanée-conti fut l'objet d'une forte attention médiatique en 2002 lorsque le président d'alors de la Fédération française de football, Claude Simonet, passa en note de frais une bouteille de ce vin facturée à 4 800 € dans un restaurant coréen, au moment de la débâcle de l'équipe de France de football à la coupe du monde de football 2002[19].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un hectare = 10 000 = 24 ouvrées. Source pour la superficie : www.vins-bourgogne.fr
  2. Un hectolitre (hl) = 100 litres = 133 bouteilles ; moyenne des récoltes sur cinq ans entre 2004 et 2008. Source pour le volume : www.vins-bourgogne.fr
  3. Décret du 2 octobre 2009
  4. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine
  5. a et b Le Figaro et La Revue du vin de France (2008) : Vins de France et du monde (Bourgogne : Côte de Beaune), L'histoire, p. 26.
  6. La Revue du vin de France n°482S : Le Millésime 2003 en Bourgogne, p. 109
  7. Jean-François Bazin, « Fléau implacable et ère nouvelle pour la viticulture : la lutte contre le phylloxéra de la vigne en France », émission Canal Académie, 2 septembre 2012
  8. Quatre saisons à la Romanée-Conti du réalisateur Thomas Bravo-Maza, 2010.
  9. Archives climatologiques mensuelles - Dijon (????-1990)
  10. Site officiel du domaine
  11. Passion vin
  12. Site du BIVB
  13. a et b Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 12
  14. a et b Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France ENTAV, Éditeur
  15. Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 13
  16. a et b Site de l'INAO (page : Produits : Liste des AOC), consulté le 29 août 2008.
  17. Information donnée par Aubert de Villaine dans le courrier des lecteurs de la Revue des Vins de France, numéro du mois de mai 2013.
  18. Les vins les plus chers du monde, leur prix selon Wine-Searcher.com / Romanée Conti, consulté le 24 septembre 2010
  19. Le Figaro, « Simonet en sursis », sur http://www.lefigaro.fr/,‎ 29/11/2007 (consulté le 24 octobre 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]