Rage (roman)

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Rage
Auteur Stephen King
Genre Roman
Version originale
Titre original Rage
Éditeur original New American Library
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original New York
Date de parution originale 13 septembre 1977
ISBN original 978-0451076458
Version française
Traducteur Évelyne Châtelain
Lieu de parution Paris
Éditeur Albin Michel
Collection Spécial suspense
Date de parution 1er décembre 1990
Type de média Livre papier
Nombre de pages 242
ISBN 978-2226049513

Rage est un roman de Stephen King écrit sous le pseudonyme de Richard Bachman et édité en 1977. Dans ce roman, un lycéen tue son professeur et prend sa classe en otage, commençant avec les autres élèves une sorte de psychothérapie de groupe. C'est le premier roman que King a publié sous le pseudonyme de Bachman, et il a fait arrêter la publication de nouvelles éditions en 1999 après qu'un exemplaire a été trouvé dans le casier d'un lycéen ayant tué trois de ses camarades.

Résumé[modifier | modifier le code]

Un beau jour de mai, Charlie Decker, lycéen, est demandé au bureau du principal, qui discute avec lui de son agression sur un professeur qu'il a gravement blessé deux mois auparavant. Charlie provoque volontairement le principal, qui lui promet le renvoi. Avant de revenir en classe, Charlie prend un pistolet dans son casier, auquel il met le feu, et tue sans préavis sa professeur de mathématiques, prenant le reste de sa classe en otage. L'alerte au feu est déclenchée et Charlie tue un autre professeur venu voir ce qui se passait. Alors que la police arrive sur les lieux, Charlie commence une sorte de psychothérapie de groupe avec les autres élèves, parlant de son passé et notamment de ses rapports avec un père abusif et poussant les autres à confesser des secrets ou des expériences qu'ils gardaient pour eux. La plupart des lycéens retenus commencent alors à se prêter au jeu, présentant les symptômes du syndrome de Stockholm.

Pendant quatre heures, Charlie humilie les figures de l'autorité tentant de négocier avec lui (le principal, le psychologue du lycée, le chef de la police) et interroge plusieurs de ses camarades, les amenant à dire tout ce qu'ils ont sur le cœur, quitte à provoquer des incidents entre certains d'entre eux. Au cours de la matinée, un tireur d'élite tente d'abattre Charlie mais la balle est arrêtée par le cadenas qu'il avait dans sa poche de poitrine. Finalement, Charlie pousse à bout, à force de le harceler de questions, Ted Jones, le seul lycéen qui refuse de jouer son jeu et le fait craquer. Jones essaie de s'enfuir mais les autres élèves l'en empêchent et s'en prennent à lui, le plongeant dans un état catatonique.

Après cela, Charlie libère toute la classe et, quand le chef de la police vient l'arrêter, il fait un geste volontairement menaçant pour le pousser à lui tirer dessus. Mais Charlie survit à ses blessures, et est interné dans un hôpital psychiatrique après avoir été jugé non-responsable de ses actes par le tribunal.

Genèse du roman[modifier | modifier le code]

Stephen King écrit une première version de Rage durant sa dernière année de lycée, sous le titre Get It On, mais la laisse inachevée. Il termine le roman en 1971 mais, après il est refusé à la publication par Doubleday malgré l'intérêt de la maison d'édition. Il est finalement publié en 1977 sous le pseudonyme de Richard Bachman[1].

Controverses[modifier | modifier le code]

Le 26 avril 1988, Jeffrey Lyne Cox, un lycéen de San Gabriel, prend une classe en otage sous la menace d'un fusil avant d'être maîtrisé par des élèves. Cox avait lu Rage à de nombreuses reprises, au point de s'identifier au personnage principal[2].

Le 18 septembre 1989, Dustin L. Pierce, lycéen de McKee, dans le Kentucky, armé d'un fusil de chasse et de deux pistolets, prend également une classe en otage. Il finit par se rendre à la police neuf heures plus tard, sans qu'il n'y ait eu de blessés. La police trouve un exemplaire de Rage dans la chambre de Pierce[3].

Le 2 février 1996, à Moses Lake, dans l'État de Washington, Barry Loukaitis, quatorze ans, abat un professeur de mathématiques et deux élèves. Loukaitis souffrait de dépression, d'un trouble du déficit de l'attention, avait d'importants problèmes familiaux et s'était fait humilier quelques jours auparavant par l'un des deux élèves tués. Cependant, Loukaitis dit lors de son procès avoir été influencé par différentes œuvres de fiction, dont Rage[4].

Le 1er décembre 1997, à West Paducah, dans le Kentucky, Michael Carneal, âgé de quatorze ans, ouvre le feu à huit reprises sur un groupe de prière de son école, tuant trois jeunes filles et en blessant cinq autres. Après son arrestation, une schizophrénie est diagnostiquée chez Carneal[5]. Un exemplaire de Rage est retrouvé dans le casier de Carneal.

Suite à cette dernière tragédie, ainsi qu'à la fusillade du lycée Columbine, Stephen King demande alors à son éditeur d'arrêter la publication du roman[6]. Il indique dans une conférence sur la violence dans les écoles qu'il a pris cette décision avec plus de soulagement que de regret car, même si son roman n'était certainement pas l'un des principaux facteurs dans ce genre d'actions meurtrières, cela pouvait être un facteur potentialisant pour des adolescents mentalement instables. King remarque aussi que ce n'est pas un roman, un film ou un disque qui sont les principaux facteurs conduisant à la violence, car la fiction ne fait que reproduire la violence déjà existante dans la réalité, mais que le véritable problème se situe dans la facilité qu'il y a à se procurer des armes à feu aux États-Unis[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. George Beahm, Tout sur Stephen King, Lefrancq,‎ 1996 (ISBN 2-87153-337-7), p. 281-283
  2. (en) Jess Katz, « A High School Gunman's Days of Rage », Los Angeles Times (consulté le 11 mars 2011)
  3. (en) « Kentucky Youth Frees 11 Hostages and Surrenders », The New York Times (consulté le 11 mars 2011)
  4. (en) « Teenage Rampage », sur mayhem.net (consulté le 11 mars 2011)
  5. (en) « Kentucky school shooter guilty but mentally ill », CNN (consulté le 11 mars 2011)
  6. (en) Stephen Spignesi, The Essential Stephen King, Career Press,‎ 2001 (ISBN 1564144852), p. 118
  7. (en) « Stephen King's Keynote Address », sur horrorking.com (consulté le 11 mars 2011)