Running Man

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Running Man
Auteur Stephen King
Genre Roman
Anticipation
Version originale
Titre original The Running Man
Éditeur original New American Library
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original New York
Date de parution originale 4 mai 1982
ISBN original 978-0451115089
Version française
Traducteur Frank Straschitz
Lieu de parution Paris
Éditeur Albin Michel
Date de parution janvier 1987
Type de média Livre papier
Nombre de pages 258
ISBN 978-2226033819

Running Man (titre original : The Running Man) est un roman d'anticipation de Stephen King publié en 1982 sous le pseudonyme de Richard Bachman. Ce roman dystopique présente des États-Unis à l'économie ruinée et parcourus par une violence omniprésente. Dans cette société en pleine décadence, un jeu télévisé, dans lequel les participants sont traqués à travers tout le pays, fait fureur, et un candidat décide de s'y présenter pour sauver sa fille malade. Le roman a fait l'objet d'une adaptation au cinéma, adaptation qui n'est que très vaguement basée sur le livre.

Résumé[modifier | modifier le code]

En 2025, dans des États-Unis devenus une dictature, un jeu fait fureur : La Grande Traque. Un participant doit, durant trente jours, échapper aux tueurs qui le poursuivent, tueurs aidés par la population qui est encouragée à donner sa localisation. Pour sauver sa fille de dix-huit mois, malade, et payer le traitement nécessaire, Ben Richards, chômeur, se présente aux sélections pour ce jeu et est accepté après diverses épreuves physiques et psychologiques. Les règles du jeu sont simples : Ben Richards doit échapper aux tueurs lancés à ses trousses un mois durant, chaque heure de vie rapporte de l'argent à sa famille, chaque fonctionnaire de police tué donne droit à une récompense. Ses seules obligations consistent à envoyer régulièrement à la direction des jeux la preuve en image qu'il est encore en vie, et bien sûr de le rester.

Avant que le jeu ne commence, Ben rencontre le directeur des Jeux, Dan Killian, qui, visiblement intrigué par sa personnalité, lui donne de précieux conseils malgré un mépris clairement affiché. La traque débute quelques minutes plus tard dans les rues de New York, alors que Ben vient de sortir du bâtiment des jeux. Son premier réflexe, se sachant recherché par l'ensemble du pays, est de disparaître de la circulation, et il sollicite pour cela l'aide des « amis » de son quartier. Moyennant finances, il se procure un déguisement d'homme d'affaires respectable ainsi que de faux papiers et prend l'avion pour Boston. S'installant sur place dans un petit hôtel miteux, il réfléchit à la meilleure façon d'échapper aux tueurs.

Devant poster régulièrement par cassette vidéo les « preuves » de sa vie, il soupçonne le réseau postal de fournir des informations aux chasseurs et conclut qu'il ne peut rester longtemps au même endroit. L'attitude de certains passants autour de l'hôtel lui paraissant d'ailleurs suspecte, il prend le car pour Manchester, dans le New Hampshire, et abandonne son déguisement pour l'habit d'un religieux non-voyant. Parfaitement à l'aise de son rôle, plusieurs jours passent sans qu'il ait à s'inquiéter mais à nouveau l'attitude de certains passants l'inquiète et il doit fuir au plus vite. Se sachant finalement cerné par les forces de l'ordre, il se rend dans le sous-sol de l'hôtel où il parvient à se glisser par un conduit d'évacuation alors que les forces de police le talonnent. Il a le temps avant sa fuite de déclencher un incendie et finit par provoquer une explosion lorsque le feu atteint la conduite de gaz, les policiers grillant dans l'explosion.

Meurtri mais sauf, Ben erre un moment dans les égouts avant de remonter à la surface et fait la connaissance d'un jeune noir et de son frère. Bien qu'aussitôt reconnu par le plus âgé, Ben trouve dans la famille des deux noirs un accueil assez inespéré et des réponses à certaines de ses questions : le profit économique à outrance a incité les gouvernants à cacher la vérité sur la pollution dans l'air afin de maintenir la population sous contrôle et limiter les révoltes sociales (les filtres à air sont vendus à prix d'or alors qu'ils pourraient être fabriqués pour rien). Après avoir essayé dans ses cassettes de faire passer le message sur la pollution (évidemment brouillé par la direction des jeux), Ben Richards sollicite une dernière fois l'aide de ses « amis » en se faisant transporter clandestinement jusqu'à la maison d'un contact qui pourra l'aider à fuir.

L'opération manque de mal tourner mais Ben parvient à la maison du contact, ce qui déclenche une crise de frayeur chez la mère de celui-ci lorsqu'elle reconnaît Ben. Cette fois, la police est prévenue et Ben n'a d'autres choix que de fuir en voiture avec le contact. Ils sont poursuivis par la police et parviennent à s'en débarrasser mais dans la fusillade, le contact de Ben est grièvement blessé par balle. Dans un élan de courage, il propose alors à Ben de se séparer : pendant qu'il occupera de la police le plus longtemps possible, celui-ci aura le temps de fuir. La ruse fonctionne et Ben détourne une voiture et prend en otage une femme qui le reconnaît aussitôt. Celle-ci est bien entendue terrorisée et refuse de l'écouter. Sans que leurs sentiments réciproques n'évoluent, la situation se stabilise jusqu'au moment où Ben est finalement reconnu à un barrage routier.

Sur un coup de poker, Ben tente le tout pour le tout et monte un énorme bluff en exigeant un avion aux réservoirs pleins et des pilotes pour se rendre où il souhaite faute de quoi il fera tout sauter avec un explosif qu'il ne possède évidemment pas. Un intense duel psychologique s'engage entre le chef des « chasseurs » et Ben, le premier voulant à tout prix faire craquer Ben et son otage alors que le second mise tout sur son bluff. Malgré une tension extrême, le bluff semble fonctionner puisque l'avion est finalement prêt à temps et tout le monde, y compris le chef des chasseurs et l'otage de Ben, embarque à son bord. Alors qu'ils sont en l'air, Ben croit avoir triomphé de toutes les épreuves mais déchante aussitôt quand il est contacté par Dan Killian, le directeur des Jeux, qui lui révèle alors une vérité qu'il ignorait : sa famille a été tuée peu de temps après le début du jeu par des envieux et son bluff ne tient plus. La seule chose qui retienne Dan Killian de faire sauter l'avion où se trouve Ben, tient dans le fait que Ben est le premier candidat à avoir échappé aussi longtemps aux stratagèmes des chasseurs. Killian propose alors à Ben de devenir le nouveau chef des chasseurs.

Écœuré devant le cynisme de Killian, conscient qu'il peut s'agir d'un nouveau bluff et surtout plein de haine et de rancœur pour la disparition de sa femme et de sa fille, Ben fait mine d'accepter la proposition et fait mettre le cap sur la ville. Il tue ensuite le pilote, le copilote et le radio puis échange des coups de feu avec l'ancien chef des chasseurs mais est grièvement blessé dans l'échange. Il a juste la force de se traîner au poste de pilotage après avoir laissé son otage sauter en parachute et, comme un incroyable bouquet final, il précipite son avion dans l'immeuble des jeux à l'endroit précis du bureau de Killian.

Genèse du roman[modifier | modifier le code]

Stephen King a précisé dans Écriture : Mémoires d'un métier avoir écrit le premier jet de son roman en une semaine[1] au début des années 1970. Il l'a envoyé à la maison d'édition Doubleday qui l'a refusé, troisième refus essuyé par l'écrivain après Rage et Blaze[2]. Le roman n'est donc finalement paru qu'en 1982 sous le pseudonyme de Richard Bachman.

Analyse[modifier | modifier le code]

Ce roman d'anticipation dystopique a un thème similaire à celui d'une nouvelle de 1958 de Robert Sheckley, Le Prix du danger. Constituant l'une des rares « escapades majeures de King dans la stricte science-fiction », le roman est structuré par des chapitres partant de 100 et égrenant de façon « inexorable » un compte à rebours qui sert de fil conducteur. Cette structure rappelle celle d'un jeu télévisé où « le but à atteindre est choisi afin de créer un maximum de suspense, alors que l'horloge se rapproche des ultimes secondes ». La compression de l'action pousse les lecteurs « vers l'avant, les attire, les aspire sans un temps mort ». Le roman présente des points communs avec les autres écrits sous le pseudonyme de Bachman : dans Rage, Charlie Dekker se révolte contre l'oppression parentale et scolaire alors qu'ici Ben Richards « se dresse contre la pression des médias » ; il passe son temps à courir là où Ray Garraty marche dans Marche ou crève mais le contexte et le résultat sont semblables ; enfin il a perdu sa famille, d'abord psychologiquement et ensuite physiquement, comme Barton Dawes dans Chantier[3].

Intertextualité[modifier | modifier le code]

Certains aspects évoquent 1984 de George Orwell :

  • Le libertel diffusant des jeux sordides rappelle le télécran.
  • La « Grande Traque » désigne des boucs émissaires remarquables aux citoyens de cet état totalitaire et les candidats sont autant haïs qu’Emmanuel Goldstein dans 1984.
  • Dans le roman d'Orwell, l'Angsoc utilise le Novlangue comme outil de domination, dans Running Man, le « Réseau » utilise les jeux télévisés.
  • L'avion que prend Richards dans la dernière partie du roman porte le numéro C1984.

Dazzler, des X-Men, dit dans le volume 5 d’Ultimate X-Men à propos d'un show télévisé dans lequel des mutants étaient traqués et exécutés : « Ça pue le remake de Running Man. Si j'étais Stephen King, je ferais un procès. »

Adaptation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Running Man.

Une adaptation cinématographique sous le même titre a été réalisée par Paul Michael Glaser en 1987, avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle de Ben Richards et Richard Dawson dans celui de Killian. Cette adaptation est cependant très éloignée de l'esprit originel du roman, n'en ayant gardé que l'idée de base du jeu télévisé et l'environnement totalitaire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stephen King, Écriture : Mémoires d'un métier, Le Livre de poche,‎ 2003 (ISBN 2-253-15145-9), p. 180
  2. George Beahm, Stephen King de A à Z, Vents d'Ouest,‎ 2000 (ISBN 2-8696-7903-3), p. 214
  3. George Beahm, Tout sur Stephen King, Lefrancq,‎ 1996 (ISBN 2-87153-337-7), p. 319-322