La Part des ténèbres

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir La Part des ténèbres (film)
La Part des ténèbres
Auteur Stephen King
Genre Roman
Horreur
Version originale
Titre original The Dark Half
Éditeur original Viking
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original New York
Date de parution originale 20 octobre 1989
ISBN original 978-0670829828
Version française
Traducteur William Olivier Desmond
Lieu de parution Paris
Éditeur Albin Michel
Collection Romans étrangers
Date de parution 9 octobre 1990
Type de média Livre papier
Nombre de pages 468
ISBN 978-2226049025

La Part des ténèbres (titre original : The Dark Half) est un roman d'horreur écrit par Stephen King et publié en 1989. Après avoir écrit plusieurs romans sous le pseudonyme de Richard Bachman, Stephen King fut finalement démasqué en 1985. Ce roman a été écrit en réaction à cet épisode de sa vie.

Résumé[modifier | modifier le code]

Depuis des années, Thad Beaumont, écrivain de Ludlow (Maine) ayant un succès d'estime mais peu connu du grand public, écrit sous le pseudonyme de George Stark des romans ultra-violents qui eux connaissent un grand succès. Quand il apprend qu'un petit malin décidé à le faire chanter a percé son secret à jour, il décide de révéler la supercherie à la presse et organise la « mort » puis l'enterrement bidon de George Stark dans le cimetière de Castle Rock, ville où il a sa résidence secondaire. Mais quelques jours plus tard, la tombe est vandalisée ou plutôt donne l'impression que quelqu'un l'a creusée de l'intérieur pour en sortir. Un habitant de Castle Rock est tué la même nuit et le shérif Alan Pangborn de Castle Rock, qui mène l'enquête sur le meurtre, vient interroger Beaumont car ses empreintes digitales ont été relevées dans la voiture de la victime. Malgré l'alibi en béton fourni par Beaumont, il reste convaincu de sa culpabilité.

Puis, plusieurs morts violentes ayant toutes un lien avec Thad Beaumont se produisent. L'étudiant qui avait voulu faire chanter Beaumont, son éditeur, son agent et le journaliste qui l'avait interviewé lors de la révélation de la supercherie à la presse sont tous assassinés de façon horrible. Thad Beaumont a des alibis pour tous ces meurtres mais les indices semblent l'accuser. L'écrivain commence dans le même temps à faire des cauchemars particulièrement réalistes et entre dans des transes d'écriture automatique, écrivant notamment la phrase « les moineaux volent de nouveau ». Il comprend que son pseudonyme est derrière tous ces meurtres et, de plus, qu'il partage un lien mental avec lui. Il apprend aussi que, dans la mythologie, les moineaux sont des psychopompes. L'enquête de Pangborn sur Beaumont apprend au shérif que l'écrivain avait un frère jumeau qu'il avait absorbé in utero et dont on a retrouvé certains organes dans son cerveau à la suite d'une opération subie dans son enfance, alors que le médecin pensait opérer une tumeur.

Le corps de George Stark commence à se décomposer et il décide donc d'agir pour ne pas disparaître. Déjouant la surveillance policière, il enlève Liz Beaumont, la femme de Thad, et leurs deux jumeaux. Il se rend ensuite avec eux dans la résidence secondaire des Beaumont, menaçant Thad de tuer sa famille si celui-ci n'écrit pas un nouveau roman signé George Stark. Thad part donc retrouver Stark et commence à écrire un livre pour lui, découvrant même qu'il y prend plaisir. Puis, alors que des moineaux se rassemblent par milliers devant la maison, Stark commence à prendre le relais et ses plaies commencent à disparaître pour apparaître sur Thad. Ce dernier se révolte alors et se bat contre Stark. Pangborn arrive sur les lieux sur ces entrefaites et délivre Liz alors que les moineaux, désormais des millions, pénètrent dans la maison. Ils s'en prennent à Stark et l'emportent avec eux. Mais Liz, qui a été témoin de signes de complicité troublants entre son mari et Stark, se demande si la part sombre de sa personnalité ne ressurgira pas un jour.

Étude des personnages[modifier | modifier le code]

Thad Beaumont / George Stark :

Le personnage de Thad Beaumont est très proche de ce que l'on peut retrouver habituellement chez Stephen King, à savoir un écrivain « tourmenté » soit par ses propres erreurs ou démons, soit par la peur de ne pas être « à la hauteur de la tâche ».

Dans ce roman Stephen King ne s'intéresse pas aux réactions ou traumatismes de son « héros » puisqu'il n'y pas à proprement parler de « héros ». De la même façon que l'on représente le Yin et le Yang attachés, les deux antagonistes s'attirent et se repoussent avec force. Mais ce qui rend ici la dualité un peu plus complexe c'est qu'au-delà du manichéisme « Bonne part / Part des ténèbres » ce ne sont pas simplement deux « philosophies » qui s'opposent mais deux hommes avec chacun leurs propres sentiments et interrogations. Le roman nous fait prendre le parti de Thad mais l'on aurait très bien pu le tourner en roman de vengeance comme le Alexis Machine des romans de Stark.

George Stark « tué » naturellement par son jumeau une première fois puis à nouveau à l'occasion de l'opération chirurgicale de Thad n'est pas à proprement parler un personnage mauvais mais plus une incarnation des fantasmes de Thad qui, légitimement ou non, ne veut pas être oubliée.

Thad devient peu à peu complètement obsédé par Stark ce qui peut se comprendre puisque les deux « partagent » le même esprit. Mais son désir de protéger sa famille lui fait littéralement oublier qu'il ne lutte pas pour lui mais pour eux. C'est ainsi que même s'il a vaincu sa part des ténèbres en le renvoyant au Royaume des Morts, Thad a été « mortellement » touché et a perdu la confiance de sa femme (ce que le shérif Pangborn ne manque pas de remarquer). L'annonce du suicide de Beaumont dans Sac d'os de Stephen King semble d'ailleurs corroborer cette idée.

Liz Beaumont :

Le personnage de Liz Beaumont est aussi assez proche des personnages de femmes que King aime à placer dans ses histoires. La « femme américaine » telle qu'il la conçoit est souvent belle, forte, volontaire mais aussi très féminine donc en situation de « faiblesse » lorsque quelqu'un s'en prend à ce qu'elle a de plus cher (ses bébés). Dans le roman, Liz semble à la fois très proche et à des années lumières de son mari. Capable de savoir lorsqu'il cache quelque chose mais incapable, à l'opposé, de comprendre son esprit, cet écart « naturel » se creuse à mesure que le roman avance et que la menace de Stark se précise.

Liz voit ainsi Stark entrer dans sa vie puis littéralement prendre sa place dans l'esprit de Thad, celui ne vivant plus que pour se protéger ainsi que pour protéger ses enfants. Elle en devient d'ailleurs presque folle lorsque Stark se permet de prendre un des bébés dans ses bras. Littéralement dépassée par les évènements lorsque les moineaux interviennent pour emmener Stark au royaume des morts, elle frôle à plusieurs reprises la frontière de la folie en entendant ses enfants pleurer. On pense à ce titre que sa confiance vis-à-vis de Thad en sortira définitivement ébréchée.

Alan Pangborn :

Le shérif Alan Pangborn est décrit comme un officier de police modèle. Doté d'un physique imposant, d'un esprit fin et d'excellents réflexes, on peut dire que Pangborn incarne à sa manière l'image d'une Amérique « protectrice » et « incorruptible ». D'un naturel très rationnel, il mène son enquête de façon tout aussi rationnelle, refusant de croire à l'hypothèse extravagante de Thad. La succession de meurtres, alors même que Thad est sous sa surveillance, l'oblige à revoir ses positions mais il tente de se raccrocher à la réalité avant d'envisager l'hypothèse surnaturelle.

On ne peut pas vraiment dire qu'il éprouve de la sympathie pour Thad, mais le shérif Pangborn devient un peu solidaire des malheurs de la famille Beaumont et cela jusqu'au dénouement final auquel il assiste intégralement sauvant même la vie de Liz à plusieurs reprises.

La fin du roman le montre fortement marqué par les évènements qui viennent de se produire mais il est le seul à garder la tête à peu près froide, du moins pour le moment. On apprend dans Bazaar, roman dont il est le personnage principal, que l'histoire de Thad Beaumont l'a profondément marqué au point de devenir dépressif et que de nombreux cauchemars hantent ses nuits depuis lors.

Accueil et distinctions[modifier | modifier le code]

Le roman est resté 19 semaines (dont six à la première place) sur la New York Times Best Seller list, y apparaissant directement à la première place le 5 novembre 1989[1]. Le Publishers Weekly le classe à la deuxième place des meilleures ventes de romans aux États-Unis en 1989[2].

La Part des ténèbres a été nommé au prix Locus du meilleur roman d'horreur 1990, terminant à la deuxième place derrière L'Échiquier du mal[3].

Références postérieures à d'autres œuvres de Stephen King[modifier | modifier le code]

Le shérif Alan Pangborn réapparaît dans Bazaar, roman dans lequel il a le rôle principal. On y apprend que sa femme et son fils sont morts. D'autre part, on apprend dans Sac d'os que Thad Beaumont s'est finalement suicidé ce qui confirme la « prophétie » de Pangborn à la fin du roman sur la relation entre Thad et Liz.

Adaptation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Part des ténèbres.

Une adaptation cinématographique sous le même titre a été réalisée par George A. Romero en 1992.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Adult New York Times Best Seller Lists for 1989 », The New York Times (consulté le 19 mars 2011)
  2. (en) « 1980's Bestsellers », sur calderbooks.com (consulté le 19 mars 2011)
  3. (en) « 1990 Locus Awards », Locus Magazine (consulté le 19 mars 2011)

Lien externe[modifier | modifier le code]