Polygone nucléaire de Semipalatinsk

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50° 07′ 00″ N 78° 43′ 00″ E / 50.11667, 78.71667

Les 18 000 km 2 du site nucléaire de Semipalatinsk (en rouge sur la carte).

Le polygone nucléaire de Semipalatinsk (en russe : Семипала́тинский я́дерный полиго́н) est le premier et l'un des principaux sites atomiques soviétiques. Il est situé au Kazakhstan, à 130 km à l'ouest de la ville de Semeï, anciennement Semipalatinsk, au sud du fleuve Irtych. Sa superficie est de 18 000 km² et abrite la ville militaire de Kourtchatov.

Le premier essai nucléaire militaire soviétique y fut réalisé le 29 août 1949 avec la RDS-1, une bombe d'une puissance de 22 kilotonnes. De 1949 à 1989, 456 explosions de bombes atomiques à uranium et à hydrogène ont été effectuées sur le site de Semipalatinsk[1]. La somme totale des charges atomiques testées de 1943 à 1963 sur le polygone dépassent 2500 fois celle de la bombe d'Hiroshima.

Le polygone atomique de Semipalatinsk est fermé depuis 1991 sur décision de Nursultan Nazarbayev, président de la République du Kazakhstan[2]. Dans les zones irradiées de l'ex-site, la radioactivité atteint à ce jour 10 000 à 20 000 microröntgens par heure.

Les radiations libérées à Semipalatinsk depuis 1949 seraient plusieurs centaines de fois supérieures à celles de la catastrophe de Tchernobyl. Elles auraient causé des problèmes de santé à plus de 1,5 million d'habitants de la région, soit un Kazakh sur 10[3].

Semipalatinsk est le site choisi par les Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan pour la signature de la Zone exempte d'armes nucléaires en Asie centrale le 8 septembre 2006, en commémoration de l'anniversaire de la fermeture du site.

Sécurité[modifier | modifier le code]

Le 15 août 2013, le Centre de Recherche Belfer de Harvard publie le rapport «The Plutonium Report»[4] sur les efforts conjoints des Etats-Unis et de la Russie pour sécuriser secrètement le site après la chute de l'U.R.S.S.. Dans ce rapport de 44 pages y est décrit la sécurisation nécessaire du site durant les années 90 contre les radiations, le vol de plutonium laissé par les russes, ainsi que contre les pilleurs de métal potentiellement radioactif. Les solutions apportées sont notamment la fermeture sécurisée des différents tunnels d'accès, le coulage de béton spéciaux afin de rendre inutilisable le plutonium, et tout un panel de caméras, barrières et drones de surveillance.

Siegfried S. Hecker (en), le directeur du laboratoire de Los Alamos de l'époque, explique dans une interview donnée dans le bulletin des scientifiques nucléaires[5] sa visite sur le site en 1998 et la prise de conscience par les Etats-Unis et la Russie du risque nucléaire du site qui a amené a sa sécurisation secrète et entièrement payée par les Etats-Unis.

Santé des populations[modifier | modifier le code]

L'impact des radiations a été caché par les autorités soviétiques pendant de nombreuses années. Pourtant, les essais nucléaires à Semipaltinsk ont des retombées désastreuses sur le patrimoine génétique de la population du Kazakhstan[6].

Dans les alentours du site, la plupart des habitants souffrent de maladies diverses, en majorité de cancers. Puisqu'il est coûteux d'apporter la preuve exigée des services publics que les essais atomiques se trouvent être à l'origine des maladies, la plupart des victimes ne sont pas reconnues et vivent dans des conditions difficiles[7].

Les études sanitaires conduites sur le site depuis sa fermeture s'accordent sur le fait que les retombées des essais nucléaires ont actuellement un impact sur la santé d'environ 3 ou 400 000 habitants aux alentours[8]. Des scientifiques ont établi un lien entre un taux anormalement élevé de différents types de cancers et les effets des radiations. En particulier, de nombreuses études ont analysé la corrélation entre l'exposition à la radioactivité et les cancers de la thyroïde[9]. Dans cette région, de nombreuses personnes seraient atteintes de problèmes de santé et des enfants naissent malformés[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The Semipalatinsk Test Site, Kazakhstan - sur le site de l'AIEA
  2. Le Kazakhstan face à l'héritage du nucléaire soviétique - vidéo créée le 19 avril l2010 par Euronews
  3. a et b Nucléaire soviétique: les victimes oubliées, publié le 18/10/08 sur Cyberpresse
  4. (en) The Plutonium Report, publié le 15/08/13 par le centre Belfer de Harvard
  5. (en) Interview de Siegfried S. Hecker, publiée le 20/08/13 par le Bulletin of the Atomic Scientists
  6. Le mouvement antinucléaire international Nevada-Semipalatinsk sur le site de l'UNESCO
  7. Extra, magazine allemand sur RTL Television le 26 octobre 2009
  8. Les secrets des essais nucléaires, Kazakhstan, URSS - émission produite en 2004 par Arte
  9. (en) Togzhan Kassenova, « The lasting toll of Semipalatinsk's nuclear testing », Bulletin of the Atomic Scientists,‎ 28 septembre 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]