Complexe nucléaire Maïak

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Complexe nucléaire Maïak
Image illustrative de l'article Complexe nucléaire Maïak
Image satellite du complexe nucléaire Maïak
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Coordonnées 55° 42′ 45″ N 60° 50′ 53″ E / 55.7125, 60.8480655° 42′ 45″ Nord 60° 50′ 53″ Est / 55.7125, 60.84806  
Réacteurs
Production d’électricité
Divers

Géolocalisation sur la carte : Oblast de Tcheliabinsk

(Voir situation sur carte : Oblast de Tcheliabinsk)
Complexe nucléaire Maïak

Géolocalisation sur la carte : Russie européenne

(Voir situation sur carte : Russie européenne)
Complexe nucléaire Maïak

Le complexe nucléaire Maïak se trouve entre les villes de Kasli et Kychtym, à 72 km au nord de la ville de Tcheliabinsk en Russie. Le complexe est situé dans l'unité administrative territoriale centrale d'Ozersk, nommée Tcheliabinsk-40 puis Tcheliabinsk-65, qui est située dans l'oblast de Tcheliabinsk.

Course à la bombe atomique en Russie[modifier | modifier le code]

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis montrent leur avance technologique dans le domaine des armes nucléaires avec les explosions d'Hiroshima et de Nagasaki. En URSS, le début de la guerre froide est marqué par une course à l'armement nucléaire. Le complexe nucléaire Maïak est construit dans ce contexte entre 1945 et 1948, en toute hâte et dans le plus grand secret.

À l'origine, le complexe militaro-industriel est conçu afin de fabriquer et raffiner le plutonium pour les têtes nucléaires. Le premier réacteur plutonigène est mis en construction en janvier 1947. Le premier essai nucléaire de l'URSS se déroule en septembre 1949, soit moins de 3 ans plus tard. Au total, cinq réacteurs nucléaires à vocation plutonigène sont construits sur le site. Plus tard, le complexe est aménagé en usine de traitement du combustible usé des réacteurs et pour le plutonium militaire issu du démantèlement de l'arsenal nucléaire. En 2006, le site produit du tritium et des radioisotopes mais pas de plutonium. La possibilité d'une transition du complexe vers des services commerciaux de traitement du combustible usé étranger soulève des controverses.

Dans les premières années d'exploitation, les installations du complexe relâchent de larges quantités d'effluents radioactifs dans plusieurs petits lacs des environs et dans la rivière Tetcha qui aboutit finalement dans l'Ob. Les conséquences de ces rejets ne sont toujours pas déterminées. Il n'est cependant pas contesté que de nombreux employés du site dans les années 1950 et 1960 sont morts des conséquences d'une exposition aux rayonnements ionisants. En 2006, selon des habitants d'Ozersk, il n'y a plus de risque d'irradiation car les émetteurs de rayonnements ionisants ont subi leur décroissance radioactive. Toutefois, l'administration de Maïak a été critiquée à plusieurs reprises pour des pratiques environnementales douteuses.

Catastrophe de 1957[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catastrophe de Kychtym.

Les conditions de travail à Maïak entraînaient des risques sanitaires importants et de nombreux accidents[1]. Un très grave accident nucléaire s'est ainsi produit le 29 septembre 1957. Des cuves de déchets radioactifs enterrées subissent une panne du système de refroidissement. L'évaporation différentielle de différents composés conduit à une puissante explosion chimique (non-nucléaire) d'une énergie équivalente à 75 tonnes de TNT (310 GJ). Suite à cette explosion, des radioéléments se répandent avec une activité estimée à 740 petabq. L'explosion a projeté à plus d’un km d’altitude environ 2 millions de curies de produits radioactifs, et près de dix fois plus dans l’environnement de l’installation, soit environ la moitié des quantités rejetées à Tchernobyl. Au moins 200 personnes décèdent, 10 000 personnes sont évacuées et 470 000 personnes sont exposées aux radiations.

Cet accident nucléaire, le plus grave qui se soit produit en URSS hormis la catastrophe de Tchernobyl, est classifié au niveau 6 de l'échelle INES. Le régime soviétique ayant maintenu le secret défense sur cet accident, les premières informations ne seront révélées qu'à partir de 1976 par le biologiste russe Jaurès Medvedev, alors immigré en Angleterre.

Deux autres accidents de grande ampleur[modifier | modifier le code]

Deux autres accidents sont imputables au complexe Maïak :

  • des pluies de forte intensité font déborder un lac contaminé par la radio-activité dans la rivière Tetcha ;
  • une tempête soulève des poussières radioactives du lac Karatchaï asséché et les répand sur la région d'Ozersk.

Dans le quotidien Libération du 24 août 2000, Igor Forofontov de Greenpeace Russie affirme que « les matières radioactives continuent à remonter à la surface transportées par les eaux souterraines »[2].

Incendies de 2010[modifier | modifier le code]

Lors de la canicule de 2010, les incendies de forêt et tourbières ont notamment menacé le centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires de Maïak où l'état d'urgence a été décrété par les autorités russes le 6 août 2010 (annoncé le 9[3]) et pourraient avoir causé des ré-envols et transferts de particules radioactives.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lire en ligne
  2. Enfin une demi-vérité sur l'autre Tchernobyl
  3. Communiqué russe du 9 août 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gyorgy, A. et al., 1979, No Nukes: Everyone's Guide to Nuclear Power. South End Press.
  • Pollock, Richard, 1978, « Soviets Experience Nuclear Accident », Critical Mass Journal 3.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]