Industrie nucléaire en Russie

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L'industrie nucléaire en Russie est l'héritière du programme nucléaire de l'URSS. En mai 2013, la Russie possède 33 réacteurs de production ce qui la place en 4e position mondiale des pays producteurs d'électricité nucléaire. Onze autres réacteurs sont en cours de construction. Quarante-quatre nouvelles installations sont prévues d'ici à 2030 [réf. nécessaire].

Par ailleurs, elle possède un nombre très important de sites avec des réacteurs de recherche civils ou militaires, dont environ 109 réacteurs de recherche ou à vocation militaire à l'origine [1].

Deux réacteurs doivent être construits sur le site de Kaliningrad selon le Projet de centrale nucléaire de Kaliningrad.

La Russie est partie prenante au programme ITER, à Cadarache en France, elle doit signer un accord de coopération concernant l'utilisation pacifique du nucléaire avec l'Union européenne[2].

Structure[modifier | modifier le code]

Centrales nucléaires en Russie

Rosatom, Agence fédérale de l'énergie atomique, dirigée par l'ex-Premier ministre Sergueï Kirienko, supervise le programme nucléaire russe. Un décret de 2007 a créé la holding Atomenergoprom, qui regroupe l'industrie nucléaire, en particulier:

L'organisme national de contrôle des activités nucléaires est le Rostekhnadzor (en) (RTN), Service fédéral de l'écologie, des technologies et du contrôle nucléaire en Russie[3].

Le nucléaire sous l'URSS[modifier | modifier le code]

Les 18 000 km 2 du site nucléaire de Semipalatinsk (en rouge sur la carte), où la première bombe A soviétique, RDS-1, explose en 1949. Plus de 500 armes nucléaires y seront testés de 1949 à 1989.

L'Institut Kourtchatov est fondé en 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, pour créer une bombe atomique. Le complexe nucléaire Maïak est créé entre 1945 et 1948, l'Institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale (VNIIEF) en 1946, suivi en 1955 de l'Institut panrusse de recherche scientifique en physique technique. L'URSS produit ainsi sa première bombe A en 1949 (RDS-1, une réplique de Fat Man, les Soviétiques ayant infiltré le Projet Manhattan), alors que la Guerre froide a déjà éclaté. Cela sera le début du formidable accroissement de l'arsenal nucléaire de la Russie.

Le physicien Andrei Sakharov, aidé de Igor Tamm, mettent en place la bombe H au sein de l'Institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale, créé en 1946. Le 12 août 1953, à Semipalatinsk au Kazakhstan, les Russes font exploser Sloika (Joe 4 pour les Américains), la première bombe H russe. Le complexe secret de Jeleznogorsk (dont un réacteur est encore en fonctionnement en 2008) est créé en 1950. En 1955, l'URSS essaie sa première bombe H à étage, RDS-37.

Dès les années 1950, l'URSS met au point les réacteurs de grande puissance à tubes de force (RBMK), à eau légère, qui équiperont la centrale de Tchernobyl, dont la construction commence dans les années 1970. En 1957, un grave accident nucléaire se produit au complexe nucléaire Maïak.

Le 30 octobre 1961, Tsar Bomba, conçue au VNIIEF par une équipe de physiciens formée autour d’Igor Kurchatov et comprenant Andreï Sakharov, explose. Ce serait la plus puissante arme nucléaire testée en date de 2011. L'année d'après, la crise des missiles de Cuba démontre les limites de la coexistence pacifique, menant le monde près de la guerre nucléaire.

Techsnabexport est créé en 1963 pour exporter la technologie nucléaire. Un accord de coopération nucléaire liait déjà l'URSS avec l'Égypte, qui a abouti à la mise en service d'un réacteur à eau légère, en 1961, dans la centrale d'Inshas.

La course aux armements entre les deux blocs conduit rapidement à l'équilibre de la terreur, doctrine remplacée ensuite par la destruction mutuelle assurée (MAD). Les grandes puissances dotées de l'arme nucléaire signent alors le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) (1968), qui entre en vigueur en 1970.

La catastrophe de Tchernobyl, en 1986, a un retentissement international.

Gorbatchev signe le 20 novembre 1988 un traité avec Rajiv Gandhi, Premier ministre indien, de coopération nucléaire avec l'Inde, prévoyant la construction de la centrale de Kudankulam. Dû à l'opposition de Washington et au non-respect des conditions données par le groupe des fournisseurs nucléaires en 1992, la construction de la centrale fut stoppée; elle est désormais toujours en construction.

Après l'URSS[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, TVEL fournit du combustible pour les centrales de la République tchèque, de Slovaquie, de Bulgarie, de Hongrie, d'Ukraine, d'Arménie, de Finlande, de Iran et de Chine. Il y a actuellement 72 réacteurs de puissance et 30 réacteurs de recherche qui utilisent le combustible de TVEL.

Moscou a signé en 1995 un accord avec l'Iran, pour que Atomstroyexport mène à son terme la construction du réacteur à eau légère de Bushehr.

Article détaillé : Centrale nucléaire de Bouchehr.

Atomstroyexport est aussi la seule firme à avoir répondu, le 24 septembre 2008, à l'appel d'offres pour la construction d'une centrale nucléaire en Turquie[4].

Un accord de coopération pacifique sur le nucléaire a été signé avec le Venezuela fin novembre 2008[5].

Armes nucléaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arsenal nucléaire de la Russie.

L'origine de l'industrie nucléaire soviétique fut militaire. Un programme fut lancé en 1943 et à partir des années 1970, l'arsenal nucléaire de l'armée rouge fut le plus puissant du monde.

Le gouvernement américain à la fin de la guerre froide pensait qu’il y avait en URSS 30 000 armes nucléaires et 500 à 600 tonnes d’uranium enrichi, alors qu’il y en avait respectivement 45 000 et 1 200 selon V. Mihailov, l’ancien ministre russe de l’énergie atomique[6].

En mars 2006, la Russie disposait de 16 000 armes nucléaires, dont 5 830 actives [7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir liste sur le site de l'Autorité de Sûreté russe
  2. Le Conseil donne son feu vert à la Commission pour négocier un accord de coopération nucléaire global avec la Russie, EUROPA Communiqué de presse, IP/09/1990, Bruxelles, le 22 décembre 2009
  3. [1]
  4. Turquie/nucléaire : une seule offre, AFP sur le site du Figaro, 24 septembre 2008
  5. Chavez et Medvedev signent un accord de coopération nucléaire, France 24 (dépêche AFP), 27 novembre 2008.
  6. S. Rosefielde, Back to the Future? Prospects for Russia’s Military Industrial Revival, Orbis, septembre 2001, p. 10.
  7. (en) Status of Nuclear Powers and Their Nuclear Capabilities

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]