RDS-1

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50° 26′ 15″ N 77° 48′ 51″ E / 50.4375, 77.81417 RDS-1 (en russe : Реактивный двигатель специальный (Reaktivnyi Dvigatel Specialnyi : « réacteur spécial ») fut la première bombe A soviétique et la première arme nucléaire conçue hors des États-Unis.

D'une puissance de 22 kilotonnes, elle fut conçue par l'Institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale et testée le 29 août 1949 sur le polygone nucléaire de Semipalatinsk, Kazakhstan.

Elle est une réplique de Fat Man, les services de renseignements soviétiques ayant infiltré le projet Manhattan et leurs agents dont Klaus Fuchs et David Greenglass seulement neutralisés par le projet Venona.

Son surnom fut « Premier éclair » (Первая молния, Pervaya molniya) et les Américains l'ont appelé Joe One en référence à Staline.

Une course aux armements nucléaires démarre alors entre les deux superpuissances durant la guerre froide alors que l'administration américaine pensait que l'URSS ne pourrait pas faire exploser son premier engin avant mi-1953.

Conséquence : la course a l'armement nucléaire[modifier | modifier le code]

La nouvelle surprit les puissances occidentales. Les services secrets américains estimaient alors que les Soviétiques ne disposeraient pas d'arme atomique avant 1953, et les Britanniques penchaient même pour 1954[1]. Lorsque l'US Air Force détecta les retombées radioactives de l'essai russe, les autorités américaines tentèrent de remonter à la source des traces[2]. Le président Truman rendit la nouvelle publique le 23 septembre 1949: « Nous avons la preuve qu'au cours de ces dernières semaines, une explosion atomique a eu lieu en U.R.S.S.[3] » Cette déclaration prit sans doute aussi de court les Soviétiques, qui croyaient avoir réalisé leur essai dans le plus grand secret, et ignoraient que les États-Unis avaient mis sur pied une plate-forme de détection de retombées radioactives à partir d'une flotte spéciale de bombardiers B-29 : ce dispositif avait été testé à partir d'émissions radioactives contrôlées (dites Green Run) effectuées depuis le complexe nucléaire de Hanford[4]. Ce fut le premier tournant de la guerre froide ; une fois que l'Union Soviétique fut convaincue de possession de l'arme atomique, les pressions politiques aux États-Unis poussèrent au développement de la bombe à hydrogène[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aldrich, Richard J., « British Intelligence and the Anglo-American 'Special Relationship' during the Cold War », Review of International Studies, vol. 24, no 3,‎ juillet 1998, p. 331–351 (DOI 10.1017/S0260210598003313, JSTOR 20097530, lire en ligne)
  2. Cf. William Burr, « U.S. Intelligence and the Detection of the First Soviet Nuclear Test, September 1949 », sur The National Security Archive, University of Washington,‎ 22 septembre 2009
  3. a et b « The Truman Administration During 1949: A Chronology », sur Harry S. Truman Library
  4. Richard L. Miller, Under the Cloud: The Decades of Nuclear Testing, The Woodlands (Texas), Two Sixty Press,‎ 1991 (ISBN 0-02-921620-6), p. 71.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]