R-36

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Un R-36MUTTH, code SS-18 mod. 5, au musée.
SS-18 avant sa destruction inspecté par le sénateur américain Richard Lugar.

Le R-36 (code OTAN SS-9 Scarp pour le R-36 et SS-18 Satan pour les versions plus récentes R-36M ) est une famille de missiles balistiques intercontinentaux de très grande taille développée par l'Union soviétique dans les années 1960 et qui est toujours en service en Russie en 2013 dans une version modernisée R-36M2. D'une portée comprise entre 11 200 et 16 000 km et capable d'emporter 10 têtes nucléaires de 0,8 Mégatonne ou une tête unique de 20 mégatonnes, il a été conçu pour détruire les sites de missiles américains protégés. Il s'agit du plus grand missile jamais développé avec une masse de 210 t pour une hauteur de 37 mètres et un diamètre de 3 mètres. Tiré depuis un silo à missile, le missile comporte deux étages et ses moteurs brulent des ergols liquides stockables (UDMH et peroxyde d'azote). Certains des missiles R-36M ont été reconvertis comme lanceurs capables de placer en orbite basse des satellites d'une masse allant jusqu'à 4,5 tonnes : ce sont les fusées Tsyklon-2 et Tsyklon-3 aujourd'hui retirés du service ainsi que la Dnepr encore active en 2013.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Le missile R-36 peut emporter[1] :

  • soit une ogive unique, dont la puissance varie (selon la version et selon les sources) de 18 à 25 mégatonnes d’équivalent TNT (ce qui en fait l’arme thermonucléaire la plus puissante jamais réalisée après la Tsar Bomba) ;
  • soit 8 ogives indépendantes, dont la puissance unitaire varie de 500 kilotonnes à 1,5 mégatonne selon les sources ;
  • soit 10 ogives indépendantes, dont la puissance unitaire varie de 550 kilotonnes à une mégatonne selon la version et selon les sources.

Une version en service de 1968 à 1983, utilisant 18 missiles, a été utilisée comme système de bombardement orbital fractionné avec une portée quasi illimitée.

Déploiement[modifier | modifier le code]

Localisés en Russie et au Kazakhstan, les SS-18 furent mis en service à partir de 1967 dans la forces des fusées stratégiques.

Dès 1970, il y avait 232 missiles de diverses versions en service ; en 1971, 278 ; et un maximum de 308 engins de versions modernisées dans les années 1980[2].

Le R-36 devait rester en service jusqu'en 2014 ou 2016 selon une annonce faite en 2008[3], mais son retrait est repoussé à 2022 selon une prévision de janvier 2014.

En 2008, 75 de ces engins étaient opérationnels. En janvier 2014, il restait 52 R-36M2 en service au sein de deux des treize divisions de missiles russes[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)fas.org > Programs > Strategic Security > Nuclear Information Project > Status of World Nuclear Forces > Country Profiles> Russia > ICBM > R-36M, en particulier le tableau des spécifications des différentes versions
  2. (en) Pavel Podvig, « The Window of Vulnerability That Wasn't: Soviet Military Buildup in the 1970s », sur Russian strategic nuclear forces,‎ 27 juin 2008 (consulté le 3 février 2014)
  3. (fr) 31 juillet - Les missiles balistiques SS-18 russes resteront en service jusqu’en 2014-16
  4. (en) « Strategic Rocket Forces », sur Russian strategic nuclear forces,‎ 15 janvier 2014 (consulté le 2 février 2014)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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