R-27 (missile air-air)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite d'un missile air-air employé par les avions soviétiques. Pour le missile balistique, voir R-27 Zyb.
Vympel R-27
(OTAN : AA-10 « Alamo »)
Image illustrative de l'article R-27 (missile air-air)
Missile R-27 tiré par un MiG-29 allemand.
Présentation
Fonction Missile air-air tactique
à moyenne portée
Constructeur Drapeau de l'URSS Spetztekhnika Vympel NPO
Déploiement 1985 - auj.
Caractéristiques
Moteur moteur-fusée à carburant solide[1]
+ vectorisation de la poussée
Masse au lancement R-27R : 253 kg[1]
R-27T : 248 kg
R-27ER : 350 kg
R-27ET : 348 kg
R-27EA : 350 kg
Longueur R-27R : 4,08 m[1]
R-27T : 3,80 m
R-27ER : 4,78 m
R-27ET : 4,50 m
R-27EA : 4,78 m
Diamètre R-27R : 23,0 cm
Envergure R-27R : 77,2 cm
Vitesse Mach 4.5
Portée R-27R : 80 km[1]
R-27T : 70 km
R-27ER : 130 km
R-27ET : 120 km
R-27EP : 130 km[2]
Charge 39 kg
HE + fragmentation annulaire
Guidage Navigation proportionnelle[1]
R-27R / R-27ER : radar semi-actif[1]
R-27T / R-27ET : passif, à infrarouges
R-27P / R-27EP : radar passif
R-27A / R-27EA : radar actif[2]
Précision Pk (Probability of Kill) 0.6 ~ 0.8[3]
Détonation impact + proximité radar
Plateforme de lancement Su-27, Su-30, Su-33, Su-34, Su-35, MiG-29, MiG-23, Yak-141, PAK FA
Représentation du R-27 T
Missiles R-73Ae, R-27R1 (AeR1), R-27T1 (AeT1), et Kh-59MAe, exposés au salon international MAKS. (Joukovski, 1999).

Le Vympel R-27, désigné par l'OTAN AA-10 « Alamo », est un missile air-air à moyenne / longue portée, développé en Union soviétique. Considéré comme l'homologue russe des dernières versions de l'AIM-7 Sparrow, ses ressemblances sont toutefois limitées car, à-l'inverse de ce dernier, il propose une très large variété d'autodirecteurs et les distances d'engagement sont généralement supérieures à celles de ce dernier.

Il est toujours en service à l'heure actuelle, dans les forces russes et les armées des états de la CEI.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le R-27, aussi désigné en interne « Izdeliye-470 » (objet-470), est principalement employé par les chasseurs soviétiques MiG-29 et Su-27, et certaines versions tardives du MiG-23 peuvent aussi en être équipées, tels les MiG-23MLD. D'autres appareils sont également prévus pour l'employer, et il peut être adapté à de nombreux autres, sur demande à la firme Tactical Missiles Corporation[4], en respectant tout-de-même un minimum les caractéristiques d'origine du constructeur.

Entré en service en 1985 pour équiper les chasseurs MiG-29 et Su-27, le R-27 est capable d'engager des cibles avec ou sans-pilote, aussi-bien à longue distance que dans des combats rapprochés sous forts facteurs de charges. Pouvant être employé individuellement ou par un groupe d'avions, il peut intercepter des cibles en mouvement dans plusieurs directions, supportant des accélérations latérales jusqu'à 8 G[5],[3]. Tous ces engagements peuvent être effectués au-dessus de l'eau ou du sol sans le moindre problème, grâce à une bonne résistance aux échos parasites, et il peut également être tiré dans n'importe quelles conditions météo[1].

Il est doté d'une configuration aérodynamique à plans « canards » et est équipé de 4 surfaces aérodynamiques arrangées selon une disposition cruciforme, au milieu du fuselage[1]. Ces gouvernes, de forme « papillon », permettent d'employer les mêmes surfaces pour contrôler à-la-fois le tangage et le lacet du missile, tout-en lui apportant une importante stabilité en roulis[1]. Chacune est dotée d'un circuit de commande hydraulique indépendant, et un accumulateur hydraulique fournit une pression hydraulique constante et élevée. Les plans « canard » sont monté en-avant de ces gouvernes. Lorsque la tête-chercheuse du missile est changée par un autre modèle, les canards sont remplacés par d'autres de taille différente, afin de conserver les caractéristiques d'équilibre naturel du missile[1]. Lors du tir, le missile peut être largué depuis les pylônes d'emport de fuselage APU-470 (aviacionnaja puskovaja ustanovka) ou éjecté par les rails lanceurs de bout-d'ailes AKU-470 (aviacionnaja katapultnaja ustanovka)[3],[1],[6].

Ce missile est fabriqué en 4 versions différentes : R-27T guidé par infrarouges, R-27R guidé par radar semi-actif, R-27P à radar passif et R-27A guidé par radar actif, toutes ces versions étant assemblées en Russie et en Ukraine.

Le R-27R est équipé d'un autodirecteur à radar semi-actif, associé à une fusée de proximité à effet Doppler, une fusée à contact et une charge militaire à expansion annulaire, constituée de câbles d'acier enroulés autour de la charge explosive principale[Note 1]. Il est guidé vers sa cible grâce à un dispositif de navigation proportionnelle[1] employant deux modules distincts. Le premier, une centrale inertielle, guide le missile jusqu'à la moitié de son parcours, avec des mises à jour radio en cours de vol, tandis-que le deuxième, le radar, guide le missile pendant sa phase de vol terminale. Le missile peut être amené vers sa cible en suivant des trajectoires spéciales, afin de créer des conditions d'approche idéales pour le capteur et le détonateur de la charge militaire. Il est capable de contourner une poche de brouillage passif (paillettes métalliques), d'être dirigé hors du lobe d'émission de son avion-tireur ou d'approcher une cible à basse-altitude par le dessus[1].

Des versions à portée étendue, désignées « long burn » par les pays de l'OTAN, sont apparues au début des années '90. Elles sont référencées par l'ajout de la lettre « E », pour « Energeticheskaya »[2], que l'on pourrait traduire par « portée étendue ». Elles sont généralement plus longues et dotées d'un moteur plus gros, à deux modes[7],[4], assurant une combustion plus longue (long burn).

Les versions d'exportation sont désignées par l'ajout d'un « 1 » dans leur désignation[5],[7],[4]. Il est également fabriqué sous licence en Chine, même si cette licence fut achetée à l'Ukraine au lieu de la Russie. Ces missiles chinois sont dotés d'un autodirecteur différent, issus du missile Vympel R-77, qui fut lui-aussi acquis par la Chine, cette fois-ci en ayant été acheté à la Russie.

Carrière opérationnelle[modifier | modifier le code]

Un Vympel R-73 et un R-27R sous les ailes d'un MiG-29 de l’armée de l'air hongroise.

Drapeau de l'URSS Union soviétique (ensuite Drapeau de la Russie Russie et Drapeau de la Communauté des États indépendants CEI)[modifier | modifier le code]

Le missile équipe les MiG-29 et Su-27 des armées de ces pays. Il est toujours en service actuellement.

Drapeau de la République fédérale de Yougoslavie République fédérale de Yougoslavie[modifier | modifier le code]

Durant la guerre du Kosovo, l'armée de Yougoslavie à transformé des R-27 en missile sol-air par ajout d'un premier étage de S-125.

Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie / Drapeau de l'Érythrée Érythrée[modifier | modifier le code]

En 1999, au cours de la guerre qui opposa l'Éthiopie à l'Érythrée, des MiG-29 érythréens engagèrent des combats contre les Su-27 éthiopiens, les appareils de chacun des deux camps étant pilotés par des mercenaires russes[8].

Il y aurait eu probablement pas moins de 24 missiles R-27 tirés par les deux camps, dont un seul d'entre-eux n'aurait pas manqué sa cible. Tiré par un Su-27 éthiopien, ce R-27 aurait déclenché sa charge à proximité d'un MiG-29 érythréen, suffisamment proche de lui pour qu'il ait pu se crasher à l’atterrissage[9],[10].

Versions[modifier | modifier le code]

  • R-27R (Alamo-A) : Version à guidage par radar semi-actif, dotée de l'autodirecteur Agat 9B-1101K[6]. Portée de tir maximale, depuis une altitude de 11 000 m et à une vitesse de Mach 1.4 : 60 km (de face), 21 km (de l'arrière). Portée de tir minimale dans les mêmes conditions : 2 km (de face), entre 500 et 600 m (de l'arrière)[1]. Portée maximale pouvant atteindre les 80 km sous conditions favorables.
  • R-27R1 : Version d'exportation[7].
  • R-27ER (Alamo-C) : Version à radar semi-actif à portée étendue, plus longue de 70 cm et d'un diamètre légèrement accru. Poids : 350 kg. Portée de 130 km sous conditions optimales. Entrée en service dans les années '90.
  • R-27ER1 : Version d'exportation[7].
  • R-27T (Alamo-B) : Guidage passif par infrarouges, employant la tête-chercheuse 36T[2]. D'un poids de 248 kg, il est affirmé que sa portée maximale serait de 70 km, sous conditions favorables. Le R-27T ne possède pas de système de liaison de données, ce qui n'en fait un missile réellement utile qu'à courte portée et dans les engagements de face. Pour les engagements de l'arrière, sa portée physique réelle reste cependant un avantage important.
  • R-27ET (Alamo-D) : Version à infrarouges à portée étendue, 70 cm plus long et un peu plus large que l'ancien modèle. Portée maxi de 120 km sous conditions favorables. Poids : 348 kg. Entrée en service en 1990. Comme son prédécesseur, il ne possède pas de liaison de données. Il emploi un autodirecteur à infrarouges dérivé du modèle MK80 équipant les missiles R-73[2] (AA-11 « Archer »).
  • R-27P (Alamo-E) : Version anti-radar, employant l'autodirecteur à radar passif Avtomatika 9B-1032 (PRGS-27), travaillant en bande-X[2]. Le suffixe « P » provient de « pasivnaja » (passif)[3]. Portée de 72 km.
  • R-27P1 : Version d'exportation[4].
  • R-27EP (Alamo-F) : Version à portée étendue du R-27P, avec une portée de près de 130 km[2]. Le R-27P/EP est le premier missile air-air anti-radar au monde.
  • R-27EP1 : Version d'exportation[4].
  • R-27A : Version à guidage par radar actif[2]. Elle emploie l'autodirecteur actif Agat 9B-1103M, dérivé du 9B-1348E équipant le R-77. Selon son constructeur, cette dernière version de l'autodirecteur utiliserait le processeur de traitement du signal TMS-320, de Texas Instruments, un processeur très largement employé dans les équipements radar occidentaux[2].
  • R-27EA : Version à portée étendue du R-27A.

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Anciens[modifier | modifier le code]

Actuels[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En explosant, la charge déroule et tend le câble à grande vitesse, sous la forme d'un cercle, qui va finir par se casser en plusieurs morceaux et sectionner tout ce qui se trouvera à proximité. On peut associer ce fonctionnement à celui du fil de nylon qui équipe certaines débroussailleuses de jardinage.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n (en) « AA-10 Alamo / R-27 FAMILY MISSILES », sur le site web warfare.be (consulté le 13 octobre 2013)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Dr. Carlo Kopp, « The Russian philosophy of Beyond Visual Range air-combat », Technical Report APA-TR-2008-0301, sur le site web d'Air Power Australia,‎ 25 mars 2008 (consulté le 13 octobre 2013)
  3. a, b, c et d (cs) Zdenek Kussior, « R-27 (AA-10 Alamo) », ruské rakety typu vzduch-vzduch (missiles air-air russes), sur Specnaz.cz (consulté le 13 octobre 2013)
  4. a, b, c, d et e (en) « The R-27P1 and R-27EP1 Guided Missiles », Military production : Air-to-Air missiles, sur le site web de Tactical Missiles Corporation (consulté le 13 octobre 2013)
  5. a et b (en) « Questions about the AA-10 Alamo », sur The Aviation Forum,‎ 6 juillet 2004 (consulté le 13 octobre 2013)
  6. a et b (ru) « Р-27 (R-27) », Управляемые ракеты воздух-воздух (les missiles air-air), sur Уголок неба (Coin du ciel),‎ 2004 (consulté le 13 octobre 2013)
  7. a, b, c et d (en) « R-27R1, R-27ER1 Guided Missiles », Military production : Air-to-Air missiles, sur le site web de Tactical Missiles Corporation (consulté le 13 octobre 2013)
  8. (en) Charles Smith, « Russian mercenaries flying for Ethiopia », Wars and rumours of wars, sur World Net Daily (WND),‎ 18 juillet 2000 (consulté le 13 octobre 2013)
  9. (en) The air combat information group, « Quarrels over the Border », Adal Voice,‎ 18 avril 2008 (consulté le 13 octobre 2013)
  10. (en) Tom Cooper & Jonathan Kyzer, with additional details by Nadew & Alexander Mladenov, « Ethiopian Eritrean War, 1998 - 2000 », sur ACIG.com,‎ 10 février 2008 (consulté le 13 octobre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]