9K34 Strela-3

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9K34 Strela-3
(nom de code OTAN : SA-14 « Gremlin »)
Image illustrative de l'article 9K34 Strela-3
Un missile 9K34 Strela-3 et son lanceur.
Présentation
Fonction missile sol-air portable à très courte portée
Constructeur Drapeau de l'URSS KBM
Déploiement Depuis 1974
Caractéristiques
Moteur Moteur fusée à combustible solide (poudre)
à deux étages
Masse au lancement système complet : 16 kg
missile seul : 10,3 kg
Longueur 1,47 m
Vitesse 410 m/s
Portée maxi : 4,1 km
Altitude de croisière de 30 à 2 300 m
Charge 1,17 kg, à fragmentation
(dont 390 g d'explosif (HMX))
+ 20 g de charge secondaire
(pour le carburant restant)
Guidage
  • infrarouge passif (mod. FM)
  • détecteur au sulfure de plomb, refroidi à l'azote
  • logique de navigation proportionnelle
  • capacité d'engagement « tous aspects »
Détonation impact (non retardé) et fusée de proximité
Plateforme de lancement fantassin, trépied, véhicule, hélicoptère, navire

Le 9K34 Strela-3 (en russe : « Cтрела-3 », flèche), désigné par l'OTAN SA-14 « Gremlin », est un système de missile sol-air portatif très courte portée, guidé par infrarouges, développé par l'union soviétique en réponse aux performances médiocres de son aîné, le 9K32 Strela-2 (SA-7 « Grail »).

Son développement fut largement basé sur celui du Strela-2, ce qui amena à une conception et une mise-au-point assez rapides, puisque le missile entra en service au sein de l'armée rouge en janvier 1974, seulement six ans après son grand-frère. Le missile est désigné « 9M36 », « 9K34 » étant la désignation du système dans son ensemble.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le changement le plus significatif par rapport au Strela-2 se situe au niveau de sa tête-chercheuse, qui est d'un genre tout-nouveau.

Le nouveau capteur travaille sur le principe de la modulation FM (con scan), qui est moins vulnérable aux brouillages et aux leurres que l'ancien système travaillant en modulation AM, qui était facilement détourné par les leurres et même les plus primitifs des brouilleurs infrarouge. La modification la plus intéressante se situe au niveau de l'apparition d'un refroidissement du détecteur, constitué d'une bouteille d'azote sous pression reliée au lanceur.

L'effet du refroidissement est d'améliorer la portée de détection du capteur au sulfure de plomb (PbS) et sa sensibilité aux grandes longueurs d'onde (légèrement au-dessus de 4 µm, à opposer aux 2,8 µm maximum admissibles pour le système non refroidi). En pratique, cela rend possible la poursuite de cibles « plus froides » à des distances plus importantes, et permet même d'engager des chasseurs à réaction dans leur hémisphère avant, dans des circonstances favorables. La tête chercheuse est aussi capable d'une vitesse de poursuite angulaire plus importante, ce qui permet au missile de continuer à traquer des cibles manœuvrantes et rapides, même en approche.

Un effet négatif consécutif à ces améliorations fut l'augmentation du poids du missile, qui causa une légère perte de performances cinématiques, par-rapport au Strela-2 original. D'un autre côté, contre des cibles relativement lentes et volant à basse-altitude, l'efficacité générale du missile fut bien meilleure.

Les missiles Strela-3 ont été exportés vers plus de 30 pays. Une version navale existe, sous la désignation OTAN « SA-N-8 ».

Le missile se verra suivi, en 1981, par l'arrivée en service du 9K38 Igla. Il restera cependant en service pendant longtemps dans de nombreuses armées régulières et guérillas du monde entier.

Le cas du missile HN-5B[modifier | modifier le code]

Le missile sol-air HN-5B a été développé par la Chine sur la base du Strela-3 soviétique.

Même s'il entre en service dans l'armée populaire de libération chinoise au milieu des années 1980, il ne sera révélé officiellement au public qu'à-partir de 1990[1]. D'après des sources médiatiques chinoises et d'autres sources extérieures, la Chine aurait obtenu des exemplaires du missile « source » via le Zaïre, lorsque l'UNITA avait capturé et saisi des missiles Strela-3 des stocks des forces gouvernementales angolaises. Cela n'est pas sans rappeler la façon dont a été obtenue la première version du HN-5, grâce à des Strela-2 fournis par les vietnamiens pendant la guerre du Viêt Nam, et ce sera encore cette façon d'opérer qui permettra aux chinois d'obtenir une réplique assez fidèle du missile soviétique Igla-1, un peu plus tard.

Le HN-5B entrera en service dans l'armée pakistanaise, en janvier 1990, où il y sera lui-même copié pour fabriquer un missile pakistanais, l'Anza.

Histoire opérationnelle[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Irak Irak[modifier | modifier le code]

Le 17 février 1991, au-cours de l'opération « Tempête du désert », un F-16 et un Tornado Gr.1 ont été abattus par un Strela-3.

En 2003, Un Airbus A300-cargo de la compagnie DHL fut touché par un Strela-3, juste après son décollage de l'aéroport international de Bagdad. Malgré la perte totale de ses circuits hydrauliques, le pilote réussit la prouesse de faire demi-tour et de se poser sans encombres. (article lié : Attaque du vol DHL en 2003 à Bagdad)

Drapeau de l'Abkhazie Abkhazie[modifier | modifier le code]

Le 14 décembre 1992, au-cours de la guerre d'Abkhazie, un hélicoptère russe Mi-8 est abattu par un SA-14 de l'armée géorgienne, causant la mort des 3 hommes d'équipage et des 58 passagers présents à-bord, la plupart d'entre-eux étant des réfugiés russes.

Un Su-25 de la force aérienne géorgienne fut descendu au-dessus de Nizhnaya Eshera, le 4 juillet 1993, par un SA-14[2], et beaucoup d'autres appareils de chacun des camps pourraient avoir également été perdus suite à des impacts de Strela-3's[3].

Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie ex-Yougoslavie[modifier | modifier le code]

Le 16 avril 1994, un Sea Harrier du 801e Naval Air Squadron, opérant depuis le porte-aéronefs HMS Ark Royal, fut abattu au-cours de sa phase d'attaque contre deux chars T-55 serbes en Bosnie. Le pilote, Lt. Nick Richardson, s'éjecta et atterrit sur le territoire contrôlé par des musulmans bosniens alliés.

Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo[modifier | modifier le code]

Le 11 octobre 1998, un Iliouchine Il-76 de la force aérienne du Mozambique fut abattu par un SA-14 utilisé par des rebelles congolais, tuant les 40 personnes (troupes et équipage) à-bord[4].

Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan[modifier | modifier le code]

Les S-14 utilisés par l'alliance du Nord sont crédités de la destruction de 8 chasseurs talibans MiG-21 et Su-22, au-cours de l'offensive des talibans contre Talogan en 2000[5].

Drapeau de l'Angola Angola[modifier | modifier le code]

Il a été rapporté qu'un Su-27 avait été abattu par un Strela-3 de l'UNITA, le 19 novembre 2000, alors qu'il était entrain d'atterrir.

Comparaison avec les autres systèmes portatifs contemporains[modifier | modifier le code]

Système 9K32M Strela-2M (missile : 9M32M) 9K34 Strela-3 (missile : 9M36) [6] FIM-43C Redeye[7]
Mise en service 1968 1974 1968
Poids du système complet,
(en ordre de combat)
15 kg 16 kg 13,3 kg
Poids du missile 9,8 kg 10,3 kg 8,3 kg
Longueur 1,44 m 1,47 m 1,40 m
Charge militaire 1,15 kg, (dont 370 g d'explosif HMX)
fragmentation + souffle dirigé
1,17 kg, (dont 390 g d'explosif HMX)
fragmentation + souffle dirigé
(incluant une charge secondaire de 20 g,
pour utiliser le carburant restant à l'impact
)
1,06 kg M222, (dont 360 g d'explosif HTA-3)
fragmentation + souffle
Type de tête-chercheuse au sulfure de plomb (PbS), non refroidie
modulation AM (spin scan) (plage de détection de 1 à 2,8 µm)
Engagements « par l'arrière » uniquement
au sulfure de plomb (PbS), Refroidie à l'azote
modulation FM (con scan) (plage de détection de 2 à 4,3 µm)
Capacité « tous-aspects » limitée (hémisphère avant)
au sulfure de plomb (PbS), non refroidie
Engagements « par l'arrière » uniquement
Maximum range 4 200 m 4 100 m 4 500 m
Vitesse 430 m/s 410 m/s 580 m/s
Vitesse maximale de la cible
en approche / en éloignement
150 m/s / 260m/s 310 m/s / 260 m/s – / 225 m/s
Altitude d'engagement de 50 m à 2 300 m de 30 m à 2 300 m de 50 m à 2 700 m

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) (HN-5) shoulder-fired air defence missile.
  2. (en) http://www.ejection-history.org.uk/PROJECT/YEAR_Pages/1993.htm
  3. (en) Tom Cooper, « Georgia and Abkhazia, 1992-1993: the War of Datchas », ACIG.org (consulté le 18 février 2013)
  4. (en) Tom Cooper, « Zaire/DR Congo, 1980-2001 », ACIG.org (consulté le 18 février 2013)
  5. (en) Tom Cooper, « Afghanistan, 1979-2001; Part 2 », ACIG.org (consulté le 18 février 2013)
  6. (bs) Istorija sozdanija i razvitija vooruzhenija i vojennoi theniki PVO suhoputnyh voisk Rossii
  7. (en) General Dynamics FIM-43 Redeye

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

systèmes similaires
copie étrangère
  • HN-5B, la copie chinoise.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie
  • (en) Sergei I. Petukhov, Shestov I.V., History of design and development of missile systems and military systems of AAW of Russian Land Forces / Istorija sozdanija i razvitija vooruzhenija i vojennoi tehniki PVO suhoputnyh voisk Rossii, 1.-2., VPK Publishing,‎ 1998.
  • (en) « Directory of U.S. Military Rockets and Missiles, FIM-43 » (consulté le 23 avril 2008).