Usine nucléaire de Rokkasho

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Usine nucléaire de Rokkasho
Image illustrative de l'article Usine nucléaire de Rokkasho
L'usine de traitement de Rokkasho en 2007
Localisation
Situation district de Kamikita, préfecture d'Aomori
Drapeau du Japon Japon
Coordonnées 40° 57′ 45″ N 141° 19′ 35″ E / 40.9625, 141.32638940° 57′ 45″ Nord 141° 19′ 35″ Est / 40.9625, 141.326389  

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Usine nucléaire de Rokkasho

Géolocalisation sur la carte : préfecture d'Aomori

(Voir situation sur carte : préfecture d'Aomori)
Usine nucléaire de Rokkasho
Installations
Type d'usine enrichissement de l’uranium
centre de stockage des déchets radioactifs
traitement du combustible usé
Fonctionnement
Opérateur Japan Nuclear Fuel Limited
Date d'ouverture non
Destination actuelle stockage de produits radioactifs

L'usine de Rokkasho est un site nucléaire situé dans le district de Kamikita de la préfecture d'Aomori, dans la région du Tōhoku, au nord de l'île de Honshū, la principale île du Japon. Le site est géré par la Japan Nuclear Fuel Limited (JNFL).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le site de Rokkasho couvre l’ensemble du cycle du combustible nucléaire avec une usine d’enrichissement de l’uranium, un centre de stockage des déchets radioactifs, un centre de stockage «temporaire» de déchets radioactifs de haute activité et une usine de retraitement des déchets nucléaires (六ヶ所村核燃料再処理施設, Rokkasho Kakunenryō Saishori Shisetsu), construite grâce à un transfert de technologie d’Areva. L’usine de retraitement, créée en 2002 mais dont le démarrage a été reporté de nombreuses fois depuis juillet 2007[1],[2] est toujours en phase d'essais en mars 2012[3].

En 2010, l'usine d'enrichissement de Rokkasho comprend 38 bâtiments sur un surface de 3 800 000 m². Sa capacité maximale de retraitement est théoriquement de 800 tonnes d'uranium ou de 8 tonnes de plutonium par an. Sa capacité quotidienne maximale est de 4,8 t. d'uranium. Sa capacité de stockage est de 30 tonnes de plutonium soit 1 440 colis vitrifiés[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 9 avril 1985, la préfecture donnait officiellement son accord pour la construction du complexe nucléaire. La veille, une pétition demandant la tenue d’un référendum local, rassemblant 92 796 signatures, était remise au gouverneur d’Aomori. Les opposants locaux ont usé d'autres moyens pour faire cesser le projet : élections locales, manifestations rassemblant plusieurs milliers de personnes dans les années 1980 et blocus du port par les pêcheurs lors de l’arrivée des déchets nucléaires[5].

La construction a commencé le 28 avril 1993. Inspirée de l'usine de retraitement de la Hague et construite en partenariat entre le groupe nucléaire français Areva[6], Il y met en œuvre les technologies de traitement parmi les plus avancées dans des ateliers soumis aux contrôles de l’Agence internationale de l'énergie atomique.

Après de multiples retards et un investissement de plus de 20 milliards de dollars américains, le triple du budget annoncé au début du projet, l'usine devait entrer en service en octobre 2010 mais elle n'est, en 2012, toujours pas opérationnelle. Il est prévu qu'une usine spécifique de fabrication de combustible MOX soit construite à proximité par la JNFL[7].

Le site de 70 hectares sert actuellement au stockage de produits radioactifs et notamment de plutonium.

Opposition au site[modifier | modifier le code]

Depuis 2002, Greenpeace s’oppose aux activités du site dans le cadre d’une campagne appelée « Les Ailes de la Paix : plus jamais de Hiroshima ni de Nagasaki »[8] et publie notamment un site d’action par internet[9] dont le but est d’obtenir la fermeture de l’usine.

En mai 2006, le musicien Ryuichi Sakamoto lance « Stop Rokkasho », une campagne de sensibilisation aux dangers du site nucléaire de Rokkasho[10]. Il est soutenu par la participation de divers musiciens européens et japonais, parmi lesquels Thomas Dolby, Matthew Seligman, Alva Noto ou Sugizo.

Le 27 janvier 2008, L’Union des Consommateurs japonais ainsi que 596 organisations manifestent à Tokyo pour obtenir la fermeture du site nucléaire de Rokkasho[11]. Une pétition ayant rassemblé 810000 signatures est soumise au Ministère de l’Industrie japonais.

En juin 2008, un comité de scientifiques alerte la société exploitant le site sur les dangers en cas de séisme important, le site étant situé près d’une faille. Japan Nuclear Fuel Ltd. rétorque qu’un séisme de magnitude supérieure à 6 est peu probable et que de toute façon, la centrale peut supporter un séisme d'une magnitude de 6,9[12],[13].

Conséquences des séismes de 2011 sur la centrale de Rokkasho[modifier | modifier le code]

Suite au black-out électrique causé par le séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku d’une magnitude 9, la centrale a fonctionné, à partir du 11 mars 2011, sur des générateurs diesel d’urgence[14], des machines qui n’ont pas été prévues pour fonctionner sur une longue durée[15].
La centrale contient plus de 3000 tonnes de combustible nucléaire usagé, susceptibles de prendre feu en cas d’arrêt du système de refroidissement.
Par ailleurs, le 13 mars 2011, la radio japonaise annonce une fuite de 600 litres de matériaux radioactifs sur le site[16]. Selon le New York Times, l’alimentation électrique de la centrale a été restaurée à partir du 14 mars 2011[17].

La réplique sismique du 7 avril 2011 a elle aussi causé un arrêt de l’alimentation électrique de la centrale de Rokkasho[18].

Références[modifier | modifier le code]

  1. AFP le 31 août 2009, consulté le 9 avril 2012.
  2. Site romandie.com, consulté le 9 avril 2012.
  3. Site areva.com, consulté le 9 avril 2012.
  4. (en)[PDF]Olli J. Heinonen, « Safeguards in action: IAEA at Rokkasho », Agence internationale de l'énergie atomique,‎ juin 2010 (consulté le 24 mai 2011)
  5. La Tribune - 14/03/2011 : Le nucléaire au Japon : un long désamour.
  6. (fr) Partenariat Areva/JNFL pour le recyclage du combustible, 22 septembre 2007
  7. (fr) Japon : l’usine de retraitement nucléaire ne démarre plus, L'Usine Nouvelle, 31 août 2009
  8. (en)Wings of Peace – No more Hiroshima Nagasaki
  9. (en) http://www.greenpeace.or.jp/cyberaction/npt/index_en_html
  10. (en) Stop Rokkasho, site dans lequel on lit notamment cet avis : « La mer et le sol d’Irlande, d’Angleterre, de France et d’autres parties de l’Europe ont été contaminés par la radioactivité que propage le combustible nucléaire japonais (à Rokkasho). »
  11. (en) http://www.nishoren.org/en/?p=35
  12. (en) http://www.nature.com/news/2008/080604/full/453704a.html Japanese nuclear plant in quake risk
  13. (en)Japan's nuclear facilities face quake risk
  14. (en) http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=how-to-cool-a-nuclear-reactor Explication sur le site scientific-american.com
  15. (de) http://www.focus.de/panorama/welt/tsunami-in-japan/tsunami-japan-nuklearanlagen-droht-nach-erdbeben-ueberhitzung_aid_607714.htm Sur le site focus.de
  16. (en) http://www.greenaction-japan.org/modules/wordpress1/index.php?p=2
  17. (en) http://www.nytimes.com/2011/03/18/world/asia/18spent.html?_r=1&pagewanted=2&src=twrhp « Le plus grand danger est constitué par le combustible nucléaire usagé davantage que par les réacteurs. »
  18. (en) Fukushima Nuclear Accident Update Log et Fukushima Nuclear Accident Update Log