Politique en Norvège

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Politique en Norvège
Image illustrative de l'article Politique en Norvège

La Norvège est une monarchie constitutionnelle à tendance parlementaire.

La famille royale, originaire du Schleswig-Holstein, descend de la famille princière de Glücksbourg. Le roi ne joue pour l’essentiel qu’un rôle honorifique, mais il constitue un symbole fort d’unité nationale et reste tout de même à la tête de l’Église de Norvège. Bien que la constitution de 1814 lui accorde d’importantes prérogatives dans le domaine de l’exécutif, ces dernières sont presque toujours exercées en son nom par le gouvernement.

Le gouvernement est composé du premier ministre et de l’équipe ministérielle, tous nommés par le roi. Mais depuis 1884, l’évolution parlementaire du régime fait que le gouvernement doit obtenir un vote de confiance du Parlement : la désignation du gouvernement par le roi n’est donc qu’une formalité, et le véritable choix appartient aux partis politiques représentés au Storting.

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Fonction Nom Parti Depuis
Roi de Norvège Harald V 17 janvier 1991
Premier ministre Erna Solberg Parti conservateur (Høyre) 16 octobre 2013

Le roi nomme les ministres, qui répondent politiquement de leurs actes devant le parlement. En pratique, le roi demande l'avis du leader du parti majoritaire. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les gouvernements non socialistes furent toujours des coalitions, et les gouvernements socialistes ont souvent bénéficié du soutien d'autres partis pour obtenir les voix nécessaires au moment du vote sur un objet par le parlement.

L'article 12 de la constitution prévoit que le gouvernement doit être composé du Premier ministre et d'au moins sept autres membres ; il précisait en outre, jusqu'au 21 mai 2012, que la majorité de ces ministres devait professer la religion officielle[1], disposition constitutionnelle abolie depuis.

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

Le Stortinget, à Oslo

Le parlement norvégien (le Stortinget) est monocaméral et comprend 169 membres. Les députés sont élus tous les quatre ans dans chacun des 19 comtés du pays, à la représentation proportionnelle (cette condition est exigée par la Constitution). Après les élections, le parlement se divise en deux chambres, l’Odelsting et le Lagting, qui pourront alors se réunir séparément ou conjointement selon l’importance de l’ordre du jour. Le Lagting a été supprimé en 2009. À la différence de la grande majorité des régimes parlementaires, le Parlement norvégien ne peut être dissous[2]. Une autre particularité du parlementarisme norvégien, c'est l'impossibilité pour les parlementaires de poser des questions écrites au gouvernement durant les mois de juillet et d'août, c'est-à-dire en-dehors des sessions parlementaires. C'est pourtant l'un des avantages des questions écrites.

Pouvoir judiciaire[modifier | modifier le code]

À la tête du système juridique se trouve la Cour Suprême, ou Høyesterett, composée de 18 juges et d’un président. On trouve ensuite les cours d’appel, les tribunaux ordinaires et les juges de paix. Les juges sont nommés par le roi et le gouvernement, sur proposition du ministre de la justice. La « Haute Cour du Royaume » est une juridiction spéciale destinée, le cas échéant, à décider de la destitution du souverain.

Partis politiques et élections[modifier | modifier le code]

Les élections législatives ont lieu tous les quatre ans, le deuxième lundi du mois de septembre. Le système représentatif favorise la multiplicité des partis et les alliances et apparentements, un parti n'ayant que peu de chances concrètes de détenir seul le pouvoir.

Collectivités locales[modifier | modifier le code]

Chacun des comtés norvégiens est dirigé par un gouverneur (fylkesmann en norvégien), lequel est nommé par le roi en conseil avec le gouvernement. L’un des gouverneurs exerce son autorité à la fois sur Oslo et sur le comté voisin d’Akershus. Chaque comté dispose également d’une assemblée locale présidée par un maire, distinct du gouverneur.

Les 434 communes du pays élisent des assemblées, qui nomment à leur tour une équipe municipale et un maire.

L’île de Jan Mayen n’est pas considérée comme un comté, de même que l’archipel de Svalbard, qui est doté d’un gouverneur spécial (le sysselmann) ayant de vastes responsabilités dans tous les champs de la vie sociale, comme le pouvoir de police.

Histoire politique[modifier | modifier le code]

De 1935 jusqu’aux élections de 1981, la vie politique norvégienne fut dominée par le parti majoritaire Det norske Arbeiderparti (parti travailliste), qui constitua tous les gouvernements à l’exception de ceux de 1963, 1965-1971 et 1972-1973. Le parti travailliste perdit sa majorité au Stortinget à la suite des élections de 1981. Depuis, l’absence de parti dominant a consacré la pratique des gouvernements de coalition.

De 1981 à 1997, la composition des gouvernements a alterné entre partis travailliste et conservateur. La travailliste Gro Harlem Brundtland a exercé ses fonctions de premier ministre de 1990 au mois d’octobre 1996, date à laquelle elle décida de se retirer de la vie politique. Le chef du parti travailliste, Thorbjørn Jagland, forma alors un nouveau gouvernement.

Lors des élections de septembre 1997, le parti travailliste ne parvint pas à récolter au moins 36,9 % des voix, son score de 1993. Jagland, pour cette raison, présenta la démission du gouvernement. Une nouvelle coalition formée du Senterpartiet (parti centriste), du Kristelig Folkeparti (démocrates-chrétiens) et du Venstre (gauche libérale) prit la tête du pays, avec le démocrate-chrétien Kjell Magne Bondevik comme premier ministre.

Ce gouvernement tomba en mars 2000 en raison d’un désaccord interne sur le projet de construction d’une centrale électrique alimentée au gaz, solution jugée trop polluante par Bondevik. Le travailliste Jens Stoltenberg, proche de Brundtland, forma un nouveau gouvernement mais perdit le pouvoir dès les élections de 2001, qui marquèrent la pire performance du parti travailliste depuis la Première Guerre mondiale.

Bondevik prit à nouveau les rênes du pays, à la tête d’une coalition rassemblant cette fois le Høyre (parti conservateur) et les libéraux du Venstre.

Les élections législatives du 12 septembre 2005 ont donné la victoire aux travaillistes conduits par l'ancien premier ministre Jens Stoltenberg. Ils ont recueilli 32,7 % des suffrages et 61 sièges. Avec les socialistes de gauche (8,8 % et 15 sièges) et les centristes (6,5 % et 11 sièges), ils constituent la nouvelle majorité dès octobre 2005. Le Parti du Progrès (Norvège) (droite) est en progression avec 22,1 % et 38 sièges. Les conservateurs sont en recul (14,1 % et 23 sièges) tandis que les chrétiens-démocrates du premier ministre sortant Bondevik perdent la moitié de leurs élus (6,8 % et 11 sièges). Le Parti libéral a obtenu 5,9 % et 10 sièges.

Les dernières élections législatives ont eu lieu le 14 décembre 2009.

Référendums[modifier | modifier le code]

La Norvège, depuis son indépendance, a connu six référendums :

Date Objet du référendum Résultat
1905 Sur la fin de l'union avec la Suède Oui (99,95 %)
1905 Sur le couronnement du roi Haakon VII Oui
1916 Sur la prohibition de l'alcool Oui
1927 Sur la fin de la prohibition de l'alcool[N 1] Oui
1972 Sur l'entrée dans la Communauté européenne Non (53,5 %)
1994 Sur l'entrée dans l'Union européenne Non (52,2 %)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L’État détient depuis le monopole sur la vente d'alcool par le biais de la société Vinmonopolet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Toulemonde, Institutions politiques comparées, Paris, Ellipses,‎ 2011, 2e éd. (ISBN 9-782729-870287), p. 102
  2. Gilles Toulemonde, Institutions politiques comparées, éditions Ellipses, p.121

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]