Pierre philosophale

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La pierre philosophale (en latin : lapis philosophorum) est une hypothétique substance alchimique.

Pour Louis Figuier, les alchimistes attribuaient à la pierre philosophale trois propriétés essentielles :

« Si cet homme a le malheur de chercher la pierre philosophale, je ne suis pas surpris que de six mille livres de rente, il soit réduit à rien. Un philosophe qui a six mille livres de rente a la pierre philosophale. (Elle) conduit tout naturellement à parler d'affaires d'intérêt. »

— Voltaire à l'abbé Moussinot, 13 décembre 1737, Courtat, Les vraies lettres de Voltaire à l'abbé Moussinot, Paris, A.Lainé, 1875, p.93 - arch. pers.

Historique[modifier | modifier le code]

L'objectif principal de l'alchimie médiévale musulmane était d'obtenir une substance liquide baptisée « Élixir » (al-iksîr), qui permet la transmutation des métaux en or ; mais cette substance est parfois appelée « la Pierre » (al-hajar)[1]. On trouve par exemple le Kitab al-Fuṣūl al-ithnay ‘ashar fī ‘ilm al-hajar al-mukarram (Le livre des douze chapitres d'Ostanès le sage sur la science de la Pierre Illustre) attribué à Ostanès[2]

En 1710, en Provence, le bruit courait qu'un alchimiste était parvenu à transmuter le plomb en or. Jean Taxis, un riche marchand de Digne, traita avec un alchimiste dénommé De Lisle[3] qui prétendait avoir trouvé la pierre philosophale. Jean Taxis reçût auprès de De Lisle vingts livres[4] de lingots d'or qu'il revendît à Lyon pour des sommes colossales[5],[6]. Intrigué par la rumeur, le roi Louis XIV demanda de lui faire venir De Lisle pour qu'il présente son procédé. De Lisle trouvait mille prétextes pour ne pas y aller, mais finalement il est embastillé pour faux-monnayage. De Lisle succombe étrangement le 30 janvier 1712. L'enquête révéla que le faiseur d'or n'était qu'un charlatan. Sa technique fût mise à jour : simple mais efficace, elle consistait à présenter une véritable pièce en or et de taire que le reste de la production n'était que de la pacotille[7].

Psychologie analytique[modifier | modifier le code]

Carl Gustav Jung notamment voit dans la lapis philosophicae (Pierre Philosophale) la métaphore culturelle du processus d'évolution psychique de tout être humain, la force le poussant vers davantage de différenciation, dans un système de mise en abyme du microcosme et du macrocosme[réf. souhaitée].

Utilisation dans les films et dessins animés[modifier | modifier le code]

Le film Catacombes sorti le 20 août 2014 : retrace - de manière romancée - le chemin à parcourir pour retrouver la pierre philosophale cachée par Nicolas Flamel dans les catacombes de Paris.

La pierre philosophale est également utilisée dans Fullmetal Alchemist. Créée à l'aide d'âmes humaines, elle permet d'outrepasser le principe d'équivalence de l'alchimie (donner un bien de même valeur que l'objet convoité).

Elle peut servir notamment à obtenir la vie éternelle ou encore donner naissance à une armée d’immortels.

Elle apparaît également dans Harry Potter où elle sert à fabriquer l'élixir de longue vie qui donne la vie éternelle, (Voldemort voulait s'en servir à l'aide du professeur Quirrell) ainsi que dans le livre de Paulo Coelho L'Alchimiste.

Dans Johan et Pirlouit, Pirlouit découvre la pierre philosophale, mais celle-ci transforme l'or en plomb, ce que n'apprécie pas le roi qui le fait travailler pour rembourser sa couronne transformée en plomb.

Dans Les Schtroumpfs, Gargamel veut capturer les petits hommes bleus pour fabriquer la pierre philosophale.

Elle est aussi utilisée dans le livre Les secrets de l'immortel Nicolas Flamel de Michael Scott.

Dans Picsou Magazine n°275 du 7 décembre 1994, on peut lire une histoire Picsou Aventure intitulée La pierre philosophale.

Dans la série japonaise Kamen Rider Wizard, elle est évoquée par l'un des antagonistes de l'histoire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Figuier L'alchimie et les alchimistes : Essai historique et critique sur la philosophie hermétique (L. Hachette & cie., 1860, Ch. I « Principes fondamentaux de l'alchimie. Propriétés attribuées à la pierre philosophale » [1]);
  • Alfredo Perifano, L'alchimie à la cour de Côme Ier de Médicis : savoirs, culture et politique (H. Champion, 1997, ch. IV « Le Lapis Philosophorum : la tradition theorico pratique et la pratique de la tradition »).
  • Michael Scott, Les Secrets de l'immortel Nicolas Flamel

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire critique de l'ésotérisme PUF, 1998, Pierre Lory : « Alchimie-Islam », p.27
  2. http://www.nlm.nih.gov/hmd/arabic/bioO.html - XII. Manuscrit arabe d’Ostanès dans VI. — Renseignements et notices sur quelques manuscrits
  3. Le grand art de l'alchimie (1973) par Jacques Sadoul
  4. Revue de Paris Volume 17 page 361 par Théophile Gautier
  5. Histoire de la philosophie hermétique: accompagné d'un catalogue raisonné des écrivains de cette science, tome 2 par Nicolas Lenglet-Dufresnoy
  6. Memoirs of extraordinary popular delusions and the madness of crowds, Volume 1, page 190, par Charles Mackay
  7. Archives de la Bastille: 1709-1772 (1881) page 60 par François Nicolas Napoléon Ravaisson-Mollien, Louis Jean Félix Ravaisson-Mollien A. Durand et Pedone-Lauriel