Corentin Louis Kervran

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Corentin Louis Kervran

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Nationalité Flag of France.svg Français
Profession

Corentin Louis Kervran est un scientifique autodidacte français né à Quimper en 1901 et mort en 1983.

Fonctionnaire de l'État français après 1945, il s'occupe des effets radiologiques pour la médecine du travail. Il doit sa notoriété à son engagement dans l'hypothèse d'une transmutation biologique des éléments chimiques au sein des êtres vivants, dite transmutation nucléaire à froid ou Effet Kervran.

Cette hypothèse est issue d'une confrontation avec des cas d'intoxication à l'oxyde de carbone (carboxémie) chez les ouvriers soudeurs en 1935 et 1936 alors qu'il est membre du comité d'hygiène de la Seine. Devant l'impossibilité, à la suite de nombreux contrôles et expériences, de trouver une source d'oxyde de carbone, il en vient à conclure que la production d'oxyde de carbone est endogène : l'azote N2 (poids atomique 28=14+14) de l'air, « dynamisé » par la chaleur intense de la soudure, se transformerait en CO (poids atomique 28=12+16) à l'intérieur de l'organisme. La solution du problème consistera à fournir des masques avec un tuyau permettant de respirer l'air à l'arrière du soudeur, donc éloigné de la source d'azote « dynamisé »[1]. Il publie plusieurs ouvrages, mais aucun article dans des revues. Ces travaux sur la transmutation ont été et sont toujours considérés aujourd'hui comme de la pseudo-science, voire de l'alchimie, ce qui lui a fait attribuer le prix parodique Ig Nobel en 1993.

Pour ses hypothèses, il était en relation dans les derniers temps avec le physicien Olivier Costa de Beauregard, connu par ailleurs pour sa théorie de la causalité rétrograde et son support à la psychokinèse, la télépathie et la précognition, toutes trois toujours invalidées jusqu'ici par des expériences scientifiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Corentin Kervran a été nommé en tant qu'expert pour s'occuper du syndrome d'irradiation aiguë par le gouvernement français en 1945.

Il était membre de la New York Academy of Sciences[réf. nécessaire], « Directeur et chargé de conférences d'un institut relevant directement de l'Université de Paris » (voir ci-dessous ses titres), Membre du Conseil d’Hygiène de la Seine, et de la Commission du Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique (1966).

Il consacre plusieurs livres[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8] à ses hypothèses de transmutation biologique des éléments.

C'est à son instigation et avec sa coopération qu'en 1974, Olivier Costa de Beauregard a proposé une hypothèse théorique à base de neutrinos de ce phénomène (PB[8]). Kervran écrit que 20 chercheurs ont participé aux recherches théoriques (PB[8] p 264), il liste les laboratoires qui ont participé, mais écrit « Afin d'éviter toute polémique, je ne citerai pas de noms », p 265 à 283 il relate ses principaux courriers avec Costa.

Ses livres et articles sont traduits en italien, anglais, japonais et espagnol.

Le professeur L. Tanon, président du Conseil supérieur d'hygiène de France et président de l'Académie de médecine, a préfacé son premier livre en 1962.

Il décrit lui-même précisément son rôle et ses titres[8] :

p 18 : « [...] j'intervenais pour obtenir une règlementation préventive efficace ... pour protéger le personnel physicien ou médical qui utilisait les substances radio-actives ... après 1945, je fus appelé à Paris comme seul délégué scientifique près d'un ministre, afin de le représenter dans toutes les commissions ministérielles et interministérielles chargées notamment d'étudier la protection contre les effets de la radioactivité. De ce fait j'étais par arrêtés nommé membre d'autres commissions [...] d'autres ministères (Intérieur, Protection civile, Santé publique, Industrie, normalisation etc.) J'étais directeur, aux services extérieurs ; le directeur général du ministère était, dans les commissions de ce ministère, nommé par les mêmes arrêtés que moi, lui ..., tandis que je l'était à titre personnel, chargé de l'aspect scientifique, du fait de mes travaux dans ce domaine, remontant alors à 10 ans. »

p 21 : « Du fait de ma position, unique en France, à la charnière de la physique et de la biologie, il m'était demandé de présenter mes travaux dans l'enseignement supérieur. [...] au CNAM [...] examinateur à l'oral, deux jours par an. À la Faculté de Médecine de Paris [...] au jury, à l'oral, pour un certificat de spécialité. [...] Il m'était demandé des cours à la faculté de Paris avec le titre de « chargé de conférences ». Tandis que dans un institut relevant directement de l'Université de Paris je donnais une trentaine d'heures de cours par an, avec le titre de « Directeur de conférences ». On trouvera aussi mon nom dans les annuaires des enseignants à « Sciences Po ». J'avais en outre à orienter l'action des médecins du travail." » En 1993, il reçoit le prix parodique Ig Nobel de physique pour sa conclusion que le calcium des coquilles d'œufs de poule est créé par un processus de fusion froide[9].

Effet Kervran[modifier | modifier le code]

En 1959, Corentin Lous Kervran imagine que plusieurs anomalies s'expliqueraient par les transmutations biologiques, mais il ne s'attribue pas cette découverte et l'exprime ainsi : "l'aspect de la matière que nous avons mis en évidence en 1959." (PB [8] p 13)

Kervran explique le résultat de certaines observations par la fusion ou la fission d’atomes, sans radioactivité détectable, pour des êtres vivants ou en géologie. Par exemple, le calcium des os viendrait du magnésium absorbé. L'interprétation de ces observations est réfutée ou ignorée par la majorité de la communauté scientifique. Les partisans de sa théorie appellent l'interprétation de Kervran l’effet Kervran.

Selon lui, cet effet s'appliquerait à plusieurs types d'expérimentations qu'il aurait validé :

  • les analyses chimiques des éléments entrant et sortant d'un organisme biologique ;
  • la variation de masse d'organismes vivants dans une enceinte hermétiquement close ;
  • la réduction de radioactivité par des micro-organismes en quelques jours ;
  • et quelques autres.

Cet effet biologique combinerait :

La chimie et la biochimie sont fondées sur le principe de la conservation des atomes lors des réactions chimiques. Depuis les années 1930, quelques chercheurs affirment avoir montré, à travers diverses expérimentations qui, selon eux, se confirmeraient mutuellement, que certains processus biologiques font apparaître des masses conséquentes d'éléments chimiques et en font disparaître d'autres. Faisant un lien entre ces diverses expérimentations et les difficultés d'explications, Louis Corentin Kervran publie alors ses travaux.

La variation de la masse globale qui en résulte s'expliquerait en supposant que des réactions nucléaires ont lieu. La science considère que de tels processus puissent avoir lieu au sein d'êtres vivants est impossible.

Présentation[modifier | modifier le code]

Historique de la présentation de l'effet Kervran[modifier | modifier le code]

En 1789, Antoine Lavoisier établit que la matière se conserve et se transforme.

De 1795 à 1797, l’Académie des Sciences de Berlin organise un concours et Schrader le gagne. Ses graines de blé, d’orge et de seigle germent dans de la fleur de soufre et de l’eau distillée. La comparaison des analyses des germes et des graines montre que de la matière a été créée[réf. nécessaire], cependant d'autres scientifiques ont contredit ces résultats.

En 1799, Louis-Nicolas Vauquelin pense observer que les poules qui pondent produisent plus de calcium qu'elles n'en absorbent et écrit : Je ne donne […] ces résultats que comme des aperçus […] auxquels je ne puis encore accorder une confiance entière [par une seule expérimentation non confirmée. Il faudrait] […] les répéter et les varier de diverses manières […] et si nous arrivions aux mêmes résultats, ce seroit un grand pas de fait dans la philosophie naturelle, et beaucoup de phénomènes, dont la cause est inconnue, seroient expliqués''. (PB p 48)[10]

Il l'interprète par le fait que les processus biologiques n’utiliseraient pas que les phénomènes chimiques. La communauté scientifique attribue ces résultats au fait de ne pas ou pas exactement prendre en compte le fait que les poules puisent sur les réserves de leur squelette pour libérer du calcium[11],[12] ce qui s'accompagne d'une augmentation importante de phosphore dans l'urine, signe que le squelette est en effet la source du calcium.

En 1807, le chimiste Braconnot montre la formation de potassium par des graines de moutarde et de radis en germination. Cependant, des expérimentations faites par Lessaigne (1821), Jablonski (1836), de Saussure (1767-1845) ont contredit ces résultats, ils ne trouvèrent aucune variation de concentration en éléments chimiques.

En 1959, Louis Corentin Kervran coopère à la mise en évidence de cet aspect de la matière que la physique classique ne pouvait constater à cause de la grande différence dans les conditions d’observation[8].

En 1975, Louis Corentin Kervran lui-même, rassemble, confirme et publie ce qu'il juge être des preuves (PB[8]).

Description de l’effet Kervran[modifier | modifier le code]

Ce phénomène auquel Corentin Louis Kervran a consacré sa vie était appelé « Effet Kervran » par ses contemporains (PB [8] p 9 à 15), lui l’appelait « transmutation à faible énergie » et actuellement on l'appelle « fusion froide ».

L’effet Kervran est l’ensemble des réactions de fusions et fissions mettant en jeu des noyaux d’isotopes atomiques stables et sans radioactivité détectable :

  • Les réactions qui se feraient en biologie seraient basées pour la plupart sur des fusions et fissions avec l’hydrogène, l’oxygène ou le carbone et concernent au moins : H, C, N, O, Na, Mg, Al, Si, P, S, K, Ca, Mn, Fe.
  • Plusieurs de ces réactions seraient réversibles, c’est-à-dire réalisables aussi dans l’autre sens par d’autres processus biologiques.
  • Seuls certains isotopes seraient concernés et ils seraient tous stables.
  • Lors de ces supposées réactions atomiques nucléaires biologiques, on n’a pas réussi à détecter les rayonnements habituellement produits par les réactions à haute énergie (alpha, bêta, gamma, rayons X).
  • Il n’utiliserait que des interactions nucléaires dites à faible énergie.
  • Il s’accompagnerait d’une variation de masse en accord avec l’énergie moyenne de liaison.
  • Ces réactions seraient lentes.
  • Il se produirait lors de processus biologiques.
  • L’effet thermique résiduel serait très faible et ne gènerait pas les êtres vivants.
  • Il se produitait aussi lors de processus géologiques où les conditions sont très différentes en pressions et températures.
  • Kervran appelle ces réactions "nuclido-biologiques" (PB p 111).
  • Kervran propose de noter ces types de réactions de 3 façons, par exemple : Mg + O := Ca, ou Ca - O := Mg ou encore Mg + O :=: Ca, selon qu'un processus génère du calcium à partir de magnésium, ou du magnésium à partir de calcium, ou si les 2 processus précédents sont connus et réversibles.
  • Kervran apporte des indices sur la structure des noyaux atomiques sans définir clairement cette structure.

Les variations de masse ne posent pas de problème vis-à-vis de la chimie, car les réactions nucléaires ne conservent pas la masse, mais la masse-énergie, ainsi que la charge électrique et le nombre baryonique. En revanche, la théorie de Kevran contredit tout à fait les résultats établis sur les conditions d'initiation d'une réaction nucléaire, qui réclame des conditions de température et pression qui n'ont rien en commun avec celles de ces organismes.

Une hypothétique fission froide n'a reçu aucune explication et ne fait l'objet d'aucune recherche. En revanche la fusion froide est prise au sérieux par quelques physiciens et publications[13], qui tentent de lui apporter une explication. Toutefois l'ensemble des autres physiciens doutent qu'un tel phénomène de fusion froide puisse se produire car elle implique des conditions peu réalistes.

Méthodologie de Kervran[modifier | modifier le code]

Pour formuler ses hypothèses sur ce phénomène, Corentin Louis Kervran a réalisé ses propres expérimentations et en a rassemblé de nombreuses d'autres chercheurs. La bibliographie de son ouvrage est composée de 165 références.

Ces expérimentations sont réalisées en comparant toutes les entrées et toutes les sorties des éléments chimiques étudiés.
Pour chaque élément chimique étudié, on mesure ou l’on évalue la masse de toutes les entrées possibles de cet élément, puis on laisse vivre l’organisme étudié, puis on mesure ou l’on évalue la masse de toutes les sorties. On ajuste éventuellement les entrées et sorties pour tenir compte des effets parasites des matériels d’expérimentations (dilution des parois et autres). La différence entre le total des entrées et le total des sorties montre que la masse, donc le nombre d’atomes de l’élément ont beaucoup varié, donc que des atomes de cet élément se sont formés (ou ont disparu et sont sous d’autres formes). La physique atomique explique ces formations et disparitions d’un élément chimique par des fusions et fissions d’atomes. Ces réactions ne concernent pas globalement des éléments chimiques, mais des isotopes spécifiques.

Kervran présente des travaux et étudie aussi l’importance des précautions expérimentales, des expérimentations de bonne et de mauvaise foi, des expérimentations soigneusement réalisées et analysées puis rejetées par leur auteur parce que leurs résultats semblent aberrants car trop différents de résultats déjà confirmés. Il est très scrupuleux dans le respect d’attribution aux auteurs des expérimentations, mesures, découvertes et publications. Les précautions explicitées sont très nombreuses : expérimentations préliminaires pour mieux cibler l’expérimentation rapportée, répétitions pour assurer la validité statistique, rapporter les conclusions, mais aussi les mesures et les raisonnements et critiquer le tout précisément et de plusieurs points de vue, décrire les variétés biologiques et les variations de conditions expérimentales, importance de la dispersion des mesures.

Lorsqu'une expérimentation a déjà été suffisamment répétée, documentée et publiée, il la rapporte en détail. Sinon il la répète d'abord lui-même pour la confirmer et mieux la documenter, puis publie et discute les résultats précédents dans la mesure du possible et ses propres résultats. C'est ce qu'il appelle une preuve. Dans ses livres nommés Preuves..., il publie des séries de travaux confirmés et synthétise les enseignements qu'il peut en tirer.

Les expérimentations sont très variées, elles ont déjà étudié : homme, souris, homard, plante Tillandsia, fruits secs, graines, bactéries, levures et moisissures.

Les expérimentations ont exploré des variations de natures différentes, dont :

  • variation d’espèces végétales pour les fruits secs de Randoin
  • variation d’espèces microbiennes (bactéries, levures et moisissures), pour les microorganismes de Komaki[14] (p.  117 à 129[8])
  • taux de magnésium alimentaire, pour les souris de Kervran
  • cultures en conditions normales et anormales (avec ou sans phosphore ou potassium), pour les microorganismes de Komaki[15]
  • adaptation de l’espèce étudiée aux conditions de l’expérimentation, pour les bactéries sur radio-isotopes de V.I. Vysotskii[16]
  • évolution au cours du temps, pour les microorganismes de Komaki, la limitation thermique P/Na de Kervran et la variation de masse de graines en germination de Hauschka et Volkamer.
  • méthodes et techniques de mesures, destructives ou non, analyses de cendres, spectroscopie comparée
  • variation du type de preuve (composition chimique variable entre les éléments entrants et sortants, variation de masse, réduction apparente de radioactivité)

Kervran prétend réfuter les explications déjà données de l'origine du calcaire des os (PB[8] pp. 73 à 76).

Quelques affirmations[modifier | modifier le code]

Des chercheurs présentent des observations qu'ils auraient faites et qui, d'après eux, ne pourraient résulter que de transmutations biologiques des éléments chimiques dans le cadre actuel de la physique, de la chimie et de la biologie :

Affirmations faites par Kervran[modifier | modifier le code]

Les fruits qui sèchent produiraient magnésium, phosphore, soufre, calcium, fer[modifier | modifier le code]

Pendant le séchage des fruits on peut s'attendre à ce que les variations de concentrations, entre l'état sec et l'état frais du fruit, soient identiques pour différents éléments chimiques étudiés. Il semblerait que ce ne soit pas toujours le cas. par exemple pour les figues le taux de mg pour 100 g change entre l’état frais et l’état sec : le rapport sec/frais est de 3,4 pour S et Mg, de 5,3 pour Ca, de 3,8 pour P. D'autres exemples sont possibles avec la banane, le raisin ou la châtaigne. Voir les tables de compositions des aliments de l'AFSSA[17].

Louis Kervran estime que les réactions chimiques ne peuvent expliquer ce phénomène, alors que les transmutations le permettraient : certains éléments seraient produits à partir d’autres déjà présents dans le fruit frais. ( PB[8] p 53 à 60)

Le magnésium serait transformé en calcium par la souris[modifier | modifier le code]

Des souris ayant reçu pendant 5 jours un supplément de chlorure de magnésium de 100 mg/kg/jour ont grossi de 15 % de plus, et ont formé 0,64 g de plus de calcium et 0,60 g de plus de phosphore, par rapport au lot témoin. Ici toutes les conditions d’expérimentation et les méthodes de mesures sont les mêmes pour les deux lots de souris nourries par gavage, avec pesées des excréments.

Cette expérimentation de Kervran, présentée en 1967 à l’Académie[18], semble montrer que le calcium provient du magnésium car le calcium sortant est 5 fois plus important que le calcium alimentaire entrant (p.  79 à 82[8]).

Les travailleurs en ambiance chaude produisent du magnésium[modifier | modifier le code]

En 1959 au Sahara, à Ouargla, dans une équipe de travailleurs du pétrole, le magnésium qu'ils ont ingéré et excrété a été mesuré chaque jour pendant 6 mois. En avril et fin septembre le bilan était équilibré, de mai à août, le bilan était croissant et du 5 au 9 septembre, l’excrétion était supérieure à l’ingestion de 420 - 198 = 222 mg/j.

La Marine a fait refaire l'expérimentation en laboratoire à Tindouf, plus aride. En moyenne sur 8 mois, le bilan du magnésium a été de +652 mg/jour (1047 mg ingérés pour 395 mg excrétés), ce qui aurait épuisé en 8 jours leurs réserves de 5 g mobilisables au total dans l'ensemble du corps.

Ce qui conduit à la conclusion qu'une transmutation a lieu et donne du magnésium. (Organisme officiel Prohuza avec le concours de la Marine Française[8], p 66 à 67)

La transformation de sodium en potassium limiterait notre température[modifier | modifier le code]

Les travailleurs en ambiance chaude à plus de 37°C à l’ombre, pour y résister, consomment beaucoup de sel (sodium) et rejettent beaucoup de potassium. Ceci pendant plusieurs mois, et avec une limitation de la température corporelle autour de 39 °C. Les variations du bilan K/Na et du bilan thermique sont semblables (K et Na en milligrammes) :

  • En mai, K/Na=0,75, l’excédent est de 1300 calories.
  • En juillet, K/Na=1,55, l’excédent est de 3900 calories.
  • En septembre, K/Na=1,2, l’excédent est de 2200 calories.

Des expérimentations, complémentaires avec des personnes vêtues de combinaisons étanches et avec une analyse de l’air inspiré et expiré, annulent presque l’effet possible de la transpiration, montrent la même transformation de sodium en potassium. De même chez les malades fiévreux qu’on enveloppe pour qu’ils gardent leur sueur liquide et évitent un refroidissement externe. De même pour le sauna finlandais. Tout cela correspond bien au conseil de boire salé pour limiter la fièvre et éviter l’hyperthermie.

Cette expérimentation montre que la limitation de température vers 38°C ne vient pas de l’évaporation et que notre corps peut éviter l’hyperthermie en transformant du sodium en potassium (Na + O :=: K). (En 1959 au Sahara, à Ouargla, Organisme officiel Prohuza avec le concours de la Marine Française[8], p 68 à 72)

Cette fusion de sodium et d'oxygène vers du potassium devrait produire un fort effet exothermique correspondant à 0,02 u.m.a, mais elle est en fait endothermique.

Les bactéries produiraient du potassium du salpêtre[modifier | modifier le code]

Le salpêtre (nitrate de potassium, KNO3) se développe sur la chaux (carbonate de calcium, CaCO3) des murs humides. Ce sont les bactéries qui produisent la nitrification et l’explication classique est que le potassium peut venir de nombreuses sources. Mais des murs isolés des sources habituelles de potassium ou les expérimentations en autoclave montrent aussi la production de salpêtre sans source de potassium, donc une transmutation. (p.  109 à 117[8])

En 21 jours d’incubation en autoclave à 28°C on obtient une augmentation de potassium

  • de +2,73 % en moyenne dans les tubes contenant au départ du calcium pur,
  • et de +5,71 % avec au départ du calcaire de Lithothamnium calcareum.

Des expérimentations préliminaires montrent que du potassium migre des boîtes de Pétri en verre, pyrex ou polyéthylène, et l’on en tient compte. Les expérimentations ont été recommencées avec du carbonate de calcium pur comme support et en dosant Ca et K, avec 5 tubes, puis 15 tubes, puis 100 tubes, pour améliorer la confiance statistique.

La réaction de transmutation est la fission Ca - H :=: K

Affirmations faites par d'autres personnes[modifier | modifier le code]

Biomasse isolée variable[modifier | modifier le code]

Volkamer a réalisé une expérimentation qui consiste à enfermer hermétiquement des graines qui germent et à les peser précisément pendant quelques jours. La variation de masse mesurée est de -0,027 % en 3 jours, pour une masse de graines de 4000 mg dans un flacon de verre scellé, avec une précision de mesure et une linéarité de 0,1 mg. Volkamer conclut : « Les fluctuations de masse suggèrent l’existence d’une forme de matière froide ou noire[19]. »

La seule explication actuellement disponible en physique d'une variation effective de la masse dans cette observation est liée à la variation de l'énergie de liaison lors des fusions et fissions de noyaux atomiques[19].

Ces mesures ont été réalisées en 1994 dans le but de reproduire des mesures de Hauschka de 1934 à 1940[20], et il semble que ce soit le cas (p.  228[19]).

Réduction de radioactivité par des micro-organismes[modifier | modifier le code]

Au cours d'une seule expérimentation, des microorganismes semblent avoir accéléré la décroissance de radioactivité de deux isotopes.

Les micro-organismes se sont d'abord adaptés en 10 jours au milieu radioactif. Puis la radioactivité de Ba140 et La140 a baissé de manière significative pendant 15 jours, par rapport à la décroissance classique dans l'eau pure. La différence entre les Q(T)/Q(0) était alors de 0,23 = (0,28 dans l’eau pure) – (0,05 dans le milieu actif). Donc les microorganismes semblent bien avoir transmuté une partie des isotopes radioactifs, les deux types de transmutations ayant alors lieu simultanément.

Cette expérimentation de Vysotskii en 2003 ( p 4 fig 2[16]) montrerait la capacité des microorganismes à réaliser des transmutations et à s'adapter aux isotopes radioactifs pour produire des isotopes stables et réduire des déchets radioactifs.

Quelques personnes qui ont adhéré aux théories de C. L. Kervran[modifier | modifier le code]

Même les personnes les plus favorables aux transmutations biologiques émirent des doutes sur ce phénomène :

Olivier Costa de Beauregard, qui a réfléchi à cette étude au point de proposer l'hypothèse que les neutrinos pourraient en expliquer une partie, pour se situer par rapport à ce sujet, s'exprime comme suit, p 285 à 287[8] :

"Lorsque, voici un peu plus de dix ans, M. C.-L. Kervran me fit parvenir ses livres, ... ma première réaction, le lecteur en sera peu surpris, fut de défiance. Cela me sembla être de la "Science-Fiction" ..."

"L'important est que M. Kervran ... a eu le mérite singulier de dégager la seule explication empiriquement acceptable d'une foule d'énigmes ...". Le mot "explication" concerne ici "une foule d'énigmes" et non le phénomène lui-même.

L'expression "une partie de ses cogitations explicatives ... reste à mes yeux de la Science-Fiction" concerne des prémices d'hypothèses douteuses en 1974 et qui le restent en 2008.

"Il y eut là, longtemps, une grande difficulté sur laquelle je reviendrai, et qui est à l'origine de la fin de non-recevoir opposée à M. Kervran par le front uni des descendants de Lavoisier et de ceux de Rutherford. ... ou bien vous faites de la physique nucléaire ... à 10 ou 100 MeV ... [incompatibles avec la vie] ... Ou bien vous parlez de réactions douces ... convenant aux êtres vivants; alors les énergies mises en jeu sont de l'ordre de l'eV ... ".
Les mots "qui est à l'origine" expriment que la cause du rejet des apports de Kervran serait surtout due à cet argument.
L'opposition est ici sur les niveaux d'énergie observés dans des domaines connus et un domaine encore inconnu. Or sur ce point précis, on voit que les niveaux de 10 eV à 1 MeV n'avaient pas été explorés à l'époque et restaient à explorer.

L'expression "et ma conviction personnelle est aujourd'hui qu'il a raison" montre qu'après une réflexion approfondie, un chercheur qui doutait est devenu favorable.

Page 286, Costa écrit : "M. Kervran, quant à lui, fort d'un impressionnant catalogue d'observations, s'obstinait à affirmer l'existence d'une "troisième voie" [ entre radioactivité à haute énergie et réactions chimiques ] ". L'apport de Kervran est donc constitué d'observations et elles sont nombreuses.

Page 287 : "Je n'objecte pas plus à ses observations ... qu'au résultat "négatif" de l'expérience de Michelson, que je n'ai pourtant jamais observé moi-même. Et j'en tire la conclusion qu'il doit exister une explication satisfaisante aux "transmutations à faible énergie" de Kervran ... je m'attends à la nécessité d'en explorer les implications, dont plusieurs risquent d'être nouvelles et de grande portée."

Au vu des passages ci-dessus, Olivier Costa exprime et détaille clairement que, selon lui, le phénomène est sûr, que les hypothèses sont douteuses et que la théorie reste à découvrir.

Il exprime aussi que le rejet de Kervran proviendrait à la fois des hypothèses douteuses que Kervran a émises, et surtout de l'aspect surprenant de sa découverte dans un domaine d'énergie non exploré à son époque.

Applications des transmutations biologiques[modifier | modifier le code]

En 2011, dans le cadre de la 16e conférence sur la fusion froide, ICCF 16, le Professeur Vladimir I. Vysotskii a donné un cours sur les applications des transmutations biologiques dans le domaine des recherches qu'il a conduites sur des rayonnements et molécules concernant des problèmes biologiques et environnementaux[21] :

  • Étude et modélisation de phénomènes non linéaires dans l'ADN (dépolymérisation, dégradation, réparation), sous l'action combinée de rayonnement durs ou non, et action des radicaux libres dans les milieux effectifs intermoléculaires et intercellulaires.
  • Les problèmes d'homéostasie sous radiation (radiation hormesis), de synergie et d'antagonisme de l'irradiation combinée des systèmes vivants et le problème des faibles doses.
  • Étude sur les propriétés physiques, phénomènes de mémoire et effets biologiques de l'eau régulière et activée.
  • Étude des propriétés biophysiques de l'eau activée dans les applications à la fois biologiques et médicales.
  • Étude sur les anomalies isotopiques dans les systèmes vivants et étude des réactions nucléaires possibles dans les systèmes biologiques et microbiologiques.
  • Écologie des rayonnements et problème de l'utilisation des déchets radioactifs (désactivation).

Historique[modifier | modifier le code]

  • 1799 Vauquelin pensait avoir montré que les poules qui pondent produisent plus de calcaire qu'elles n'en absorbent.
  • 1808 Schwann, théorie de la cellule : A priori l'être vivant est un système matériel qui suit les lois de la mécanique, donc il n'y a pas de possibilité de variation de masse
  • 1875 à 1883 Von Herzeele : la germination de graines ne respecte pas la conservation des éléments simples.
  • 1934-1940 Rudolf Hauschka : La variation de masse en vase clos est fortement corrélée à la phase de la lune au début de la germination.
  • 1952-1954 Rudolf Hauschka compare des graines de différentes origines.
  • 1994 K. Volkamer et al. reproduisent et confirment des mesures de Hauschka

Publications[modifier | modifier le code]

Articles :

  • « Bilans Métaboliques Anormaux et transmutations biologiques », Revue Générale des Sciences, vol. 67,‎ juillet-août 1960, p. 193-206.
  • Aimé Michel, « La vie est une alchimie », Science et Vie, Paris, no 519,‎ décembre 1960
  • « Les intoxications par l'oxyde de carbone dans les ateliers de soudure ou de traitement thermique des métaux », L'usine Nouvelle, Paris,‎ 1961
  • « Matière vivante et transmutation », Planète, no 4,‎ 1962
  • Aimé Michel, « La vie défie les lois de l'atome », Science et Vie, Paris, no 544,‎ janvier 1963
  • « Un effet accélérateur du magnésium sur l'accroissement du phosphore et du calcium chez l'animal », Comptes Rendus de l'académie d'agriculture de France,‎ 13 décembre 1967
  • « Bilans non nuls du calcium, du phosphore et du cuivre chez le homard », Revue de pathologique comparée,‎ 1969
  • « Augmentation du calcium et du phosphore chez l'animal par une surcharge alimentaire en magnésium », Revue de pathologique comparée,‎ 1969
  • « Bilans du calcium, du phosphore et du cuivre chez un animal en milieu fermé enrichi en magnésium », Comptes Rendus de l'académie d'agriculture de France,‎ 25 février 1970, p. 671-678
as part of "Additif au compte Rendu de la séance du 25 février 1970", pp. 670-689.
  • (en) « Increase in phosphorus and copper in the lobster after moulding », The Journal of the Soil Association, vol. 16,‎ 1970, p. 21
  • « Altérations métamorphiques de certaines roches applications à des minéraux alumino-siliceux notamment », Comm. 1er Congr. intern. sur la détérioration des pierres en œuvre,‎ 1972
  • « À propos de l'agriculture biologique », Bulletin intérieur de l'INRA, no 74,‎ 1973
  • « Chimie et Synthèse », Agriculture et Vie, no 101,‎ 1974
  • (nl) « Geen leven zonder kosmische energie », Natura docet, Nederlandse Tijdschrift voor Natuurgeneeskunde 27 (3): 81-85,‎ 1976
  • « Transmutations a faible énergie en biologie (Réponse) », Rivista di Biologia (Perugia), vol. 73,‎ 1980, p. 574-583

Livres :

  • Transmutations Biologiques, Métabolismes Aberrants de l'Azote, le Potassium et le Magnésium, Librairie Maloine S.A., Paris, 1962.
  • Transmutations Naturelles, Non Radioactives, Librairie Maloine S.A., Paris, 1963.
  • Transmutations à Faible Énergie, Librairie Maloine S.A., Paris, 1964.
  • Transmutations Biologiques, métabolismes aberrants de l'azote, le potassium et le magnésium, Librairie Maloine S.A., Paris, 1965 deuxième édition.
  • À la Découverte des Transmutations Biologiques, Librairie Maloine S.A., Paris, 1966.
  • Preuves Relatives à l'Existence de Transmutations Biologiques, Librairie Maloine S.A., Paris, 1968.
  • Transmutations Biologique en Agronomie, Librairie Maloine S.A., Paris, 1970.
  • Preuves en Géologie et Physique de Transmutations à faible Énergie, Librairie Maloine S.A., Paris, 1973.
  • Preuves en Biologie de Transmutations à Faible Énergie, Louis C. Kervran, Librairie Maloine S.A., Paris, 1975, ISBN 2-224-00178-9
  • Transmutations Biologiques et Physique Moderne, Maloine S.A., Paris, 1982.

Télévision et radiodiffusion :

  • Louis Kervran, Télévision Belge en 1960
  • Louis Kervran, Europe 1, 40 min, juin 1961

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le livre qui a servi de base à cet article est disponible en Bibliothèque :

Kervran Corentin Louis, note finale de Olivier Costa de Beauregard, Preuves en Biologie de Transmutations à Faible Energie, Maloine, Paris, 1975, 312 p. (ISBN 2-224-00178-9)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Transmutations biologique, métabolisme aberrants... p.23 L'oxycarbonisme endogène, 1965.
  2. Transmutations à faible énergie, synthèse et développements..., 1964
  3. À la découverte des transmutations biologiques, une explication des phénomènes biologiques aberrants, Paris 1966, le Courrier du livre.
  4. Preuves relatives à l'existence de transmutations biologiques, échecs en biologie à la loi de Lavoisier d'invariance de la matière..., Paris : Maloine, 1968, 238 p.
  5. Les Transmutations biologiques en agronomie, des exemples de travaux pratiques pour laboratoires, conférences faites à l'Institut national agronomique [en janvier 1969].., 1970.
  6. Transmutations à faible énergie, naturelles et biologiques.., 1972.
  7. Preuves en géologie et physique de transmutations à faible énergie..., Paris : Maloine, 1973, 186 p, ISBN 2224000537.
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Preuves en Biologie de Transmutations à Faible Énergie, Louis C. Kervran, Paris 1975, Maloine, ISBN 2-224-00178-9.
  9. Sur le Site d'Ig Nobel.
  10. Citation de Flaubert dans "Bouvard et Pécuchet"
    Texte intégral dans les "Annales de chimie", vol 29, 30 nivôse an VII, 19/01/1799, pages 3 à 26,
    Titre de l’étude "Expériences sur les excréments des poules, comparés à la nourriture qu’elles prennent, et Réflexions sur la formation de la coquille d’œuf, par le cit. Vauquelin"
  11. http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/jsfa.2740140902/abstract
  12. https://www.jstage.jst.go.jp/article/chikusan1924/38/2/38_2_54/_pdf
  13. Science et Vie mai 2004 - L'alchimie -la poule aux oeufs d'or
  14. Hisatoki Komaki et Takiko Fujimoto, 29 microorganismes dont Aspergilus, Penicil, Saccharomyces et Torulopsis modifient K, Mg, Fe, Ca. Converge en 72 heures. Komaki, H., Formation de protéines et variations minérales par des microorganismes en milieu de culture, avec ou sans potassium, avec ou sans phosphore.
    Revue de Pathologie Comparée et de Médecine Expérimentale, mars 1969, num 69 p. 83.
  15. (en)An Approach to the Probable Mechanism of the Non-Radioactive Biological Cold Fusion Or So-Called Kervran Effect (Part 2) Prof Dr. Hisatoki Komaki, The Biological and Agricultural Research Institute. 2-6-18 Sakamoto; Otsu, Shiga-ken, Japan
    http://www.papimi.gr/komaki.htm
  16. a et b (en)Vysotskii V., and al. Successful Experiments On Utilization Of High-Activity Waste In The Process Of Transmutation In Growing Associations Of Microbiological Cultures. in Tenth International Conference on Cold Fusion. 2003. Cambridge, MA, LENR-CANR.org
  17. AFSSA, Composition nutritionnelle des aliments, table Ciqual 2008
    http://www.afssa.fr/TableCIQUAL/index.htm
  18. expérimentation de Kervran présentée à l’Académie d’Agriculture de France, le 13/12/1967, par J. Desoutter du Conseil Supérieur des Haras
  19. a, b et c (en)Experimental Re-Examination of the Law of Conservation of Mass in Chemical Reactions
    Klaus Volkamer and al., Journal of Scientific Exploration, Vol. 8, No 2, pp. 217-250, 1994, 0892-33 10194
    www.scientificexploration.org/journal/jse_08_2_volkamer.pdf
  20. Rudolf Hauschka (1891-1969), docteur en chimie et fondateur de la société WALA
    (de)Hauschka, Substanzlehre, Francfort, 1950
    (de)Rudolf Hauschka : Substancelehre, Frankfurt a. Main 1981
    (en)Hauschka, The Nature of Substance, Edit. Vincent Struat, Londres, 1966
    (en)Hauschka, R. (1983) "The Nature of Substance." 2nd edition, Rudolf Steiner Press, London, U.K.
  21. (en) Prof. Vladimir I. Vysotskii, Kiev National Shevchenko University, Biological Nuclear Transmutations : Historical Perspective and Applications, Course on transmutations, SRM University, Kattankulathur campus, Chennai, Inde, 15 février 2011