Pierre Marie Auguste Broussonet

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Pierre Marie Auguste Broussonet.

Pierre Marie Auguste Broussonet est un naturaliste et médecin français, né le à Montpellier et mort le dans cette même ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

C’est sous l’influence de son père, François Broussonet (1722-1792), médecin et professeur de médecine à Montpellier, et d’Antoine Gouan (1733-1821), naturaliste, que le jeune Pierre découvre et se passionne pour l’histoire naturelle. Il obtient son titre de docteur en médecine à Montpellier en 1779. Il présente la même année son premier mémoire consacré aux poissons.

Il s'installe à Londres en 1780 et rencontre de nombreux scientifiques comme Joseph Banks (1743-1820), qui l’accueille dans cette ville, mais aussi Johann Reinhold Forster (1729-1798), Daniel Solander (1733-1782), Alexander Dalrymple (1737-1808), Anders Sparrman (1748-1820), John Sibthorp (1758-1796) et James Edward Smith (1759-1828).

Grâce à l'intervention de Banks, Broussonet devient membre de la Royal Society dès 1781. Il publie la première partie d'un travail sur les poissons, Ichthyologiae Decas I, basé sur des spécimens récoltés lors des voyages de James Cook (1728-1779), et qui lui ont été communiqués par Banks. Broussonet a pour ambition de décrire tous les poissons connus à son époque, soit 1 200 espèces. Seule cette première partie, dédiée à Banks, voit le jour, dans laquelle il transpose le système de nomenclature et de description de Carl von Linné (1707-1778), système jusque-là restreint à la botanique.

Il revient à Paris en août 1782 et apporte un pied de Ginkgo biloba, le premier importé en France. Il herborise plusieurs mois dans le Midi de la France avec Sibthorp et en Catalogne avec l’abbé Pierre André Pourret (1754-1818).

Il s’installe à Paris où il se lie d’amitié avec René Desfontaines (1750-1831) et Charles Louis L'Héritier de Brutelle (1746-1800). Louis Jean-Marie Daubenton (1716-1800), pourtant opposé au système de Linné, le fait nommer son suppléant à la chaire du Collège de France, et fait appel à lui, en 1784, pour devenir son adjoint à l'École vétérinaire d'Alfort. Grâce à Daubenton, Broussonet est admis en 1785 à l’Académie des sciences, à laquelle il propose de nombreux mémoires. Il décide alors de se consacrer à l'agriculture.

Aux côtés d’André Thouin (1746-1824), Louis-Augustin Bosc d’Antic (1759-1828), Aubin-Louis Millin de Grandmaison (1759-1818) et Pierre Willemet (1762-1824), il participe, en 1787, à la fondation de la première société linnéenne du monde, la Société linnéenne de Paris. Ils sont bientôt rejoints par d’autres naturalistes. Cette société est dissoute dès 1789. Broussonet devient par ailleurs le secrétaire perpétuel de la Société d'agriculture de Paris dès 1785 (à 24 ans), nommé à cette fonction par l'intendant de Paris Berthier de Sauvigny (1737-1789) ; il s'illustre dans cette fonction avec le soin de publications trimestrielles et de distributions publiques de prix. Broussonet a lu à la Société d'agriculture de Paris un éloge historique de Buffon, mort en 1788.

Il est élu, en 1789, à l'Assemblée nationale, et nommé au corps électoral de Paris. Membre de l'Assemblée législative, il entre dans le parti des Girondins et est proscrit avec eux ; il doit quitter Paris en 1793, pour Montpellier, pour la Gironde, et, après un dangereux voyage, il gagne Madrid. Tous ses biens sont alors saisis car il est alors considéré comme un émigré. Mais la communauté des réfugiés français l'accueille assez mal et il doit partir à nouveau et, après être passé par Lisbonne, se rend au Maroc où il devient médecin à l'ambassade des États-Unis.

Il obtient, sous le Directoire, l'autorisation de revenir en France et refuse un siège au nouvel Institut de France car il préfère rester près des siens, à Montpellier. Mais, encore inscrit sur la liste des émigrés, il ne peut exercer la médecine et sa situation est difficile. Il obtient enfin d’être rayé de cette liste en 1797 et alors nommé à un poste consulaire à Mogador (aujourd'hui Essaouira), au Maroc. Il fuit la ville ravagée par une épidémie de peste en 1799 : les deux tiers des habitants succombent. Charles Louis L'Héritier de Brutelle (1746-1800) lui dédie, en 1799, le genre Broussonetia de la famille des Moraceae.

Il est envoyé à Ténériffe et y demeure jusqu’en 1803. Il exerce en tant que commissaire des relations commerciales du gouvernement français. En novembre 1800, il est d'ailleurs visité par l'expédition Baudin, en particulier par André Michaux, qui dort chez lui dans la nuit du 2 au 3[1].

Il finit par obtenir une chaire de botanique à Montpellier en 1803. Outre l’enseignement de la botanique, il a en charge le Jardin botanique de la ville. Il est nommé membre du corps législatif en 1805, et il fait paraître le catalogue du jardin sous le titre d’Elenchus plantarum horti botanici monspeliensis. Il est à l'origine d'un véritable renouveau du Jardin des plantes de Montpellier où il fait construire une orangerie.

Pierre Marie Auguste Broussonet est aussi passé à la postérité grâce à son aphasie. En 1808, dans son éloge historique, Georges Cuvier établissait un lien probable entre lésion gauche et altération du langage. Un autre éloge historique rédigé par Augustin Pyramus de Candolle, successeur de Broussonet au Jardin des Plantes de Montpellier, comportait de nombreux éléments cliniques concernant cette aphasie. Plusieurs figures importantes de la doctrine française de l’aphasie se sont intéressées aussi au cas Broussonet, en particulier Marc Dax et Jacques Lordat.

Une rue de Montpellier porte son nom.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Ichthyologia sistens piscium descriptiones et icones, Londini : P. Elmsly ; Parisiis : P. F. Didot ; Viennae : R. Graeffer, 1782. Texte en ligne
  • Instruction [ou Mémoire] sur la culture des turneps ou gros navets, sur la manière de les conserver et sur les moyens de les rendre propres à la nourriture des bestiaux, Paris : Impr. royale, 1785, in-8°, 23 p.
  • « Essai de comparaison entre les mouvements des animaux et ceux des plantes, et description d’une espèce de sainfoin, dont les feuilles sont dans un mouvement continuel », Mémoires de l’Académie des sciences (Paris : Impr. royale), 1785, in-4°, p. 609-621
  • Année rurale, ou Calendrier à l'usage des cultivateurs, Paris, 1787-1788, 2 vol. in-12
  • Memoir on the regeneration of certain parts of the bodies of fishes, London : Printed for the proprietors and sold by C. Forster, 1789. Texte en ligne
  • Réflexions sur les avantages qui résulteroient de la réunion de la Société royale d’Agriculture, de l’École vétérinaire, et de trois chaires du Collège royal, au Jardin du roi, Paris : Impr. du Journal gratuit, 1790, in-8°, 42 p. (il y adopte le plan de Philippe-Etienne Lafosse pour l’École vétérinaire)
  • Elenchus plantarum horti botanici Monspeliensis, Monspelii : Augusti Ricard, 1805. Texte en ligne

Traductions en français[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Georges Cuvier, « Éloge historique de Broussonet », Recueil des éloges historiques des membres de l'Académie royale des sciences lus dans les séances de l'Institut royal de France par M. Cuvier, Strasbourg, Paris : F. G. Levrault, 1819, Texte en ligne
  • Article « Broussonet », Dictionnaire des sciences médicales. Biographie médicale, Paris : Panckoucke, 1820, Tome 2 Texte en ligne
  • Article « Broussonet », in François Xavier de Feller, Dictionnaire historique ou Histoire abrégée des hommes qui se sont fait un nom par le génie, les talens, les vertus, les erreurs, depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours, Paris : Méquignon fils aîné, 1818-1820, tome 9 Texte en ligne
  • Marie-Louise Bauchot, Jacques Daget & Roland Bauchot, « Ichthyology in France at the Beginning of the 19th Century : The 'Histoire Naturelle des Poissons' of Cuvier (1769-1832) and Valenciennes (1794-1865) », in Collection building in ichthyology and herpetology (PIETSCH T.W.ANDERSON W.D., dir. ; American Society of Ichthyologists and Herpetologists : 27-80), 1997 (ISBN 0-935858-91-7)
  • Olivier Héral, « Pierre Marie Auguste Broussonet (1761-1807), naturaliste et médecin : un cas clinique important dans l’émergence de la doctrine française des aphasies », Revue Neurologique, 2009, 165, n° HS1, p. 45-52
  • Florian Reynaud, Les bêtes à cornes dans la littérature agronomique de 1700 à 1850, Caen, thèse de doctorat en histoire, biographies ('Broussonet')

Liens externes[modifier | modifier le code]

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