François-Xavier de Feller

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François-Xavier de Feller, né le 18 août 1735 à Bruxelles et mort en 1802 à Ratisbonne (Allemagne), était un prêtre jésuite "belge", polémiste et écrivain spirituel de renom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

De famille luxembourgeoise (son père est un haut fonctionnaire de la ville d’Arlon) Feller fait ses humanités au collège jésuite de Luxembourg, et deux années de philosophie à Reims avant d’entrer au noviciat de la Compagnie de Jésus à Tournai (28 septembre 1754)

Feller enseigne la rhétorique aux collèges de Luxembourg (1757-1769) et Liège (1760-1762) et ensuite étudie la théologie à Luxembourg, où il est ordonné prêtre le 23 septembre 1764. Cette même année les jésuites sont expulsés de France : beaucoup arrivent en Belgique. Aussi pour éviter la présence d’un trop grand nombre jésuites certains belges sont envoyés à l’étranger. C’est le cas de Feller qui termine ses études de théologie à Trnava en Autriche-Hongrie et fait son Troisième An à Neusohl (1766-1767).

En Europe de l’Est[modifier | modifier le code]

Feller voyage beaucoup dans les pays de l’Est européen, Hongrie, Pologne, Roumanie, Bohème avant de rentrer en Belgique par l’Italie en 1769. Ces voyages lui font comprendre l’influence destructrice des idées des philosophes et encyclopédistes français, conduisant à l’indifférentisme et à l’incroyance. Cela orientera ses écrits futurs.

De retour dans les Pays-Bas méridionaux il enseigne à Nivelles et est prédicateur à Liège, ou il rencontre un certain succès (1772-1773). Il est à Liège lorsqu’il apprend que la Compagnie de Jésus a été supprimée par le pape Clément XIV (21 juillet 1773).

Prêtre diocésain[modifier | modifier le code]

Installé à Liège - et privé d’enseignement - Feller se met à écrire. De 1774 à 1794 il dirige un Journal historique et littéraire (qui atteindra 60 volumes). Il compile un Dictionnaire historique, publié pour la première fois en 1781, 6 volumes in-8, souvent réimprimé depuis, avec des augmentations, en grande partie copié du dictionnaire de Louis-Mayeul Chaudon et où apparaît nettement son hostilité aux Jansénistes et aux philosophes.

Esprit universel (et, en ce sens, lui-même ‘encyclopédiste’), Feller a une activité littéraire considérable comme polémiste. Il défend énergiquement les libertés de son pays (entre autres lors de la révolution brabançonne) et de l’Église. Il s’oppose aux encyclopédistes français et aux réformes religieuses de Joseph II. Demandes faites à l’empereur, protestations et réclamations abondent[1]... Recherché activement par la police autrichienne il devait souvent changer de résidence.

À partir de 1790 il est conseiller de l’archevêque de Malines, le Cardinal de Frankenberg. Quand les troupes françaises envahissent la Belgique (1794) il s’exile en Allemagne, d’abord à Paderborn où l’évêque lui confie la direction du collège diocésain, et ensuite à Ratisbonne (1797), où il est invité par le prince-évêque. Il y reste jusqu'à la fin de sa vie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Observations philosophiques sur les systèmes de Newton, le mouvement de la terre et la pluralité des mondes etc. précédées d'une dissertation théologique sur les tremblements de la terre, les orages etc. […] Liège, 1771 , 180 p., 12°

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • On trouvera aux pages 127 et sqq. de ses Mélanges de politique, de morale et de littérature, Volume 1, publiés en 1822 chez Vanlinthout et Vandenzande à Louvain, le récit qu'il fait de la mort de Voltaire et on le comparera avec ce qu'en dit René Pomeau, de l'Institut, considéré comme le meilleur spécialiste de Voltaire, dans Voltaire en son temps, tome II, pp. 631-636, ouvrage publié chez Arthème Fayard.
  • Biographie de Feller

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Bibliothèque Royale de Bruxelles possède 1200 lettres autographes du Père François-Xavier Feller