Éon (ontologie)

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Le terme éon, ou eôn, signifie d'abord « vie », ou « être », et a progressivement évolué vers celui de « éternité ». Il vient du grec ancien αἰών, aiwon (apparenté au latin aevus qui nous donne âge), à travers la koinè grecque αἰών, aion, puis le latin aeon chez les auteurs chrétiens de l'antiquité tardive.

Platon l'emploie pour signifier le monde éternel des idées, qui se tient derrière le monde perceptible, comme il est exposé dans l’allégorie de la caverne.

Les gnostiques entendent par éons les diverses émanations de Dieu, rencontrées au cours de leur périple initiatique, jusqu'au plérôme. Ces émanations divines fonctionnent comme une double unité, c'est-à-dire comme des principes mâles-femelles[1] comme il peut en être de Jésus et de Sophia (« sagesse »). La Sophia chutée devient par cette union la « Sophia-divine ».

Chez Gilles Deleuze, le concept d’aïon s’oppose à celui de chronos, qui est le temps de la succession matérielle et de l'action des corps, tandis que l'eôn est le temps de l'extra-temporalité non identifiable et non repérable. Cette extra-temporalité, n'étant pas une éternité transcendentale[2]. Aïon est le temps de l'instant pur, de l'événement chez Deleuze, qui ne cesse de se diviser en passé et futur illimités. Deleuze le compare aussi à l'internel de Charles Péguy. Deleuze écrit que « toute la ligne de l'aïon est parcourue par l'instant, qui ne cesse de se déplacer sur elle et manque toujours à sa propre place[3]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Madeleine Scopelleo, in les gnostiques, glossaire
  2. Logique du sens, Gilles Deleuze, Les éditions de minuit, 1969, p. 76.
  3. Logique du sens, p. 227.

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