Philippe Ier de Bourgogne

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PhilippeRouvre.jpg

Philippe Ier de Bourgogne, dit Philippe de Rouvres, ou encore Philippe de Rouvre[1], né posthume en 1346 à Rouvres-en-Plaine (d'où son surnom), succède en 1349 à son grand-père le duc de Bourgogne Eudes IV. Il meurt de la peste le 21 novembre 1361.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Philippe de Bourgogne, dit Philippe Monsieur, (1323-1346) et de Jeanne Ire (1326-1360), comtesse d'Auvergne et de Boulogne. Il est le 3ème enfant né posthume de Philippe de Bourgogne décédé à la bataille d'Aiguillon. Le sort de la lignée capétienne du duché de Bourgogne est fragile, elle repose sur la descendance de Philippe de Rouvre dont les deux sœurs ne peuvent recueillir l'héritage ducal.

Régence[modifier | modifier le code]

Jeanne d'Auvergne, duchesse de Bourgogne, obtient de Jean II le bail de régence du duché Bourgogne de 1349 (Philippe n'avait que 3 ans) jusqu'au , date à laquelle Jean le Bon notifiait aux justiciers et comptables des deux Bourgognes sa prise de possession du gouvernement et du bail du jeune duc Philippe de Rouvres[2].

Mariage[modifier | modifier le code]

Marié en 1357[3] à Marguerite III de Flandre (1350-1405), fille et héritière de Louis II de Male, comte de Flandre, il mourut prématurément de la peste le 21 novembre 1361, à l'âge de quinze ans, sans avoir eu le temps de s'assurer une descendance[4]. Avec lui s'éteint "par les mâles" la première branche capétienne des ducs de Bourgogne.

Succession[modifier | modifier le code]

Le duché est alors repris par le roi Jean II le Bon (1319-1364), se prétendant héritier le plus proche du jeune duc en nombre de degrés civils en tant que fils de Jeanne de Bourgogne (v. 1293-1348), deuxième fille de Robert II (1248-1306), duc de Bourgogne (1272-1306).

Le roi de France profite en outre de ce qu'il a été remarié avec Jeanne Ire d'Auvergne, mère du jeune duc, pendant une dizaine d'années pour asseoir ses prétentions à un héritage éventuel.

En réalité, si les lois de primogéniture (et non la proximité de parenté) avaient été respectées, c'est à Charles II le Mauvais (1332-1387), comte d'Évreux (1343-1387) et roi de Navarre (1349-1387), qu'aurait normalement dû échoir le duché. Il était en effet le petit-fils de Marguerite de Bourgogne (1290-1315), fille ainée du duc Robert II. Mais il est vrai que la légitimité de la descendance de Marguerite de Bourgogne était contestée compte tenu de l'inconduite de celle-ci.

Les autres titres détenus par Philippe de Rouvres suivirent des règles de transmission classiques : les comtés de Bourgogne et d'Artois échurent à sa grand-tante Marguerite de France (1310-1382), comtesse de Bourgogne et d'Artois (Marguerite II) (1361-1382) tandis que les comtés d'Auvergne et de Boulogne passaient à Jean Ier (mort en 1386), comte d'Auvergne et de Boulogne (1361-1383).

Liste des titres[modifier | modifier le code]

Précédé par Philippe de Rouvres Suivi par
Eudes IV
Blason Ducs Bourgogne (ancien).svg Duc de Bourgogne Transparent.gif
1349-1361
Philippe II le Hardi
Jeanne III
Blason comte fr Nevers.svg Comte de Bourgogne et d'Artois Transparent.gif
1347-1361
Marguerite Ire
Jeanne Ire
Comte d'Auvergne et de Boulogne
1360-1361
Jean Ier

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'ancienne graphie "Rouvre" a longtemps primé dans l'historiographie.
  2. E. Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne, t. IX, p. 32.
  3. à Marguerite de Flandre, il est mineur. Il a alors dix ans et sa jeune épouse n'est âgée que de sept ans. La cérémonie, célébrée par l'évêque de Tournai a lieu à Saint-Vaast le 14 mai 1357. En 1361, approchant sa douzième année, la présence de Marguerite est souhaitée à la cour de Bourgogne. Une escorte ducale avec le duc Philippe, se rend en mars 1361 en Artois. La cour ducale, avec la duchesse Marguerite, s'achemine en juillet vers la Bourgogne. Elle traverse des territoires où l'épidémie qui sévissait avait pris des proportions importantes et faisait des ravages. Fin octobre Philippe et Marguerite se trouvent à Rouvres où se tient une affluence de députés convoqués aux réunions des Trois-États, ce qui détermina une recrudescence de l'épidémie dans cette localité.

    Allégeance[modifier | modifier le code]

    Philippe de Rouvres est considéré comme duc de Bourgogne, bien qu'il n'ait jamais présenté son serment de vassalité à son suzerain, le roi de France Jean II, d'une part en raison de sa minorité, d'autre part en raison de la captivité de Jean II retenu en Angleterre jusqu'en 1360 et enfin parce qu'il avait été émancipé par Charles IV du Saint-Empire. Cette émancipation avait permis à Philippe de Rouvre d'épouser Marguerite de Flandre en se dispensant de recueillir le consentement impératif du roi de France.

    Ses Conseillers[modifier | modifier le code]

    Décès[modifier | modifier le code]

    Le 11 novembre, le duc était en maladie et dictait ses dernières volontés. E. Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne, t. IX, p. 249.

  4. L'abbé Courtépée (source "discutable") prétend, mais il est le seul, que Philippe de Rouvres serait tombé d'une fenêtre du château (sic).