Caftan

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Mohammed shah d’ Iran (1808-1848), originaire d’Azerbaïdjan
Alim Khan en caftan ouzbèque, dernier Emir de Boukhara en Ouzbékistan (Asie mineure). Photo de 1911 en couleurs par Prokoudine-Gorski
Caftan arménien (1779)
Méhémet Ali: vice-roi d'Égypte en caftan ottoman(1840)

D'autres graphies existent. Cafetan est également correcte[1]. Plus anciennement on trouve aussi Kaftan, khaftan ou même qaftan[1][2]. Le mot français est une translitération d'un nom turc lui-même emprunté au persan.

Le terme caftan recouvre une grande variété de tuniques longues existant ou ayant existé à travers le monde et à différentes époques :

etc.....

Ces tuniques auraient été portées initialement par les hommes puis adoptées par les femmes.Ils ne sont donc pas des vêtements uniquement portés lors des cérémonies de mariage.

Les caftans sont définis par leurs points communs suivants :

  • ce sont des tuniques longues (souvent amples) droites ou légèrement croisées selon les cultures
  • à manches longues ( il a existé des versions à manches mi longues)
  • sans col
  • ni capuche
  • et ouverts en leur milieu, sur toute leur longueur (avec ou sans boutons), les distinguant des vêtements de types ROBES.

Dans le contexte slave ou russe, il s'agit plutôt d'un vêtement fourré.Dans la région de Tlemcen en Algérie, le terme caftan désigne une pièce qui compose l'habit traditionnel porté exclusivement lors des mariages. (détails: lire ci-dessous)

Chaque nation ou peuple ayant intégré le caftan dans son patrimoine vestimentaire a donné à cette tunique sa touche civilisationnelle ou ethnologique propre ( coupe, tissus, couleurs, broderie, ornementations, motifs etc..); C'est pourquoi on dit qu'il a existé au cours des siècles des caftans perses, moghols, vénitiens, ottomans, slaves, andalous etc... et qu'aujourd'hui il existe des caftans marocains (d'origine andalouse).Les tenues papales seraient dérivées du caftan.

L'origine persane des caftans actuellement admise soulève toutefois quelques questions :

  • Par qui et comment ont-ils été créés ?
  • Ont-ils pour origine les vestes des soldats d'Alexandre le Grand en expédition en Perse ?
  • Ont-ils été extrapolés à partir de tuniques croisées chinoises( la Chine, pays d'origine de la soie) ou d'Asie plus globalement ? ( voir liens internes et externes)

etc...

En outre, le fait que les caftans aient été portés par différents ethnies de l'ancien empire perse et par des parthes ( avant les omeyyades et les arabo-andalous, les ottomans et enfin des européens) ne signifie pas obligatoirement une origine persane de la tunique initiale ; en effet, l'empire perse (comme tous les vastes empires aux frontières flottantes) a abrité de nombreuses cultures ethniques différentes et a reçu diverses influences extérieures ( grecque, romaine, phénicienne, asiatiques, kurde, assyrienne, babylonienne etc...).

En revanche, il est certain que l'expansion géographique de l'Islam a contribué à sa propagation et donc à ses transformations progressives au cours des siècles en fonction des pays et cultures. L'actuel monde arabo-musulman a toujours été traversé par des caravanes commerciales amenant avec elles des produits variés ; de plus, le pèlerinage des musulmans à la Mecque( qui était déjà avant l'Islam une ville d'échanges commerciaux et de pèlerinages ) va intensifier les rencontres et les échanges entre des peuples différents venant de régions lointaines d'Asie, d'Orient, d'Afrique ou d'Europe.

L'islamisation n'implique pas que tous les peuples convertis vont d'office adopter le caftan dont la richesse des compositions différaient selon les positions hiérarchiques et sociales ; des populations ( comme par exemple certaines ethnies berbères) vont conserver leurs habits traditionnels.

Le caftan est, jusqu'à présent, l'habille traditionnel de la région de Tlemcen en Algérie.

Au fur et à mesure des siècles, les anciennes nations émettrices de caftans les ont délaissé au profit d'autres tenues à la mode (qui souvent sont celles de la puissance culturelle dominante); ainsi les caftans hérités des andalous installés au Maroc ne finissent par perdurer que dans ce pays où des artisans (de Meknès, Fez, Tétouan et Rabat) ont gardé le savoir faire andalou nécessaire à leur fabrication. Les premiers écrits marocains mentionnant le caftan dateraient du XVIe siècle(voir liens externes).

De nos jours, dans le monde international de la mode, le terme caftan est donc utilisé pour qualifier le long vêtement d'apparat traditionnellement porté par les femmes marocaines et revisité par des stylistes originaires de ce pays, permettant à cette tunique de revivre aujourd'hui sous de nouvelles formes modernes inédites.

Sommaire

[modifier] Caftan du Maroc : entre tradition et modernité

[modifier] Historique

photo d'un ancien modèle de caftan marocain .Photo de Luc Viatour. Marrakech Bahia
Dessin d'une Kesoua el kbira héritage marocain de l'Andalousie mauresque(1901-1906)

Les caftans du Maroc sont originaires de l'Andalousie mauresque (Al Andalus) où les élites arabo-musulmanes de l'Empire Omeyyade ( dont Zyriab, le père de la musique arabo-andalouse) ont apporté à partir du IXe siècle des caftans empruntés aux Perses. Entre le IXe et le XVe siècle, les émirats arabo-andalous (composés de peuples d'origines variées) ont progressivement donné aux caftans leurs touches civilisationnelles. Rappelons que l'Andalousie mauresque comme l'Empire des Idrissides de Fez (tribu Omeyyade du Maroc) se sont construits en opposition et en concurrence à l'Empire Omeyyade de Damas. Cette divergence va se traduire entre autres sur les tenues vestimentaires.

Le port de cette tunique au Maroc au XIe siècle est confirmé par les prêches de Ibn Tumart(fondateur du mouvement musulman fondamentaliste Almohade) qui stigmatisait cette pratique vestimentaire. Les Almohades percevaient très probablement le vêtement comme un signe d'appartenance à la communauté de l'Islam (Ouma islamiya) ; ainsi, le port d'un vêtement distinctif fut imposé aux Juifs par le calife almohade El Mansour.Ceci n'a rien d'étonnant puisque ce phénomène d'appartenance à la " Ouma " par le vêtement existe encore de nos jours.

L'arrivée massive des andalous au Maroc, qui va renforcer la présence et le port caftan au Maroc, se fera essentiellement en 2 temps : en 1492 (expulsion de tous les non-chrétiens toutes origines confondues) et en 1609 ( expulsion des moriscos: musulmans et juifs restés en Espagne après leur conversion au catholicisme en 1492). Les andalous de 1492 arrivés en nombre au Maroc portaient des tenues arabo-andalouses alors que les moriscos étaient habillés de façon castillane.

A cela, il faut préciser qu'avant 1492, des arabo-andalous ont commencé à se replier vers le Maroc et le Maghreb au fur et à mesure de l'avancée progressive de la Reconquista ; de plus, avant 1492, la proximité géographique du Maroc avec l'Espagne mauresque a naturellement induit des échanges constants et divers qui atteignirent leurs paroxysmes en 1492 en 1609 ; par ailleurs, les ports de Tanger, Rabat, Salé et Ceuta comme les pèlerinages à la Mecque et les mouvements des populations ou des caravanes ont longtemps été des portes d'entrée de produits variés. Le Maroc possède une position géographique qui l'a toujours placé, jusqu'à nos nos jours, comme une zone naturelle d'échanges entre l'Afrique, l'Europe et le monde arabo-musulman.

Le vêtement étant un élément culturel et identitaire, il va de soi que la Reconquista a mis fin aux ports des tenues arabo-andalouses en Espagne et au Portugal.

Au cours des siècles et au contact des diverses populations et cultures du Maroc ainsi qu'en l'absence de longue influence vestimentaire ottomane ( visible dans le reste du monde Arabe) et européenne, ce caftan andalou s'est ancré et a pris des spécificités relatives au pays (voir liens externes). Même si les ottomans n'ont pas occupés l'actuel Maroc ( par l'opposition de la dynastie des Saadiens et de la dynastie Alaouite ), des échanges (directs ou indirects, guerriers ou diplomatiques, profanes ou religieux) ont eu lieu entre ces deux cultures.Toutefois, une ville comme Oujda (ville frontalière avec l'actuelle Algérie) a connu une présence ottomane qui explique entre autres la similitude des tenues avec celles des femmes algériennes (en particulier le Karakou).

Le façonnage particulier du caftan, sa broderie, ses ornementations ( zouaks ) et ses ceintures le rendent spécifique du Maroc ; Les plus anciens caftans marocains encore visibles dans divers musées datent du début du XVIIIe siècle (voir liens externes). Différents sites répertoriant des photos authentifiées du Maroc (fin XIXe - début XXe siècle ) nous permettent de visualiser des femmes en caftans marocains ou en tenues traditionnelles : citons des sites internet :

  • de la diaspora judéo-marocaine tel que darna ou dafina ; au Maroc, compte tenu qu'il était traditionnellement plus facile de photographier et de dessiner des judéo-marocaines (que des marocaines de confession musulmane), une partie des anciens clichés et dessins ( ou tableaux) sur les caftans ( et autres éléments du patrimoine culturel ou artisanal marocain) nous proviennent de la communauté judéo-marocaine.

Les pièces d'archives montrent également qu'il existait au Maroc différents types caftans avec des caractéristiques propres au Maroc ; de plus, la tenue de mariage de Fès (dite Lebssa Fassia), celle des judéo-marocaines (dites El Kesoua el Kbira )ainsi que la foutah (pièce d'étoffe servant de jupe)et le chapeau des marocaines du Nord d'origines andalouses ne se voient que dans ce pays. Toutes ces tenues ainsi que d'autres éléments culturels ( musique, architecture....)et historiques révèlent que le Royaume du Maroc est l'héritier fondamental de l'Andalousie mauresque. En effet, selon l'historien Bernard LUGAN, spécialiste de l'Afrique, sur les 8 siècles de présence musulmane en Andalousie 7 ont été étroitement liés au Maroc.

Avant l'avènement de la photo, il est aussi possible de se faire une idée sur les vêtements traditionnels du Maroc en recoupant plusieurs tableaux et dessins (en nombre statistiquement représentatif afin d'éliminer les ajouts subjectifs, personnels ou romantiques de l'artiste) produits par différents peintres ou chroniqueurs de passage dans l'Empire chérifien (ancien nom du Maroc jusqu'en 1956). On ne peut, en effet, à partir d'un seul et unique ancien dessin généraliser un vêtement à tout un pays et encore moins le considérer comme traditionnel.

Dans les années 1980, reprenant des caftans hérités de l'Andalousie mauresque, des stylistes du Maroc sont pionniers dans la création moderne de nouveaux caftans uniques au monde . Vu la poussée, dans le choix vestimentaire des marocaines, des vêtements modernes occidentaux ou des tenues rigoristes " musulmanes " (venues de pays fondamentalistes du Moyen Orient), le caftan traditionnel maroco-andalou devenu vieillot a survécu grâce à ce travail de modernisation.

Ces stylistes marocains ont commencé à transformer ce vêtement traditionnel pour en faire un produit conforme aux exigences de la haute couture internationale et un produit de luxe à l'usage des femmes du Monde entier. Le déclic des créateurs marocains s'est renforcé avec la délocalisation au Maroc de nombreuses entreprises de confection et de haute couture européennes ainsi qu'avec l'installation ou le passage de stylistes internationaux dans le pays. Après le caftan, les stylistes moderniseront toutes les autres tenues traditionnelles du Maroc. Yves Saint Laurent sera le tout premier couturier occidental à mettre dans ses collections des années 1960 des tenues marocaines rehaussées de sa griffe (voir liens externes).

[modifier] Descriptions et créations marocaines

Le caftan (que les marocains nomment aussi takchita pour la version légère et moderne ) est un des divers composants du patrimoine vestimentaire marocain (comme la Jellaba, le Jabador, le tchamir, le taj fassi, les " chedda " des femmes du Nord....). Il était porté par les femmes citadines et les femmes du milieu rural, qu'elles soient de confessions juive ou musulmane.

Le caftan marocain est considéré comme traditionnel du pays car il réunit les points suivants :

  • il est issu du lien historique entre ce pays et l'Espagne arabo-andalouse
  • ses caractéristiques sont spécifiques du pays
  • des caftans ordinaires et d'apparat furent portés de façon continue sur des siècles un peu partout dans le royaume et non uniquement lors des cérémonies de mariage.
  • il fut porté de façon quotidienne (et non uniquement lors des cérémonies de mariage) principalement par des femmes (citadines ou rurales et aisées), juives et musulmanes.

Les caftans légers sont des vêtements d'intérieur alors que les caftans épais sont des vêtements d'extérieur comme le Haik (vêtement du Maghreb)ou la Jellaba ( sorte de manteau traditionnel marocain masculin long avec capuche que les marocaines reprendront pour des raisons pratiques et féminiseront). C'est en milieu citadin et/ou dans les familles aisées qu'on trouve les caftans d'apparat les plus aboutis.

Les tenues traditionnelles des judéo-marocaines diffèrent entre elles et de celles de leurs compatriotes musulmanes sur quelques points de détails selon les régions ( motifs ou inscriptions sur les bijoux ou coiffe ); Les judéo-marocaines possèdent deux types de tenues longues nommées El Kesoua ( ou Keswa ou Kswa) El Kbira : une version jupe longue et veste courte et une version caftan ; ces deux versions ont une ceinture et auraient été initialement portées par les musulmanes et les juives chassées d'Andalousie et installées au Maroc. Les Kesoua el Kbira ( également revisitées par des stylistes marocains) ne sont aujourd'hui portées que par les judéo-marocaines lors de la cérémonie du Henné (voir liens externes).

Depuis quelques années certains stylistes visionnaires commencent à créer des caftans marocains de forme manteau ou 3/4 pour hommes, comme entre autres le styliste Si Mohamed Lakhdar . Ces caftans pour hommes sont visibles sur différents sites généralistes complets et didactiques (tel que par exemple MarocFashion ou Femmes du Maroc) ou sur des sites de stylistes.

Ces caftans de haute couture sont actuellement exportés vers tous les pays du monde du fait de la créativité et de perspicacité des stylistes essentiellement d'origine marocaine ou franco-marocaine (tel que Albert Oiknine, Fadilah Berrada, Hassan Tamer, Karim Tassi, Mohammed Elamine Mrani, Najia Abadi, Salima Abdelwahad, Zahra Yaakoubi etc..). Son succès international s'explique aussi par l'ouverture des créateurs à différentes influences : grecque, romaine, espagnol, française, écossaise, asiatique, indienne etc....dans le choix de certains motifs ou couleurs et dans le choix de tissus modernes actuels. Aujourd'hui de nombreuses personnalités internationales des Arts et Spectacles portent des caftans marocains( Adriana Karembeu, Susan Sarandon, Catherine Deneuve, Sharon Stone, Victoria Avril, Noemie Campbell, Emmanuelle Béart, Sigourney Weaver, José Garcia, Léonardo Di Caprio etc ...)

Les défilés des créations faites sur un thème ( bien qu'elles soient parfois éloignées du caftan traditionnel) jouent un rôle important dans la recherche de nouvelles inspirations ; ainsi le styliste peut sortir du schéma routinier conventionnel et donner cours à son imagination et, de là explorer de nouvelles pistes créatrices. Les stylistes pourront ensuite adapter ces pistes novatrices aux caftans classiques qu'ils commercialisent tout le reste de l'année.

Au Maroc il existe différentes sortes de ceintures :

  • le Hazem traditionnel (pièce d'étoffe longue et large pouvant monter de la taille au sternum)
  • la mdamma en tissu épais et en argent
  • la mdamma pièce de bijouterie
  • la mdamma rigide en corset( version marocaine haute couture du Hazem traditionnel ou de la mdamma)

Au Maroc le Hazem et la mdamma d'apparat se mettaient traditionnellement au dessus du caftan pour être visibles alors que son équivalent ( appelé foutah) dans les pays de l'ancien empire ottoman se plaçait traditionnellement à la taille en dessous du caftan sur une soutane ou à la base d'un pantalon( zéroual).

Dan le nord du Maroc et en Kabylie, le terme foutah désigne aussi une pièce d'étoffe dépliée et serrée à la taille servant de jupe ou de tablier.La foutah des marocaines du Nord ont un imprimé andalou et la foutah kabyle a un imprimé berbère, qui varie selon les tribus ou régions de Kabylie.

En plus de leur aspect esthétique dans les tenues d'apparat, les ceintures larges marocaines avaient différentes fonctions : le maintien du dos, le maintien du ventre des femmes enceintes, le transport et le maintien du bébé dans le dos libérant les mains pour les taches quotidiennes.

Dans le royaume, de nos jours encore, l'argent est le métal le plus utilisé en bijouterie avec les pierres semi-précieuses et le plus porté par la population ( en particulier rurale); L'or et les pierres précieuses ont été pendant très longtemps l'apanage d'une minorité ( en particulier citadine). Du fait de son coût, l'utilisation la plus fréquente de l'or et des pierres précieuses a longtemps limitée à la fabrication de petites pièces de bijouterie ( bagues, boucles d'oreilles, bracelets, petites broches....). Le cuivre et divers alliages servent essentiellement à la fabrication d'objets usuels ou décoratifs.

La MDAMMA en métal précieux, à la fois ceinture et bijou de tradition marocaine, est faite soit en argent, soit plaqué or soit en or ciselé et incrustée de pierres précieuses ou semi précieuses. Les marocaines continuent à acheter cette MDAMMA ( dont la façonnage ne cesse d'évoluer sous l'impulsion de la haute couture) pour faire face aux coups du sort ( investissement) et aussi pour montrer leur qualité de bonne gestionnaire ou leur réussite sociale au moment des cérémonies de mariage ou d'événements importants . Comme le hazem, elle gagnera récemment certaines tenues traditionnelles maghrébines ou arabo-musulmanes, à la satisfaction des artisans bijoutiers du Maroc qui voit là une reconnaissance de leur savoir faire ancestral. Les créations récentes effectuées par ces artisans bijoutiers sur la mdamma marocaine des Chedda ( ou shedda ou lebssa Chamalia: robes de marées des femmes de Tanger, Tétouan, Chefchaouen et Oujda et tenue des musiciennes andalouses de Tétouan et Chefchaouen) témoignent de ce savoir faire.

La MDAMMA de bijouterie est la ceinture emblématique des marocaines (en particulier des grandes villes) pour lesquelles il est inconcevable d'aller à une fête ou à une cérémonie sans ce précieux symbole du "capitalisme" marocain.Pendant des décennies, dans les mariages ou les rencontres inter-maghrébines, les femmes marocaines étaient reconnaissables à leur mdamma en or ou en argent. Cette ceinture passe d'Oujda ( ville minière où de nombreux tlemceniens et oranais viendront pour faire fortune) vers le villes voisines d'Algérie où elle gagne en premier lieu les tenues de Tlemcen et d'Oran ; de plus, des marocains de l'Ouest marocain s'étaient installés dans l'Est algérien vers le milieu du XXe siècle[réf. nécessaire] ; ces ceintures ont en effet, le style bijouterie pratiqué au Maroc à partir du milieu du XXe siècle (voir sites de galeristes ou d'antiquaires).

Cette MDAMMA en métal a été reprise par des stylistes européens qui l'ont réactualisée avec succès en direction des jeunes filles occidentales en utilisant des éléments en métal moins précieux (étain, cuivre...) plus léger et plus moderne avec des graphismes occidentalisés sur les médaillons. Récemment, des bijoutiers kabyles la reprendront et la façonneront en argent et selon leur tradition ornementale. Ainsi, on peut parfois voir cette mdamma en argent parée les tenues traditionnelles kabyles qui initialement ne comportent ni large ceinture ni de ceinture en métal précieux (voir liens externes).

Le Maroc étant un pays internationalement connu pour le travail du cuir et des peaux avec pour pôles les villes de Marrakech, Fez et Tétouan (surnommée la petite Fez), la maroquinerie va naturellement investir les créations. En outre, le pays de la fantasia ne pouvait oublier l'utilisation d'armes de fantaisie dans les tenues : ainsi, certains caftans incorporent des poignards maures cousus sur le corset.

Le caftan du Maroc ainsi que d'autres formes de vêtements marocains ( comme la Jellaba ) ont inspiré des stylistes du monde occidental (dont Yves Saint Laurent, Kenzo, JP Gautier, Christian Lacroix......) et de Tunisie. Faouzia Frad ) selon leur sensibilité, les influences, les goûts, les graphismes, et les traditions propres à leur pays ; ainsi, on peut voir ici et là des reprises de certains éléments et/ou de la ceinture du caftan marocain dans diverses créations vestimentaires maghrébines ou arabo-musulmanes récentes (comme c'est souvent le cas dans le monde international de la mode) ; en effet, dans le monde de l'art, le créateur est sensible à son environnement et, contrairement au plagiaire, valide aux yeux du monde sa création personnelle en indiquant ses sources d'inspiration.

Le succès des défilés de caftans en Amérique, en Europe, en Asie et dans divers pays arabo-musulmans fera naitre chez des couturières et stylistes du monde arabe ( Jordanie, Égypte, Liban, Émirats arabes unis....) l'envie de revoir leurs vêtements traditionnels pour en faire des tenues de haute couture à destination des femmes contemporaines du monde entier.

L'ouverture du royaume et les exigences de qualité du marché international vont impulser un vent de créativité soufflant depuis plusieurs années sur la mode marocaine et sur d'autres secteurs d'activités du pays ( la bijouterie, la chaussure, les cosmétiques, le tatouage au henné, l'art du zellige, la décoration d'intérieur, l'artisanat etc..) créant ainsi un style que les américains dénomment " Moroccan Chic".

[modifier] En Russie

À l'est de l'Europe et à l'ouest de l'Asie septentrionale le mot kaftan (кафтан en russe) est employé pour un autre type d'habillement : un genre de long costume d'homme très large mais aux manches serrées. Au XIXe siècle le caftan est de très loin l'habit d'extérieur le plus courant pour le petit peuple, marchands et paysans. Ils sont actuellement portés comme signes religieux par la secte très conservatrice des Orthodoxes vieux-croyants. Enfin, les soutanes des clergés catholique romain et anglican sont des vêtements assez proche par la coupe des caftans.

Durant la politique de réformes voulut par le tsar Pierre Ier, destinée à occidentaliser le pays, celui-ci interdira même la port du calfan au profit du costume porté à l'époque en Occident. Ainsi, des oukases obligeaient ceux qui pouvaient se permettre la dépense de s'acheter un habit "étranger" : français, hongrois ou allemand ! Le tsar lui-même expliquait : « Avec vos manches larges, il vous arrive toujours des malheurs : tantôt elles trempent dans la soupe, tantôt elles fracassent les verres ».

[modifier] Sous l'empire Ottoman

Photo d'une peinture par Ismail Acar d'un cafetan qui aurait été offert par les vénitiens au sultan Soliman le Magnifique. Il serait marqué de la signature dur roi Salomon.
Progression de l’Empire Ottoman
tenue d'Ottomans caucasiens (XIXe siècle) de Syrie, Jordanie et Palestine
« Mamelouk ottoman du Moyen Orient en habit ordinaire. »
Image datée de 1779.

Les caftans portés par les sultans de tabouret constituent une des collections les plus splendides du Palais de Topkapı à Istanbul. Certains d'entre eux étaient extrêmement précieux. Ils été employés comme récompenses pour les services des plus importants notables et pour les généraux victorieux à l'occasion de festivals religieux raffinés.

Les cafetans étaient fréquemment brodés sur l'avant et sur les manches. Une codification stricte, par certains aspects semblable à l'héraldique, existait concernant les décorations, motifs, rubans et couleurs qui correspondaient au rang du porteur.[3]

Au XIVe siècle les motifs sont étendues et les couleurs sont sages. Au fil des siècles ces caractéristiques évoluent pour devenir respectivement plus fins et plus brillantes. (Sous l'empire Ottoman) L'art des cafetans culmine vers la seconde moitié du XVIIe siècle avec les tissus de type Selimiye aux larges bandes verticales et aux somptueuses et minutieuses broderies.

Les tissus étaient principalement produits à Istanboul et Brousse quand ils n'étaient pas importés d'aussi loin que Venise, Gène, la Perse, l'Inde ou la Chine. Chaque tissu ayant des propriétés particulières et donc un nom différent : velours, taffetas bien sûr mais aussi des noms plus exotiques et rares tels que bürümcük, aba, canfes, gatma, gezi, diba, kutnu, kemha, seraser, serenk, zerbaft et bien d'autres. Certaines couleurs étaient plus utilisées que d'autres : bleu de Chine, rouge de Turquie, violet, pişmis aya, coing cuit ou jaune safran.

Le vaste empire ottoman s'est approprié et a recyclé de nombreuses tenues venant de diverses cultures vivant en son sein : perse, grecque, arabe, arménienne etc..

Lorsque en 1922 Mustapha Kemal, dit Ata Turc, le père de la Turquie moderne, renverse le sultan ottoman, il voulut rompre de façon radicale avec le pouvoir de cet empire jugé archaïque et décadent. Sa volonté de rupture et de modernisation (par le rapprochement à l'Occident) de l'empire va se traduire par l'abandon de l'alphabet arabe au profit de l'alphabet latin, par l'interdiction des attributs vestimentaires ottomans ( caftans, Fez ottoman dit Tarbouch ou Chech Stambouli...) au profit de tenues occidentales et par la laïcité du pays ; Certains vestiges vestimentaires féminins et masculins de l'empire ottoman sont restés jusqu'à nos jours dans différents pays ou régions de l'ancien empire ottoman ( par exemple les tenues des musiciens algériens de malouf ou de musique arabo-andalouse ).

[modifier] Régences ottomanes : en Algérie, en Tunisie

La Chedda traditionnelle tlemcénienne (année 2000)
Hussein I Bey ottoman de Tunis en caftan et zeroual (XVIIIe siècle)
Juif algérien habillé de façon judéo-ottomane (XIXe siècle)
Khayr ad-Din Barberousse : bey d'Algérie au XVIe siècle en caftan ottoman
Soldats de la régence ottomane d'Alger, avec une foutah à la base du zéroual

La quasi totalité des pays arabes ont connu une régence ottomane sur plusieurs siècles. Cette longue régence va influer (de façon plus ou moins forte selon les régions) sur plusieurs domaines culturels : la musique, l'architecture, la cuisine et évidemment le vêtement.On trouve dans ces pays à la fois des tenues ottomanes et des tenues d'influence ottomane (c'est-à-dire des habits autochtones ayant reçu des modifications ottomanes plus ou moins marquées).

Dès les premières grandes victoires de la Reconquista, des colonies d'andalous (musulmans et juifs) ont commencé à se replier vers Maghreb donc vers les actuelles Algérie et Tunisie ; le contingent des expulsés andalous vers ces pays fut plus important à partir de 1492. Ces andalous ont dus probablement amenés avec eux des caftans mauresques qui ne connurent pas les mêmes évolutions et influences qu'au Maroc selon essentiellement 3 hypothèses si l'on se réfère à l'histoire officielle de ces pays : les andalous installés dans ces pays l'étaient en quantité moindre qu'au Maroc et se seraient donc moins imposés, les andalous de 1492 étant venus peu de temps avant l'arrivée ottomane, les caftans ottomans et la mode ottomane les auraient supplantés et/ou transformés au cours des 3 siècles puis vient (juste après les régences ottomanes) la longue et forte influence vestimentaire et culturelle de la colonisation française qui met un terme à la présence du caftan courant (à partir de 1830 pour l'Algérie et à partir de 1880 pour la Tunisie).

En Algérie, l'appellation caftan est utilisée pour désigner la partie veste ( courte avec manches longues ou courtes) du Karakou (d'influence ottomane) ou de la chedda de Tlemcen qui se porte parfois avec une veste (différente de la chedda ou lebssa des femmes du nord marocain sans veste et avec une ceinture large ou mdamma) ; Modèle:Ref sont des tenues exclusivement de mariage dont les points communs indiquent une origine arabo-andalouse commune probablement issue de la Grenade Maure; en effet, comme différentes dynasties du Maroc, la dynastie des Zianides de Tlemcen avait établi des échanges ou alliances avec le royaume Nasride de Grenade[4]. Les historiens de l'art s'accordent pour donner une origine persane au caftan.[réf. nécessaire]

Récemment, des couturières réactualiseront la veste du Karakou en l'allongeant, jusqu'aux chevilles parfois, afin de lui donner une forme caftan plus conventionnelle ; ces tenues d'apparat sont faites en général en velours de couleur noire ( mais pas uniquement ) et brodées de fil d'or ou d'argent . le Karakou se porte traditionnellement soit avec un zeroual (pantalon bouffant) soit avec une jupe longue .

Récemment, s'inspirant de la réussite et de la reconnaissance internationale des stylistes du caftan du Maroc, des stylistes du Maghreb se sont lancés dans la modernisation et la transformation haute couture de leurs habits traditionnels( Karakou, zeroual, robes berbères, chedda...). Les robes traditionnelles de Constantine ou d'Annaba (également d'influence ottomane )sont façonnées sur le même principe que le Karakou (voir liens externes).Cette modernisation apporte à nombre de tenues de nouveaux attributs initialement non présents dans les formes traditionnelles.

Il est notable de remarquer que les femmes marocaines d'Oujda (ville ethniquement et culturellement proches du Nord Est algérien et ayant aussi connu une influence ottomane) portent des tenues identiques à celles des femmes d'Algérie (en particulier le karakou et les blousas).

En Tunisie, le terme caftan n'est plus utilisé car cette tunique était essentiellement portée par les ottomans à l'époque de l'ancien empire ; Depuis plusieurs années des stylistes originaires de Tunisie se sont lancés dans la modernisation de leurs tenues traditionnelles.

En comparant certaines tenues traditionnelles tunisiennes et algériennes, les points communs de l'héritage ottoman sont perceptibles, points qu'on ne retrouve pas dans les tenues marocaines puisque le Maroc n'a pas connu la colonisation ottomane(voir liens externes).

Les Beys ottomans à la tête de pouvoir régional dans le monde arabe jouissaient d'une relative autonomie par rapport au pouvoir central du Sultan et les uns par rapport aux autres. Cette autonomie explique les différences et les ressemblances vestimentaires entre les différents pays ou régions de l'ancien empire ottoman . L'influence vestimentaire ottomane sera prégnante sur les tenues masculines et féminines dans les régions où l'influence des Beys sera forte( comme entre autres à Alger ou Tunis) et sera inexistante dans les zones géographiques éloignées, difficiles d'accès ou avec un fot attachement aux traditions locales( comme dans les tenues sahariennes, berbères et tlémceniennes...)

À Alger entre autres où la présence ottomane fut forte, seules certaines autochtones mariées à un ottoman et les femmes turques fortunées portaient en saison froide un caftan orné de broderies faites en fil d'or ou d'argent. Plus tard, elles revêtirent, en hiver, un gilet, jaleco, qui se porte au dessus de la ghelila (une sorte de longue et large veste de drap, aux manches suffisamment larges pour laisser paraître celles de la chemise) .

Quant au costume masculin, à l'exception des dignitaires turcs et de quelques notables algériens ou tunisiens participant à l'administration de la ville, la très majorité des hommes ne portaient pas de caftan ottoman. La tenue ottomane masculine dans divers pays arabes se composaient généralement soit d'une chemise, d'un gilet, d'un Fez ottoman aussi appelé tarbouch ou chech Stambouli (coiffe haute en forme de pot de fleur renversé), d'un pantalon bouffon (zéroual) entouré à la taille par une pièce d'étoffe servant de poches appelée foutah, soit d'une soutane entourée à la taille par une foutah .

C'est pourquoi, en Algérie ou en Tunisie, le caftan ottoman ne peut pas être considéré comme une tenue traditionnelle ; en effet la majorité des Tunisiens et Algériens ne peuvent être assimilés à des turcs ; de plus, ce vêtement ne fut porté que par une petite frange de la population pendant la période ottoma

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, lors des colonisations européennes, les élites masculines arabo-musulmanes adoptèrent le costume européen agrémenté du tarbouch comme le montrent de très nombreux clichés disponibles sur le net.

[modifier] Lien(s) externe(s)

[modifier] Lien(s) interne(s)

[modifier] Bibliographie

Livre "Costumes et parures du Maroc" par Rachida Alaoui Lien parlant de ce livre

Livre "Bijoux du Maroc" par Rabaté et Goldengerg Lien parlant de ce livre

Livre " Costume du Maroc" par Jean Besancenot Lien parlant de ce livre

[modifier] Références

  1. ab Dictionnaire de l'académie française, neuvième édition
  2. Le trésor de la langue française informatisée
  3. image 100x140cm / Oil On Canvas
  4. Orientalia Hispanica: Sive Studia F. M. Pareja Octogenario Dicata, Felix M. Pareja Casanas, F. M. Pareja, J. M. Barral.Collaborateur F. M. Pareja. Page 34. Publié par Brill Archive, 1974. ISBN 9004039961,Version en ligne
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