Professeur documentaliste

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Le Professeur documentaliste est, dans le système éducatif français, une profession exercée au sein du centre de documentation et d'information (CDI) d'un établissement public local d'enseignement (EPLE) ou d'un établissement privé : collège, lycée, lycée professionnel. Ce statut existe depuis 1989, date à laquelle le documentaliste bibliothécaire devient professeur documentaliste du fait de la création du CAPES de Documentation.

Ses missions sont définies par la circulaire parue au bulletin officiel de l'Éducation nationale n°86-123 du 13 mars 1986, et organisées autour de quatre axes principaux :

  1. le documentaliste-bibliothécaire assure, dans le centre dont il a la responsabilité, une initiation et une formation des élèves à la recherche documentaire.
  2. l'action du documentaliste bibliothécaire est toujours étroitement liée à l'activité pédagogique de l'établissement.
  3. le documentaliste bibliothécaire participe à l'ouverture de l'établissement.
  4. le documentaliste bibliothécaire est responsable du centre de ressources multimédia.


Au commencement, le SDI (1962-1972)[modifier | modifier le code]

La création puis l’évolution du corps des professeurs-documentalistes sont au départ liées à l’histoire des centres de documentation et d’information en France. En 1958, Marcel Sire, alors proviseur du lycée Janson-de-Sailly à Paris encourage dans son établissement la création du premier service de documentation afin de permettre une réunion de l’ensemble des ressources disséminées aux quatre coins de l’établissement, notamment dans les laboratoires de sciences et les salles spécialisées. Dès le départ, ce nouveau lieu est conçu pour accueillir les élèves et les enseignants. Cette double fonction perdurera par la suite. Cependant, dans de nombreux établissements, deux bibliothèques, une pour les élèves et une réservée aux professeurs continuent de coexister. En 1962, sous l'impulsion de Marcel Sire alors inspecteur général de l'Éducation nationale, une nouvelle circulaire instaure un service de documentation et d'information (SDI) dans les lycées. Peu à peu, les bibliothèques élèves et enseignants fusionnent pour donner naissance à un service unique de gestion des ressources. La dimension loisir de la bibliothèque élève est cependant conservée. Mais aucun texte ne vient pour l'heure préciser le type de professionnel habilité à s'occuper du service. En 1970, l'Éducation nationale reconnait enfin l'existence des documentalistes. Les services horaires sont précisés : ils doivent travailler 32 heures dans l'établissement et 4 heures à l'extérieur. La dimension pédagogique du service de documentation et d'information est affirmée avec force par le successeur de Marcel Sire Georges Tallon qui va jouer un rôle important dans la reconnaissance du rôle des documentalistes au sein des établissements scolaires.

Le CDI et le professeur-documentaliste (1972-1980)[modifier | modifier le code]

En 1972, une association de type loi 1901 est créée qui va avoir de l'importance dans l'évolution du statut du documentaliste. La Fédération des Associations de Documentalistes-Bibliothécaires de l'Éducation Nationale (FADBEN) regroupe d'abord au niveau national les initiatives locales pour permettre aux documentalistes de se faire entendre par les institutions. Deux nouvelles circulaires du ministère vont accentuer l'importance de la documentation dans les établissements scolaires. La première, du 12 juin 1974 décrit « les tâches des responsables des centres de documentation et d'information d'enseignement du second degré en vue de la rentrée scolaire 1974 ». On parle pour la première fois de professeur-documentaliste et de CDI ! La seconde en 1977 définit « les fonctions des responsables de centre de documentation et d'information des établissements d'enseignements du second degré ». Cette circulaire jette les véritables bases de la fonction de professeur-documentaliste. On observe une réelle volonté de reconnaître la dimension pédagogique du documentaliste. Mais le texte dresse plutôt une liste des opérations et des tâches dévolues au personnel responsable du centre qu'il ne donne les missions générales.

De la circulaire de 1986 au CAPES de documentation (1980-1989)[modifier | modifier le code]

S'il est indéniable que des avancées spectaculaires en peu de temps peuvent être observées, les professeurs-documentalistes ne disposent pas aux débuts des années 1980 d’un cadre réglementé pour exercer leur profession. Ce manque sera en partie comblé en 1986 avec la parution d’une nouvelle circulaire définissant « les missions des personnels exerçant dans les centres de documentation et d’information. » Ce texte reprend le principe de la circulaire de 1977 mais développe plutôt une réflexion sur quatre points essentiels : responsabilité du fonds documentaire et formation des élèves, participation aux actions pédagogiques, travail à l’ouverture culturelle de l’établissement et gestion des ressources multimédias. Le documentaliste est alors encore désigné sous l’appellation « documentaliste bibliothécaire. » La circulaire de 1986 est encore en vigueur aujourd’hui. Malgré des appels réguliers à l’actualisation des missions du documentaliste avec l’avènement d’internet notamment, en particulier de la part de la FADBEN, le ministère n’a pour l’heure pas jugé nécessaire de réviser ce texte. En 1997, l’institution parait pourtant prête à publier une nouvelle circulaire. Mais le changement de gouvernement va annihiler ce projet. Cependant, la portée générale du texte est telle qu’il demeure encore aujourd’hui très actuel. En 1989, la loi d’orientation publiée au BOEN reconnait « au documentaliste un rôle capital dans l’établissement » Le 19 mai de la même année débute à Strasbourg le premier congrès de la FADBEN. Invité de marque, Lionel Jospin, alors ministre de l’Éducation Nationale. Pour les congressistes, il s’agit de faire le point avec lui sur les avancées du métier de documentaliste en établissement du second degré, notamment après l’apparition de technologies nouvelles qui posent de nouvelles questions. Le ministre annonce alors la création d’un CAPES de documentation pour l’année 1990. Avec ce CAPES, les documentalistes de l’Éducation nationale intègrent complètement le corps des enseignants. L’ensemble des circulaires concernant les professeurs les concerneront désormais. Leur service restera néanmoins de 36 heures (30 heures dans l’établissement, 6 heures à l’extérieur vouées à la veille informationnelle, au déplacement dans les librairies, les médiathèques, à la rencontre de partenaires).

Le professeur-documentaliste à l’heure du numérique (de 1990 à aujourd’hui)[modifier | modifier le code]

La rénovation régulière des programmes permet l’insertion progressive de compétences info-documentaires. En sciences de la vie et de la terre par exemple, un volet « recherche documentaire » est ajouté. En 2005, une nouvelle loi sur l’avenir de l’école institue le Socle commun de connaissances et de compétences. Le quatrième pilier du socle concerne la maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication. Le travail du professeur-documentaliste est ainsi reconnu tout comme la place de la documentation dans l’enseignement. De nouveaux dispositifs pédagogiques offrent des possibilités d’interventions neuves pour le professeur-documentaliste. Il peut ainsi apporter son concours lors de l’éducation civique, juridique et sociale (ECJS) depuis 2000, les travaux personnels encadrés (TPE) depuis 1999 ou les itinéraires de découvertes (IDD). En lycée technologique, il peut intervenir en activités interdisciplinaires (AID) pour la classe de sciences et technologies de la santé et du social (ST2S) et lors des projets pluridisciplinaires à caractère professionnel (PPCP) en lycée professionnel. Enfin dans l’ensemble des niveaux du second degré, le brevet informatique et internet (B2i) ouvre des voies de formation et d’évaluation.

Quel avenir pour la profession ?[modifier | modifier le code]

La professionnalisation du corps des professeurs documentalistes n'est pas terminée. L'obtention d'un CAPES avec des contenus scientifiques et professionnels bien repérés n'a pas été immédiate, la première version du concours restant encore assez généraliste; ce fut est un grand pas vers une réelle professionnalisation de la fonction. Mais les autres voies d'accès au poste de professeur documentaliste (reconversion de professeurs disciplinaires sans véritable formation, emploi important de contractuels) posent problème. De plus la définition même de la profession n'est pas stabilisée : le débat autour du mandat de professeur en est la preuve flagrante. Certains le voient, avec l'inspection générale, plutôt comme un rôle de conseiller en formation à l'information auprès des professeurs de toutes disciplines, alors que d'autres, qui travaillent sur la didactique de l'information c'est-à-dire l'étude des conditions de transmission d'une culture informationnelle raisonnée, maintiennent l'idée d'une intervention directe devant les élèves. L'éventuel développement des Learning Center sur le modèle anglo-saxon, actuellement prôné par l'inspection générale de l'éducation nationale et celle des bibliothèques pourra également jouer sur la définition du métier de professeur documentaliste de l'avenir. Cette politique est très loin de faire l'unanimité actuellement parmi la profession.

Le professeur-documentaliste et l'enseignement[modifier | modifier le code]

Quoique sans programme et sans horaire alloué, les professeurs documentalistes construisent depuis vingt ans de nombreuses séquences pédagogiques. Leur ancrage dans les enseignements dispensés en établissement secondaire n'est pas figé. On constate trois grandes familles d'organisation :

  1. une organisation disciplinaire, avec un volume horaire en information-documentation attribué au professeur documentaliste
  2. une organisation partagée en utilisant des heures spécifiques allouées sur des créneaux non permanents sur l'année (heure de vie de classe notamment)
  3. une organisation partenariale, les séances pédagogiques étant organisées en collaboration avec un enseignant disciplinaire, tant sur les horaires que sur les contenus.

Ce rôle pédagogique s'inscrit dans la volonté de développer une véritable culture de l'information. Il reste que le flou et le manque de reconnaissance de ce rôle donne parfois l'impression au professeur documentaliste de devoir bricoler à défaut de s'appuyer sur un curriculum définissant une progression.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Fédération des enseignants documentalistes de l’Éducation nationale

Association nationale des documentalistes et professeurs documentalistes Association nationale des documentalistes de l'enseignement privé

Association régionale des documentalistes et des professeurs documentalistes de l'enseignement privé de Midi-Pyrénées :[1]