Manéglise

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Manéglise
La mairie.
La mairie.
Blason de Manéglise
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Arrondissement du Havre
Canton Canton de Montivilliers
Intercommunalité Communauté d'agglomération havraise
Maire
Mandat
Daniel Soudant
2014-2020
Code postal 76133
Code commune 76404
Démographie
Gentilé Manéglisais
Population
municipale
1 188 hab. (2011)
Densité 142 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 34′ 02″ N 0° 15′ 18″ E / 49.5671, 0.254949° 34′ 02″ Nord 0° 15′ 18″ Est / 49.5671, 0.2549  
Altitude Min. 48 m – Max. 118 m
Superficie 8,35 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.mairie-maneglise.fr/

Manéglise est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie.

Ses habitants sont appelés les Manéglisais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette commune est située sur la rive droite de la Seine, à une quinzaine de kilomètres du Havre, dans le canton de Montivilliers. Elle se situe également à quatre-vingts kilomètres de Rouen et tout proche de l'autoroute A29 et à quelques kilomètres des ponts de Normandie et Tancarville. Les formes visibles dans cette commune sont des vallées boisées ainsi que de grandes plaines sur le plateau cauchois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom apparait en latin médiéval sous la forme magna ecclesia en 1155 et signifie "la grande église". (Pour la survie à l'époque médiévale de "man(ne)" issu du latin magnus, voir les articles concernant Manneville et Mandeville). L'église est placée sous le patronat de Saint-Germain-l'Auxerrois et elle date des XIe et XIIe siècles.

Des éléments de voies romaines en différents points de la commune attestent de l'existence d'un village dans l'axe de la route Harfleur-Fecamp dès la fin de l'Antiquité. Vers 900, le territoire de la paroisse faisait partie du fief de Montivilliers et le village prend vraiment forme avec l'arrivée de moines du prieuré de Longueville la Giffard, venus défricher cette vallée.

Pour les besoins des offices, vers les années 1066, le clocher et le chœur d'une grande église sortent d'une butte sur laquelle se trouvait un ancien temple dédié à Jupiter. Une église romane d'une splendeur unique, des fiefs-fermes aux cheminées armoriées, des puits millénaires, témoignent d'une histoire datant des grandes invasions vikings. Ainsi au hameau du Mouchy, subsistent les restes d'un vieux manoir possédant un puits, dont la margelle ornée d'animaux fantastiques sculptés portait la date de 1013; Selon la légende, en se penchant au-dessus du puits, on entend les cloches de l'abbaye de Montivilliers. Dans ce puits, les abbesses de la ville de Montivilliers, toute proche, auraient enterré les biens des seigneurs des environs sous la menace anglaise à la suite de la prise du port d'Harfleur. Ce puits serait également le carrefour des souterrains médiévaux venant de l'abbaye de Montivilliers, du manoir de Rolleville et du château des Hellandes. La famille Hellande fut une des plus grandes familles nobles du village de Manéglise. Ils étaient de puissants chevaliers au service du Roi de France durant des siècles. C'est ainsi que l'on retrouve Jehan de Hellande à la croisade en Terre Sainte en 1099 ou encore Robert de Hellande fidèle du roi Français à la bataille d'Azincourt.

La commune de Manéglise fut une scène de théâtre où les bruits des armes, les cris de soldats et le hennissement des chevaux couvraient les plaines alentour lors des affrontements entre Anglais et Français lors de la guerre de Cent Ans (1337-1453).

Toutefois, l'histoire d'une commune comme Manéglise est difficile à décrire puisque de nombreuses archives furent détruites en 1562 lors des guerres de religion, puis à la suite de la Révolution Française de 1789. Ce qui entraînera quelques légendes propres à la Normandie cauchoise comme celle du Gibet installé en face de l'église où paraît-il les soirs de pleine lune il est possible d'entendre les âmes des suppliciés, ainsi que de cueillir la mandragore, plante fantastique. Ou encore la légende du crucifix sanglant datant de 1660 dans les terres agricoles manéglisaises, celle concernant le nom d'une route appelé "chemin des impériaux" qui correspondrait au passage des troupes napoléoniennes en direction du Havre.

Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), un hôpital belge était installé au château des Hellandes, les morts sont toujours enterrés au cimetière communal. Ce château devint en 1940, pendant le deuxième conflit mondial, un hôtel où de nombreux dignitaires allemands séjournèrent tel que le Maréchal Rommel.

Les années d'après voient Manéglise comme un but de promenade à la campagne. On y vient du Havre en famille, pour goûter les spécialités normandes. Mais petit à petit, les données vont changer et cette commune s'inclut dans un phénomène qui est contemporain, celui de la péri-urbanisation. Malgré tout au-delà d'un style de vie beaucoup plus citadin qu'autrefois, elle reste une commune typique du pays de Caux où l'on retrouve des clos masures, restes des anciennes familles de la basse noblesse normande. On peut y retrouver de nombreux vestiges tels que l'église ou encore, un ancien hôpital belge dans le château des Hellandes ainsi que de nombreuses légendes cauchoises.

Le domaine des Hellandes (cf "le pays de Caux")

En arrivant sur la commune de Manéglise, on passe devant le château moderne des Hellandes, grande villa élevée en 1904 par Mr Levesque sur l'emplacement d'une demeure du XVIIe siècle qui avait elle-même remplacé une forteresse détruite pendant la guerre de cent ans. Il n'y a pas moins de onze lieux-dits ou fiefs, en Seine-Maritime, se réclamant du nom de Hellande ou Hellandes, porté par une ancienne famille normande, mais St-Aignan-sur-Ry, Angerville-l'Orcher et Manéglise ont été les plus importants de leurs biens. Jehan Hellande participa au siège de Jérusalem en 1099.

En 1309, Simon de Hellande et Jean Malet de Graville tentèrent conjointement d'obtenir le droit de présenter à la cure, en leur qualité de plus importants seigneurs. Le patronage fut néanmoins confirmé au bénéfice des religieux du prieuré de Longueville qui en avaient reçu donation en 1155, comme celle de 26 autres paroisses du Pays de Caux.

Ce prieuré Sainte-Foy avait été fondé par les Giffard qui, avant d'être chargés de la protection de la vallée de la Scie, avaient défendu la vallée de la Lézarde. On devine encore leur énorme motte féodale sur le pourtour nord de l'enceinte de Montivilliers. La rivalité de patronage entre le prieuré et les Hellande, seigneurs locaux, et avec les Malet, leurs suzerains, se prolongea pendant plusieurs générations jusqu'à ce qu'intervienne une transaction.

En 1371, Jehan de Hellande, fils de Simon, était préposé, avec deux autres chevaliers et trois écuyers, à la garde de la ville de Montivilliers où se trouvait sa résidence, le manoir de la Fontaine. Robert, le fils ainé de ce Jehan, épousa en 1380 Jehanne de Montmorency-Beaussault et devint en 1399 capitaine de Pont de l'Arche. Chambellan du roi, bailli de Rouen en 1414, il fut fait prisonnier à Azincourt et mourut quelques mois plus tard, en décembre 1415.

Déclaré rebelle par Henry V, Robert, son second fils, fut dépouillé de ses biens, de même que son fils Roger; et Clément Overton, le capitaine anglais de Montivilliers, occupa le manoir de la Fontaine, puisqu'il résidait déjà aux Hellandes. Tout rentra dans l'ordre à la libération du territoire, mais une vingtaine d'années plus tard, la famille s'éteignit malheureusement dans les mâles. La seigneurie revint au petit-fils de Roger de Hellande dont la mère avait épousé Jehan de Trousseauville. C'est de l'autre côté de l'eau, à Epreville-en-Lieuvin, comme aussi à Marcouville et à Saint-Christophe, que l'on connaît cette famille. Les frères Jehan et Gilles de Trousseauville épousèrent Anne et Renée filles de Roger de Hellande.

En 1581, le domaine était aux mains des Auber, seigneurs de Bléville. En 1645, François de Saint Denis vendit le fief à Hector Desmares, seigneur de Tournay et de Saint-Gilles, qui avait épousé Charlotte de Canouville (Grosmesnil). Adrien, son fils, lui succéda en 1672, mais après la mort de ses deux fils, en 1718 et 1719, le domaine passa aux neveux, époux des deux sœurs Desmares, d'abord Pierre-François de Paulmier d'Annemours, lieutenant de frégate, puis François Tiéchard. François Nicolas, leur héritier, était le fils naturel du chancelier d'Aguesseau. Il épousa en 1803 Élisabeth Viard, d'une famille protestante. Félix-Charles Levesque (1842-1919) fit raser l'ancien château. Marcel-Adolphe qui en hérita en 1917, vendit la nouvelle habitation qui avait servi d'hôpital belge pendant la guerre.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Manéglise

Les armes de la commune de Manéglise se blasonnent ainsi :
d’azur à l’église du lieu d'or, accompagnée en pointe de trois fermaux du même, ordonnés 2 et 1, chapé de gueules, chargé à dextre de deux épis de blé aussi d’or, les tiges passées en sautoir, à senestre de deux léopards du même passant l’un sur l’autre, à deux filets d’argent en chevron brochant sur la partition.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Daniel Soudant    
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La commune est jumelée avec :

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 188 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
616 610 618 1 495 605 609 613 600 619
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
610 635 709 584 626 582 542 638 582
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
592 592 551 509 535 591 574 652 604
1962 1968 1975 2004 2006 2009 2011 - -
552 513 604 1 173 1 151 1 152 1 188 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument historique[modifier | modifier le code]

La commune abrite un monument historique :

  • l'église Saint-Germain, construite à partir du 11e siècle. Elle a été classée par arrêté du 12 juillet 1886[3].

Autres lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La Normandie est un lieu de légende reconnu et Manéglise n'échappe pas à la règle. Au hameau du Mouchy, existe une demeure vieille de plusieurs siècles, toute biscornue, car on construisait autrefois les habitations en fonction des poutres dont on disposait, possédant une monumentale cheminée armoriée. On distingue en effet, à droite, un écusson doté de trois fleurs de fleurs de lys, tandis que sur le montant gauche, deux fleurs de lys, alternant avec deux feuilles de chêne.

Mais ce vieux manoir possède également un puits, dont la margelle sculptée porte la date de 1013, entourée de figures d'animaux domestiques. Fait troublant, en se penchant au-dessus du puits, on entend parfois le son des cloches de l'abbaye de Montivilliers. La légende veut que ce puits renferme le trésor des Abbesses, depuis la guerre de Cent Ans. Les Anglais, ayant probablement conquis Harfleur, avançaient vers l'intérieur. Inférieurs en nombre et moins bien armés, les seigneurs, vassaux de l'Abbesse de Montivilliers, remirent à celle-ci leurs biens les plus précieux. Le tout fut enterré par ordre de la mère Abbesse sur le territoire de Manéglise "sous un ouvrage en maçonnerie, qui affecterait la forme d'un baril renfermé de trois mètres de diamètre". La légende ajoute : "le repère en serait un poirier de Caux à deux fleurs".

Le puits du hameau du Mouchy serait le carrefour de souterrains venant de l'abbaye de Montivilliers, du manoir de Rolleville, du château des Hellandes. L'histoire confirmerait ces hypothèses, lorsque l'on sait que Montivilliers résista à plusieurs sièges, et que d'autre part, le manoir de Rolleville et plusieurs propriétés des environs appartenaient à l'Abbesse de Montivilliers.

Faut-il détruire les légendes ? Il y a quelques années, des fouilles ont été entreprises. Une petite équipe de spécialistes descendit les cinquante mètres du puits. On ne découvrit rien d'autre que quelques galeries, remplies d'éboulis, vraisemblablement restes d'anciennes marnières.

On peut également visiter la ferme d'Herbouville, ancien fief seigneurial du Moyen Âge avec ces bâtiments en pierre, son colombier en pierre de Saint-Jean datant de 1663, mais aussi le château des Hellandes fief plus important datant des premières grandes croisades, où flâner dans les bois permet de remonter le temps et de faire de belles découvertes.

Dans un cas plus général, il est possible de contempler les nombreuses chaumières et maisons à pan de bois et pierres de tailles, tels que le manoir du crucifix, restauré par ces occupants et datant du XVe siècle et ancienne possession de la famille Duval de Coupeauville, ou encore le manoir Sénécal aujourd'hui en ruine possédant une grande cheminée armoriée ainsi que des dessins de façade très intéressants.

À côté de l'église, se trouve un magnifique presbytère datant du XVIe siècle restauré récemment, jouxtant un autre fief ferme restauré également avec soin possédant lui aussi une cheminée vieille de plusieurs siècles et portant des armoiries.

Au hasard d'un chemin, il est également possible de rencontrer le calvaire mythique de la commune où préfigure l'origine d'une grande légende du XVIIe siècle, que peu de Manéglisais pourraient narrer. Enfin, une destination importante pour les familles belges est bien entendu le cimetière de leur ancêtres tombés durant la guerre 1914-1918 et visible dans le cimetière communal. Il est visité par les drapeaux tous les ans à l'occasion du souvenir Belge.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Nicolas de Vanderest, né en 1372, licencié des lois, fut l'un des trois ecclésiastiques qui signèrent en 1419, la reddition de Rouen au Roi Henri V d'Angleterre. Il collabora avec les vainqueurs Anglais et s'enrichit des dépouilles de ces victimes. Il fut vicaire général à Rouen et il s'en fut de peu pour qu'il devienne archevêque de Rouen. Il était présent aux côtés de Pierre Cauchon lors du procès de Jeanne d'Arc à Rouen. Il ne vota pas la torture mais admit que Jeanne d'Arc devait être considérée hérétique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]