Lojban

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Lojban
Lojban
Auteur Logical Language Group
Date de création 1987
Typologie langue logique
Catégorie langue auxiliaire internationale
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-2 jbo
ISO 639-3 jbo
ISO 639-5 jbo
Échantillon
article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (voir le texte en français)

Article 1

ro remna cu se jinzi co zifre je simdu'i be le ry. nilselsi'a .e lei ry. selcru .i ry. se menli gi'e se sezmarde .i .ei jeseki'ubo ry. simyzu'e ta'i le tunba

Le lojban est une langue construite dont la grammaire est conçue sur un modèle logique. « Lojban » en lojban veut dire « langue logique » et se prononce comme « lojbane ».

Sa construction a commencé en 1987, lancée par le Logical Language Group (Groupe de langue logique) afin d’accomplir les buts du loglan, de l’améliorer et de le rendre disponible librement. Après une longue période de discussion et d’expérimentation, ses fondations furent établies par la publication en 1998 de The Complete Lojban Language.

Le nom « lojban » résulte de la contraction des mots logji et bangu signifiant respectivement, en lojban, logique et langage. Cette étymologie voile le but de ce langage : il n’est pas réservé à la logique formelle ni destiné à être utilisé uniquement en informatique, et convient aussi bien à une utilisation humaine pour les communications courantes. Selon le degré d’abstraction voulu par le locuteur, la lojban peut se rapprocher du langage naturel, d’un langage de programmation ou de toute autre langue connue. Il peut par ailleurs être poétique, ambigu, précis ou neutre.

Les principales sources du vocabulaire de base étaient (à l’origine) les six langues les plus parlées dans le monde : l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, l’hindi et le russe. Ceci afin de ne pas rendre les mots de base trop éloignés d’un langage naturel. Par sa construction, le lojban possède certains traits communs avec d’autres langues construites comme le láadan, le toki pona ou l’espéranto.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le Lojban est une langue construite à partir du loglan, créée par le linguiste James Cooke Brown en 1955 afin de démontrer l’hypothèse Sapir-Whorf. Il est basé sur une construction mathématique, l’objectif étant d’analyser la façon dont est modifiée la capacité analytique de la personne parlant ce langage.

Cependant l’équipe de James Cooke Brown n’apprécia pas sa volonté de garder ce travail universitairement confidentiel et sous son seul contrôle ; aussi créèrent-ils le lojban en 1987 à partir des mêmes bases mais d’un nouveau vocabulaire composé à partir de la combinaison des 6 langues les plus courantes au monde, ceci pour poursuivre l’objectif original du loglan mais en l’utilisant de façon plus large dans la vie de tous les jours, pour aussi pouvoir l’améliorer et le rendre disponible librement.

La grammaire du lojban est très simple à comprendre, et le fait qu’un mot puisse aussi bien servir de verbe que d’adjectif rend l’utilisation de la langue extrêmement riche et puissante. Chaque mot du vocabulaire dispose d’une racine que l’on peut combiner avec d’autres racines afin de créer d’autres mots à la manière de l'allemand, ce qui rend le lojban très expressif et évolutif, peut être bien au-delà des limites scolaires définies à l’origine par James Cooke Brown pour le loglan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le lojban est une refonte du loglan, lui-même créé par le linguiste James Cooke Brown dans les années 1960. Ce dernier espérait explorer l’hypothèse Sapir-Whorf par la création d’une langue structurellement très différente des langues naturelles.

En 1987, quelques loglanistes actifs se sont séparés du projet de Brown en raison d’un désaccord sur les prétentions de ce dernier quant à un contrôle strict de ses droits d’auteurs sur la langue et le matériel d’apprentissage. Finalement, lojban est devenu bien plus important que le projet original. Il y a actuellement dans le monde quelques dizaines de lojbanistes actifs, principalement sur internet. Le Logical Language Group (LLG ou la lojbangirz en lojban) est une association à but non lucratif qui tient son assemblée générale annuelle sur le canal irc de la communauté.

Spécificités[modifier | modifier le code]

Le mot lojban vient de langue logique, en lojban. En effet, la grammaire du lojban est basée sur les principes de la logique des prédicats. Mais le lojban a d’autres caractéristiques :

  • le lojban est conçu pour être utilisé par des personnes pour communiquer entre elles, et éventuellement, dans le futur, avec des ordinateurs ;
  • le lojban est conçu pour être culturellement neutre ;
  • la grammaire du lojban est non ambiguë ;
  • la prononciation du lojban et son orthographe sont directement liées, sans confusion possible ;
  • le découpage d’un texte lojban en mots ne peut se faire que d’une seule façon ;
  • le lojban est simple, comparé aux langues naturelles, et facile à apprendre ;
  • les 1 350 mots-racines du lojban peuvent facilement être combinés, de façon à former un vocabulaire de millions de mots ;
  • la définition du lojban est rigoureuse et ne comporte pas d’exceptions ;
  • le lojban tente de lever les restrictions qui peuvent exister pour exprimer des idées créatives et claires ;
  • le lojban peut être utilisé dans des domaines différents, créatifs ou scientifiques, théoriques ou pratiques.

Prononciation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Phonologie du lojban.

L’alphabet lojban est le suivant, et se prononce presque toujours comme en français (les différences sont indiquées) :

' (/h/ expiré), a, b, c (/ch/), d, e (/è/), f, g (toujours dur), i, j, k, l, m, n, o, p, r (peut être prononcé comme en français, comme en anglais, ou encore roulé), s (toujours /ss/), t, u (/ou/), v, x (le /kh/ arabe et /j/ espagnol - un 'r' guttural), y (le schwa, la voyelle neutre proche du /e/ muet), z

  • le point ('.') marque une pause obligatoire ;
  • la virgule (',') marque une séparation obligatoire, mais sans pause.

Remarque : pas de majuscule en lojban, sauf pour marquer l’accent tonique sur les noms propres.

Diphtongues : ai (/aïe/), ei (gros/eille/), oi (langue d’/oïl/), au (/ao/), ia (/ya/), ie (/yè/), ii (/y-i/), io (/yo/), iu (/you/), ua (/ouah/), ue (/ouais/), ui (/oui/), uo (/ou-o/), uu (/wou/h-/wou/h), iy (/y-e/), uy (/w-e/).

Grammaire[modifier | modifier le code]

Il n’y a pas en lojban de distinction grammaticale entre un nom, un verbe, un adjectif, un adverbe. Des termes spécifiques empruntés au lojban lui-même sont à ce titre utilisés pour désigner les éléments de cette grammaire.

Les mots d’une phrase peuvent occuper trois rôles :

  1. bridi, la structure qui représente la relation, c’est-à-dire qui établit un prédicat logique ;
  2. selbri, la partie centrale[précision nécessaire] ;
  3. sumti /sumti/, éléments du discours relié par les deux précédents rôles, c’est-à-dire argument du prédicat.

Il y a trois classes principales de mots :

  1. les brivla, correspondant aux noms communs et aux verbes, les deux classes étant assimilées en lojban ;
  2. les cmene, les noms propres ;
  3. les cmavo qui sont des petits mots grammaticaux jouant des rôles divers.

Il existe trois catégories pour les brivla eux-mêmes :

  1. les gismu, les mots racines qui servent à construire les autres brivla ;
  2. les lujvo, composition de brivla ;
  3. les fu’ivla, des mots issus de langues naturelles, lojbanisés.

Exemple de texte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Graphie du lojban.
Le Petit Prince, chapitre 14, incipit
le mumoi plini cu mutce le ka cizra .i py cmalu traji fo le romei .i le canlu cu satci banzu le nu canlu le garna tergusni kujoi le tergusni cikygau .i le cmalu noltrube'a na snada le nu jimpe le du'u makau prali bu'u lo pagbu be le kensa re'o lo plini noi claxu lo'e zdani .e lo'e se xabju ku'o fi lo'e garna tergusni .e lo'e tergusni cikygau La cinquième planète était très curieuse. C’était la plus petite de toutes. Il y avait là juste assez de place pour loger un réverbère et un allumeur de réverbères. Le petit prince ne parvenait pas à s’expliquer à quoi pouvait servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Les gismu constituent donc le vocabulaire de base. Leur forme est toujours CVCCV ou CCVCV, où C est une consonne et V une voyelle, sachant qu’il y a des paires de consonnes interdites.

Presque tous les gismu du lojban ont été construits en partant de morceaux de mots tirés d’autres langues, plus spécifiquement le chinois, l’hindi, l’anglais, l’espagnol, le russe et l’arabe (les six langues naturelles les plus parlées). Pour un concept donné, les mots correspondants dans ces six langues ont été transposés dans la phonétique lojban. Le gismu a par la suite a été sélectionné de manière à maximiser la facilité qu’auront les locuteurs des six langues à le reconnaître, en introduisant des pondérations reflétant le nombre de locuteurs de chacune de ces six langues.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]