Analyse syntaxique

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L'analyse syntaxique consiste à mettre en évidence la structure d'un texte, généralement une phrase écrite dans une langue naturelle, mais on utilise également cette terminologie pour l'analyse d'un programme informatique. L'analyseur syntaxique (parser, en anglais) est le programme informatique qui réalise cette tâche. Cette opération suppose une formalisation du texte, qui est vu le plus souvent comme un élément d'un langage formel, défini par un ensemble de règles de syntaxe formant une grammaire formelle. La structure révélée par l'analyse donne alors précisément la façon dont les règles de syntaxe sont combinées dans le texte. Cette structure est souvent une hiérarchie de syntagmes, représentable par un arbre syntaxique dont les nœuds peuvent être décorés (dotés d'informations complémentaires).

L'analyse syntaxique fait habituellement suite à une analyse lexicale qui découpe le texte en un flux (parfois un graphe orienté acyclique) de lexèmes, et sert à son tour de préalable à une analyse sémantique. Connaître la structure syntaxique d'un énoncé permet d'expliciter les relations de dépendance (par exemple entre sujet et objet) entre les différents lexèmes, puis de construire une représentation du sens de cet énoncé.

En pratique, et sauf dans les cas très simples, des coroutines sont en général nécessaires pour lier les deux. Ainsi, en FORTRAN où les espaces n'étaient pas significatifs, GOTO5=1 ou DO1I=3, affectations autorisées par la syntaxe bien que perverses, auraient été par erreur considérées comme des fautes de syntaxe si l'opération d'analyse lexicale avait été réalisée totalement avant que ne commence la syntaxique. Dans la pratique, les compilateurs bas de gamme les refusaient.

Liens avec les langages formels[modifier | modifier le code]

Les méthodes employées pour réaliser une analyse syntaxique dépendent largement du formalisme employé pour la syntaxe du langage mais aussi du langage lui-même. Toutefois, il est souvent fait usage, pour modéliser un langage ou une langue, de grammaires de réécriture, parmi lesquelles les plus populaires sont les grammaires non contextuelles.

Ainsi, les langages de programmation sont habituellement décrits par ces grammaires, et ce depuis la formalisation d'Algol en BNF. De même, si les grammaires non contextuelles sont jugées peu adaptées pour la description des langues naturelles, les algorithmes d'analyse syntaxique inventés pour les langages non contextuels peuvent parfois être adaptés aux formalismes plus complexes utilisés en traitement des langues naturelles, comme les grammaires d'arbres adjoints (TAG).

L'équivalence entre les langages définissables par certaines classes de grammaires et ceux que reconnaissent certaines classes d'automates permettent de construire des analyseurs syntaxiques à l'aide d'automates. Ainsi, les langages définissables par une grammaire non contextuelle sont aussi ceux qui sont reconnaissables par un automate à pile.

Analyse non contextuelle[modifier | modifier le code]

Analyse ascendante ou descendante[modifier | modifier le code]

Un analyseur syntaxique doit retracer le cheminement d'application des règles de syntaxe qui ont mené de l'axiome [Lequel ?] au texte analysé.

  • Une analyse descendante retrace cette dérivation en partant de l'axiome et en essayant d'appliquer les règles pour retrouver le texte. Cette analyse procède en morcelant la phrase en éléments de plus en plus réduits jusqu'à atteindre les unités lexicales. L'analyse LL est un exemple d'analyse descendante.
  • Une analyse ascendante retrouve ce cheminement en partant du texte, en tentant d'associer des lexèmes en syntagmes de plus en plus larges jusqu'à ce qu'il retrouve l'axiome. L'analyse LR est un exemple d'analyse ascendante.

Analyse déterministe[modifier | modifier le code]

Un analyseur syntaxique, en tant que système de réécriture, est déterministe si une seule règle de réécriture est applicable dans chaque configuration de l'analyseur. Par extension, il ne peut alors y avoir qu'une seule séquence de règles permettant d'analyser le texte dans sa totalité, et donc celui-ci ne peut être syntaxiquement ambigu. Toutefois, il peut être fait usage de techniques telles que la pré-vision (en anglais lookahead) ou le backtracking pour déterminer quelle règle il faut appliquer à un point donné de l'analyse.

Les méthodes d'analyse déterministes sont principalement employées pour l'analyse des langages de programmation. Par exemple, les analyses LR, LL, ou LALR (employée par Yacc) sont toutes déterministes. On ne peut cependant pas construire un analyseur déterministe pour n'importe quelle grammaire non contextuelle. Dans ce cas, et si l'on souhaite n'avoir qu'une seule analyse en sortie, on est contraint de lui adjoindre des mécanismes supplémentaires, comme des règles de désambiguïsation ou des modèles probabilistes permettant de choisir la « meilleure » analyse.

Une méthode d’analyse descendante et déterministe est dite prédictive.

Analyse non déterministe[modifier | modifier le code]

La taille et la complexité des langues naturelles, sans oublier leur inévitable ambiguïté, rend leur analyse déterministe totalement impossible. Une analyse non déterministe s'apparente à une résolution dans un système contraint, et s'exprime assez aisément en Prolog.

L'emploi de méthodes tabulaires, mémorisant les calculs intermédiaires, sera plus efficace qu'un simple backtracking. L'analyse CYK est un exemple d'analyse tabulée, à laquelle on préférera des méthodes plus sophistiquées

Ces deux dernières méthodes d'analyse sont aussi appréciées pour l'analyse de langages de programmation dont la syntaxe est ambiguë, comme par exemple C++.

Récupération sur erreur[modifier | modifier le code]

En analyse syntaxique des langages de programmation, il faut être capable de continuer l'analyse même lorsque le code source contient des erreurs, pour éviter des cycles de compilation/correction fastidieux pour le développeur. De même, en analyse syntaxique des langues naturelles, il faut pouvoir analyser des énoncés même s'ils ne sont pas couverts par la grammaire, inévitablement incomplète. La récupération sur erreur, ou rattrapage d'erreur (anglais error recovery), doit être suffisamment efficace pour détecter les problèmes, et « faire avec », moyennant une correction du source ou la faculté de produire des analyses (légèrement) déviantes par rapport à la grammaire. On peut citer quatre approches qui vont dans ce sens, à savoir

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]