Kotava

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Kotava
Auteur Staren Fetcey
Parlée en Principalement en France, Afrique, Espagne, Canada
Nombre de locuteurs estim. 40[réf. nécessaire]
Typologie OSV
Catégorie Langue auxiliaire, Langue a priori
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 avk
IETF avk
Échantillon
Article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (version française) Kot ayik se koblid nuyaf is miltaf koe bagaliilu is rokeem. Va ova is jililu sin digid ise tan tove artan beron gotegid.

Le Kotava est une langue construite sur des principes de neutralité culturelle. « Kotava » en kotava veut dire « langue de chacun et de tous ». Le slogan du Kotava est : « un projet humaniste et universel, utopique et réaliste ».

Histoire[modifier | modifier le code]

La création du Kotava procède d'une réflexion profonde menée depuis 1975 par Staren Fetcey qui était très impliquée dans l'idée d'une langue subsidiaire internationale de communication entre les différents peuples et individus de la planète. Elle étudia longtemps les diverses tentatives et projets menés dans ce sens et est arrivée à la conclusion que celle offerte par des langues telles que l'espéranto ou l'ido était une impasse. Fetcey rejeta leur caractère occidental, notamment au niveau lexical, et donc conçut une langue complète et originale.

Le Kotava est né officiellement en 1978 et a subi deux réformes profondes en 1988 et 1993. Depuis cette date, la langue se stabilise, appuyée sur un lexique de plus de 17 000 radicaux de base. Les évolutions sont contrôlées par un comité linguistique (Avaneda).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le Kotava a été conçu dans l'optique de pouvoir devenir langue subsidiaire internationale, sans s'appuyer sur un substrat culturel déterminé et connoté.

Cela se traduit notamment, de façon appliquée, au travers des éléments suivants :

  • Un système phonétique simple et réduit aux sons fondamentaux présents et prononçables immédiatement par la très grande majorité des êtres humains. D’où seulement les 5 voyelles fondamentales et un système consonantique simplifié.
  • Un système grammatical simple, rigoureux, dépourvu d’exceptions. Un ensemble bâti autour de mécanismes et de modes d’expression qui se retrouvent dans la plus grande part des langues de la planète. Notamment en ce qui concerne le système verbal, pivot de la langue.
  • Un système morphologique pourvu d'une certaine clarté et comprenant un potentiel prometteur. En simplifiant, la forme fait le fond. À chaque élément une fonction ou un rôle bien défini et exclusif. Cela permettant une très large liberté quant à l’emplacement des mots dans la phrase par exemple.
  • Une base lexicologique novatrice, totalement inventée et absolument indépendante de toute langue existante ou ayant existé. Il s’agit là d’un parti pris absolu.
  • Des radicaux de base clairement identifiés et significatifs. Aucun homonyme. Un mot = un objet ou une idée.
  • Des mécanismes de dérivation et de composition larges et productifs, permettant à la langue de se développer de façon quasi-infinie et autorisant une expression et une expressivité variées, pouvant aller du plus général au plus précis et aux nuances les plus extrêmes.

Bien d’autres caractéristiques s'appuient sur ces principes structurants. Le Kotava comporte en outre bon nombre de mécanismes propres qui en font un système linguistiquement profondément original et qui le rattachent à nul autre.

Phonétique et écriture[modifier | modifier le code]

Minuscule Majuscule Prononciation API Prononciation équivalente française Exemples (en français)
a A /a/ a arbre
b B /b/ b ballon
c C /ʃ/ ch chien
d D /d/ d dîner
e E /e/ é éléphant
f F /f/ f fruit
g G /g/ g gourde
h H /j/ y (dans les mouillures après l, m et n) montagne
i I /i/ i issu
j J /ʒ/ j jeu
k K /k/ k karting
l L /l/ l lime
m M /m/ m mou
n N /n/ n nouveau
o O /o/ o opérer
p P /p/ p poutre
r R /ɾ/ r ruine
s S /s/ s singe
t T /t/ t tête
u U /u/ ou ours
v V /v/ v ville
w W /w/ w watt
x X /x/ rh Bach (en allemand)
y Y /j/ y yen
z Z /z/ z zone

Pour des raisons de simplicité et de réalisme, le Kotava utilise actuellement, de façon simplifiée et absolument régulière, un système d’écriture basé sur l’alphabet latin. Il comporte les cinq voyelles fondamentales : a, e, i, o, u (ou) ; 17 consonnes : b, c (ch), d, f, g (dur), j (idem français), k, l, m, n, p, r, s, t, v, x (jota espagnole), z ; 3 semi-voyelles (permettant les diphtongues) : h, w, y.

En Kotava, un mot se prononce exactement comme il s'écrit. Globalement il s'agit plutôt d'une langue vocalique, quoique l'ensemble des combinatoires phonétiques soit très large. Tout mot comporte au minimum une voyelle.

Le Kotava restitue strictement l'orthographe des noms propres écrits dans un alphabet latin, y compris les lettres qu'il n'utilise pas (le Q par exemple) et les divers signes diacritiques potentiels.

Accent tonique :

  • sur la dernière syllabe pour les mots terminés par une consonne ou une semi-voyelle
  • sur l'avant-dernière syllabe pour les mots terminés par une voyelle
  • sur la dernière syllabe pour les premières personnes singulières des verbes (caractérisées par une voyelle finale).

Morphologie[modifier | modifier le code]

Le Kotava adopte des règles morphologiques très rigoureuses. Il existe d'ailleurs un tableau morphologique très cohérent qui régit l'ensemble des interrelations et des règles de dérivation des mots entre eux.

Un verbe, un substantif, un déterminatif qualificatif, un numéral, un adverbe, etc. se reconnaissent sans aucune ambigüité et ne peuvent se confondre. Dankat est une forme verbale conjuguée, dank un substantif, dankas un participe actif, rotaf un adjectif, roton un adverbe, tevoy un numéral, etc.

Les substantifs et les pronoms sont invariables ; il n'existe aucun système de déclinaison. Il n'y a pas non plus de genre. Si l'on souhaite insister sur le sexe d'une personne ou d'un animal il est possible d'utiliser les suffixes spécifiques de genre -ye (pour les êtres vivants de sexe masculin) et -ya (pour les êtres vivant de sexe féminin). Avant la réforme de 2008, le pluriel s'exprimait au travers des deux particules interchangeables se et yo. Le Kotava possède par ailleurs une règle originale, celle de la « référence euphonique » selon laquelle un déterminatif reçoit une désinence euphonique similaire à celle du substantif ou pronom qu'il qualifie.

Le Kotava dispose d'un très grand nombre d'affixes, lesquels jouent un grand rôle et sont fortement utilisés pour exprimer de nombreuses idées ou nuances dérivées. Il existe des affixes dit totaux, qui peuvent concerner n'importe quel mot, et des affixes plus spécialisés à partir des radicaux verbaux, nominaux ou déterminatifs.

Grammaire[modifier | modifier le code]

La personne grammaticale s'exprime par la série suivante de pronoms personnels :

  • jin : je
  • rin : tu
  • in : il, elle
  • min : nous (inclusif)
  • win : vous
  • sin : ils, elles
  • cin : nous (exclusif)

Le système verbal est le pivot du Kotava. C'est un système à la fois simple et rigoureux, mais également très riche et nuancé si besoin. Il n'y a que trois temps (présent, passé, futur) et quatre modes (indicatif, impératif, conditionnel, participe-relatif). À côté de cela, existent des mécanismes originaux de voix, aspects, modalités, états et sens permettant de rendre des nuances supplémentaires. Un verbe peut se conjuguer sur sept personnes, distinguant deux types de « nous » : l'un inclusif et l'autre exclusif. La distinction entre tutoiement et vouvoiement n'est toutefois pas pratiquée à l'oral. Le système verbal possède les terminaisons suivantes :

  • 1re personne du singulier : radical + (accent aigu)
  • 2e personne du singulier : radical + l
  • 3e personne du singulier : radical + r
  • 1re personne du pluriel : radical + t
  • 2e personne du pluriel : radical + c
  • 3e personne du pluriel : radical + d
  • 4e personne du pluriel : radical + v

En Kotava, tous les compléments sont obligatoirement introduits par une préposition. Cela vaut également pour les compléments d'objets qui utilisent la préposition dite transitive va. Quant à l'ordre des mots, il n'y a pas de règle impérative. La forme la plus répandue est cependant du type CSV (complément - sujet - verbe). Voici les principales tendances syntaxiques :

  • Une préposition précède (obligatoirement) le mot qu'elle introduit.
  • Les particules verbales précédent (obligatoirement) le verbe.
  • L'adjectif épithète précède le substantif ou le pronom qu'il qualifie.
  • Le sujet précède le verbe.
  • Un adverbe précède le mot auquel il se rapporte.
  • Le complément d’objet verbal précède le verbe.
  • Le complément d’objet nominal suit le substantif qu’il complète.
  • Les compléments pronominaux précédent généralement le verbe.

Le Kotava possède plusieurs mécanismes originaux très novateurs. Ainsi, par exemple, un riche et astucieux système de conjonctions de liaison.

Littérature[modifier | modifier le code]

Dans le roman Les Tétraèdres (Yurani Andergan, éd. Verintuva, ISBN 978-2-9536310-0-5, 1274 p.), vaste fresque historico-fantastique, le Kotava est la langue qu'auraient parlée les Néandertaliens et transmise de façon secrète à leurs descendants pendant de nombreuses générations et qui est déclamé par certaines héroïnes sous forme de longs chansonges ou d'oracles (traductions en annexes du roman).

Exemple de texte[modifier | modifier le code]

1-eaf teliz ke Tamef Dakteks va Ayikrokeem

Kot ayik koblid nuyaf is miltaf koe bagaliuca is rokeem. Va ova is jililu sin digid ise tan tove artan beron gotegid.

Article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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