Latino sine flexione

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Le Latino sine flexione (LsF) (le latin sans flexions) est une langue auxiliaire internationale inventée en 1903 par le mathématicien italien Giuseppe Peano.

Giuseppe Peano

Il s'agit, comme le dit son nom, d'une forme du latin sans les modifications morphologiques dues à la déclinaison et à la conjugaison, le vocabulaire restant le même.

Historique[modifier | modifier le code]

Peano justifiait sa langue dans l'article De Latino sine Flexione, Lingua Auxiliare Internationale (= le latin sans flexion, une langue auxiliaire internationale), inspiré par la suggestion de la langue universelle sur la base de la langue latine par Leibniz[1]. Il pensait que les langues auxiliaires internationales étaient inutiles, puisque le latin existait déjà dans ce rôle. Il commence son article sur le Latino sine flexione en latin normal, puis, peu à peu, élimine toutes les flexions jusqu'à ce qu'à la fin de l'article tout soit écrit en Latino sine flexione.

Cette langue appelée par la suite aussi interlingua[2], ne doit pas être confondue avec l'Interlingua de l'IALA. Contrairement à celle-ci le Latino sine flexione n'utilise aucun dictionnaire propre, un dictionnaire de latin suffisant avec les règles pour la dérivation des mots du LsF. Par ailleurs, le vocabulaire du latin classique peut être complété avec des termes empruntés aux langues romanes modernes.

Jusqu'en 1950, il y eut d'assez nombreuses publications en Latino sine Flexione (environ 3000 pages), publications scientifiques surtout. Le Latino sine Flexione fait donc ainsi partie des rares langues planifiées qui aient trouvé une utilisation pratique. Il a pratiquement cédé la place à l'Interlingua de l'IALA, mais on continue à le donner comme exemple de réussite dans la simplification du latin.

Exemple de texte[modifier | modifier le code]

« Latino es lingua internationale in occidente de Europa ab tempore de imperio romano, per toto medio aevo, et in scientia usque ultimo seculo. Seculo vigesimo es primo que non habe lingua commune. Hodie quasi omne auctore scribe in proprio lingua nationale, id es in plure lingua neo-latino, in plure germanico, in plure slavo, in nipponico et alio. Tale multitudine de linguas in labores de interesse commune ad toto humanitate constitute magno obstaculo ad progressu. »

Traduction : Le latin est la langue internationale en Europe occidentale depuis le temps de l'Empire romain, pendant tout le Moyen Âge, et dans les sciences jusqu'au siècle dernier. Le XXe siècle est le premier à n'avoir aucune langue commune. Aujourd'hui, chaque auteur écrit pratiquement dans sa propre langue nationale, c'est-à-dire le plus souvent dans les langues néo-latines, dans les langues germaniques, dans les langues slaves, en japonais et en d'autres langues. Une telle multitude de langues dans les travaux qui intéressent dans son ensemble toute l'humanité représente un grand obstacle pour le progrès.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Louis Couturat, La logique de Leibniz (1901)
  2. « Entre le latin des sciences d'autrefois et l'anglais scientifique d'aujourd'hui : le « Latino sine flexione » de Giuseppe Peano » par Philippe Cibois, professeur émérite de sociologie à l'Université de Versailles. Nous y lisons : « Voici comment Peano décrit cette adaptation du latin (qu'il appelle aussi Interlingua) ». On peut citer aussi l'Encyclopaedia Britannica.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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