Lawrence Summers

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Lawrence Henry Summers

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Naissance 30 novembre 1954
New Haven (Drapeau des États-Unis États-Unis)
Nationalité américaine
Champs Économie (Nouvelle économie keynésienne)
Institutions Université Harvard,
Diplôme Massachusetts Institute of Technology
Distinctions médaille John Bates Clark 1993

Lawrence Henry Summers (né le 30 novembre 1954 à New Haven aux États-Unis), est un économiste et homme politique américain. Summers a la chaire Charles W. Eliot University à la Harvard University's Kennedy School of Government. Son apport dans plusieurs domaines en sciences économiques lui valut la médaille John Bates Clark, en 1993.

Politiquement, il fut le 71e secrétaire au Trésor des États-Unis de 1999 à 2001 dans l'administration Clinton. Membre de l'équipe de transition du président-élu Barack Obama, ce dernier l'a choisi pour être le chef du Conseil économique national, un organe du Bureau exécutif du président des États-Unis, fonction qu'il a quittée en 2010.

Il était l'un des candidats pressentis pour être le successeur de Ben Bernanke à le tête de la Réserve fédérale des États-Unis en janvier 2014, mais c'est finalement Janet Yellen qui a été nommée.

Situation familiale et éducation[modifier | modifier le code]

Né dans une famille juive, Summers est le fils de deux économistes – tous deux professeurs à l'université de Pennsylvanie – et le neveu de deux lauréats du prix Nobel d'économie : Paul Samuelson, frère de son père Robert Summers (qui avait suivi l'exemple d'un frère ainé ayant changé son nom de famille de Samuelson en Summers) et Kenneth Arrow, frère de sa mère Anita Summers. Il passa la plus grande partie de sa jeunesse à Penn Valley en Pennsylvanie, une banlieue de Philadelphie.

A l'âge de 16 ans, il entre au Massachusetts Institute of Technology, pour étudier la physique mais change très vite pour l'économie. Il est aussi un membre actif de l'équipe de débat du MIT. Il part ensuite à l'université Harvard, où il rédige une thèse d'économie sous la direction de Martin Feldstein. C'est là qu'il a professé ainsi qu'au MIT. En 1983, à l'âge de 28 ans, Summers est l'un des plus jeunes professeurs de l'histoire de Harvard.

Summers est père de trois enfants (des jumelles, Ruth et Pamela et un fils Harry) avec sa première femme, Victoria Perry. En décembre 2005, Summers s'est remarié au professeur d'anglais Elisa New.

Carrière[modifier | modifier le code]

♦ Directeur de l'Université d'Harvard.

Au sein du monde académique[modifier | modifier le code]

Contributions universitaires[modifier | modifier le code]

En tant que chercheur, Summers a apporté des contributions importantes dans plusieurs domaines de l'économie, principalement en économie du travail, économie financière, finances publiques et la macroéconomie. Il a également travaillé sur la démographie, l'économie du développement, l'économie internationale et l'histoire économique. Ses études ont généralement un caractère empirique.

En 1987, il est le premier dans les sciences sociales à être récipiendaire du Alan T. Waterman Award de la National Science Foundation. Summers est également membre du National Academy of Sciences.

À la mort de l'économiste libéral Milton Friedman, Summers a écrit un éditorial dans le New York Times, intitulé « The Great Liberator » (« Le Grand Libérateur »), dans lequel il soutient qu’« honnêtement, nous devons tous admettre que nous sommes maintenant tous des friedmaniens », en ce sens qu'il (Milton Friedman) nous a montré l'importance du marché.

Controverses et conflits[modifier | modifier le code]

Il doit démissionner de la National Academy of Science en juillet 2006 après une longue série de propos polémiques sur plusieurs sujets controversés, l'homme ayant la réputation de dire crument ce qu'il pense. Il a ainsi déclaré :

« Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico […] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés […] et se préoccuper davantage d’un facteur aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d’avoir l’âge de cinq ans. […] Le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et de la mortalité. De ce point de vue, une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où ce coût est le plus faible, autrement dit où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. »
« il vaut mieux que les enfants asiatiques travaillent dans les usines textiles plutôt qu'ils se prostituent[1]. »

Sa déclaration où il se demandait si les femmes n'étaient pas moins douées intrinsèquement que les hommes en mathématiques l'obligea finalement à démissionner[1] de la présidence de l'université.

Dans la politique et le sillage des institutions internationales[modifier | modifier le code]

Summers fait partie de l'équipe du Conseil de conseillers économiques du président Ronald Reagan de 1982 à 1983. Il servit également de conseiller économique lors de la campagne présidentielle de 1988 du candidat démocrate Michael Dukakis.

Summers quitte Harvard en 1991 et devient Chef économiste de la Banque mondiale jusqu'en 1993, où il est nommé sous-secrétaire pour les Affaires internationales du département du Trésor sous l'administration Bill Clinton. En 1995, il est nommé secrétaire-adjoint au Trésor sous Robert Rubin, son mentor politique de longue date. Il lui succède comme secrétaire au Trésor en 1999. Il quitte le Trésor à la fin de l'administration Clinton en janvier 2001 et retourne à Harvard où il est nommé en juillet comme 27e président de l'université. En 2006, il fait partie du petit groupe de personnalités chargées se superviser les travaux de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

Membre de l'équipe de transition du président-élu Barack Obama, il deviendra en janvier 2009 le chef du Conseil économique national. Il a cependant annoncé mettre fin à sa fonction au sein de ce conseil suite à une opposition à la politique économique menée par Barack Obama le 21 septembre 2010 afin de retourner enseigner à Harvard.

Il a été membre du comité directeur du groupe Bilderberg[2].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Lawrence H. Summers, Understanding Unemployment, Cambridge, The MIT Press,‎ 1990 (ISBN 0-262-19265-9)
  • (en) Lawrence H. Summers, « Why Is the Unemployment Rate So Very High Near Full Employment? », Brookings Papers on Economic Activity, vol. 2,‎ 1986, p. 339–383
  • (en) Lawrence H. Summers et Kim B. Clark, « Labor Market Dynamics and Unemployment: A Reconsideration », Brookings Papers on Economic Activity, vol. 1,‎ 1979, p. 13–60

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « En vue : Larry Summers », Les Échos, p. 38, 25 novembre 2008.
  2. (en) « Former Steering Committee Members », sur Bildergbergmeetings.org

Sources[modifier | modifier le code]

  • Lawrence Summers, Note interne de la Banque Mondiale, 12 décembre 1991. Extraits cités par The Economist, 8 février 1992, et par Financial Times, 10 février 1992, reproduits dans Courrier international, n° 68, 20 février 1992. Repris par E. Fottorino, « L’écologie pour le développement », Le Monde, 19 mai 1992

Liens externes[modifier | modifier le code]