Sœur Anne

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Sœur Anne
Personnage de fiction apparaissant dans
Les Contes de ma mère l'Oye.

Sœur Anne, guettant l'arrivée de ses frères.Illustration de Walter Crane.
Sœur Anne, guettant l'arrivée de ses frères.
Illustration de Walter Crane.

Origine France
Sexe Féminin
Caractéristique(s) personnage fictif
Ennemi(s) Barbe bleue

Créé par Charles Perrault
Roman(s) La Barbe bleue

Sœur Anne est un personnage du conte La Barbe bleue de Charles Perrault, paru avec Les Contes de ma mère l'Oye en 1697, cible de cette adjuration d'anthologie « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? ».

Cette formule passée dans le langage populaire a également été reprise par le chanteur français Louis Chedid pour sa chanson Anne, ma sœur Anne sur le fascisme.

Présentation[modifier | modifier le code]

Anne est la sœur de la jeune épouse de la Barbe bleue. De toutes les sœurs présentes dans le recueil de Perrault[1], elle est la seule qui ne soit pas hostile à l'héroïne mais l'assiste au contraire dans ses épreuves.

Elle intervient à un moment important de l'intrigue : la Barbe bleue s’apprête à trancher le cou de sa femme qui lui a désobéi, et lui ordonne de descendre. Cette dernière prie à un étage intermédiaire pour gagner du temps, tandis que sa sœur Anne, juchée en haut d’une tour, guette l’arrivée de leurs frères, qui tardent à venir pour empêcher l’exécution.

Scène et explication[modifier | modifier le code]

Cette scène donne lieu à cet échange célèbre :

La jeune épouse éplorée lance à sa sœur :

« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »

Ce à quoi celle-ci répond dans un premier temps :

« Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie » .

La rime entre poudroie et verdoie sonne comme un écho, d’autant plus angoissant que la jeune femme a un besoin d’aide désespéré. Elle reformule par la suite sa demande à deux reprises. Ces répétitions renforcent l'intensité du moment.

  • Poudroyer signifie s’élever en poussière. Ici, les poussières paraissent dans les rayons du soleil.
  • Verdoyer, qui signifie devenir vert, n’était déjà plus en usage à l’époque de Perrault, comme le note Jean de La Bruyère dans Les Caractères ("De quelques usages", 73, 1692) : « Verd ne fait plus verdoyer ».

Origine[modifier | modifier le code]

Pour nommer son personnage, l’auteur s’inspire d'Anna Perenna, sœur de Didon, reine de Carthage et abandonnée par Énée (au chant IV de L'Énéide de Virgile). Toutes deux, ou Didon seule, observent du haut de la citadelle les préparatifs et le départ d’Énée, au désespoir de l’amoureuse[2].

À propos des nommages de ses personnages par C.Perrault[modifier | modifier le code]

Le plus souvent, les héros des Contes de ma mère l’Oye tirent leur nom d’une particularité physique : (le Petit Poucet, Riquet à la houppe, la Barbe bleue), d’un vêtement (le Petit Chaperon Rouge, le Chat botté, Peau d'Âne), ou de leur activité (Cendrillon). Nombreux sont les personnages secondaires qui restent dans un certain anonymat, cantonnés à leur fonction sociale et narrative : le roi, la reine, le prince ou leur qualité animale : le loup[2].

Perrault a cependant parfois cédé à la magie sonore (marquis de Carabas), et cette manière de nommer un personnage avec un prénom réel est suffisamment rare pour être soulignée. L’autre sœur des contes de ma mère l’Oye nommée par l’auteur est Javotte, sœur (ou plus exactement fille aînée de la marâtre) de Cendrillon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les sœurs de Cendrillon ou de l'héroïne dans Les Fées sont hostiles à l'héroïne. Il ne s'agit cependant pas, comme dans La Barbe bleue, des sœurs de sang des héroïnes, mais des filles d'un premier lit de leur marâtre.
  2. a et b Charles Perrault, Contes (introduction, notices et notes de Catherine Magnien), Editions Le Livre de Poche Classique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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