Käthe Kollwitz

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Statue de Kollwitz, sur la place qui porte son nom au cœur du quartier de Prenzlauer Berg à l'est de Berlin. (Œuvre de Gustav Seitz).

Käthe Kollwitz, née Schmidt, le à Königsberg et décédée le à Moritzburg, est une femme sculpteur, graveur, dessinatrice allemande, parmi les artistes les plus représentatifs du XXe siècle[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Käthe passe son enfance et son adolescence à Königsberg en Prusse orientale. Dès l'âge de treize ans (1880), elle confectionne sa première gravure sur cuivre et l'année suivante, en 1881, elle commence à suivre des cours avec le graveur sur cuivre Rudolf Mauer ainsi qu'avec le peintre Gustave Naujok.

En 1885, elle quitte Königsberg pour Berlin. Elle fréquente l'école de dessin de Berlin où elle est vite reconnue avec d'autres élèves, tels que Gerhart Hauptmann et Arno Holz. En 1886, elle revient à Königsberg et suit alors les cours d'Emil Neide, à l'académie des arts, mais elle repart pour Munich où elle étudie finalement jusqu'en 1889 avec le professeur Ludwig von Herterich.

De retour à Berlin, elle épouse en 1891 un médecin, le docteur Karl Kollwitz.

Herr Doktor und Frau Kollwitz[modifier | modifier le code]

Le couple emménage dans une maison située à l'angle de la Weißenburger Strasse (aujourd'hui appelée « Kollwitzstraße ») un quartier ouvrier de Berlin. En 1892, naît leur premier fils Hans. En 1896, Käthe donne le jour à un second garçon, Peter.

De 1898 à 1903, elle enseigne à l'école artistique de Berlin et, en 1910, elle commence à exercer dans le domaine de la sculpture en s'inspirant du célèbre Ernst Barlach. À la suite de cela elle se lie d'amitié avec le peintre berlinois Otto Nagel.

En 1904, le couple se rend à Paris où il visite quelques élèves de Käthe qui se sont établis dans la capitale française. L'une d'entre elles vivant dans une grande précarité, Käthe lui propose de prendre à sa charge l'éducation de son fils de 11 ans, Georg Gretor. Elle ramène l'enfant avec elle en Allemagne et l'élèvera comme s'il était son propre enfant.

D'une guerre à l'autre[modifier | modifier le code]

En 1914 son fils Peter, 18 ans, meurt aux champs d'honneur en Flandre. Cette tragédie amène Käthe à se tourner vers le pacifisme et le socialisme. Käthe pensait que l'art devait représenter les conditions sociales.

Elle dédicace une sculpture sur bois au fondateur du Parti communiste allemand assassiné Karl Liebknecht (1871- 1919), ancien membre du parti social démocrate (SPD).

Pendant la République de Weimar, elle est appelée à participer à la construction d'une unité de travailleurs luttant contre le national-socialisme.

L'arrivée au pouvoir du national-socialisme (1933) la force à démissionner de son poste à l'Académie prussienne des arts, ainsi que de sa fonction de directrice de la classe de graphisme. On lui retire également sa décoration Pour le Mérite de la section arts et lettres. Il lui est interdit d'exposer son travail, bien qu'une partie de ses toiles ait été utilisée par les nazis à des fins de propagande.


Pendant la Seconde Guerre mondiale, Käthe Kollwitz vécut pendant quelque temps au château de Bischofstein (de) dans la région de Lengenfeld unterm Stein (de). En 1940 son mari, aveugle depuis plusieurs années meurt à l'âge de 77 ans et en 1942, son petit-fils Peter tombe devant Stalingrad. Berlin subissant les bombardements de l'aviation alliée, elle part s'installer à Nordhausen en 1943. En novembre 1943, son appartement, situé dans la Weißenburger Straße, est bombardé et détruit par l'aviation alliée. l'appartement de son fils Hans subit le même sort quelques jours plus tard.

En juillet 1944, elle part pour Moritzburg (Rudenhof), près de Dresde. Elle meurt le 22 avril 1945 à Moritzburg, quelques jours seulement avant la fin de la guerre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'ensemble de ses œuvres regroupe des gravures, des lithographies, des sculptures en bois et plastique, traitant de problèmes de société :

  • 1893 : cycle sur le soulèvement des tisserands (Der Weberaufstand).
  • 1908 : cycle sur la guerre des paysans (Bauernkrieg).
  • 1919 : sculpture sur bois à la mémoire de Karl Liebknecht.
  • Après la Première Guerre mondiale, elle réalise un cycle sur la guerre, la prolétariat, la mort et la famine. Au cimetière militaire allemand de Vladslo deux statues la représentent avec son mari en train de pleurer sur la tombe de leur fils, tombé non loin de là en 1914. Avec le temps ces sculptures sont devenues le symbole de tous les parents dont un fils a été tué à la guerre.
  • Des affiches socialistes, comme par exemple « Nie Wieder Krieg » (Plus jamais de guerre), créée pour la journée de la jeunesse allemande à Leipzig.
  • 1940 : dessins sur les mêmes thèmes, comme par exemple, en 1943, "Da stehe ich und grabe mir mein eigenes Grab" (je reste ici et je creuse ma propre tombe).

Kollwitz était membre de l'organisation artistique de Berlin, elle travaillait aussi pour l'association internationale d'aide aux travailleurs (IAH : Internationale Arbeiterhilfe) et elle fut la première à faire partie, en 1919, de l'Académie des arts prussienne. Elle n'appartenait à aucun parti mais apparaissait et se considérait elle-même comme une socialiste.

Musées et mémoire[modifier | modifier le code]

Timbre allemand émis en 1954
Un timbre d'une série courante de la Deutsche Post fut tiré à l'effigie de Käthe Kollwitz.

La plupart de ses œuvres sont exposées près de Dresde, à Berlin et à Cologne. Le musée de Cologne, construit en 1985, fut le premier à rendre hommage à l'artiste. Il possède la plus grande collection de ses travaux. La Maison de Käthe Kollwitz à Moritzburg (près de Dresde) est aussi ouverte au public, et recèle deux cents des œuvres de cette artiste engagée. Après sa mort, pour lui rendre hommage, le prix Käthe-Kollwitz fut créé.
Plusieurs années après la mort de Käthe Kollwitz, beaucoup d'écoles, de librairies et de rues sont baptisées à son nom, à sa mémoire.
Pour célébrer le cinquantième anniversaire de sa mort, en 1995, ses œuvres furent présentées dans 48 musées et expositions privées.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Gudrun Fritsch, Camille Maisse, Laurent Thurnherr, Käthe Kollwitz. La vérité des sens, Conseil Général de la Moselle, Musée départemental Georges de La Tour, IAC éditions, 2012, 120 p.
  • (de) Uwe M. Schneede, Käthe Kollwitz : Die Zeichnerin, Das Kunstverein, 1980, 188 p.
  • (en) Martha Kearns, Käthe Kollwitz: Woman and Artist, Feminist Press, 1976, 237 p. (ISBN 9780912670157)
  • (en) Hans Kollwitz, The Diary and Letters of Kaethe Kollwitz (trad. Clara Winston), Northwestern University Press, 1989, 272 p. (ISBN 9780810107618)
  • (fr) Käthe Kollwitz : art graphique, dessins, sculptures, Goethe-Institut, 1967, 52 p.
  • (fr) Käthe Kollwitz : gravures, dessins, sculptures, Institut für Auslandsbeziehungen, Cantz, 1980
  • (fr) Johannes Sievers, Les eaux-fortes et les lithographies de Käthe Kollwitz (1890 à 1912), Loys Delteil, 1913, 141 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Michel MELOT « KOLLWITZ KÄTHE SCHMIDT (1867-1945) » dans l'Encyclopædia Universalis


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