Gouvernement de transition de la République démocratique du Congo

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Gouvernement de transition de la République démocratique du Congo
Régime Gouvernement de Transition
Président de la République Joseph Kabila
Direction du gouvernement Joseph Kabila
Abdoulaye Yerodia Ndombasi
Azarias Ruberwa
Jean-Pierre Bemba
Arthur Z'ahidi Ngoma
Début 30 juin 2003
Fin 5 février 2007
Durée 3 ans, 220 jours
Coalition Gouvernement d'union nationale
Chronologie
Précédent Gouvernement Kabila
Suivant Gouvernement Gizenga I

Le Gouvernement de transition de la République démocratique du Congo est une institution mise en place le 30 juin 2003. Il s'agit d'un gouvernement d'union nationale établi suite aux accords liés à la fin de la Deuxième guerre du Congo. Il est chargé de l'établissement d'une transition démocratique dans le pays. Ses principaux objectifs sont la restauration de la paix dans l'est du pays, et l'organisation des élections législatives prévues pour le 30 juin 2005 au plus tard, mais désormais reportées une première fois le 30 juin 2006, et finalement le 30 juillet 2006. Le gouvernement est dirigé par le Président de la république et quatre vice-présidents. Ceux-ci sont :

Les trois principales tendances politiques du pays se retrouvent ainsi à la tête de l'État. Elles se partagent les différents postes ministériels avec les autres nombreuses factions politiques issues du conflit.

Étienne Tshisekedi (Union pour la démocratie et le progrès social), le principal opposant historique, estimant comme déjà acquis le siège de Vice-Président de l'Opposition boycotta les élections partielles organisées par l'Opposition Politique Non-armée, dans une salle prêtée par la Monuc, et ne participa donc pas à ce gouvernement.

Le gouvernement de transition a pris fin avec la proclamation de la Troisième République le 18 février 2006. De nombreuses dispositions prises sous ce régime restent en vigueur à l'heure actuelle, dont notoirement l'ancien découpage des provinces.

Poursuite des troubles dans l'est du pays[modifier | modifier le code]

Le 30 juin 2003, un gouvernement de transition, composé de divers groupes issus du Dialogue intercongolais, fut formé. Dans le courant du mois de septembre, une présence renforcée de la MONUC établit la « zone démilitarisée de Bunia » pour pacifier la région, secouée par les rivalité entre les ethnies Hema et Lendu. Bien que la région reste instable, l'opération permit un relatif retour au calme.

En septembre 2004, entre 20 000 et 150 000 personnes fuirent le Kivu oriental, devant l'avance des troupes gouvernementales[1]. Le 11 octobre 2004, le Conseil de sécurité des Nations unies décida de déployer 5 900 soldats de plus pour sa mission au Congo (MONUC), bien que le Secrétaire-Général Kofi Annan ait fait une requête de 12 000 hommes.

C'est au cours de cette période que l'International Rescue Committee reporta que le conflit tuait 1000 personnes par jour alors que la communauté internationale reste indifférente. Comparée à la guerre en Irak, il établit que durant 2004 l'Irak reçu l'équivalent de 138 USD par personne, pendant que le Congo n'est recevait que 3 USD par personne[2].

La tension monte[modifier | modifier le code]

À la fin novembre 2004, le Président rwandais Paul Kagame déclara que le Rwanda gardait l'option d'envoyer des troupes au Congo pour combattre les milices hutues, en particulier les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) qui n'avait pas encore été désarmées comme promis en 2002 au cours de l'accord de Paix de Prétoria. À la mi-décembre 2004, de nombreux rapports établissaient que des troupes rwandaises avaient franchi la frontière. Le chef de la MONUC, M'Hand Djalouzi, commenta les rapports en disant le 1er décembre, « ces infiltrations n'ont rien de neuf, mais il s'agit d'autre choses, qui ressemble à une invasion ». Il demeura peu clair si les militaires rwandais occupaient le territoire ou menaient des opérations ponctuelles. Les Nations unies ont promis d'enquêter.

Le 16 décembre, la BBC rapporta que 20 000 civils avaient fui les combats dans la ville de Kanyabayonga dans le Nord-Kivu, à 160 kilomètres de Goma. Les forces anti-gouvernementales, conduites par le capitaine Kabakuli Kennedy, qui déclara combattre pour défendre les Banyamulenge, avait évincé les troupes loyalistes, tenant la ville et les montagnes environnantes. Le gouvernement envoya une commission pour enquêter et accusa le Rwanda de fomenter une nouvelle rébellion. Le Rwanda a démenti son implication dans les combats[3].

L'International Crisis Group publia un rapport le 17 décembre avertissant que l'intervention du Rwanda pourrait ruiner les progrès fait depuis deux ans dans les pourparlers pour la paix. Ils rappelèrent que les deux guerres précédentes débutèrent en des circonstances similaires à celles existantes à ce moment au Kivu, et qu'une autre guerre dans la région était possible si des efforts diplomatiques n'étaient pas entrepris[4].

Le 20 décembre 2004, l’Union pour la République propose officiellement au gouvernement « 1+4 » de mettre à la disposition de la République sa branche armée suite au massacre de Gatumba du 13 août 2004 et à l'agression militaire de décembre 2004 des troupes rwandaises du général Kagame à l'Est du Congo au Kivu. Le gouvernement 1+4 ne réagit pas et laisse cette proposition sans suite depuis lors.

Le 25 janvier 2005, les Nations unies rapportèrent que l'Ouganda et le Rwanda continuaient à armer des groupes d'insurgés dans le Congo oriental, en violation de l'embargo en vigueur dans la région. Les deux pays nièrent de telles pratiques, et le porte-parole de l'UPDF rétorqua que la MONUC était inutile et devrait être démantelée[5]. Pendant ce temps, une rencontre des dirigeants africains à Abuja décida d'envoyer plus de troupes de maintien de la paix au Congo et tâcher de désarmer les forces hutues, facteurs récurrents de tension dans le pays. En réponse, un porte-parole des Forces démocratiques de libération du Rwanda déclara le 2 février que le FDLR résisterait avec force à toute tentative de désarmement[6]. Le même jour, la Secrétaire d'État des États-Unis Condoleezza Rice accueillit des représentants de le DRC DRC, de l'Ouganda et du Rwanda à Washington, DC pour des discussions en vue de la fin des tensions dans la région.

Les résultats du Gouvernement de transition[modifier | modifier le code]

Le Gouvernement de transition, étant composé des chefs de guerres des milices responsables de la Deuxième guerre du Congo, échoue dans l'accomplissemet de ses missions fondamentales :

  • la pacification du pays : le gouvernement échoue à neutraliser les milices de l'Union des patriotes congolais, des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des Interahamwe à l'Est de la RDC[7],
  • l'unification de l'armée nationale : le gouvernement échoue à intégrer l'armée nationale et refuse d'y intégrer les anciennes forces armées zaïroises[8],
  • l'intégration des milices du MLC et du RCD dans l'armée nationale : toutes les factions lors de la Deuxième guerre du Congo continuent d'entretenir leur milice respective et refusent de les intégrer dans l'armée nationale[9],
  • l'organisation des élections avant le 30 juin 2006 au plus tard : les élections n'ont pas eu lieu avant le 30 juin 2006 (report au 30 juillet 2006).

En conséquence, la MONUC doit obtenir au cours années plusieurs augmentations de ses effectifs, pour finalement devenir la plus importante mission de l'ONU, afin de faire face à la dégradation de la situation sécuritaire des populations. La mission de la MONUC devient également de plus en plus compliquée en raison de différents scandales qui la concerne (corruption, marché noir, scandales sexuels...). Elle doit se faire appuyer à partir de mai 2006 à Kinshasa par des troupes de l'Union de l'Europe occidentale (UEO) afin de sécuriser le processus des élections.

De nombreux scandales de corruption, de malversations, de détournements de fonds, d'accusation de pillages des ressources naturelles... éclatent au grand jour durant la 1re moitié de 2006. À partir d'avril 2006, la situation se dégrade et les institutions internationales (Banque Mondiale, FMI) cessent d'appuyer le Gouvernement de Transition.

Il faut attendre la mi-2006 pour assister au premier transfert d'un criminel de guerre de Kinshasa à La Haye, Thomas Lubanga (chef de la milice Union des patriotes congolais), afin de le faire comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI).

À partir de la mi-juillet 2006, les observateurs de la Fondation Carter et la Monuc dénoncent des irrégularités dans la préparation des scrutins du 30 juillet 2006. Le 20 juillet 2006, l'église catholique - au travers de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) - dénonce des "irrégularités constatées" dans la préparation des scrutins du 30 juillet 2006 et menace de ne pas reconnaître la validité des élections si ces irrégularités ne sont pas corrigées. La Cenco appelle aussi les forces de l'ordre à la "neutralité" et les autorités à la "neutralisation" des combattants issus de différentes factions belligérantes pendant la Deuxième guerre du Congo en RDC (1998-2003) qui n'ont pas encore été intégrés aux nouvelles brigades de l'armée nationale, en pleine restructuration.

La fin du Gouvernement de transition[modifier | modifier le code]

L'élection présidentielle tant attendue par la population et devant mettre un terme au gouvernement de transition a finalement lieu en juillet 2006 : Joseph Kabila est déclaré vainqueur au second tour.

Le nouveau Gouvernement emmené par Antoine Gizenga est nommé le 5 février 2007.

La fin de la transition est caractérisée par plusieurs faits marquants :

  • la dignité de la population congolaise, durant toute la période électorale, qui s'est rendue aux urnes dans la paix,
  • la prise de position tranchée de l'opposition politique et du clergé qui ont dénoncés de nombreuses malversations dans l'organisation de ces élections,
  • le boycott des élections par l'UDPS,
  • l'instabilité militaire à l'est de la RDC entretenue par Laurent Nkunda,
  • les multiples accusations de parti pris de la Communauté internationale en faveur de Joseph Kabila :
    • accusation, non démentie par la CEI, de production de 5 millions de bulletin de vote additionnels, [citation nécessaire]
    • Tensions Kabila-Bemba en 2006 et 2007 : bombardement de la résidence de Bemba, combats de rue, incendie des chaînes de télévision de Bemba
    • prévision initiale d'un seul tour devant mener à la victoire de Joseph Kabila (non-budgétisation initiales par les autorités et la Communauté Internationale d'un second tour) [citation nécessaire]

Composition[modifier | modifier le code]

Composé le 30 juin 2003[10], le gouvernement de transition a vu 6 remaniements ministériels :

  • le 11 juillet 2004[11] ;
  • le 3 janvier 2005[12];
  • le 17 février 2005[13];
  • le 18 novembre 2005[14][15]
  • le 24 mars 2006 ;
  • le 10 octobre 2006.

Ministres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. BBC NEWS | World | Africa | Thousands flee DR Congo unrest
  2. BBC NEWS | World | Africa | DRC conflict 'kills 1,000 a day'
  3. BBC NEWS | Africa | Mediators go to DR Congo hotspot
  4. International Crisis Group - Back to the Brink in the Congo
  5. News: Great Lakes, Uganda, Rwanda deny violating DRC arms embargo, slam UN report
  6. News: Great Lakes, Rwandan rebels warn of resistance to planned AU disarmament force
  7. The Congo: Solving the FDLR Problem Once and for All, 12 May 2005
  8. L'engagement solennel des ex-forces armées zaïroises réfugiées en République du Congo, 28 octobre 2004 & La réforme du secteur de la sécurité en RDC, 13 février 2006
  9. Élections au Congo: Établir ou troubler l’ordre public, 27 avril 2006 & La sécurité des élections au Congo: les leçons des affrontements de Kinshasa, 2 octobre 2006
  10. Composition du gouvernement de transition en République démocratique du Congo, congonline.com
  11. Léger réaménagement technique du gouvernement de transition de RDC, AFP sur jeuneafrique.com, 11 juillet 2004
  12. RD Congo : Nomination de neuf ministres au gouvernement, Archives politique, presse-francophone.org, janvier 2005
  13. Avec la nomination hier de trois ministres et d’un vice-ministre Mlc, Le Potentiel, 18 février 2005.
  14. Remaniement : la dictature des composantes , congo-actualites.net, 19 novembre 2005;
  15. Remaniement du gouvernement, La Conscience.com, 18 novembre 2005

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]